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Observer des cétacés, un privilège

Par Sandrine Pantel 

En tant que bénévole lors de circuits d’observation des cétacés, votre principal souhait est de permettre aux passagers de vivre une expérience hors du commun. Fasciné(e)vous-même par les orques et baleines, vous espérez également être assez chanceux pour croiser à nouveau leur route ! Mais une question se pose : les observer dans la nature vous rendrait-il aussi heureux si leur présence était garantie chaque jour, lors de chaque excursion ? 

Crédit photo : ©Orca Guardians Iceland
Jusqu’à présent, tous nos circuits ont permis de magnifiques rencontres chargées en émotion avec des orques, cachalots et dauphins à nez blanc. Tous nos circuits, à l’exception de deux, et je n’ai alors pas pu m’empêcher d’être désolée pour les passagers. Pour la plupart d’entre eux, il s’agissait d’une première. La tristesse et la déception étaient clairement palpables lorsque nous sommes finalement rentrés au port en ayant uniquement croisé la route de quelques oiseaux. 

Mais cette incertitude est précisément la raison pour laquelle ces rencontres sont des moments uniques et inoubliables. La nature a ses propres lois et sait être imprévisible. Ces animaux sont libres et sauvages et peuvent être, eux aussi, imprévisibles. Ils vivent leur propre vie, ont leurs propres élans et motivations. 

Le bonheur d’une rencontre avec un cachalot - Crédit photo : ©Sandrine Pantel
Si ces expériences étaient garanties à coup sûr, en quoi seraient-elles précieuses ? Il me suffit de me remémorer ma première rencontre avec les orques, l’année dernière : celle-ci a eu lieu à la toute dernière minute, alors que nous rentrions au port et que tout le monde avait perdu espoir ! Je suis persuadée que ce moment ne serait pas devenu aussi spécial si ce groupe d’orques avait croisé notre route 30 minutes ou même une heure seulement après notre départ ! 

Apercevoir le souffle d’une baleine n’est pas toujours garanti !
Crédit photo : ©Sandrine Pantel 
Voilà pourquoi j’aime tellement partager ces expériences avec Marie et son équipe. Nombreux sont les passagers à me demander si nous utilisons des appareils spéciaux ou des systèmes de radars pour localiser les cétacés. Il n’existe pas de tels appareils et, quand bien même, où serait la magie dans tout ça ? Seules de la patience, une observation de tous les instants et une bonne paire de jumelles sont nécessaires, si l’on sait quoi chercher : des souffles et des ailerons à l’horizon. Et lorsqu’ils apparaissent enfin, l’excitation et les émotions ressenties sont alors à leur comble. La sensation est alors celle d’être privilégié(e), de se voir offrir un merveilleux cadeau par la nature elle-même.

Observer une orque : un moment magique et précieux 
Crédit photo ; Sandrine Pantel 
Même sans orques ou baleines, une excursion en bateau au large des côtes islandaises est une expérience en soi, avec ses magnifiques vues et paysages qu’elle que soit la saison. La clé d’une excursion réussie est d’être conscient(e) du caractère imprévisible de la nature. La déception peut tout à fait être au rendez-vous, mais, le jour où vous apercevez une orque, un dauphin ou une baleine pour la première fois de votre vie, vous serez peut-être assez ému(e) pour sentir les larmes vous monter aux yeux, parce qu’il s’agira alors d’une rencontre vraie, naturelle et authentique avec la mer et ses habitants. 

Les paysages des côtes islandaises peuvent aussi vous couper le souffle
Crédit photo : ©Sandrine Pantel 
Je continuerai à profiter de chacune de nos sorties, même celles ne donnant lieu à aucune rencontre, car la nature doit demeurer indomptée. La nature n’est pas un parc d’attractions où chacun obtient immédiatement ce qu’il désire et c’est très bien ainsi. 

Traduction : Sandrine Pantel pour C'est assez ! 




Les orques, des êtres libres

Par Sandrine Pantel 

Cela fait maintenant cinq jours que je suis arrivée à Grundarfjörður et les trois sorties en bateau que nous avons faites jusqu’à présent m’ont d’ores et déjà offert certaines des émotions les plus intenses de ma vie. Elles m’ont également donné la confirmation de quelque chose que je savais déjà, mais dont je suis maintenant sûre : les orques ne peuvent être heureuses que dans la nature et les retenir captives est une des choses les plus cruelles qui soient. 

Crédit photo : ©Orca Guardians Iceland
Nous avons eu la chance incroyable de rencontrer des familles d’orques dès le début de la semaine, le matin et l’après-midi du même jour. Nous les avions observées depuis la côte le jour d’avant, et nous les avons retrouvées au large, d’abord en pleine session de chasse aux harengs, puis continuant leur périple dans les eaux islandaises tout en renforçant leurs liens par des jeux et autres processus de socialisation. Elles sont apparues devant notre bateau, au large de la côte enneigée du glacier Snæfellsjökull, et ont poursuivi leurs activités autour de nous pendant de longues minutes, aucunement dérangées par notre présence. 

Une orque femelle nageant près du bateau - Crédit photo : ©Sandrine Pantel
Une maman orque nageait avec son petit, lui apprenant sans doute à attraper le poisson. Ces groupes d’orques étaient heureux d’être ensemble, cela sautait aux yeux. Ils n’avaient visiblement besoin de rien d’autre, juste d’être ensemble, et libres. Libres d’aller où bon leur semble. 

