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Islande : Observer les cétacés de manière respectueuse

À seulement trois heures d’avion de Paris, l’Islande est devenue une destination de vacances très appréciée et est un vrai paradis pour tous ceux qui souhaitent rencontrer baleines et dauphins à l’état sauvage !

En tant que bénévole pour l’association Orca Guardians Iceland, je ne peux que vous conseiller leur entreprise de whale watching partenaire Láki Tours lors de votre prochain voyage. Située à l’ouest de l’île et en activité depuis 2011, il s’agit de l’unique prestataire de ce genre sur la péninsule de Snæfellsnes. 

Une expérience unique, puisque les cétacés que vous rencontrerez ne seront pas encerclés par d’autres bateaux, vous serez les seuls !

De plus, toute l’équipe est composée de passionnés, notamment de chercheurs travaillant en tant que guides sur les bateaux. 

Durant les sorties, ils ne se contentent pas de fournir aux passagers de précieuses informations sur ces animaux et de répondre à leurs diverses questions. Ils profitent également d’être en mer pour collecter des données sur les différentes espèces par le biais de méthodes non intrusives, principalement la photo-identification permettant la création de catalogues recensant les individus observés dans les eaux islandaises au fil des ans. 

Marie, la présidente de Orca Guardians, a ainsi établi un catalogue des orques, Judith un catalogue recensant les baleines à bosse et Karl a débuté la création d’un catalogue des cachalots de la région. 

La plupart des membres de l’équipe travaillent pour l’entreprise depuis de nombreuses années et cette équipe forme une grande famille.

Les capitaines, eux aussi, connaissent l’océan sur le bout des doigts et sont immensément respectueux des êtres vivants qui y habitent. 

Ils suivent un code de conduite très strict, établi par l’organisme IceWhale dans l’optique de déranger le moins possible les animaux. 

Si les baleines et dauphins s’approchent du bateau, c’est uniquement parce qu’ils le veulent et aucune interaction ne leur est imposée. 

Avec Láki Tours, pas question de les caresser, de les nourrir ou de nager avec eux. Mais si vous avez de la chance lors de votre sortie, vous pourrez admirer une famille d’orques en pleine chasse ou séance de jeu, ou bien encore le spectacle d’une paisible baleine à bosse nageant juste à côté du bateau, sa silhouette clairement visible sous la surface.

La biodiversité de la région est tout bonnement spectaculaire. Selon la saison, vous pourrez y croiser orques, cachalots, baleines à bosse, dauphins, globicéphales, petits rorquals et même la grande baleine bleue ! Et même si la nature en décide autrement et que votre sortie s’achève sans la rencontre tant espérée, vous pourrez revenir tenter votre chance gratuitement et profiter, quoiqu’il en soit, de magnifiques paysages depuis le large.

Autre point fort de l’entreprise pour les personnes ayant des difficultés avec l’anglais : certains guides, comme Joséphine, pourront répondre à vos questions en français et je pourrai le faire également si je suis là (souvent en mars ou avril) !

N’attendez pas et embarquez avec Láki Tours à la rencontre des baleines et dauphins lors de votre prochaine escapade en Islande !

Prochains circuits : du 20/12/2021 au 06/01/2022 – puis à partir du 15/02/2022

Un article de Sandrine Pantel (bénévole pour Orca Guardians Iceland et C'est assez !) 

Crédit photos : ©Sandrine Pantel 

HISTORIQUE ! LA FRANCE INTERDIT LA CAPTIVITÉ DES CÉTACÉS EN DELPHINARIUM

Les delphinariums avaient gagné la bataille du Sénat, nous avons gagné la guerre !

Après un intense combat politique depuis 6 ans, C’est Assez ! est fière et heureuse de vous annoncer la fin des delphinariums en France dans un délai de 5 ans.

La reproduction, les spectacles et le maintien de cétacés en bassin seront INTERDITS dans un délai de 5 ans. 

5 ans pendant lesquels nous espérons ne pas voir d’autres drames liés aux naissances en captivité.

C’est Assez ! mène une lutte sans relâche depuis 6 ans. Notre association est à l’origine du premier groupe de travail en 2015 sur l’évolution de la législation entourant les delphinariums avec les courageuses ex-députés Laurence Abeille et Geneviève Gaillard.

Ce travail avait abouti à un premier arrêté en 2017 actant la fin de la reproduction des cétacés, annulé par le Conseil d’État en janvier 2018.

Dès lors, nous avions rencontré tous les Ministres de la Transition écologique, de M. Hulot à Mme Barbara Pompili. Nous avons réalisé un gros travail de lobbying auprès des politiques qui paye aujourd’hui grâce aux annonces de Mme Pompili en 2020 et à l’engagement et aux convictions des députés Laëtitia Romeiro Dias, Dimitri Houbron, Député du Nord, Loïc Dombreval.

L’action continue car plusieurs paramètres devront être surveillés, notamment l’encadrement des futurs centres de soin et sanctuaires. L’industrie ne baissera pas les bras si facilement.

Mais savourons ce moment historique ! Merci à tous pour votre soutien pendant ces années. Nous avons du mal à réaliser ! Cette victoire, c’est aussi la vôtre qui vous mobilisez contre l’exploitation des cétacés ! Mille mercis.

Note : Précision sur le délai de 5 ans : sans ce délai, nous aurions tout perdu et n'aurions obtenu aucune avancée. Marineland existe depuis 50 ans. Nous avons besoin de ce délai pour préparer l'après-delphinarium


Norvège - La viande de baleine vendue comme nourriture pour chiens

Quelques jours seulement après que 575 petits rorquals aient été abattus durant la saison de chasse 2021, de nouveaux documents révèlent que la viande de baleine est vendue pour nourrir des chiens ou jetée à la mer.

Selon des documents obtenus par 3 ONGs*, « Hopen Fisk », une entreprise basée dans la région nord des Lofoten, a expédié, en août dernier, 6 tonnes de viande de baleine à une entreprise touristique proposant des excursions avec chiens de traîneau au Svalbard. . 

L'Agence norvégienne pour l'environnement a approuvé cet envoi à Green Dog Svalbard et à un mucher à titre individuel. 

La livraison s’est faite par le biais de « Nor Lines », filiale de la société islandaise « Samskip », alors même que cette entreprise s'était engagée en 2013 à ne plus transporter de viande de baleine.

