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Coronavirus : Pourquoi nous ne devrions pas manger de baleines ou de dauphins !

6 juillet 2020 - Par Nicola Hodgins 

Il est indéniable que COVID-19 est en passe de devenir la pire pandémie de l'histoire moderne.

Cependant, nous sommes responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Le respect des animaux et de leurs habitats fait partie intégrante de la santé et du bien-être de l'homme et, sans notre mépris total pour la faune sauvage et notre exploitation des espèces non humaines, le monde d'aujourd'hui serait très différent.


Nous savons déjà que consommer de la viande de baleine et de dauphin peut être dangereux pour la santé des humains - nous en connaissons les effets. On connait les effets du mercure, du sélénium et autres métaux lourds qui s'accumulent au fil du temps chez les super-prédateurs comme les baleines et les dauphins. 

À la lumière de la pandémie de coronavirus (dont nous savons qu'il a été transmis à l'homme à la suite de la consommation d'animaux sauvages) il est plus important que jamais d'attirer l'attention sur les conséquences sanitaires potentielles majeures si nous continuons à consommer des baleines et de dauphins.

La majorité des études ont porté sur la contamination par les métaux lourds, mais il existe une quantité importante d'informations concernant d'autres maladies qui peuvent être transmises à l'homme par la consommation d'animaux sauvages, y compris les baleines et les dauphins.

Par exemple, en 2017, dans une communauté Canadienne, une femme est morte et sa fille est tombée gravement malade après avoir contracté le botulisme en ayant consommé de la viande et du lard de béluga. Au début des années 2000, une communauté entière du sud du Sénégal est tombée gravement malade après avoir mangé la viande d’une baleine à bosse qui s'était échouée sur la plage.


Seul un très petit nombre de pays tue et consomme encore actuellement de la viande de cétacés, et la consommation de dauphins, de baleines et d'autres mammifères marins est illégale dans la plupart des pays. Cependant, dans le monde entier, plusieurs milliers de dauphins et de petites baleines sont chassés pour leur viande chaque année, et dans plusieurs pays, les dauphins et les petites baleines pris accidentellement dans les filets de pêche ou échoués sur les plages sont largement consommés.

La consommation de la viande de dauphins trouvés morts est particulièrement préoccupante, car il est fort probable que ces animaux étaient malades avant leur mort et la consommation de leur chair comporte donc encore plus de risques (transmission de bactéries, de parasites et de virus) si elle est consommée par l'homme.

Nous sommes tous conscients de la rapidité avec laquelle les virus peuvent se propager et des conséquences dévastatrices qu’ils peuvent engendrer.

Les gouvernements doivent penser à la population mondiale et pas seulement à leurs propres citoyens lorsqu’ils étudient les impacts à long terme du COVID-19 et les actions qui en découlent.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé la fermeture des « marchés d’animaux sauvages » y compris la vente de « viande de brousse ». Bien que l’attention ait principalement été portée sur les espèces terrestres, nous devons veiller à ce que la viande provenant d’espèces marines ne soit pas ignorée. La consommation de baleines, de dauphins et d’autres mammifères marins pourrait avoir des conséquences aussi mortelles que la consommation d’animaux terrestres sauvages.

Les retombées de la COVID-19 peuvent également pousser les communautés côtières de certaines nations en voie de développement à se tourner vers l'océan pour leurs besoins en protéines et bien que la Commission baleinière internationale (CBI - l'organisme qui réglemente la chasse à la baleine) ait déjà adopté des mesures pour mettre en lumière les effets négatifs de la consommation de baleines et de dauphins sur la santé humaine, plusieurs pays d'Afrique occidentale, par exemple, ont demandé que la consommation de mammifères marins soit considérée comme une « priorité en matière de protéines ». 


À l'heure actuelle, mais surtout dès que la situation sera plus claire, il est impératif que nous continuions à mettre en évidence le danger très réel des maladies qui peuvent être transmises d’autres espèces aux humains. Les conséquences, comme nous le savons trop bien, peuvent être dévastatrices pour les individus, les communautés et la population mondiale

Au sein de la communauté scientifique, il est largement admis que la pandémie de coronavirus était entièrement prévisible - en fait, elle a été prédite dans un document scientifique publié peu après l'épidémie de SRAS du début du 21e siècle - un autre coronavirus qui a infecté plus de 8 000 personnes et a coûté la vie à près de 1 000 personnes, alors que la consommation d'espèces sauvages exotiques était considérée comme une « bombe à retardement » et une catastrophe imminente - nous avons le devoir de veiller à ce que la prochaine pandémie ne soit pas le résultat d'une maladie transmise par les baleines ou les dauphins.

Traduction : C'est assez

Source : Whale and Dolphin Conservation


Lire également : PEROU: Procès Pour Les Pêcheurs qui Tuent des Dauphins

Photos : 
1 - Harponnage d’un dauphin - ©S. Austerm 
2 - Béluga qu'il a chassé dans l'océan Arctique - ©Billy Archie 
3 - Grindadrap (Iles Féroé) -  ©Andrija Ilic/Agence France-Presse




Birmanie - Un bébé dauphin de l'Irrawaddy tué par la pêche électrique

3 juillet 2020

Selon le ministère de la pêche du Myanmar, ce bébé, âgé d'un mois faisait partie des cinq dauphins de l'Irrawaddy trouvés morts entre Mandalay et Bhamo au cours des six derniers mois.


Le corps du bébé, une femelle, a été retrouvé le 2 juin dernier, tandis que le corps d’une autre femelle âgée d'un an, aurait été retrouvé le 27 juin 2020 dans le village de Sein Pan Gone dans le canton de Madaya (région de Mandalay).

Les villageois ont repéré quatre bateaux pratiquant la pêche électrique, une pèche illégale à proximité de cette zone, a déclaré Zaw Man, le chef adjoint du département de la Conservation des Espèces en danger (Endangered Species Conservation). Il a conclu que le bébé dauphin était mort par électrocution ; « le corps a été mis dans une glacière et amené à Mandalay », a-t-il ajouté.