Une orque femelle et son adorable petit - Crédit photo : Sandrine Pantel
Le jour suivant, les conditions météo ne nous ont pas permis de sortir l’après-midi. Alors, en route pour essayer d’apercevoir les orques depuis la côte, et tant pis pour le vent glacial qui nous fouettait le visage ! Et nous les avons à nouveau aperçues ! Nous avons tout d’abord distingué leurs souffles au loin, avant de voir leurs ailerons dorsaux noirs se mettre à danser à la surface, apparaissant et disparaissant de notre vue au milieu des vagues. Les grands ailerons des mâles étaient les plus visibles, mais ils étaient certainement accompagnés de femelles et peut-être même de petits veaux. Et soudain, une chose incroyable s’est produite, quelque chose auquel nous ne nous attendions absolument pas : l’une d’entre elles a sauté par deux fois hors de l’eau ! Était-ce un signe de joie, était par simple jeu… ? Cette orque était, en tout cas, manifestement heureuse, libre et heureuse d’être libre. Nous n’avons pas eu besoin de lui apprendre des tours en la récompensant avec du poisson, il nous a suffi d’observer et de la voir exprimer ses élans les plus authentiques pour être captivés par sa grâce et sa majesté. 

A la rencontre d'une famille d'orques dans les eaux islandaises 
Crédit photo : ©Sandrine Pantel
Comme tout animal sur Terre, les orques sont faites pour être libres. Les retenir en captivité est cruel et d’une inutilité totale. Les émotions provoquées par les spectacles d’un parc animalier marin ne sont en rien comparables à l’excitation et à l’émerveillement que l’on peut ressentir lorsque l’on est témoin de leurs relations, interactions et comportements à l’état sauvage. 

Une orque saute hors de l'eau sous nos yeux émerveillés
Crédit photo : ©Sandrine Pantel
La fin de la captivité des cétacés est un combat juste et nécessaire et j’espère de tout mon cœur voir un jour l’évolution de ces parcs vers des structures 100 % sans animaux. Les parcs marins n’ont pas besoin de fermer, il leur suffit de s’adapter aux demandes et aux changements de mentalités de nos sociétés en arrêtant d’exploiter des orques et dauphins et en les remplaçant, par exemple, par des animations modernes en 3D. 

Ce combat est loin d’être terminé et je suis persuadée que Orca Guardians Iceland et Láki Tours, association d’étude et de protection des orques d’Islande et compagnie de circuits d’observation des cétacés en Islande, peuvent jouer un rôle crucial dans ce sens : après avoir rencontré des orques en liberté, il est en effet impossible de cautionner leur emprisonnement et leur exploitation. 

Traduction : Sandrine Pantel pour C'est assez ! 


Hyak 2 et Skana - De l'exploitation à l'oubli !

HYAK 2

En avril 1968, un groupe d'environ 7 orques fut capturé au large de Pender Harbour, en Colombie Britannique (Canada). Parmi les individus capturés, se trouvaient un jeune mâle et une femelle adulte. Le jeune mâle, âgé d'environ 2 ans, fut nommé Hyak II, la femelle, que l’on supposait être la mère d’Hyak II fut nommée Natsidalia. 

 Hyak 2 - Crédit photo : ©Blackmoon2101.
Les 2 orques furent vendues au Vancouver Aquarium
Mais Natsidalia est décédée en novembre, avant son transfert
On ignore si Hyak a été transféré avant ou après le décès de Natsidalia. 

A son arrivée à l’aquarium de Vancouver, Hyak fut mis avec Skana, capturée quelques années auparavant et achetée par le Vancouver Aquarium en 1967.
Les 2 orques semblaient bien s’entendre et jouaient souvent ensemble.

A la mort de Skana, en 1980, le Vancouver Aquarium fit l’acquisition de 4 autres orques, mais n’en garda que 2, Bjossa, une femelle, et Finna, un mâle, tandis que les 2 autres furent vendues à d’autres parcs marins. 

Hyak 2, Bjossa et Finna - Crédit photo : ©Valentin666
En 1988, Bjossa eut son premier bébé conçu avec Hyak II. Cependant, le bébé ne survécut qu‘une vingtaine de jours. 
Bjossa tomba de nouveau enceinte d‘Hyak II. K’yosha, son deuxième enfant est en 1991. Il mourut à l‘âge de 3 mois d‘une infection cérébrale, 3 mois durant lesquelles il fut nourrit par intubation car sa mère ne fournissait pas assez de lait.
Bjossa eut un troisième bébé en 1995, un bébé engendré par Finna. Il mourut 3 jours après sa naissance. Mais Hyak est décédé avant la naissance du second bébé de Bjossa des suites d’une pneumonie le 16 février 1991, il était âgé de 25 ans. 

A la mort d’Hyak II, afin de s’assurer que personne ne se souvienne du cétacé, le Vancouver Aquarium fit découper le corps de l’orque et jeta les morceaux dans le détroit de Georgia.

Un morceau du corps d'Hyak 2 rejeté par la mer -Crédit photo :©Stuart Burnside

L’histoire serait restée secrète, mais avec les marées locales, plusieurs morceaux du corps du cétacé ont été ramenés à terre peu de temps après. Dès lors, l'aquarium a été obligé d'admettre qu'il appartenait à Hyak, ce qui a provoqué un tollé général.



SKANA 

Skana fut capturée à Puget Sound, dans l’état de Whashigton avec 14 autres orques le 15 février 1967 par des employés du Seattle Marine Aquarium. Elle n’avait que 6 ans. 

Skana faisait partie du Pod K des orques résidentes du sud
3 de ces orques sont mortes durant la capture, 7 ont été relachées, et 5 dont Skana furent envoyées dans un delphinarium. 

Skana - Crédit photo : ©Murray Newman
Skana fut l’une des premières orques à être capturée pour un parc marin. Elle fut gardée dans un enclos marin dans un port du Yukon avec les quatre autres orques capturées ce jour là durant les 10 jours qui suivirent sa capture. Elle fut ensuite transférée avec ses congénères au Seattle Aquarium. Un mois plus tard, l'aquarium de Vancouver l’acheta pour la somme de 27 000 $. Elle y fut dressée pour participer aux spectacles. 