« Les titans de l'industrie baleinière et les chefs de gouvernement norvégiens continuent de perpétuer l’affabulation selon laquelle la demande intérieure de produits baleiniers est en augmentation. En réalité, ces baleines qui ont un rôle essentiel dans l'atténuation de la dégradation du climat, sont utilisées pour nourrir des chiens », a déclaré Susan Millward, directrice du Marine Animal Programme de l’AWI.

Selon un rapport de NRK, la Norwegian Broadcasting Corporation, le mois dernier, le directeur général de « Hopen Fisk » reconnaissait que sa société fournissait de la viande de baleine pour la nourriture pour chiens.

L'article cite des statistiques selon lesquelles seulement un tiers des 600 tonnes de viande de baleine issue de la saison de chasse 2021 a été vendue à des magasins en Norvège.

L'année dernière, 164 tonnes de viande de baleine étaient disponibles à l'achat en Norvège, contre 220 tonnes qui ont été envoyées au Japon, selon NRK.

De plus, les baleiniers norvégiens ont admis que les restes de baleines inutilisées (viande, graisse, os, etc.) étaient rejetés en mer et que c’était une pratique courante.

Une autre entreprise de chasse à la baleine, « Myklebust Hvalprodukter », continue de vendre à la fois de l'huile de baleine et de la viande de baleine crue pour nourrir les chiens sur son site Web

Fin 2016, l'entreprise a demandé l'autorisation des autorités norvégiennes de la Convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d'extinction (CITES) pour exporter de la viande de baleine hachée au Danemark pour y être lyophilisée et transformée en nourriture pour animaux, avant d'être emballée et renvoyée en Norvège pour vente commerciale. 

Les autorités norvégiennes ont fait la demande à leurs homologues danois qui ont opposé leur véto à cet envoi prévu car le commerce international des produits issus des baleines de Minke de l'Atlantique du Nord-Est à des fins commerciales est interdit au Danemark.

Jusqu'à récemment, une autre pratique pour renforcer l'industrie baleinière consistait à vendre des produits issus de baleine aux fermes d'élevage d'animaux à fourrure pour les utiliser dans l'alimentation animale.

Ces développements ne sont pas surprenants, étant donné que les récents sondages d'opinion montrent une baisse de la demande des consommateurs pour la viande de baleine en Norvège. Un sondage datant de septembre 2019, commandé par l’AWI, la NOAH et la WDC, a révélé que seulement 2% des Norvégiens mangent souvent de la viande de baleine, contre 4% en  2019. Parmi les femmes interrogées, seulement 1% admettent manger souvent de la viande de baleine, alors qu'aucune personne de moins de 35 ans n'a indiqué qu'elle mangeait de la viande de baleine. 

Depuis début 2019, et selon les statistiques d'exportations norvégiennes, la Norvège a expédié près de 515 tonnes de viande de baleine au Japon et 3,4 tonnes aux îles Féroé, malgré le fait que ces 2 pays continuent de chasser baleines et dauphins.  

Une semaine après le massacre de plus de 1400 dauphins à flancs blancs de l’Atlantique le 12 septembre 2021 dans les îles Féroé, les autorités norvégiennes de la CITES ont approuvé une demande de permis de la compagnie baleinière « Lofothval » (basée au Salmon Center à Bodø) pour expédier 0,86 tonne de viande de petit rorqual vers l' archipel danois.

La  Commission baleinière internationale (CBI) a  imposé un moratoire mondial sur la chasse commerciale à la baleine en 1982, mais la Norvège s'y est formellement opposée et a repris la chasse commerciale 11 ans plus tard. Depuis lors, le pays a tué plus de 14 000 petits rorquals.

« Pendant des années, le gouvernement norvégien a essayé de rentabiliser la chasse à la baleine en accordant des subventions pour la promotion de chasse. Le fait que les petits rorquals finissent comme nourriture pour chiens montre l'échec de cette stratégie et l'absurdité de la situation. Les Norvégiens en général ne veulent pas manger de la viande de baleine et je doute qu'ils soient heureux que des baleines soient tuées pour nourrir les chiens », a déclaré le Dr Siri Martinsen, vétérinaire à la NOAH.

*Les documents ont été obtenus par l'Animal Welfare Institute (AWI ) en collaboration avec NOAH, la plus grande ONG norvégienne de protection des animaux et la WDC

Traduction : C'est assez ! 

Source : Animal Welfare Institute

Crédit photos : 

1 - ©UK Whale

2 - ©AFP 

3 - ©AP photo / Dima Gravysh




« Aucun bassin, aussi grand soit-il, ne pourra offrir des conditions de vie décentes aux dauphins »

Tribune à l'initiative de C'est assez ! publiée dans Le Monde le 19 octobre 2021 

Texte de Christine Grandjean, présidente de l'association C'est assez !, et Julie Labille, bénévole et militante

Une trentaine de scientifiques, éthologues, vétérinaires, naturalistes et spécialistes du monde marin regrettent que la France continue de ne pas interdire la reproduction des cétacés dans les delphinariums.


Le 30 septembre 2021, le Sénat a tranché lors du vote de la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale : la reproduction des cétacés ne sera pas interdite. Une situation au goût amer de déjà-vu lorsque, en 2018, le Conseil d’Etat avait balayé l’arrêté publié par Mme Ségolène Royal, qui avait aussi pour but la fin programmée des delphinariums.

Par la voix de certains scientifiques (qui semblent tous avoir des liens étroits avec les zoos et parcs aquatiques), les delphinariums français persistent à dire que le maintien de cétacés en captivité est acceptable, voire nécessaire. Il semble donc crucial de rappeler certains faits. 
Les règles qui s’appliquent dans les delphinariums et les zoos sont les mêmes.

Or, les delphinariums s’apparentent plus à des cirques qu’à des zoos, puisqu’ils présentent les animaux lors de « représentations » qui nécessitent du dressage souvent lié au chantage à la nourriture. S’il est avéré que, dans certains zoos, les grands mammifères terrestres peuvent vivre plus longtemps que leurs congénères dans la nature, c’est l’inverse pour les cétacés. Ils meurent prématurément, alors qu’ils sont à l’abri des dangers inhérents à la nature et bénéficient de soins constants et d’une nourriture régulière.