Thant Zin, conseiller de la Wildlife Conservation Society, a déclaré à Myanmar Mix qu'il avait vu le corps du bébé d'un an durant une patrouille de contrôle de la pêche illégale le 17 juin.

« J'ai vu le bébé dauphin qui nageait et sautait », a-t-il déclaré. « La semaine suivante, il était mort. »

Thant Zin a déterminé, avec l’aide de la communauté locale, que le dauphin avait été électrocuté. 


Les enquêteurs du département des pêches de la région de Mandalay et de la Wildlife Conservation Society ont recensé 79 individus de cette espèce en danger critique d'extinction entre le 10 et le 20 février, soit quatre de plus que l'année précédente.

Cette découverte indiquait une augmentation potentielle des naissances, offrant ainsi un petit espoir pour l'une des espèces les plus menacées du Myanmar.

« Nous avons vu plus de dauphins au cours des trois dernières années et l'année dernière nous n'avons comptabilisé que deux décès pour cette espèce », a ajouté Thant Zin.

Les dauphins de l'Irrawaddy ont un faible taux de reproduction. Les femelles ont un seul bébé après une période de gestation qui dure de 9 à 14 mois. Elles atteignent leur maturité sexuelle entre 4 et 9 ans et mettent bas tous les trois ans.

Une portion de 74 kilomètres de la rivière Irrawaddy est maintenant officiellement protégée, avec des restrictions sur les filets maillants, l'exploitation minière et le dragage.

Selon les données gouvernementales, 10 bateaux de pêche électrique ont été saisis en 2017, 20 en 2018, 31 en 2019 et 19 jusqu'à présent pour cette année, dans cette zone protégée.

Traduction : C'est assez ! 

Source : Baby Irrawaddy dolphin ‘electrocuted’ in shock fishing

Crédit photos : ©Wildlife Conservation Society

Lancement du référendum pour les animaux

2 juillet 2020

Le 2 juillet 2020, le premier Référendum d’Initiative Partagée pour les animaux a été lancé à l’initiative d’Hugo Clément, journaliste, de trois entrepreneurs, Xavier Niel (Free), Marc Simoncini (Meetic), Jacques-Antoine Granjon (Vente privée) et avec la collaboration  de 53 personnalités et 26 associations de protection animale dont fait partie C’est assez ! 



MOBILISATION CITOYENNE MASSIVE : 
TOUS ENSEMBLE POUR LES ANIMAUX ! 

Nous avons une opportunité unique de faire avancer les choses.

« La grande majorité de la population française est favorable à des mesures fortes en faveur des animaux. Il est temps que cela se concrétise dans la loi. Il faut que la société civile, les entrepreneurs et les associations s'emparent de ce sujet. » - Hugo Clément


Le « référendum pour les animaux » vise à faire adopter 6 mesures phares pour améliorer le bien-être animal : 

  • Sortie de l'élevage intensif 


  • Fin des spectacles avec animaux sauvages 


  • Interdiction des élevages à fourrure 


  • Abolition de la chasse à courre, du déterrage et des chasses "traditionnelles" 


  • Interdiction de l'expérimentation sur les animaux quand il existe une méthode alternative


  • Interdiction de l'élevage en cage 

Cela ne sera possible que si 185 parlementaires (députés et sénateurs) et 10% des personnes inscrites sur les listes électorales (soit 4,7 millions de Français) participent à cette initiative solidaire et populaire dans les 9 mois qui viennent. 

Nous comptons sur chacun d'entre vous pour mobiliser votre entourage et parvenir à cet objectif de 4,7 millions d'inscrits.

Si nous sommes suffisamment nombreux et soutenus par une partie des parlementaires, le gouvernement sera obligé d'organiser ce référendum.

Comment participer ?

Inscrivez-vous sur le site Référundum pour les Animaux (pour les citoyens français uniquement) pour participer à cette initiative et suivre son évolution.

Si le nombre de personnes est atteint, vous serez contactés pour valider votre signature. 

Nous comptons sur vous pour mobiliser un maximum de personnes ! Ensemble, faisons avancer la cause animale en France !






Un répit pour les dauphins du fleuve Amazone (ou Boto)

29 juin 2020

Le Brésil prolonge le moratoire sur la pêche au piracatinga.

Ce moratoire a été mis en place pour protéger le dauphin rose de l’Amazone dont la chair et leur graisse servent à appâter le piracatinga, un poisson-chat carnivore attiré par l'odeur de la chair en décomposition.


C’est un bol d’air pour les dauphins roses de l’Amazone après que le gouvernement brésilien ait soudainement prolongé d'un an le moratoire sur la pêche au piracatinga.

Cette interdiction de pêche du piracatinga a été imposée en 2015 pour stopper le déclin des dauphins roses de l’Amazone. Le moratoire a expiré en janvier 2020, et ce malgré les appels pour sa prolongation. Ce moratoire a été aujourd’hui rétabli. Il sera effectif à partir du 1er juillet et durera un an.

Cette décision inattendue représente un réel motif de réjouissance pour la « South American River Dolphin Initiative » (SARDI), qui s'efforce d'inverser le déclin de la population de ces cétacés menacés. La capture de dauphins de rivière pour servir d’appât est l'un des facteurs clés du déclin continu du nombre de dauphins de rivière dans les rivières Amazone et Orénoque.

« Pour de nombreuses raisons, nous devons conserver et sauver ces dauphins », a déclaré Fernando Trujillo, directeur scientifique de la Fundacion Omacha. 

« Les dauphins vivants peuvent rapporter plus d'argent que les dauphins morts aux communautés locales grâce à l'écotourisme. »


En plus du nouveau moratoire au Brésil, la Colombie maintient une interdiction du commerce du piracatinga instaurée en 2017, la chair du piracatinga ayant des taux élevés de mercure (le mercure est largement utilisé par les artisans et les petits orpailleurs).