Skana - Crédit photo : ©Kimmy Vengeance et Ted Griffin
Skana fut la deuxième orque a être détenue à l'aquarium de Vancouver, mais elle a été la première à survivre plus d'une année. 
Un an après sa capture, Hyak II la rejoint. Les 2 orques durent cohabiter dans un bassin minuscule durant de nombreuses années. 

Hyak 2 et Skana - Crédit photo : ©KE Wiley
Skana est décédée le 5 octobre 1980, à l‘âge de 19 ans.

Sa mort est survenue alors que le personnel de l'aquarium la préparait pour son examen médical quotidien, Skana souffrait d’une infection mycosique depuis une quinzaine de jours. Lors de l’autopsie, des lésions étendues à certains muscles, aux poumons et au pancréas ont été découvertes. Selon le Dr Murray Newman, il est fort probable que Skana soit décédée des suites d’un cancer. 

Le corps de Skana fut vendu et transformé en nourriture pour chiens.

Sources : 

Sources photos : 
- http://www.orcahome.de/hyak2.htm
- http://www.orcahome.de/skana.htm

Le Dolphin Marine Magic à Coffs Harbour met définitivement fin à son programme d’élevage de dauphins.

Par Raffaella Ciccarelli pour 9News 
14 mars 2019

Le Dolphin Marine Magic à Coffs Harbour a annoncé qu’il mettait définitivement fin à son programme d’élevage de dauphins.

Les 5 dauphins détenus actuellement dans cet établissement seront la dernière génération de dauphins captifs en Nouvelle Galles du Sud (Australie)

Crédit photo : ©AAP/Pet Porpoise Pool
Le dernier endroit où l’on détient des dauphins captifs en Nouvelle-Galles-du-Sud a annoncé qu’il mettrait fin à son programme d’élevage de dauphins et qu’ils adopteraient un programme de réhabilitation et de sauvetage.

Le seul autre delphinarium du pays, Sea World sur la Gold Coast, compte plus de 30 animaux dans leurs bassins, ce qui en fait l'un des plus grands au monde.

« Depuis trop longtemps, ces magnifiques créatures font l’objet d’une exploitation cruelle et subissent du harcèlement. La législation interdisait les captures de dauphins à des fins de divertissement » a déclaré Bob Carr, ancien Premier Ministre de Nouvelles-Galles-du-Sud.

« Je suis content de cette décision. J'ai présenté le projet de loi sur la protection des mammifères marins en 1986, alors que j'étais jeune ministre de l’Aménagement du territoire et de l'Environnement.
Sea World sur la Gold Coast doit maintenant faire de même. »

Crédit photo : ©AAP/Pet Porpoise Pool
Les efforts de M. Carr pour mettre fin à la captivité des dauphins ont commencé en 1986, alors qu'il était ministre de l’Aménagement du territoire et de l'Environnement de Nouvelle-Galles-du-Sud. Suite à cette mesure, 3 delphinariums avaient fermé leurs portes en Australie. Toutefois, grâce à une brèche dans la législation permettant l'élevage en captivité, il restait un delphinarium, le Dolphin Marine Magic.
Le directeur général du parc, Terry Goodall, a déclaré qu'il était ravi d’aller dans cette sa nouvelle direction.

« Nous n’avons pas élevé de dauphins depuis quelque temps déjà, mais nous avons finalement décidé que cela ne correspondait plus à notre modèle économique. Nous allons nous réorienter vers un programme d’éducation, de conservation et de sauvetage des mammifères marins », a déclaré Goodall.

« Cela fait cinquante ans que nous effectuons des opérations de sauvetage et de réhabilitation, mais nous l’avons mis en arrière plan, pour ainsi dire. Nous prévoyons de mettre cela au premier plan et d’éduquer le public. »

Crédit photo : ©AAP/Pet Porpoise Pool
Le Dolphin Marine Conservation Park travaille également en étroite collaboration avec des groupes de défense pour le bien-être animal.

« Nous menons un projet avec Action for Dolphins et World Animal Protection sur la viabilité d’un enclos marin, mais il faudra un peu de temps pour dire si cela fonctionnera. En fin de compte, nous devons voir si c’est dans le meilleur intérêt pour les dauphins », a déclaré Goodall.

Sarah Lucas, PDG de Action for Dolphins, a déclaré: « Nous nous félicitons de cette annonce et que les cinq dauphins restants constitueront la dernière génération de dauphins captifs en Nouvelles Galles du Sud.

Depuis plus de 40 ans, le Dolphin Marine Conservation Park est une institution emblématique de Coffs Harbour. Action for Dolphins est ravi de collaborer à la nouvelle direction prise par le parc marin pour explorer la possibilité de créer un sanctuaire marin comme nouvelle résidence possible pour ses dauphins.
Des sanctuaires de dauphins sont en train d'être créés aux États-Unis et en Europe, mais maintenant que l'étude de faisabilité est en cours, celui de Coffs Harbour pourrait être le premier du genre au monde. »

Crédit photo : ©AAP/Pet Porpoise Pool
La nouvelle arrive alors que World Animal Protection lançait cette semaine une pétition contre Sea World, appelant le gouvernement du Queensland à interdire l’élevage de dauphins en captivité dans le parc à thèmes.

« Nous nous félicitons de l'annonce faite aujourd'hui par le Dolphin Marine Conservation Park de ne plus faire de l’élevage de dauphins », a déclaré Ben Pearson, responsable de campagne pour World Animal Protection.

Sea World Gold Coast est maintenant le seul delphinarium en Australie à faire de la reproduction de dauphins en captivité. Cest en décalage total avec les désirs de la communauté et les voix qui s’élèvent mondialement contre la captivité des cétacés pour le divertissement.

Pearson a déclaré que le programme de reproduction de Sea World allait à l’encontre du principe fondamental de la conservation, dans la mesure où les grands dauphins ne sont pas une espèce en danger de disparition.

« Il n’y a rien dans ce domaine qui concerne la conservation », a-t-il déclaré.