La vraie question du bien-être animal

Entre janvier 2015 et janvier 2021, treize cétacés, sur une trentaine d’individus, sont morts dans les bassins à des âges très précoces. Aucun bassin, aussi grand soit-il, ne pourra offrir des conditions de vie décentes aux dauphins : ils vivent en permanence dans une eau chlorée, délétère pour leur santé ; ils ne peuvent s’hydrater naturellement par la nourriture qui leur est offerte. Ces facteurs sont causes de maladies rénales souvent mortelles, malgré les intubations par lesquelles il est tenté d’y remédier. 

La question du bien-être animal se pose et ne se mesure pas à l’aide de quelques critères arbitraires. 
Si leur bien-être est vraiment une priorité pour les parcs, qu’attendent-ils pour les protéger du soleil ? Est-il question de bien-être lorsque Jon Kershaw, responsable animalier du Marineland, déclare dans le journal Libération du 21 mai 2017 : « Les dauphins et les orques sont notre produit d’appel sans eux pas de sauts, sans sauts pas de spectacle, pas de spectacle pas d’argent » ? Comment expliquer toutes ces pathologies et cette mortalité précoce si le bien-être des animaux est réel ?

Les parcs affirment qu’empêcher les cétacés de se reproduire va à l’encontre de leur bien-être, alors que la première des maltraitances est de les maintenir captifs et de les laisser se reproduire sans projet de réintroduction dans la nature. N’est-il pas douloureux pour une mère de faire des fausses couches, d’accoucher de bébés mort-nés, de le perdre peu après la naissance ou d’en être séparée quand le temps est venu de l’envoyer dans un autre bassin ?

Les reproductions doivent cesser

Les parcs pratiquent déjà depuis longtemps la contraception, soit en séparant mâles et femelles (ce qui est fréquent dans la nature), soit à l’aide de médicaments tel le Regumate, qui n’est pas sans risque. La génération vivant actuellement dans ces parcs doit être la dernière. Les reproductions doivent cesser.

En dépit des nombreuses données scientifiques obtenues en milieu naturel, les arguments utilisés par les delphinariums pour les garder captifs sont toujours les mêmes : conservation, éducation et recherche. Quel est le rôle de la conservation quand on sait que les deux espèces détenues en France, l’orque (Orcinus orca) et le grand dauphin (Tursiops truncatus) ne sont pas en danger d’extinction ?

Est-il pédagogique qu’un enfant sorte d’un spectacle en pensant qu’un dauphin est heureux en exécutant des tours en échange de poisson mort ? Il est, en outre, facile d’observer des dauphins le long de nos côtes. De plus en plus d’études en mer nous apprennent des choses passionnantes sur la vie des cétacés. Grâce à la technologie, les scientifiques réalisent des avancées majeures.

La place des cétacés est dans l’océan

A l’aune de ces connaissances actuelles, plusieurs pays dans le monde ont interdit la captivité des cétacés et pris des mesures pour les protéger. 70 % des Français sont opposés à leur captivité, car ils ont tout simplement compris qu’après 34 millions d’années d’évolution (contre 300 000 ans pour Homo sapiens) les cétacés sont parfaitement adaptés à leur environnement et que leur place est dans l’océan.

Nier cette réalité, c’est nier la prise de conscience de nos concitoyens et réduire la démocratie à des oppositions simplistes. 
Notre rapport aux animaux sauvages doit évoluer et les efforts de conservation doivent se concentrer sur la préservation des milieux naturels, et non sur la mise sous cloche de la faune sauvage.

Les signataires de cette tribune sont
Julie Béesau, ingénieure d’étude spécialisée en acoustique des cétacés ; Agnès Benet, océanologue spécialiste des cétacés ; Florence Burgat, philosophe ; Georges Chapouthier, biologiste et philosophe, directeur de recherche émérite au CNRS ; Franck Dhermain, vétérinaire ; Sophie Dol, vétérinaire ; Violaine Dulau, directrice scientifique de Globice Réunion ; Franck Dupraz, vétérinaire et membre du Réseau national d’échouage ; Adrian Fajeau, chargé d’étude sur les baleines à bosse ; Carmelo Fanizza, président de la Jonian Dolphin Conservation ; Hélène Gateau, vétérinaire ; Christophe Giraud, vétérinaire ; Marc Giraud, naturaliste ; Christine Grandjean, présidente de l’association C’est assez ! ; Astrid Guillaume, présidente de la Société française de zoosémiotique ; René Heuzey, réalisateur et producteur de films sous-marins ; Thomas Lepeltier, essayiste, membre associé du Oxford Centre for Animal Ethics ; Emmanuelle Leroy, chercheuse en acoustique des cétacés ; Lori Marino, neuroscientifique, fondatrice et présidente du Whale Sanctuary Project ; Laura Miralles, généticienne spécialiste des cétacés ; Julien Moreau, éco-aventurier ; Catherine Pelletier, documentariste naturaliste ; François-Xavier Pelletier, éthno-cétologue ; Corine Pelluchon, philosophe ; Morgane Perri, biologiste marin ; Ric O’Barry, fondateur et directeur du Ric O’Barry’s Dolphin Project ; Matthieu Ricard, docteur en biologie moléculaire ; Pierre Rigaux, naturaliste ; Flore Samaran, enseignante-chercheuse, spécialiste du suivi des populations de cétacés par acoustique ; Cédric Sueur, maître de conférences en éthologie et éthique (CNRS) ; Maëlle Torterotot, ingénieure de recherche spécialisée en acoustique des cétacés.



Le défi de la réhabilitation des dauphins, après une vie en delphinarium

Un article de Mathilde Gérard et Marina Rafenberg (Athènes, correspondance) paru dans Le Monde le 30 septembre 2021

Des projets de « sanctuaires » en mer sont à l’étude en Europe, mais se heurtent à des lourdeurs administratives. L’enjeu est d’offrir une « retraite » à des dauphins, à défaut de leur faire retrouver une liberté totale. 


C’est un des aspects les plus débattus de la proposition de loi contre les maltraitances animales, votée fin janvier à l’Assemblée nationale, et qui est examinée les 30 septembre et 1er octobre au Sénat : si les spectacles de dauphins et d’orques étaient interdits en France, comme l’avait annoncé en septembre 2020 la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, qu’adviendrait-il des cétacés concernés – soit vingt et un dauphins et quatre orques, répartis entre Marineland à Antibes (Alpes-Maritimes) et Planète sauvage à Port-Saint-Père (Loire-Atlantique) ? 

Tout le monde en convient, après une vie en bassin, nourri par des soigneurs, aucun dauphin ou orque ne saurait retrouver d’emblée la vie en liberté. 