« À terme, nous espérons que tous les États de l'aire de répartition des dauphins roses de l’Amazone en Amérique du Sud harmoniseront leurs lois pour restreindre le commerce du piracatinga afin de contribuer à réduire l'impact sur les populations de dauphins de rivière. »

Note de C'est assez ! : Il faut malgré tout rappeler que les dauphins roses de l’Amazone restent victimes des braconniers et des chasseurs qui poursuivent leurs activités illégales sur le fleuve Amazone. Le trafic maritime, en augmentation sur le fleuve Amazone, constitue aussi un risque majeur pour ce mammifère marin.
Les barrages hydroélectriques, l’exploitation minière, l’exploitation pétrolière ou gazière sont d’autres facteurs de menaces pour ces dauphins de rivière, ces activités engrainant une forte contamination des eaux du fleuve. 

Après avoir été écartées de la liste des espèces protégées durant 10 ans, le dauphin rose de l’Amazone a réintégré la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UCIN) en 2019 car cette espèce est considérée comme en voie de disparation. 

Traduction : C'est assez ! 


Lire également : 

1 - © Jaime Rojo / WWF-UK
2 - ©Naturelpl.com/MarkCarwardine/WWF   


Izzy veut sauver les dauphins détenus chez Disney.

23 juin 2020

« Aidez-moi à sauver les dauphins de Disney en signant et en partageant ma pétition. »


En avril 2019, Izzy, 13 ans, et sa famille se sont rendu à Disney World, en Floride.

Durant leur visite à l’Epcot Park, une annexe du parc d’attractions, ils ont été horrifiés de découvrir qu’un dauphin était détenu dans un tout petit bassin.

Izzy et sa famille ont toujours refusé de se rendre à SeaWorld, ainsi que dans d’autres parcs marins. Ils sont opposés à la détention des mammifères marins.


En rentrant chez elle, et après quelques recherches, Izzy a découvert que trois autres dauphins étaient détenus à Epcot.

Elle a contacté Disney et l’un des représentants du groupe lui a affirmé que ces dauphins participaient à des programmes de recherche, d'éducation et ceci à des fins non lucratives.

Or, Izzy a également découvert que Disney proposait des programmes de nage et d’interaction avec les dauphins pour 200 dollars. Lors de ce programme, les clients passent 3 heures à apprendre comment « prendre soin » des dauphins, la façon dont-ils sont dressés, et passent 30 minutes à interagir avec les cétacés dans le bassin. La session se termine par une séance photos.


Izzy n’aurait jamais imaginé que Disney était le type d’entreprise qui exploitait les animaux dans un but lucratif.

« Cependant, ce qui se passe ici semble être exactement la même chose qu'à Seaword », déclare-t-elle.

Virgin Holidays continue de vendre des billets pour les parcs et les croisières Disney, même après s'être engagé en juillet 2019 à ne plus vendre de billets pour les attractions qui détiennent des mammifères marins en captivité.

« Mon objectif, dit-elle, est de mettre fin à la détention des mammifères marins détenus chez Disney. Ces dauphins doivent être réhabilités et libérés.»

4 dauphins mâles sont actuellement détenus à l’Epcot Park (Disney World) :
  • Ranier, capturé en mer à l’âge de 7 ans dans le Golfe du Mexique en 1988. Il est détenu chez Disney depuis 2002.
  • Khyber, né en avril 1992 dans les bassins de la Dolphin Connection (Floride) Il fut transféré plusieurs fois de ce delphinarium au Brooklyn Zoo, avant d’arriver chez Disney.
  • Calvin, né au Broklyn Zoo en avril 1993. Il a rejoint l’Epcot Center de Disney en 2005.
  • Malabar, né en juin 2000 au « DK Bermuda » Coral). Il fut transféré chez Disney en 2005. 

→ En savoir plus sur « Les dauphins de Walt Disney World », un article d’Yvon Godefroid. 

→ Epcot Seas Adventures – Dolphins in Depth

Traduction : C'est assez ! 


« N'allez pas les voir dans les bassins ! »

22 juin 2020 

C’est le message qu'Agathe, 8 ans, adresse à tous les enfants.


Elle a également tenu à faire ce petit Tilikum en pâte polymère pour rendre hommage à l’orque disparue, ainsi qu’à tous les autres cétacés captifs.

Merci Agathe 

La détresse animale n’est pas un spectacle !
N'achetez Pas De Ticket


Communiqué - Les associations Mata Tohora et C’est assez ! s’unissent pour les dauphins

19 juin 2020

Comme vous le savez, Mata Tohora est une association de protection des cétacés en Polynésie, très sensible au sujet de la captivité. Les associations C’est Assez ! et Mata Tohora travaillent ensemble et s’unissent officiellement.


La fermeture de l'Intercontinental de Moorea avec 3 dauphins (42 ans, 21 ans et 21 ans) en captivité au Dolphin Center, suscite inquiétude pour nous et pour le plus grand nombre d’entre vous, comme en témoignent vos nombreux courriers. (Merci pour votre soutien !)

Le Dr Agnès BENET, fondatrice de Mata Tohora, s’est entretenue avec le Dr Cécile Gaspar, Présidente de l'association Te Mana O Te Moana et vétérinaire pour le Dolphin Center.

Cécile Gaspar assure que rien ne change pour les dauphins : « l'hôtel n'est pas à vendre et les activités du Dolphin Center restent les mêmes avec notamment les ateliers pédagogiques ».

Des rumeurs que les dauphins vont être relâchés ou vendus aux investisseurs chinois circulent. Cécile Gaspar confirme qu’elles sont infondées.

Tous les animaux sont toujours pris en charge sur place, y compris les tortues.

De notre côté, soucieux d'améliorer la qualité de vie de ces dauphins, nous avons prévu de suivre l'évolution de leur avenir et des réunions sont envisagées pour proposer des plans de réhabilitation à moyen terme avec Mata Tohora et C’est Assez !