Traduction : C'est assez !

"Little White" et "Little Grey" - Bientôt la liberté !


Par Yang Hui (Shanghai) et Shan Jie (Pékin) 
3 mars 2019

Les bélugas "Little White" et "Little Grey" font leurs adieux à Shanghai avant d'être envoyés en Islande.

Dernier spectacle de Little Grey et Little White - Crédit photo : ©Yang Hui/GT
Jeudi dernier, deux bélugas ont donné leur dernier spectacle au Shanghai Chang Feng Ocean World, avant d’être transférés dans un sanctuaire en Islande.

Après avoir vécu 15 ans à l’aquarium de Shanghai où elles étaient détenues captives, "Little White" et "Little Grey", deux femelles bélugas, seront isolées et mises en quarantaine avant leur retour dans leur habitat naturel en avril.

Des centaines de visiteurs ont assisté au spectacle final des bélugas au Shanghai Chang Feng Ocean World.

De nombreuses personnes du public étaient réticentes à quitter les lieux après le spectacle. Certains d’entre eux avaient acheté des pass annuels pour les cinq ou six années à venir afin d’assister au spectacle des baleines blanches.

Crédit photo : ©Yang Hui/GT
Selon Ocean World, depuis juin 2018, "Little White" et "Little Grey" suivent une formation spéciale afin d’être préparées au prochain voyage et au milieu marin de l'Atlantique Nord.

Elles ont notamment été formées pour être à l’aise et se familiariser avec le matériel qui sera utilisé pour leur transport. Elles ont également appris à nager plus rapidement afin qu’elles puissent s’adapter aux courants et aux vagues de leur nouvel habitat.

Durant cette période, les employés ont également ajusté le régime alimentaire des 2 cétacés en leur donnant plus de harengs et de capelans. Après quelques mois, chacune d’entre elles a pris environ 90 kilos. 

Cette nouvelle graisse les aidera à se protéger contre l’eau froide d’Islande, a déclaré un employé au Global Times.

Crédit photo : ©Yang Hui/GT
Chaque béluga a sa personnalité propre. Selon le parc, "Little White" est plus timide, elle a aussi une relation plus intime avec les dresseurs, alors que "Little Grey" a une nature plus enjouée, elle est plus curieuse.

En avril prochain, les 2 bélugas seront envoyés en Islande, à 9000 km de Shangai, à bord d’un Boeing 747-400ERF exploité par Cargolux. Leurs photos et leurs noms ont été peints sur l’appareil. Le voyage durera 30 heures.

Crédit photo : ©Sea Life Trust 
Leur nouvelle maison est le premier sanctuaire au monde en eau libre créé par Sea Life Trust pour des bélugas. . "Little White" et "Little Grey" seront les premiers résidents de ce sanctuaire.

Traduction : C'est assez !


Chili - Découverte d'un nouveau type d'orques

Par Seth Borenstein - 8 mars 2019

Durant des décennies, il y eut des récits de pêcheurs et de touristes, et même de nombreuses photos d'un mystérieux épaulard qui ne ressemblait tout simplement pas à tous les autres, mais les scientifiques n'en avaient jamais vu.

Crédit photo : ©Paul Tixier / Via AP 
Une équipe internationale de chercheurs a découvert, en janvier dernier, une vingtaine d’orques nageant dans les océans au sud du Chili. Ils attendent les résultats des tests ADN pris à partir d'un échantillon de tissu, mais pensent qu'il pourrait s'agir d'une nouvelle espèce d’épaulard bien distincte.

Jeudi, l’Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) s’est sentie suffisamment confiante pour annoncer cette découverte.


Certains experts font encore preuve de prudence, reconnaissant toutefois que les orques sont différentes, mais préfèrent attendre les résultats des tests pour répondre à cette question concernant cette espèce.
"Il s'agit de l'épaulard le plus différent que j'ai jamais vu", a déclaré Robert Pitman, écologiste marin à la NOAA de San Diego. Il faisait partie de l'équipe qui a repéré les orques au large du Cap Horn, à la pointe de l'Amérique du Sud.

Quelles sont ces différences ? Le bandeau oculaire blanc, caractéristique de l’orque, est minime chez ces orques, à peine perceptible. Leurs têtes sont un peu plus arrondies et moins élancées que chez autres espèces d’orques et leurs nageoires dorsales sont plus étroites et pointues.

Ils mangent probablement principalement du poisson, et pas des mammifères marins comme le font d'autres types d’orques, a déclaré Pitman. Les pêcheurs se sont plaints de leur capacité à « braconner » les lignes de pêche et à s'emparer de poissons de 200 livres.

Pittman a déclaré qu'ils sont si différents qu'ils ne peuvent probablement pas se reproduire avec d'autres espèces d’orques et que c’est probablement une nouvelle espèce. Ils sont légèrement plus petits que la plupart des orques, de 6 à 7,5 mètres de long. 

Crédit photo : J-P Sylvestre / Associated Press
Dans l’hémisphère sud, les orques sont considérés comme une seule et même espèce, classés des types A à c. Celui-ci est appelé épaulard du type D ou subantarctique.

Michael McGowen, conservateur des mammifères marins au Smithsonian, a déclaré que dire que ces orques étaient d’une nouvelle espèce d’épaulard sans données génétiques pourrait être prématuré. Néanmoins, a-t-il déclaré, « Je pense que ce qui est remarquable, c’est qu’il reste encore beaucoup de choses dans l’océan, comme un énorme épaulard que nous ne connaissons pas. »

Les scientifiques ont entendu parler pour la première de ces orques en 1955 en Nouvelle-Zélande, lors d’un échouage massif d’orques avec des caractéristiques différentes. Les scientifiques pensaient alors qu’il pouvait s’agir d’une famille d’orques possédant une mutation génétique différente. Mais les photos du mois de janvier et toutes les autres photos démontrent qu’il s’agit bien d’un type différent d’épaulard, selon Pitman.
Ils sont difficiles à trouver car ils vivent loin au sud et loin de la côte, contrairement à la plupart des orques.