Le sort des dauphins du parc Astérix, qui a annoncé en janvier l’arrêt de ses spectacles et les a renvoyés vers d’autres parcs européens, ne satisfait personne. 

Si pour les delphinariums le manque d’alternatives justifie la poursuite de leur activité, des associations estiment que, au contraire, des programmes de réhabilitation progressive en pleine mer sont possibles. 
Sanctuaire lové dans une baie 

Les quelques expériences menées à ce jour l’ont été principalement avec des animaux nés dans la nature avant d’être capturés, et qui ont gardé des réflexes de leur état de liberté. 

En Indonésie notamment, l’ancien soigneur Ric O’Barry, connu pour avoir dressé les cétacés de la série Flipper le dauphin et désormais militant anti-captivité, a monté un sanctuaire à Bali, qui accueille trois dauphins, dans des espaces clôturés de diverses tailles, où les soigneurs essaient de leur réapprendre à se nourrir par eux-mêmes. Leur espoir est de pouvoir un jour les remettre en liberté, mais le processus reste long et incertain selon les individus. 


Les cétacés présents dans les parcs français, eux, sont tous nés en captivité. 

« Aucun des dauphins en France ne pourrait retrouver les océans librement, assure Christine Grandjean, présidente de l’association C’est assez. Mais dans un sanctuaire marin, ils pourraient retrouver des comportements proches de leur espèce. » 

Pour la militante, un encadrement humain par des soigneurs et vétérinaires reste indispensable pour tout projet de sanctuaire, dont le fonctionnement s’apparenterait à celui d’un parc, mais en pleine mer « et sans spectacle », insiste-t-elle. 

Plusieurs projets sont étudiés en Europe, mais ils se heurtent à de fortes complexités administratives. 

L’initiative la plus avancée est celle de l’île grecque de Lipsi, dans l’archipel du Dodécanèse, qui ambitionne d’accueillir jusqu’à dix dauphins à partir de 2022. 


« Il nous a fallu plus de six ans de recherches pour trouver l’endroit adapté », explique Anastasia Miliou, directrice scientifique de l’ONG grecque Archipelagos. 

C’est dans la baie de Vroulia, au nord-ouest de l’île, que l’institut de conservation marine a jeté son dévolu. Classé Natura 2000, le lieu a été choisi en raison de la température idéale et de la qualité de l’eau, de son isolement (peu de présence humaine, et peu de pollution sonore ou lumineuse). 

Beaucoup de bureaucratie 

Le sanctuaire est protégé des vagues et dispose d’une pente douce offrant une section peu profonde, parfaite pour la rééducation, et des zones allant jusqu’à 40 mètres de profondeur. Pour atteindre la baie de Vroulia, il n’y avait pas de route. Le site n’était pas relié au réseau d’électricité et ne disposait pas de l’eau courante. Des travaux importants ont donc été entrepris il y a plus de deux ans pour créer les infrastructures. 

« Pour l’instant, seul le centre de recherche fonctionne, mais la clinique vétérinaire pourra accueillir bientôt tous les animaux marins blessés de la région et nous espérons pouvoir ouvrir comme refuge début 2022 », précise Anastasia Miliou. Plusieurs obstacles ont entravé le processus. 


« Il n’y avait jusqu’à présent pas de cadre juridique en Europe pour ce type de sanctuaire », souligne la scientifique. La principale difficulté reste notamment d’obtenir l’autorisation de fermer le bras de mer concerné, ce qui est interdit par la loi littorale grecque.

Le ministre adjoint de l’environnement, Giorgos Amyras, explique étudier deux scénarios pour contourner cet obstacle : « Soit désigner la baie de Vroulia comme réserve pour la faune sauvage, soit l’intégrer au régime strict de la protection maritime en raison de sa richesse extrêmement importante. » 

« Il y a malheureusement beaucoup de bureaucratie, mais nous sommes en train d’obtenir les autorisations les unes après les autres », assure le maire de Lipsi, Fotis Maggos, qui se réjouit de l’intérêt pour ce sanctuaire : « Des étudiants, des chercheurs sont venus du monde entier, et même la reine Sofia d’Espagne cet été ! » Le coût de la première phase du programme, pour obtenir les licences et construire la clinique vétérinaire, a été évalué à environ 600 000 euros. 

« Beaucoup de marketing » 

Au sein des delphinariums français, on se montre dubitatif, en rappelant que les cétacés ne sont pas leur propriété, mais celle d’un programme européen qui supervise la reproduction et la répartition des quelque 265 dauphins dans les zoos du continent. 

« Il va falloir décrire très sérieusement les conditions d’hébergement dans ces enclos marins et leur imposer les mêmes exigences que pour les parcs zoologiques », avertit le président de Marineland, Pascal Picot. 

Pour Martin Böye, directeur scientifique de Planète sauvage, « il y a beaucoup de marketing autour de ces projets de sanctuaires, mais quelles données a-t-on sur l’état de santé des animaux placés ? ». 

M. Böye conteste la position des associations, selon lesquelles la vie en mer serait préférable pour ces cétacés. 

« Il y a un présupposé que ces dauphins ne seraient pas bien dans nos structures, poursuit le biologiste. On doit sans arrêt se justifier, mais nos parcs permettent d’étudier le comportement des dauphins, de comprendre leur perception de l’environnement et leur communication. Il y a notamment un enjeu pour éviter qu’à l’état sauvage ils se retrouvent pris dans des filets de pêche et échoués sur nos plages. » 

Mais pour les associations, l’enjeu va au-delà : faire en sorte que la génération actuelle de quelque 3 000 dauphins captifs dans le monde soit la dernière ; qu’ils soient étudiés et observés, mais à bonne distance et sans exercice imposé par l’homme ; et que la plupart de ces mammifères puissent connaître une retraite dans un espace naturel, avec des algues, des poissons, des vagues… 

Photos : 
- Aquarium de Gênes (en Ligurie), en Italie, le 22 mai 2020 Crédit photo : ©Marco Bertorello/AFP 
- Bali Dolphin Sanctuary - ©DolphinProject
- Sanctuaire de Lipsi - ©Archipelagos - Institute of Marine Conservation


Crédit vidéo : ©Archipelagos - Institute of Marine Conservation


Norvège (Saison de chasse à la baleine 2021) - Plus de 570 baleines tuées

Selon le dernier rapport de capture de l'organisation de pêche norvégienne Rafisklaget, un total de 575 baleines de Minke (petits rorquals) ont été tuées en Norvège au cours de cette saison de chasse à la baleine qui a débuté le 1er avril 2021.