Nous reviendrons vers vous pour vous informer.

Nage avec les cétacés au mépris des règles : Globice tape du poing sur la table

18 juin 2020 

« Le harcèlement des animaux n'est en aucun cas justifiable »

Après la publication sur internet d'une vidéo montrant une personne nageant avec des dauphins au large de La Réunion, allant même jusqu'à caresser le cétacé, l'association Globice a publié un communiqué qui dénonce cette pratique.


« La nage avec les cétacés est une pratique controversée qui alimente les discussions de par le monde et génère des dispositions juridiques de plus en plus coercitives.

Lucrative, elle fait l'objet d'une activité commerciale à fort pouvoir d'attraction qui, à La Réunion, est strictement encadrée. L'arrêté préfectoral du 12 juin 2019 prévoit notamment que toute approche intentionnelle à moins de 15 mètres des cétacés est strictement interdite, y compris sous la surface Les contrevenants s'exposent à des poursuites, peines et sanctions disciplinaires.

Malgré cela, comme l'atteste cette capture d'écran d'une vidéo postée sur les réseaux sociaux à La Réunion le 15 juin, certains acteurs peu scrupuleux, agissant en marge de la profession, persistent à organiser des sorties qui dérogent totalement à ces règles, encourageant des interactions préjudiciables aux cétacés. 

Rappelons que les cétacés sont des animaux sauvages dont l'interaction avec l'être humain provoque des modifications de comportements qui les perturbent dans leurs activités vitales (repos, nourrissage, socialisation...), les épuisent et les stressent. Parfois avec des conséquences létales, notamment dans le contexte de gestations.

Cette proximité n'est par ailleurs pas sans risque pour les nageurs. Le contact peut engendrer des réactions hostiles chez les animaux ou favoriser la transmission de pathologies d'une espèce à l'autre.

Lorsqu'elles sont bien menées, les observations de cétacés peuvent être un moyen d’éducation à l’environnement et de sensibilisation à la protection des cétacés. Le harcèlement des animaux n'est en aucun cas justifiable

Note de C'est assez ! : 

De par le combat de notre association, nous dénonçons la nage commerciale avec les dauphins, que ce soit dans un bassin, ou dans l’océan ! 

Cette pratique lucrative ne respecte en rien l’animal. Elle est source de stress pour les dauphins. 

Les cétacés ont besoin de temps pour se reposer, pour socialiser et pour se reproduire. Certains opérateurs ne respectent ni les animaux, ni les règles et sont intrusifs, perturbant et harcelant les cétacés pour permettre à leurs clients de réaliser « leur rêve ». 

Trop de sollicitations dérangent les dauphins et les empêchent de pallier à leurs besoins naturels et finit par modifier leur comportement au quotidien ce qui les mets en danger (accident avec les nageurs, plongeurs, bateaux …).
Ces nouveaux comportements sont ensuite enseignés aux petits qui finissent par développer, génération après génération, une forme de domestication qui est très dangereuse pour les animaux sauvages dans leur milieu naturel.

La nage commerciale avec les cétacés ne doit pas être associée aux activités de « whale-watching » permettant l’observation des mammifères marins. Lorsque ces activités sont menées dans le respect des règles et des cétacés, elles peuvent être un moyen d’éducation à l’environnement, de sensibilisation sur la protection des cétacés et bien sûr d’émerveillement.

« Le milieu marin n'est pas une aire de jeux où tout est permis »




Australie - Les dauphins apprennent de leurs congénères une surprenante technique de chasse

26 juin 2020 - Par Virginia Morell

Des dauphins utilisent des coquillages vides pour piéger des poissons. C’est la première fois que des scientifiques démontrent que des mammifères marins peuvent apprendre de leurs congénères et pas uniquement de leur mère.


Dans les eaux cristallines de Shark Bay, en Australie-Occidentale, des scientifiques ont observé un comportement inhabituel chez des grands dauphins : ils guident des poissons dans les coquilles vides d’escargots géants, ramènent les coquilles à la surface, puis les secouent vigoureusement pour faire tomber leur proie dans leur gueule, comme un humain le ferait quand il vide un sac de pop-corn.

Cette technique de chasse connue sous le nom de « Shelling » leur garantit un repas.

C'est le deuxième cas connu de dauphins utilisant des outils, le premier ayant été observé en 1997 lorsque des chercheurs ont découvert que les grands dauphins portaient des éponges marines sur leur rostre pour le protéger quand ils recherchent du poisson sur les fonds marins.

Les chercheurs ont montré qu’en plus de transmettre leur savoir de mère à enfant (transmission verticale) les dauphins de Shark Bay apprennent et se transmettent cette technique, le shelling, entre adultes (transmission horizontale).

C'est la première fois que l'on découvre chez ces mammifères un apprentissage social impliquant l’utilisation d’un outil - et un exemple rare de cet apprentissage dans le règne animal.


Les scientifiques qui étudient le comportement culturel des primates ont montré que l'apprentissage social se retrouve généralement chez les espèces qui tolèrent facilement la présence de congénères à proximité pour la recherche de nourriture et se transmettent leur savoir (Exemples : Utilisation d’outils comme des brindilles pour attraper des termites, ou de feuilles pour ingérer un liquide)

Pour ce qui concerne les dauphins, les scientifiques ont remarqué que le « shelling » est devenu plus fréquent suite à une vague de chaleur au large de l’Australie-Occidentale en 2011. 
Les températures élevées ont conduit à la mort de nombreux gastéropodes, dont des escargots de mer.

« Nous pensons que les dauphins ont profité de cette hécatombe », a déclaré Sonja Wild, éthologue au Max Planck Institute of Animal Behavior. La saison suivante, dit-elle, il y a eu « une incroyable progression » du shelling, ce qui lui a permis de découvrir la façon dont les jeunes dauphins adultes apprenaient ce comportement de leurs congénères.