"L’épaulard de type D vit dans les eaux les plus inhospitalières de la planète. C’est un bon endroit pour se cacher.", a-t-il déclaré.
Pitman s’est intéressé à ce mystérieux épaulard en 2005, alors qu’on lui avait montré une photo. Quand lui et d’autres ont décidé d’aller à leur recherche, ils ont suivi les conseils et les directives des pêcheurs sud-américains qui avaient vu les orques prendre leurs poissons.

Après des semaines d'attente, environ 25 orques sont arrivées vers le bateau des scientifiques, semblant s'attendre pour être nourries. Des problèmes d'équipement ont empêché les scientifiques d'enregistrer suffisamment de chants, mais ils ont utilisé une arbalète pour prélever un échantillon de tissu. Pitman a déclaré que les baleines sont si grandes et leur peau si dure que cela ne leur a pas fait mal, précisant que la fléchette "était un peu comme une paille de soda qui rebondit sur le pneu d’un camion."

Pitman a déclaré qu'il n'oublierait jamais ce 21 janvier lorsqu'il a enfin vu son premier groupe d'orques de type D.

"Pendant 14 ans, j’ai recherché ces gars. J'ai finalement pu les voir", a-t-il dit.

Traduction : C'est assez ! 

Première rencontre avec les orques

Auteur : Sandrine Pantel (Pour C'est assez) - 8 mars 2019

L’Islande est le pays qui a su m’enchanter et bouleverser ma vie de bien des manières.
Je m’y suis rendue pour la première fois l’année dernière, au mois de février. Malgré les conditions climatiques extrêmes, ce pays rude et sauvage m’a immédiatement fascinée, de par ses paysages sortis tout droit d’un autre monde, sa lumière si particulière et le sentiment de domination totale de la nature sur cette île magnifique.

Une orque nageant près du bateau - Crédit photo : ©Orca Guardians Iceland
Puis au mois de juin, la chance incroyable s’offre à moi d’y retourner une seconde fois et de participer à un circuit en bateau d’observation des cétacés. Pour être sincère, je ne m’intéresse alors absolument pas aux orques, tout simplement parce que je ne les connais pas. J’adore l’océan et je suis particulièrement consciente de l’importance de préserver ses écosystèmes et ses populations d’espèces aussi incroyables que variées, dauphins, baleines, requins…

Mais je n’ai pas encore fait la connaissance des orques. Je n’ai encore jamais lu de livres ou regardé de documentaires à leur sujet… je n’ai même pas vu le célèbre film Sauvez Willy pendant mon enfance ! C’est avec l’espoir immense de croiser la route des baleines que je monte sur le bateau, mais le sentiment prédominant est tout d’abord une grande déception.
Pas de géante bleue nageant près de notre bateau ou émergeant de la surface pour retomber dans une immense gerbe d’eau… Seulement le vent, l’eau relativement calme sous un ciel blanc, de nombreux oiseaux, macareux et fous de Bassan… L’excitation première se dissipe peu à peu pour laisser place à l’impression amère d’une opportunité manquée, celle d’une rencontre qui aurait pu être la rencontre d’une vie.

Marie, notre guide, profite de tout ce temps pour nous expliquer tout ce qu’elle sait sur les mammifères marins vivant dans les eaux au large de la péninsule de Snæfell, tout en jetant régulièrement des coups d’œil autour du bateau pour tenter de repérer une gerbe d’eau, un souffle ou un aileron dorsal à l’horizon.

Notre patience est alors soudainement récompensée : un cachalot a été repéré par un autre bateau ! Une baleine, nous allons voir une baleine pour la première fois… Notre navire se dépêche de rejoindre l’autre et, une fois sur place, stoppe à bonne distance, ni trop près pour ne pas déranger l’animal, ni trop loin pour nous permettre d’apercevoir distinctement son dos émergeant de l’eau. Le cachalot plonge soudain et nous laisse entrevoir, l’espace d’un instant, sa nageoire caudale. La baleine disparaît déjà de notre vue, mais quelle vue !

La nageoire caudale d’un cachalot lors de son plongeon final sous nos yeux
Il est alors déjà temps pour nous de faire demi-tour et de retourner au port. Ce cachalot solitaire semble être alors notre unique aperçu de l’incroyable faune peuplant les eaux islandaises.

Le silence s’installe et nous ressentons malgré nous un mélange de tristesse et de regret, tout en sachant bien que la nature ne peut se plier à notre volonté. Marie tente alors de nous réconforter en nous offrant une tasse de thé. Mais alors que nos espoirs se réduisent à néant, elle émerge de la cabine, le sourire aux lèvres : « Le thé devra attendre, un autre bateau a repéré un groupe d’orques tout près ! »

Une orque mâle, la première que nous apercevons
Quelle chance inespérée, à la dernière minute de notre expédition ! Je ne connais pas les orques et ne sais donc pas du tout à quoi m’attendre. Je ne réalise pas que les orques se déplacent en groupes familiaux et je ne m’attends pas à être aussi émue que je ne le suis finalement lorsque nous les rencontrons enfin. Leur vision me coupe le souffle et me donne les larmes aux yeux, en particulier lorsque je pense aux autres orques emprisonnées dans de minuscules bassins de béton de par le monde.

Elles se nourrissent autour de nous, émergeant et plongeant dans un ballet infini et harmonieux, à la recherche des harengs qu’elles affectionnent particulièrement dans cette région. Elles reconnaissent le bateau au bruit de son moteur et ne nous fuient absolument pas. Je réalise alors leur intelligence, leur proximité ainsi que les liens qui les unissent. Je me sens infiniment privilégiée de pouvoir les admirer en pleine nature et de passer un moment en leur compagnie. Marie nous explique qu’une des orques femelles du groupe n’a pas encore de nom et que nous pouvons alors la baptiser : Maya parcourt désormais les eaux islandaises aux côtés de sa famille et j’espère recroiser son chemin un jour !