14 navires baleiniers ont participé à cette chasse.  

Comme lors des années précédentes, le quota de pêche maximum étaient de 1 278 individus pouvant être abattus.

Un porte-parole du ministère de la Pêche à Oslo a confirmé ce chiffre lundi, dernier jour officiel de la fin de saison de chasse à la baleine, ce qui signifie que ce chiffre pourrait encore légèrement augmenter.

En 2014, la chasse commerciale à la baleine en Norvège a connu son apogée avec l’exécution de 763 baleines de Minke.

Au cours de la saison de chasse 2020, 503 baleines ont été tuées, alors que 429 individus étaient abattus en 2019. 

Cela signifie que le pays scandinave reste le premier pays baleinier au monde devant le Japon ou l'Islande.  

La Norvège clame que la chasse à la baleine est une pratique « durable » qui permettrait, selon eux, de protéger les stocks de poissons dans la région. Un argument rejeté par de nombreux scientifiques (parmi lesquels des chercheurs norvégiens) qui affirment qu'au contraire, les baleines jouent un rôle crucial dans l'écosystème marin.

« Ce n'est rien de moins qu'un écocide », a déclaré Vanessa Williams-Grey, responsable des politiques au WDC. « Tuer des centaines de petits rorquals est tout à fait inexcusable, surtout compte tenu du rôle essentiel qu’elles jouent dans nos océans. Les baleines sont nos alliées dans la lutte contre le changement climatique. »


Selon un nouveau sondage commandé par la NOAH, la plus grande ONG norvégienne de protection des animaux, l'Animal Welfare Institute (AWI) et le WDC, seulement 2% des Norvégiens mangent souvent de la viande de baleine, contre 4% en 2019. 

Parmi les femmes interrogées, seulement 1% mangent souvent de la viande de baleine, alors qu'aucune personne de moins de 35 ans n'a indiqué qu'elle mangeait fréquemment de la viande de baleine. L'enquête, menée au début du mois de septembre 2021 par  par Respons Analyze AS, a été réalisée auprès de 1.037 Norvégiens, âgés de 18 à 87 ans. 

Ce sondage a également révélé que les citoyens norvégiens ont de sérieuses inquiétudes quant à la façon dont les chasses sont menées. 

Par exemple, près des deux tiers des personnes interrogées ont convenu qu'il est inacceptable que près d'une baleine sur cinq ne meure pas sur le coup lorsqu'elle est abattue par un harpon, et 63 % trouvent  inacceptable que les deux tiers des baleines tuées soient des femelles, dont près de la moitié sont enceintes.

En 1982, la Commission baleinière internationale (CBI) a émis un moratoire mondial sur la chasse commerciale à la baleine. 

La Norvège, bien qu'étant membre de la CBI, s'est formellement opposée à cette décision. En 1993, la Norvège qui avait cessé ses activités baleinières, reprend la chasse commerciale à la baleine au large de ses côtes. Depuis cette date, le pays scandinave a tué plus de 14000 petits rorquals.

On estime que près de 3 millions de baleines ont été tuées à travers le monde au 20ème siècle, un siècle dévastateur pour les populations de baleines.

Ces massacres doivent cesser ! Il faut protéger les baleines. Tout le monde reconnaît le rôle crucial des baleines dans la régulation du climat. En piégeant environ 33 tonnes de CO2 tout au long de leur vie, les baleines jouent un rôle majeur face au changement climatique.

Mais au-delà de ça, ces animaux ont une vie sociale incroyablement complexe, des émotions et des sentiments qui sont semblables aux nôtres. Nous ne détruisons pas de simples baleines, nous tuons des personnes non-humaines, nous anéantissons  des peuples de culture ! 

« Les baleines n'ont pas de mains pour manipuler le monde, mais elles ont des cerveaux pour le sentir d'une manière que nous ne pouvons pas totalement comprendre. » - Lori Marino (Neuroscientifique et spécialiste des cétacés

Lire également : 

⇒ Une cruauté révélée : L’agonie, durant 6 à 25 minutes, des baleines chassées au harpon explosif à grenade

Traduction : C'est assez ! 

Sources : ANews / WDC







La tribu Makah franchit une étape importante vers la reprise de la chasse à la baleine au large de Washington

Un juge administratif a recommandé qu’une tribu amérindienne de l’État de Washington soit à nouveau autorisée à chasser les baleines grises – une étape majeure dans leurs efforts de plusieurs décennies pour reprendre cette ancienne pratique.


« C’est un témoignage de ce que nous avons dit toutes ces années : que nous faisons tout notre possible pour montrer que nous avançons de manière responsable », a déclaré vendredi Patrick DePoe, vice-président de la tribu Makah. 
« Nous ne faisons pas cela pour des raisons commerciales. Nous le faisons pour des raisons spirituelles et culturelles. »

DePoe était sur les bancs du lycée, à la fin des années 1990, lorsque les Makah ont été autorisés pour la dernière fois à chasser la baleine, des chasses qui ont suscité la colère de militants pour les droits des animaux.

Depuis lors, les tentatives de la tribu pour reprendre la chasse à la baleine se sont enlisées dans des contestations juridiques et des examens scientifiques. 

Une cour d'appel fédérale statuait en 2002 que les Makah avaient besoin d'une dérogation au titre de la loi sur la protection des mammifères marins ; la tribu en a fait la demande en 2005, mais cette dérogation ne lui a toujours pas été accordée. 


Jeudi, près de deux ans après avoir présidé une audience sur la proposition de la NOAA Fisheries d'approuver la dérogation, le juge administratif George Jordan a publié sa recommandation de 156 pages au ministère américain du Commerce. 

Il a conclu que les chasses tribales n'auraient aucun effet sur la population globale saine des baleines grises, et ce malgré une mortalité inexpliquée qui a provoqué l'échouage de centaines de baleines sur la côte Pacifique depuis 2019, et dont le nombre a chuté de 27000 à 21 000 individus.

Bien qu’aucun calendrier n’ait encore été établi, la recommandation, ainsi qu'une période de consultation publique et une analyse environnementale plus approfondie, éclaireront le ministère pour la décision finale. Telle qu'elle est proposée, la dérogation permettrait à la tribu de chasser jusqu'à 20 baleines grises sur une période de 10 ans, les chasses étant programmées de manière à minimiser les risques, déjà faibles, que les chasseurs harponnent accidentellement un individu de cette espèce menacée.