Au cours des études menées dans la baie entre 2007 et 2018, Wild et ses collègues ont documenté près de 5300 rencontres avec des groupes de dauphins et identifié plus de 1000 dauphins. Ils ont également observé que 19 dauphins, issus de trois lignées génétiques, s'adonnaient à cette technique du shelling et ce à 42 reprises.


Pour comprendre comment un groupe aussi disparate avait appris cette technique, l'équipe s'est tournée vers l'analyse des cercles sociaux, en tenant compte des relations génétiques, des facteurs environnementaux et des animaux avec lesquels les dauphins préféraient passer du temps. 


En analysant les données, ils ont constaté que le shelling se transmet horizontalement au sein des générations (c'est-à-dire d'un ami à un autre) plutôt que verticalement entre les générations (de la mère au petit).

« C'est une excellente étude », déclare Richard Connor, éthologue et expert des dauphins à l'université du Massachusetts, à Dartmouth, qui n'a pas participé aux travaux. « Elle ajoute une autre technique à une incroyable gamme de tactiques spécialisées pour la recherche de nourriture », utilisées par les dauphins, les orques et les cachalots.

Mme Wild pense que le shelling commence chez les adultes. « Mais plus un jeune dauphin passe de temps avec un spécialiste de cette technique », dit-elle, « plus il est probable qu'il apprenne » cette technique et la transmette à d'autres plus tard. »

« Cette capacité à apprendre des autres peut aider les dauphins à s’adapter à des environnements changeants, en propageant rapidement de nouveaux comportements leur permettant de se nourrir lorsque la nourriture devient rare. »


Néanmoins, comme les jeunes dauphins passent plus de 30 000 heures avec leur mère, il est possible que certains d'entre eux aient appris cela de leur mère, explique Janet Mann, experte en dauphins à l'université de Georgetown. Il est considéré comme plus exigeant cognitivement d’apprendre une compétence comme le shelling d’un individu sans lien de parenté car l'apprenant et le démonstrateur doivent être « socialement tolérants », surtout lorsqu'ils chassent.

Traduction : C'est assez ! 


Crédit photos : ©Sonja Wild






Un dresseur chinois accusé de cruauté envers les animaux

26 juin 2020

Des internautes chinois ont accusé l’employé d’un delphinarium de cruauté envers les animaux après qu'il eut partagé une vidéo le montrant en train de chevaucher un béluga.


Cette vidéo a provoqué la colère de dizaines de milliers d'internautes chinois qui appellent au boycott de ces spectacles animaliers.
Elle a été publiée par le dresseur dont le nom n’a pas été révélé.

Un responsable du delphinarium, le Luoyuanwan Sea World de Fuzhou (province de Fujian) a ensuite expliqué aux médias locaux que ses employés et ses animaux ont souvent de telles interactions dans le cadre de leurs spectacles.

Ce delphinarium est situé dans le sud-est de la Chine, il est connu pour proposer de nombreux spectacles d'animaux avec des dauphins, des bélugas et même des requins.

La vidéo est devenue virale après qu’elle ait été partagée mardi par un groupe de protection animale sur le Twitter chinois « Weibo ». Le post accusait le dresseur de maltraitance envers les bélugas.


« Les vidéos ont un énorme impact social et l’association espère que les services concernés y prêteront une attention particulière ».

Elle a suscité l'indignation de dizaines de milliers de personnes qui ont appelé à boycotter les spectacles d'animaux dans les zoos et les aquariums.

L'un des internautes a écrit : « Refuser les spectacles avec animaux ! C'est de l'emprisonnement et de la cruauté envers les animaux ! »

Un autre a commenté : « Les baleines et les dauphins sont censés vivre dans la mer mais ils sont confinés dans de petites prisons. Ils sont obligés de se produire en spectacle et de travailler pour des aquariums tous les jours. Ce n'est que de la cruauté et de la torture !

A la suite de la controverse, le dresseur a supprimé la vidéo originale sur sa page du média social Douyin, une plateforme chinoise de partage de vidéos de même nature que TikTok.

Une porte-parole du parc animalier a affirmé que de telles interactions entre les animaux et les dresseurs font partie du spectacle.

Elle a déclaré à Pear Video : « Nous avons des spectacles interactifs avec des dauphins et des bélugas. »


Les dresseurs peuvent danser avec eux sous l'eau ou se tenir sur eux pour démontrer la force des ces animaux.

« Nous sommes une entreprise légitime et la détention de nos animaux est légale », a ajouté l’un des membres du personnel.

Alors que les autorités s'efforcent d'établir des lois pour protéger la faune, l’évolution de la pandémie due au coronavirus a mis en lumière la question du bien-être des animaux en Chine.

Des événements similaires concernant les mauvais traitements infligés aux animaux dans les zoos ont récemment été exposés par les internautes à la suite de la crise sanitaire. En avril 2020, une vidéo montrait un tigre captif, déprimé, tourner sans arrêt en rond dans le minuscule enclos d’un zoo de Pékin.

Une autre vidéo montrait des visiteurs chinois utilisant des cannes à pêche pour nourrir des tigres captifs dans le cadre d'un « programme interactif » proposé par un zoo de la province du Yunnan, dans le sud-est de la Chine.

Traduction : C'est assez ! 

Source : Daily Mail








Australie - Des ennemis de longue date mettent leur inimitié de côté pour collaborer à la création d’un sanctuaire

23 juin 2020

C’est une longue bataille qui s'achève. Deux ennemis de longue date ont mis de côté leurs différences pour  un objectif commun : le bien-être des dauphins

Zippy, Bella, Jet
Durant des années, il y a eu des tensions entre le Dolphin Marine Conservation Park de Coffs Harbour et les défenseurs des droits des animaux qui luttent contre la captivité des animaux.