Le bateau s’éloigne progressivement et je reste sur le pont pour les garder en vue le plus longtemps possible, prenant une dernière photo, l’aileron dorsal d’une orque se détachant sur l’horizon. Voici l’histoire du jour où j’ai rencontré les orques et où j’en suis tombée amoureuse. Il suffit d’une rencontre dans la nature pour ressentir le besoin irrépressible de les protéger.

De retour en France, je propose immédiatement mes services à l’association C’est Assez ! et j’adopte une orque de la communauté des résidentes du Nord au Canada. Mais je veux faire plus, bien plus. Je prends alors la décision de consacrer mes prochaines vacances à la protection des orques.

Une autre orque mâle près de notre bateau
Et c’est ainsi que je me retrouve aujourd’hui en Islande, pour trois semaines de bénévolat à bord des bateaux de Láki Tours à Grundarfjörður, car c’est grâce à eux que cette aventure a pu commencer. La guide et spécialiste des orques, Marie, est également fondatrice de l’association Orca Guardians Iceland, dédiée à l’étude et à la protection des orques. Les méthodes de ces deux structures sont extrêmement respectueuses des animaux : code de conduite strict pour les déranger le moins possible lors des circuits, méthodes de recherche et d’étude non invasives (Marie se base uniquement sur les photos prises lors des circuits pour recenser les orques et étudier leurs comportements), ce qui est extrêmement important pour moi. Je ne peux que recommander Láki Tours à toutes celles et ceux qui souhaitent se rendre en Islande et avoir la chance d’entrer, pour un instant, dans le monde des orques et
des baleines tout en étant sûrs des méthodes éthiques et respectueuses des personnes impliquées, véritablement passionnées et soucieuses de partager toutes leurs connaissances sur le monde des cétacés.

Qui sait, je serai peut-être présente pour vous accueillir en français sur le bateau.

(Pour ceux qui ne souhaitent pas se rendre aussi loin, vous pouvez également adopter une orque islandaise via le site de Orca Guardians Iceland, en apprendre davantage sur les orques grâce aux photos et documents qui sont envoyés par e-mail et contribuer ainsi à faire vivre l’association pour lui permettre de poursuivre son travail de recherche et de sensibilisation !)

Crédit Photos : ©Sandrine Pantel 

Les bélugas au Marineland Canada

Par The Whale Sanctuary Project 

On pourrait penser que sur plus de 50 bélugas détenus au Marineland Canada, nous aurions au moins une biographie de l’un d'entre eux.

Mais bien que les bélugas soient dotés d’une personnalité propre, d'intelligence, d'émotions et qu’ils se connaissent par leur « nom » (vocalisation par laquelle ils s'identifient), il n'y a aucune information de Marineland sur aucun des bélugas qui y sont détenus en tant qu'individus. 

Crédit photo : ©The Whale Sanctuary Project
Voilà ce qu'on sait :

Au moment où ces lignes sont écrites, il y a 51 bélugas captifs au Marineland. L'un a été capturé dans la mer de Barents, en Russie, en 1979 ; 22 ont été capturés dans d'autres eaux russes, principalement en mer d'Okhotsk, au nord du Japon et 28 sont nés à Marineland et n'ont jamais vu l'océan.

Trente-six bélugas sont morts au sein de l'établissement et beaucoup sont décédés à un âge plus jeune que dans la nature. Quatre d'entre eux sont morts nés. (Dans leur milieu naturel, les bébés bélugas naissent et grandissent au sein d'une grande famille. Les jeunes mères ont besoin de l'aide et des conseils des plus âgées pour s'occuper de leurs bébés - mais cette aide n’existe pas en captivité.)

"Arctic Cove Pod" - Crédit photo : ©Jennifer Stube/Flickr
La mort la plus choquante est peut-être celle de Skoot, née à Marineland en 2011 et décédée en 2012 après avoir été attaquée par deux mâles plus âgés. Le guide de Marineland, Jamie Charron, a raconté au Toronto Star ce qui s’est passé cette nuit-là :

Skoot, née à Marineland en 2011, décédée en 2012 après avoir été attaquée par deux mâles plus âgés à qui elle ne pouvait échapper, c’est peut-être le décès le plus choquant. Jamie Charron, guide de Marineland, a raconté au Toronto Star ce qui s'est passé cette nuit-là :

Charron était le guide de service lorsque André et Orion, 2 bélugas mâles adultes, ont commencé à attaquer Skoot. Selon son rapport d’incident, il a désespérément tenté d'intervenir. Mais ce n'est pas un dresseur d'animaux, il était seul et n'avait pas les compétences nécessaires pour faire beaucoup plus que frapper la surface de l'eau.

Lorsque l’attaque a commencé, Charron a appelé de l'aide par radio ... Durant la longue attente qui a suivi, André et Orion ont continuellement mordu la tête arrondie du bébé et son corps, ils l'ont poussée violemment autour de la piscine, l'ont fait tournoyer à 360 degrés et l'ont projeté violemment contre une paroi rocheuse du bassin où il est resté littéralement coincé, dit le journal.

... La mère de Skoot a essayé en vain de sauver son bébé, le poussant vers Charron et en essayant de le garder là, repoussant Orion et regardant l'humain comme si, selon Charoon, elle comptait sur lui pour l'aider.

... Lorsque le dresseur Hugo Santana est enfin arrivé près du bassin d'Arctic Cove avec Jackie Kennedy, à 20 h 15, ils ont plongé pour aider Skoot à sortir de l'eau.