Bien que le juge Jordan ait trouvé l'émission de la dérogation appropriée, il a également recommandé des restrictions supplémentaires qui pourraient réduire considérablement le nombre de baleines tuées par la tribu - réduisant leur nombre à cinq baleines pouvant être chassées au cours de la période de dérogation de dix ans. 

M. DePoe a déclaré que la tribu étudiait cette recommandation, mais qu'elle la considérait comme une source potentielle de frustration et de discussion. La tribu espère utiliser les baleines pour se nourrir et pour fabriquer des objets d'artisanat, des œuvres d'art et des outils qu'elle pourra vendre.


Les ONGs de protection animale s'opposent à ces chasses, que de nombreux défenseurs des droits des animaux considèrent comme barbares et inutiles. 

Ils affirment que l'évaluation environnementale de la NOAA est inadéquate, que la loi sur la protection des mammifères marins a annulé le droit de la tribu issu du traité de 1855 signé avec les États-Unis, et que la tribu ne peut prétendre à un besoin de subsistance ou culturel de chasser après tant de décennies.

A noter que les Makas ont cessé de chasser volontairement les baleines dans les années 1920 après que la population des baleines grises ait été décimée par la chasse commerciale à la baleine. La tribu cherche à reprendre la chasse depuis que l’espèce a été retirée de la liste fédérale des espèces en voie de disparition en 1994.

DJ Schubert, biologiste spécialiste de la faune sauvage pour l'Animal Welfare Institute, a déclaré par courriel que l’ONG était déçue par cette recommandation :

« Toutes les baleines grises sont confrontées à des menaces anthropiques critiques dues au changement climatique, à la pollution sonore des océans, à l'exploitation pétrolière et gazière, à la pollution chimique, plastique, au développement côtier, aux contaminants, aux prises accessoires et aux collisions avec les navires », a déclaré Mr Schubert. 

« À la lumière de ces menaces graves, la chasse de ces animaux est biologiquement insupportable et incompatible avec les dispositions protectrices de la MMPA. »

« Il reste moins de 300 baleines grises du Pacifique Nord-Ouest », a-t-il poursuivi,  « et les restrictions supplémentaires recommandées n'élimineraient pas complètement tous risques pour elles. »

Traduction : C'est assez ! 

Source : AP News

Crédit photos : 
Photo 1 - Baleine grise tuée en 1999 par la tribu Makah - ©AP 
Photo 2Des baleiniers de Makah débarquant des baleines à Neah Bay, Washington, 1911 - © Getty Images   
Photo 3 - Découpe d'une baleine par les membres de la tribu Makah - ©AP/Elaine Thompson

Loi Animaux - Interpellez votre Sénateur !

Le 30 septembre et le 1er octobre, le Sénat va enfin débattre du projet de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale.

Mais il y a urgence ! 

La rapporteure du texte, Mme Anne Chain-Larché est à l'origine d'un incroyable retour en arrière avec des amendements qui mettent en péril la volonté de Mme Pompili de mettre un terme à la captivité des cétacés.

Nous avons besoin de vous et de votre mobilisation !

Nous vous proposons d’interpeller votre Sénateur en lui envoyant un e-mail type, que vous pouvez personnaliser si vous le souhaitez.

COMMENT AGIR 

ÉTAPE 1 : Trouvez votre Sénateur 

Rendez-vous sur le site : http://quisontvossenateurs.senat.fr/#/?_k=j3tsf7 et trouvez votre Sénateur.

ÉTAPE 2 : Récupérez son adresse e-mail

Rendez-vous ici : https://www.senat.fr/senateurs/senatl.html et cliquez sur le nom de votre Sénateur. Son adresse e-mail sera indiquée.

Ou plus simple, une fois que vous avez trouvé son nom, saisissez son adresse manuellement : [1ere lettre du prénom].[nom]@senat.fr




ÉTAPE 3 : Envoyez un e-mail

Rendez-vous sur votre boîte mail.

Inscrivez l’adresse de votre Sénateur ainsi que celle de la rapporteure du texte, Anne Chain Larché (a.chain-larche@senat.fr) dans les destinataires et copiez-collez l'objet et le texte ci-dessous (vous pouvez personnaliser), puis envoyez !

Objet : Projet de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale – Captivité des cétacés 

Mme la Sénatrice / M. le Sénateur,

La France s’apprête à s’engager concrètement dans la lutte contre la maltraitance animale. Le projet de loi que vous discuterez le 30 septembre et le 1er octobre prochains répond à de grandes attentes des Français.

Sur la question des delphinariums, les Français sont unanimes : 7 Français sur 10 sont opposés à la captivité des cétacés à des fins de divertissement et 86 % de nos concitoyens pensent que le gouvernement devrait au contraire encourager et accompagner la création de sanctuaires ou refuges marins pour accueillir ces cétacés captifs et les réhabituer à la vie sauvage (sondage IFOP, 12 novembre 2018).

En tant que citoyen soucieux de voir la France rejoindre la liste des pays ayant interdit les delphinariums sur leur territoire, je vous prie de bien vouloir voter ce projet de loi ambitieux sans le vider de sa substance.

Je vous remercie par avance et vous adresse mes sincères salutations.

Merci pour votre participation !

Triste nouvelle pour les orques résidentes du Sud - Marina est décédée

Marina (L47) a été vue pour la dernière fois le 27 février 2021 à Swanson Channel alors que le Center for Whale Research menait une opération de recensement de la population des Résidentes du Sud pour l’année 2021. 

Son état corporel n’était alors pas particulièrement inquiétant.

Depuis, sa famille a été observée à plusieurs reprises, 3 rencontres au cours desquelles les scientifiques du Center for Whale Research ont pu observé les membres du la matriline L47, Marina n‘étant pas parmi eux à chacune des ces observations. 

Une équipe du MPO qui a travaillé plus tôt au cours de l’été sur le terrain dans l’ouest du détroit de Juan de Fuca n’a pas été non plus en mesure de la trouver. 

Marina (L47) est portée disparue et est probablement décédée. 

Marina, 47 ans, était la matriarche d’une famille très unie composée de ses trois enfants, Moonlight (L83) âgée de 31 ans, Muncher (L-91) âgée de 26 ans et Mystic (L-115) âgé de 11 ans, et de ses deux petits-enfants, Midnight (L-110), âgé de 14 ans, fils de Moonlight, et Magic (L-122), âgé de 6 ans, fils de Muncher.