Jordan Sosnowski, avocat qui travaille avec le groupe Action for Dolphins, a fait pression sur les membres du Parlement fédéral et de l'État pour qu'ils ferment cette entreprise qui attire les touristes à  Coffs Harbour depuis 50 ans. Elle est allée jusqu'à poursuivre le parc devant un tribunal fédéral.

Mais ces derniers mois, une alliance improbable s'est formée entre le parc marin et les défenseurs des droits des animaux, qui se battent maintenant pour sauver les dauphins détenus dans le parc qui risque de fermer à cause des restrictions dus au coronavirus.

Le problème est le bien-être des trois derniers dauphins (Zippy 32 ans, Bella, 15 ans, et Jet, 11 ans) détenus par  parc après la mort de leurs parents, Bucky, qui avait plus de 50 ans, et Calamity, environ 40 ans, tous les 2 décédés au cours des 12 derniers mois. (Calamity est morte le 2 juin dernier durant une opération pour l'ablation d'une tumeur). 

Calamity
Les relations entre le parc marin et les défenseurs des animaux ont commencé à s’améliorer en 2018 lorsque Terry Goodall a pris la direction du parc. Il a entamé des discussions avec les défenseurs des animaux plutôt que de rejeter leurs préoccupations. 

« Nous nous sommes affrontés durant ces dernières années, plusieurs années en fait. Quand je suis arrivée à la direction du parc, j'ai rencontré Jordan d’Action for Dolphins. Je l'ai invitée, et nous avons discuté. »

Peu après les premières réunions, le delphinarium annonçait qu'il n'élèverait plus de dauphins. C’est à ce moment qu’à germer l’idée d’un lieu de retraite pour eux. 

« Ils ont toujours voulu que les dauphins soient relâchés dans la nature. Ce à quoi j’ai répondu que ça ne pouvait pas se faire. Ces dauphins n’ont jamais vu de requins. Ils ne survivraient pas longtemps. Idéalement, ils devraient être dans l’océan, mais ils ne le peuvent pas, un sanctuaire était donc la meilleure option. 

M. Sosnowski a convenu que les dauphins ne pouvaient pas être relâchés en toute sécurité dans la nature car ils ne possédaient pas les compétences nécessaires à leur survie.

Les 3 dauphins détenus au  Dolphin Marine Conservation Park sont tous nés et ont tous été élevés en captivité, ils ne pourraient pas survivre dans la nature, a déclaré M. Goodall. Après être devenu directeur du parc en août 2018, M. Goodall a déclaré avoir parlé à M. Sosnowski, qui a proposé l'idée d'un sanctuaire marin.  

« Un sanctuaire marin est un compromis qui permettra aux animaux de vivre dans l'océan et d'avoir beaucoup plus d'autonomie, tout en s'assurant qu'ils sont soignés et nourris par des soigneurs », a déclaré M. Sosnowski.

Projet de sanctuaire à Coff Harbour 
Le projet consisterait à construire un sanctuaire permanent à l'intérieur de la Marina qui pourrait abriter les dauphins « retraités » mais aussi servir à la réhabilitation d’animaux marins blessés.

Une étude de faisabilité suggère qu'un tel sanctuaire est possible. La qualité de l'eau est convenable, mais des tests coûteux sur l'impact du bruit causé par les bateaux qui transitent dans cette zone doivent être effectués.

Les représentants d'Action for Dolphins and the Park ont rencontré les habitants ainsi que des politiciens locaux, étatiques et fédéraux.

Selon M. Goodall, la réponse a été positive. Nombreux sont ceux qui, à Coffs Harbour, ont grandi avec les dauphins et le parc est une attraction touristique majeure.

Mais le parc est actuellement fermé à cause du coronavirus, on craint qu'il ne fasse faillite avant que le sanctuaire ne soit construit, et sans les compétences nécessaires pour survivre dans la nature, il faudrait trouver un nouveau foyer pour les dauphins ou les euthanasier.

Le problème est que les campagnes contre la captivité des dauphins ont connu un tel succès en Australie qu'il n'existe actuellement qu'une seule autre installation, le Sea World Gold Coast qui détient déjà 30 dauphins.  

Avec ce sanctuaire, les dauphins disposeraient ainsi de dix fois plus d'espace qu'actuellement, et les visiteurs pourraient les voir dans le port.

Ensemble, ils ont approché le gouvernement pour obtenir un financement et pour promouvoir les avantages de ce plan.

Mr Sosnovskoïe a mis en avant le fait qu’en plus d’être une attraction touristique, le sanctuaire pourrait servir de lieu de transition pour la réhabilitation de dauphins ou autres cétacés sauvages qui s’échoueraient. 

« Ce petit parc génère environ 15 millions de dollars par an pour l'économie locale », a-t-il déclaré.

« Un sanctuaire marin comme celui-ci a un énorme potentiel pour la ville de Coffs Harbour, en fournissant des emplois nécessaires à la suite de la pandémie, en stimulant le tourisme et surtout, en offrant une meilleure vie aux dauphins », a déclaré M. Sosnowski.

Malgré les difficultés,  le parc et les militants sont déterminés à aller de l'avant et vont  probablement mettre en place un programme de dons. Ce projet nécessite au minimum 9 à 10 millions de dollars de fonds. 

Traduction : C'est assez ! 

Sources : The Guardian / The Sydney Morning Herald

Crédit photos : 
1 et 2 : ©Dolphin Marine Conservation Park
3 : SAHA Design Practice

Le triste sort des orques détenues en captivité - (A la mémoire de Freya)

22 juin 2020

Le 20 juin 2015, Freya s’éteignait à l’âge de 34 ans dans les bassins du Marineland d’Antibes.
Crédit photo : ©Inconnu 
Freya avait été capturée au large des côtes islandaises par SeaWorld en 1982. Elle n’avait alors que 2 ans. Arrachée à sa famille, elle fut vendue au Marineland d’Antibes où elle aura vécu 32 ans d’une longue vie de captivité..