Santana écrivit plus tard à un de ses collègues du Marineland : « Nous l'avons tenue alors qu’elle convulsait et faisait des petites crises d’épilepsie jusqu'à ce que finalement elle meure dans nos bras. »

Le propriétaire de Marineland, John Holer, a dit au Star que Skoot souffrait d’une méningite. Et dans une lettre au journal, le Dr June Mergl, vétérinaire de Marineland, a écrit que Skoot « est décédé après un début soudain de maladie » causée par une « infection bactérienne aiguë ».

Parmi les autres bélugas qui sont morts prématurément à Marineland :

Dee est morte juste après une session de caresses en 2000, environ un an après sa capture 
Sasha, née à Marineland en 2008, est décédée en 2011.

 Gia - Crédit photo :©Jennifer Stuber/Flikr
Et plus récemment, en août 2017, Gia, cinq ans, est morte de ce que Marineland a décrit comme étant une petite torsion de l’intestin. 
L’entreprise a confirmé que peu après la naissance de Gia, sa mère a cessé de l'allaiter et qu'une équipe spécialisée en mammifères marins s’était occupée d'elle jusqu'à ce qu'elle adopte de bonnes habitudes alimentaires.

Malheureusement, il semble que nous en sachions plus sur la mort de ces bélugas que sur leur vie.

Note : 
Depuis l’ouverture du Marineland Canada en 1961, 91 cétacés sont décédés (20 orques , 33 grands dauphins, 2 globicéphales,  36 bélugas) - Chiffres Ceta Base au 21 septembre 2018

Traduction : C'est assez !

Fermeture du Dolphinaris Arizona : Qu’est-ce qui est prévu pour les dauphins ? 

Par  Michael Mountain
le 28 février 2019

Tard dans la nuit du mardi 19 février, des membres du personnel du Dolphinaris Arizona, près de Phoenix, ont embarqué quatre dauphins dans un camion de location Penske et les ont conduits à l'aéroport de Sky Harbor.


De là, ils ont été transférés dans un avion à destination de Coral World Ocean Park, un centre d’élevage de dauphins captifs, dans les Îles Vierges. Cet établissement détenant des dauphins a fait l’objet de nombreuses critiques, principalement à cause de sa situation géographiques, un lieu qui fait face à des conditions météorologiques extrêmes et à la pollution causée par les eaux de ruissellement.


Au cours des deux ans et quatre mois qui ont suivi l'ouverture officielle de Dolphinaris Arizona, 4 de leurs 8 dauphins ont connu une mort prématurée : Bodie, 7 ans (septembre 2017 - Alia, 10 ans (mai 2018) - Khloe, 11 ans -décembre 2018) et Kai, 22 ans, à peine un mois plus tard.

Deux des dauphins restants, Liko et Noelani, avaient été prêtés par le Dolphin Quest, un delphinarium d'Hawaii, dont les propriétaires ont cessé leur collaboration avec le Dolphinaris, décidant de sortir leurs 2 dauphins de cet endroit. 

En quelques jours, le delphinarium a enlevé ses panneaux, fermé ses portes et prévu que Liko et Noelani, en accord avec le Dolphin Quest, se rendent à Coral World Ocean Park avec les deux autres survivants de Dolphinaris : Sonny et Ping.

Qu'est-ce qui a tué Bodie, Alia, Khloe et Kai ?



Comment autant de dauphins ont-ils pu mourir en si peu de temps ? 
Le Dolphinaris n’a publié de cause de décès « officielle » que dans les cas de Bodie et Alia, qui seraient morts d’infections, causes communes de décès chez les dauphins détenus en captivité. Khloe serait morte des suites d’une « maladie chronique » mais aucun détail n'a été fourni, et aucune information n'a été divulguée à propos du décès de Kai.

« Le fait de vivre dans un aquarium au sein d'un groupe de dauphins créé artificiellement, devoir constamment participer à des spectacles entraîne inévitablement un stress chronique », explique le Dr Lori Marino, neuroscientifique et présidente du Whale Sanctuary Project. « Ce stress finit par affaiblir le système immunitaire, ce qui rend l'animal vulnérable à toutes sortes d'agents pathogènes infectieux. Quand on ajoute à cela le contact avec les humains, comme c’est le cas dans les « programmes de nage avec les dauphins », non seulement il y a davantage de stress mais il y a également un risque réel de transmission de maladie de l’homme au dauphin et du dauphin à l’homme. »

Le Dolphinaris présentait les conditions parfaites d’un désastre pour les dauphins. De plus, le désert de l'Arizona suscite de vives inquiétudes depuis toujours. Il s'agit d'une zone à risque notoire pour les maladies liées au climat comme « la fièvre de la vallée », une infection fongique causée par la contamination due aux poussières agricoles qui pourrait facilement arrivées jusqu’au bassin des dauphins.

Quelle est la prochaine étape pour les quatre dauphins survivants ?


Les quatre survivants ont maintenant été transférés dans un enclos marin de Coral World Ocean Park, dans les Îles Vierges américaines.

Coral World appelle leur enclos de mer un « sanctuaire », un mot généralement défini comme un « lieu de refuge ». Selon cette définition, nous nous interrogeons sur la question de savoir si une installation commerciale correspond à cette définition.

Si nous comprenons bien, Coral World envisage d’utiliser ces quatre dauphins pour une attraction appelée Dolphin Experiences, attractions durant laquelle les visiteurs interagissent avec eux. La présidente et directrice générale de Coral World, Trudie Prior, a déclaré que « les expériences avec les dauphins sont conçues pour offrir aux visiteurs une occasion unique de côtoyer de près leurs dauphins dans un sanctuaire marin. »

Quelle est la définition d’un sanctuaire pour le Whale Sanctuary Project ? 