Après la naissance de Moonlight, Marina a eu 4 petits, tous décédés trop jeunes : 

  • L99, sexe inconnu, né en 2000, disparu en 2001. 
  • L102, sexe inconnu, né début novembre 2002, déclaré mort le 3 décembre 2002.  
  • L107, sexe inconnu, né en juin 2005, disparu en juillet 2005. 
  • L111, née le 12 août 2008, déclarée décédée quelques jours plus tard. 

La perte de Marina est un nouveau coup dur pour la population des orques résidentes du Sud qui ne compte plus que 73 individus avec 24 orques au sein du Pod J, 16 au sein du pod K et 33 individus au sein du Pod L. 

Marina est née en 1974. Elle était le premier bébé de Ankh (L21) qui a disparu au cours de l’été 2008.  

Source : Center for Whale Research

Crédit photo : ©Gary Sutton / ©Monika Wieland Shields


3 orques résidentes du sud du pod J sont enceintes !

Les plaisanciers sont priés de ne se tenir à distance du Pod J. 

Ce sont les scientifiques de l’ONG SR3 (Sealife Response, Rehabilitation, and Research), qui ont, grâce à des images de drones, été en mesure de confirmer que les cétacés Alki (J36), Hy'Shqa (J37) et Shachi  (J19), appartenant au Pod J étaient enceintes et à divers stades de grossesse. Il n’y a cependant pas encore de calendrier précis pour les naissances.

Shashi (J19), est le deuxième membre le plus âgé du Pod J. L’orque âgée de 42 ans a déjà donné naissance deux fois. Son premier peti, un mâle connu sous le nom de J29, n’a survécu que quelques semaines, mais son second bébé, Eclipse (J41) ), née en 2005, a eu 2 enfants. A chacune de ces 2 naissances, Shashi était présente aux côtés de sa fille et l’a aidé à élever ses bébés.

Alki (J36), 22 ans, n’a eu qu’un seul petit en 2015. Le bébé, Sonic (J52) est décédé six mois plus tard, peu après avoir été sevré.  

Hy'Shqa (J37), 20 ans, a donné naissance à 2 petits mâles en 2012 et en 2015. T'ílem I'nges (J49) vu pour la première fois le 6 août 2012, est toujours en vie.  Des tests génétiques ont révélé que son père était Skana (L79).Quant à Betel (J55), né en janvier 2016, il est décédé quelques jours plus tard, le 19 janvier. 

Avec trois orques du pod J qui sont enceintes, les plaisanciers sont priés de garder leurs distances et les entreprises de whale watching sont invités à rester à au moins un demi-mile nautique (soit 800 m) des épaulards. 

Le but de cette mesure est d'aider Alki (J36), Hy'Shqa (J37) et Shachi (J19), les femelles enceintes, à mener leur grossesse à terme.


Les grossesses sont fréquentes dans les familles d’orques résidentes du sud, mais les naissances de bébés vivants sont trop rares. 

Samuel Wasser, biologiste de l'Université de Washington, a rapporté qu'entre 2008 et 2014, près de 70 % des grossesses chez les orques résidentes du Sud ont échoué, soit par fausse couche, soit par la mort des bébés peu après leur naissance. L'échec de ces grossesses est lié au stress nutritionnel.

Le fait de donner plus d'espace aux orques a pour but de les aider à obtenir la nourriture dont elles ont besoin. 

Les orques enceintes ont besoin de plus de nourriture, surtout vers la fin de leur gestation, lorsque leurs besoins caloriques augmentent de 25 %. Les mères allaitantes ont besoin d'encore plus de nourriture et doublent leur consommation de saumons après l’accouchement pour produire le lait dont leurs petits ont besoin pour grandir. 

En janvier 2021, une étude publiée par la NOAA Fisheries révélait que les orques femelles abandonnaient souvent la recherche de nourriture à l'approche des navires lorsque les bateaux s'approchent à moins de 400 mètres.

Les orques utilisent des sons pour chasser, et le bruit et les perturbations causés par les bateaux peuvent masquer les clics d'écholocalisation qu’elles utilisent pour trouver leurs proies, et de ce fait, celles-ci interrompent leur chasse. 

Le trafic maritime peut également perturber le partage des proies, ce qui peut aider à maintenir les femelles en lactation avec des bébés qui ont des besoins énergétiques plus importants.

« Nous devons travailler ensemble pour donner à ces orques enceintes toutes les chances de réussite », a déclaré Scott Rumsey, administrateur régional adjoint de la NOAA Fisheries. 

« Plus elles peuvent s'alimenter sans être dérangées, plus elles ont de chances de contribuer à la population. »

Le département a exhorté tous les plaisanciers à suivre les directives de Be Whale Wise. La loi de l'État exige que les bateaux :

  • Rester à 300 mètres de chaque côté des orques résidents du sud.
  • Rester à 400 mètres de la trajectoire des orques résidents du sud devant et derrière les cétacés
  • Réduire sa vitesse à moins de 7 nœuds lorsque l’on est à moins de 1000 m du mammifère marin le plus proche
  • Débrayer le moteur si les orques apparaissent à moins de 300 mètres
  • Les bateaux doivent rester à 100 mètres de tous les autres mammifères marins (comme les baleines à bosse, les baleines grises, les otaries et les phoques).

« De nombreuses personnes se penchent sur les données scientifiques afin de comprendre comment nous pouvons continuer à améliorer les chances de survie de cette population », a déclaré Kelly Susewind, directrice du WDFW. 

« Maintenant que nous avons appris l'existence de grossesses multiples chez les orques résidentes du Sud et l'impact que peuvent avoir les bateaux sur les futures mères, nous avons vraiment besoin que tout le monde suive la réglementation Be Whale Wise afin de soutenir la survie de ces orques en danger. »

Les familles d'orques résidentes du sud viennent de subir une perte récente, celle de Capuccino (K21), le plus vieux des mâles résidents du sud. 

Il a été vu sévèrement émacié le 29 juillet dernier et n'a pas été revu depuis. Il est présumé mort, ce qui porte la population totale des résidents du sud en danger à seulement 74. 

Tofino (J36)), âgée de 2 ans, est également souffrante, mais aux dernières nouvelles, elle semblait mieux se porter, jouant et sautant aux côtés de sa mère et chassant sa nourriture.