Freya fit au total 4 fausses couches ce qui la plongea dans une profonde dépression. 
La consanguinité semble expliquer ces fausses couches puisque le mâle reproducteur n’aurait été nul autre que son propre frère.

Le 13 février 1996, elle mit au monde Valentin qui décédera dans ces mêmes bassins quelques mois seulement après le départ de sa mère le 12 octobre 2015 à l'âge de 19 ans après les terribles inondations qui avaient frappé le sud est de la France.

Ce triste anniversaire est l’occasion pour nous de faire le point sur le sort des orques détenues en captivité.

Photo : ©WDC
Les orques sont détenues en captivité depuis 1961. Victimes de la cupidité de l’industrie de la captivité, des dizaines d’orques sauvages ont été arrachées à leur famille, à leur vie, obligées de vivre dans des groupes sociaux artificiellement reconstitués qui ne ressemblent en rien à leur vie dans la nature.

Depuis 1961, au moins 166 orques ont été capturées dans la nature.
129 de ces orques sont aujourd'hui décédées.

En comptant les orques nées dans les bassins, au moins 166 orques sont mortes en captivité, sans compter 30 bébés mort-nés et les fausses couches.

SeaWorld détient 20 orques dans ses trois parcs aux États-Unis. Au moins quarante-neuf orques sont mortes dans les bassins de SeaWorld.

L'une des captures les plus tristement célèbres a eu lieu en 1970. 
Plus de 80 orques de la population des orques résidentes du Sud ont été rassemblées à Penn Cove, dans l’Etat de Washington. 7 d’entre elles ont été capturées. Parmi elles, Lolita est la seule toujours en vie, détenue au Miami Seaquarium.

Depuis 2002, au moins 19 orques ont été capturées à l‘état sauvage. 

La dernière capture en date est celle des orques qui ont été détenues dans la tristement célèbre « prison des baleines », dans la baie de Srednyaya près de Nakhodka (Russie). Depuis, et après une longue bataille pour leur liberté, grâce à Free Russian Whales, elles ont été relâchées dans la nature durant les mois de juin, juillet et août 2019.

Le malaise croissant que suscite le concept de la détention d'orques en captivité n'a fait que s’accroître depuis la sortie du film documentaire Blackfish, qui dénonçait les conditions de captivité de ces mammifères marins à travers la vie de Tilikum.

Malgré toutes les tentatives de l'industrie du spectacle pour faire oublier cette publicité négative, le monde entier est actuellement de plus en plus conscient que tout ne va pas si bien au « pays des rêves ».

Maladies, fausses couches, décès prématurés, accidents…ont contribué à montrer que ces cirques aquatiques sont des lieux de souffrances, tant physiques que morales, pour les cétacés captifs.

Note : A la date du 29 août 2019

  • 60 orques sont détenus en captivité
  • 29 d'entre elles ont été capturées à l’état sauvage
  • 33 orques sont nées en captivité
La captivité, que ce soit pour les orques ou les dauphins, est dévastatrice pour ces animaux.
C’est la pire des maltraitances que puissent subir les cétacés captifs condamnés à vie à tourner en rond dans un bassin de béton !

Traduction de l'article « Fate of orcas in captivity » - (WDC) 
C'est assez ! 

Brésil - Le dauphin rose de l’Amazone risque l'extinction si le moratoire sur la pêche du poisson-chat n'est pas renouvelé

17 juin 2020 - Par Peter Yeung 

Le dauphin rose de l’Amazone (Inia geoffrensis ou boto), déjà classé « en danger » et remis depuis 2018 sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), est aujourd'hui encore plus menacé au Brésil et en Amérique latine. 

© Wikipedia
On estime à quelques dizaines de milliers le nombre d'animaux vivant à l'état sauvage, bien qu'il soit difficile de les compter avec précision dans les eaux troubles des rivières de l'Amazonie. Comme les autres dauphins de rivière, le boto communique avec différentes tonalités de sifflets. 

Occupant les bassins des fleuves Amazone et Orénoque, qui traversent la moitié nord du continent sud-américain, ces mammifères d'eau douce étaient historiquement abondants et sont aujourd'hui protégés par la loi brésilienne ; il est illégal de les tuer. 

Mais depuis des années, les braconniers ciblent ces dauphins, utilisant leur graisse et leur chair comme appât pour attraper un poisson-chat carnivore appelé piracatinga, qui est attiré par l'odeur de la chair en décomposition. L'animal subit également de plein fouet la pollution au mercure liée à l'orpaillage clandestin.

©Verónica Iriarte
En janvier 2015, sous le gouvernement de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, ces comportement criminels ont conduit à l'introduction d'un moratoire de cinq ans sur la capture du piracatinga afin de mieux protéger les dauphins. Mais ce moratoire a pris fin en début d'année et devait être renouvelé par l'administration de Jair Bolsonaro, qui sape de nombreuses autres lois environnementales du Brésil. 

Les experts avertissent que l'absence d'extension de ce moratoire pourrait mener à l'extinction le plus grand dauphin d'eau douce du monde - un sort qu’a subit le dauphin de Chine dans le fleuve Yangtze en 2007, après des années de surpêche, de pollution et de dégradation de son habitat. 

« Je pense que l'absence de moratoire pourrait les faire disparaître », prévient le Dr Vera da Silva, chercheur à l'INPA, l'institut de recherche sur l'Amazonie, qui étudie les dauphins d'Amazonie depuis plus de 30 ans. « Tous les objectifs du moratoire n'ont pas été atteints, c'est pourquoi le moratoire doit être prolongé », a-t-elle expliqué. 

Les recherches menées par Vera Da Silva, publiées en 2017, ont montré que la gestation d'une femelle dure généralement 13 mois. Après cela, la mère nourrit son petit durant deux ans. En raison de cette longue période de gestation et d'allaitement, les femelles ne se reproduisent que tous les trois à cinq ans. 