Un véritable sanctuaire s'efforce de créer l'environnement le plus naturel possible pour les résidents. Il ne leur impose pas d’ « expériences » avec des visiteurs durant lesquelles les personnes sont autorisées à se familiariser avec les animaux et à les toucher, les nourrir ou nager avec eux. Les « rencontres » avec des visiteurs payants ne font pas partie de l’environnement naturel d’un dauphin. Les animaux ne participent pas non plus à quelque forme de divertissement que ce soit pour un public humain. Dans un authentique sanctuaire, l’autonomie des résidents est une priorité.

En outre, aucun vrai sanctuaire ne nourrit les animaux.

Vivre dans un enclos marin est-il préférable à vivre dans un bassin en béton ?

De manière générale, toutes choses étant égales par ailleurs, tout est mieux que la vie dans un bassin en béton. Mais un enclos marin n'est pas un sanctuaire et tous les enclos marins ne sont pas égaux. 
L'Animal Welfare Institute note que « les quatre derniers dauphins nés en captivité (Dolphinaris) potentiellement immunodéprimés se retrouveront dans une baie connue pour avoir une circulation d'eau limitée dont la qualité est médiocre. Selon le Clean Water Act, Water Bay n’est pas un lieu adapté aux nageurs humains durant 40 % du temps au cours de l’année. Ces quatre dauphins devront vivre dans cette eau polluée toute la journée, tous les jours. »


Quelle est notre définition d’un authentique sanctuaire ?

Alors que nous poursuivons notre recherche pour trouver le meilleur emplacement pour un sanctuaire, voici certaines des considérations dont il faut tenir compte pour notre projet. 

Un sanctuaire authentique n'est pas simplement un lieu de vie, mais un lieu de prospérité. Il doit être l’exemple d'un changement fondamental dans notre relation avec les cétacés, de l’exploitation à la réhabilitation. 
Les sanctuaires n'offrent pas de spectacles pour le public. Ils ne permettent pas la reproduction. Ils n'autorisent pas non plus de procédures invasives inutiles. Ils favorisent plutôt l'autonomie et une vie aussi naturelle que possible.
Ils sont totalement transparents dans leurs soins aux animaux et dans la diffusion d'informations sur leur santé et leur comportement.

Et pour avoir un aperçu des considérations à prendre en compte lors de l’évaluation des sites, il faut également tenir compte de l’espace, de la profondeur, de la qualité de l’eau, des facteurs environnementaux et des installations. 

Un sanctuaire pour les cétacés est aussi un sanctuaire pour les personnes. 

Bien qu’il n’y ait pas de spectacles dans un sanctuaire, cela ne signifie pas qu’il doit y avoir un énorme panneau « Keep Out » (Ne Pas Entrer) à l'entrée ! 
Un véritable sanctuaire est un endroit merveilleux à visiter, un lieu de refuge où l’on peut entrer en contact avec la nature et faire l'expérience de voir des animaux dans leur propre environnement.



Un sanctuaire est aussi un lieu d'éducation et d'inspiration où les gens, jeunes et vieux, peuvent comprendre comment, lorsque nous rendons aux animaux quelque chose de ce que nous, les humains, leur avons pris, nous faisons en retour l'expérience d'une valeur inestimable.

Traduction : C'est assez ! 

Crédit photos : ©The Whale Sanctuary Project / Abc15 Arizona


Dolphinaris Arizona ferme temporairement après la mort d’un quatrième dauphin

Le 5 février 2019

Faisant suite au décès d’un 4è dauphin en moins de 2 ans, le Dolphinaris Arizona a annoncé qu’il fermerait temporairement à compter de ce vendredi.

Crédit photo : ©AZFamily/ Phoenix News
Selon le communiqué, un groupe d'experts externes réévaluera « l'installation, les facteurs environnementaux et tous les aspects concernant le bien-être animal dans le delphinarium. »

Ce groupe d’enquêteurs comprendrait des vétérinaires, des pathologistes, des experts en qualité de l'eau et des spécialistes du comportement animal.

Depuis l'ouverture de l'installation sur le territoire de la communauté indienne Pima-Maricopa de Salt River en octobre 2016, quatre dauphins sont morts durant leur séjour au Dolphinaris. La mort la plus récente, celle du dauphin Kai, a été annoncé le 31 janvier dernier.

Bodie : Un dauphin mâle Tursiops décédé le 23 septembre 2017 des suites d'une « maladie musculaire rare »

Bodie
Alia : Un dauphin femelle Tursiops décédée le 22 mai 2017 des suites d'une « infection bactérienne aiguë » qui "se serait rapidement propagée dans son corps

Alia 
Khloe: Un dauphin femelle Tursiops mort le 31 décembre 2018 des suites d'une « maladie chronique causée par un parasite appelé Sarcocystis », a annoncé le centre.

Khloe
Kai : Un dauphin mâle Tursiops a du être euthanasié le 31 janvier 2019, après qu'il ait montré des « difficulté à nager, à manger et à respirer », et que son état de santé se soit aggravé. Une nécropsie (autopsie d'un animal) est en cours et les résultats n'ont pas été publiés.

Kai 
Dolphin Quest, l'une des sociétés qui a « prêté » des dauphins à Dolphinaris, a annoncé samedi qu'elle mettrait fin à son contrat avec le delphinarium.

Six Flags Discovery Kingdom confirme avoir envoyé 5 dauphins à Dolphinaris en Arizona

Lundi, Six Flags Discovery Kingdom confirmait que cinq de leurs dauphins avaient été envoyés au Dolphinaris en Arizona.

« Nous sommes attristés d'apprendre le dernier décès d'un dauphin », a déclaré Marc Merino, responsable de la communication de Six Flags Discovery Kingdom, dans un communiqué. « En 2016, cinq dauphins de différents âges et sexes ont été transférés de façon permanente au Dolphinaris Arizona. Nous ne discutons pas des détails d'un transfert d'animaux. »

Marc Merino n'a pas précisé les noms des dauphins qui ont été envoyés au Dolphinaris

Traduction : C'est assez ! 

Crédit Photos : ©Abc15 Arizona

Sources : 


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