Souhaitons qu'Alki (J36), Hy'Shqa (J37) et Shachi (J19) mènent leurs grossesses à terme et qu'elles mettent au monde de beaux bébés bien vigoureux et en bonne santé !

Traduction : C’est assez ! 

Source : The Seattle Times

Crédit photos : 

1 - Alki (J36)- ©Hysaku Photography 

2 - Hy'Shqa (J37) - ©Ivan Reiff

3 - Shachi (J19) - ©Hysaku Photography

4 - Cappuccino (K21) - ©Alan Niles

5 - Tofino (J56) - ©Monika Wieland Shields

Grindadrap - Massacre sans précédent dans les Îles Féroé

1428 dauphins à flancs blancs ont été massacrés à Skálafjørdur. 

C’est 40 fois le nombre de cétacés tués « habituellement », et le plus grand massacre de cétacés documenté dans les îles Féroé !

Selon les données conservées par les îles Féroé, les insulaires tuent généralement jusqu'à 1.000 mammifères marins chaque année. L'an dernier, ce chiffre ne comprenait que 35 dauphins à flancs blancs. 

CETTE CHASSE ÉTAIT ILLÉGALE  

Heri Petersen, le « grindmaster », responsable local pour ces chasses,  n'a pas été informé. Il a déclaré que si il avait été mis au courant, il n’aurait pas autorisé cet abattage. 

L’appel au grind a été lancé par une personne non autorisée à prendre cette décision. Ce qui a conduit à un chaos total. 

Les chasseurs sont montés d'un cran hier dans la cruauté, certains dauphins ayant été découpés par les pales des hélices de bateaux, d'autres ont été découpés vivants alors qu’ils agonisaient sur la plage. 

Ils ont tué tellement de dauphins qu'il n'y avait pas assez de personnes pour effectuer le marquage des dépouilles. 

D'après certains témoins locaux, de nombreuses personnes ont été choquées et désapprouvent le massacre de ces dauphins. 

Malgré l’émotion et la colère suscitées par ce massacre, le gouvernement local des îles Féroé a défendu la mise à mort des 1428 dauphins en une seule journée :

« Il ne fait aucun doute que la chasse aux cétacés dans les îles Féroé est un spectacle dramatique pour les personnes peu habituées à la chasse et au massacre de mammifères. Ces chasses sont néanmoins bien organisées et entièrement réglementée s», a a déclaré un porte-parole du gouvernement de Torshavn. 

Alors que 53 % de la population de l’archipel est opposée à la pêche de cette espèce, Hallur av Rana, un journaliste de la télévision publique locale KVF, a déclaré que le gouvernement n’envisageaient aucunement de renoncer au grind.

À ce jour, 615 globicéphales ont également été tués durant les 11 grind précédent.

Le Grindadráp, littéralement « mise à mort des baleines », est une chasse traditionnelle Féroïenne. 

Cette chasse est pratiquée depuis le XVIe siècle. Ce qui était autrefois une chasse de subsistance n'est aujourd'hui qu’un massacre barbare et primitif. 

Bateaux très rapides équipés de sonars, moyens de communication ... dans le monde actuel les Féringiens utilisent des méthodes bien lointaines de celles de leurs ancêtres vikings.

Le grindadrap ne laisse aucune chance aux cétacés qui migrent dans ces eaux. Ils sont rabattus dans des baies ; des familles entières y sont massacrées tous les ans, les Féringiens ne faisant aucune distinction et n'hésitant pas à tuer des femelles gestantes et des juvéniles et ce en toute impunité. 

Le grindadrap est actuellement le plus grand massacre de cétacés d'Europe.

En 1987, quand François-Xavier Pelletier part aux îles Féroé pour enquêter sur cette chasse aux globicéphales qu’il pensait de survivance, il ne se doutait pas qu’il allait découvrir un massacre inutile et cruel.

En 2010, des charniers sous-marins sont mis à jour par l’etno-cétologue et réalisateur. Dans son documentaire « Féroé l’archipel blessé », il démontre que la viande des globicéphales n’est quasiment jamais consommée. 

En 2008, les autorités de la santé publique de l’archipel ont fermement pris position contre la consommation de cette viande car celle-ci présente une très haute teneur en mercure, en sélénium, et autres polluants organiques persistants (POP)Des effets sur le développement neurologique des enfants féroïens ont été observés, ainsi que des problèmes de concentration, des troubles du langage, et de la mémoire. Une partie de la population de l’archipel souffrant également de problèmes nerveux.

UN CRIME CONTRE LE VIVANT !

Le Danemark soutient la massacre de dauphins dans les iles Féroé.

Chaque année, des cétacés sont massacrés au nom de la tradition. Aucune espèce n’est épargnée. Il est arrivé que des orques se retrouvent piégées au milieu du grind et subissent inévitablement le même sort que les globicéphales ou autres cétacés.  

Cet abattage rituel au nom de la tradition a pourtant très peu de rapport avec la culture au sens noble du terme, mais davantage avec une forme de barbarie, une soif de pouvoir et de domination sur la nature soutenue par des technologies chaque année plus sophistiquées.

Les techniques de chasse employées aux îles Féroé sont, en effet, extrêmement modernes (bateaux motorisés, sonars, drones, poulies hydrauliques,…), les cétacés n’ont donc aucune chance de s’en sortir et le caractère traditionnel y est totalement absent.

Tuer ces animaux, qui agonisent d’une mort lente baignant dans leur propre sang, n’est plus une nécessité alimentaire depuis plusieurs décennies, la pratique est devenue davantage un sport particulièrement pervers.

Les îles Féroé sont sous protectorat du Danemark qui est signataire de la convention de Berne. Cette convention vise à lutter contre ce genre de pratiques.

Cette dernière a classé le globicéphale noir (appelé baleine pilote ou dauphin pilote) comme une espèce strictement protégée.

Cependant, l’archipel ne fait pas partie de l’Union européenne et possède son propre gouvernement. Ainsi, les îles Féroé ne sont pas légalement tenues de respecter cette convention. Or en 2015, deux navires de guerre de la marine nationale danoise ont patrouillé pour assurer le bon déroulement du grindadráp, une infraction à la convention de Berne. 

Tout cela se déroule aux portes de l'Union Européenne sans qu’aucun gouvernement ne réagisse ! 

Sources : Portal.fo / In.fo France 24


 

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