©AFP Photo/HK Dolphin Conservation Society
« C'est une espèce qui se reproduit très lentement », note Mme Da Silva. « Si le prélèvement est supérieur au taux de reproduction et de croissance, l'espèce n'a pas la capacité de se renouveler. 

Cette étude faite par Mme Da Silva et publiée en 2018 ont révélé que la population de dauphins roses de l’Amazone au Brésil diminue de moitié tous les dix ans. 

Les procureurs de l'État d'Amazonas, où est basé l'Institut Mamirauá, qui sont à l'origine du moratoire qui a été mis en place en 2015, avertissent que pas moins de 2 500 dauphins étaient tués illégalement chaque année pour servir d'appât. 

Mme Da Silva rapporte qu'en novembre 2019, elle a rencontré des fonctionnaires du Secrétariat de la production de l'État d'Amazonas (SEPROR), pour discuter de la prolongation du moratoire dans cet état. Mais rien ne s'est fait depuis, et la haute saison de pêche doit commencer en juillet. 


« Il y a énormément d’inconnues », prévient-elle. « Nous avons besoin de plus d’informations sur les pratiques de pêche. Il n'y a pas de lois assez rigoureuses pour obliger les pêcheurs à déclarer ce qu'ils prennent ». 

Marcelo Oliveira, spécialiste de la conservation au WWF Brésil, est d'accord avec cette analyse. « La pêche est une menace, mais nous n'avons pas assez de données », dit-il. « Si nous ne savons pas où se trouvent les dauphins, nous ne pouvons pas dire à quel point la menace est grave. Mais il est coûteux de faire des expéditions pour surveiller les tendances démographiques ». 

©Fernando Trujillo
Le WWF a innové en utilisant des drones pour accomplir la difficile tâche d'améliorer le comptage pour l’estimation de cette population, en survolant des bandes de rivière de 2,5 kilomètres pour enregistrer des images. 
« C'est beaucoup moins coûteux et plus efficace que de faire des observations à partir de bateaux », dit-il. L'ONG travaille actuellement en partenariat avec des universités britanniques pour analyser les résultats des images des drones en utilisant l'intelligence artificielle. 

Mais même avec de meilleures pratiques d'enregistrement des données et un ensemble de données amélioré, Oliveira affirme que les dauphins de rivière sont toujours très menacés par un large éventail de menaces. « Les prises accidentelles voient tant de dauphins pris dans les filets de pêche, l'exploitation de l'or dans la région a entraîné un empoisonnement au mercure dans l'eau et la construction de barrages hydroélectriques a réduit leur habitat et leur patrimoine génétique », explique-t-il. 

Oliveira estime que pour l'instant, la conservation des dauphins devrait être axée sur un meilleur engagement communautaire dans tout le bassin amazonien, avec une forte sensibilisation des pêcheurs, dans une région dont la population en pleine expansion a maintenant dépassé les 34 millions d'habitants. 

©Fernando Trujillo
«La prolongation du moratoire pourrait être un moyen de protéger les dauphins, des appâts alternatifs pourraient être un autre moyen, mais nous devons avoir un équilibre entre le développement et la conservation de la biodiversité », dit-il. « Ce n'est pas un combat entre les deux. Si les communautés sont impliquées dans la conservation, les dauphins seront plus en sécurité ».

Fernando Trujillo, directeur scientifique de la Fundacion Omacha, une ONG environnementale, créée en 1993, basée en Colombie et spécialisée dans la protection des dauphins de rivière, affirme que la conservation doit également être abordée au niveau international. 

« La fin du moratoire du Brésil enverra le message que la pêche est acceptable - même dans d'autres pays d'Amérique latine », déclare-t-il. « Nous devons travailler ensemble avec tous les pays en termes de politique, en nous mettant d'accord sur les mêmes critères et la même législation, notamment en ce qui concerne la surveillance des frontières ». 

©Peter Yeung
M. Trujillo, qui est également coprésident du comité sur les petits cétacés à la Commission Baleinière Internationale, demande que le moratoire brésilien soit prolongé de cinq ans. 

« Pour de nombreuses raisons, c'est une espèce que nous devons conserver et sauver », dit-il. « Les dauphins vivants peuvent rapporter plus d'argent que les dauphins morts aux communautés locales grâce à l'écotourisme. » 

Selon les croyances indigènes, le dauphin de rivière - qui passe du gris au rose en vieillissant - est une créature magique. Une légende dit que la nuit, le dauphin rose se transforme en femme, pour attirer les hommes dans le fleuve. Et en jeune homme, pour attirer les femmes restées à la maison. 

Mais les scientifiques considèrent les mammifères comme les principaux prédateurs de l'écosystème aquatique amazonien - les considérant comme les jaguars des rivières. Un porte-parole du ministère de l'agriculture, de l'élevage et de l'approvisionnement a déclaré que le moratoire n'avait pas encore été prolongé car « il est nécessaire d'évaluer ses effets sur la reconstitution des populations de marsouins et de caïmans afin de vérifier l'efficacité de cette mesure de gestion des pêches ». 
Lorsque le journal « Mongabay » lui a demandé de commenter, le ministère n'a pas fourni de calendrier pour cette période d'évaluation. 

©Frank Wouters 
Il existe un autre mythe sur le dauphin rose de l’Amazone. On dit que le tuer porte malheur. Ne sachant pas quels impacts aquatiques négatifs pourraient émaner de l'extinction de ce grand prédateur, les autorités pourraient tenir compte de cette légende alors qu’elles sont encore hésitantes pour décider de renouveler ou non le moratoire du Brésil. 

« Nous avons le devoir et l'obligation, non seulement en tant que biologistes, mais en tant que société, de préserver et de maintenir les espèces. Principalement les espèces menacées d'extinction, dont nous savons qu'elles disparaîtront de l'Amazonie et du monde. Chaque fois qu'une espèce animale disparaît, l'humanité est perdante à coup sûr. » - Vera Da Silva

Traduction : C'est assez ! 

Source : Mongabay