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LA CHINE ATTEND QUE LA RUSSIE LUI LIVRE 50 BÉLUGAS

Hier, VNIRO publiait des informations sur le début d’une opération de libération concernant 11 bélugas, ce qui laisse exactement 50 bélugas encore détenus dans la « prison des baleines ».
La semaine dernière, Free Russian Whales recevaient des informations concernant la visite de représentants d'entreprises chinoises au Ministère des Ressources Naturelles pour discuter du sort des 50 bélugas que les compagnies chinoises attendent toujours. Ces mêmes entreprises ayant précédemment conclu des contrats pour l’achat de 50 bélugas en provenance de Russie.
Les activistes de Free Russian Whales sont très inquiets : « Lors de la dernière opération de libération, 14 bélugas étaient libérés. Pourquoi VNIRO déplace-t-il 3 bélugas de moins cette fois-ci ? Juste assez pour laisser 50 bélugas à la Chine ? »
« Nous ne croyons pas aux coïncidences. Le nombre d'animaux encore captifs de la « prison des baleines » laisse penser qu’une tentative d'expédition de ces animaux vers la Chine peut être envisagée. Et ce malgré les promesses que le Président Poutine, le Vice-Premier Ministre Gordeev et le Ministre des Ressources Naturelles Kobylkin ont faites à leur peuple et au monde entier que tous les cétacés seraient libérés. »
Continuons à nous mobiliser pour au gouvernement russe de respecter ses promesses et de s'assurer que tous les animaux seront libérés !
Pétition : The Russian Ministry of Natural Resources and China are negotiating the fate of 50 belugas.
Traduction : C’est assez !
Source : Oxana Fedorova / Free Russian Whales
Crédit photos : Free Russian Whales

URGENCE POUR LES BÉLUGAS DE LA « PRISON DES BALEINES »

Free Russian Whales - 11 octobre 2019
La coalition Free Russian Whales a reçu des informations fiables, confirmées par plusieurs sources, selon lesquelles, lundi 14 octobre, Dmitry Kobylkin, ministre des ressources naturelles et de l'écologie de Russie Dmitry Kobylkin avait une réunion avec des représentants d'entreprises chinoises ayant précédemment conclu des contrats pour l’achat de bélugas en provenance de Russie.
Ces compagnies chinoises ont déjà prépayé pour 50 bélugas. Récemment, le gouvernement chinois a commencé à défendre les intérêts commerciaux des entreprises chinoises, ce qui a donné lieu à cette réunion.
Selon les informations reçues par FRW, l'un des organisateurs de cette réunion est Alexander Botvinko, secrétaire adjoint du vice-premier ministre du président de la Russie du district fédéral d'Extrême-Orient, Yury Trutnev,. celui-ci s'était déjà prononcé en faveur de la poursuite de la capture des cétacés pour les vendre aux marchés étrangers.
Pour rappel, la libération des orques et des bélugas de la « prison des baleines » avait été annoncée le 20 juin 2019 lors d’une émission de télévision de questions-réponses, émission annuelle durant laquelle le Président Vladimir Poutine répond aux questions des téléspectateurs.
À ce jour, 10 orques et 26 bélugas ont été libérés dans leur habitat d’origine en mer d'Okhotsk. 61 bélugas, en attente de leur éventuelle libération, sont toujours détenus dans la « prison des baleines » près de Nakhodka
Toutefois, leur libération peut être entravée par de nouveaux accords entre les responsables russes et les hommes d'affaires chinois.
Les tribunaux ont prouvé que les captures étaient illégales, il a également été établi par le tribunal que la loi russe interdit la vente, ainsi que tout autre transfert de cétacés capturés à des fins éducatives, culturelles et éducatives, à des personnes morales ou physiques extérieures, que ce soit en Russie ou à l'étranger.
Les activistes de Free Russian Whales ont envoyé un courrier au Procureur général de Russie pour lui demander d'agir. Mais ils ont également besoin du soutien de tous, vous pouvez agir en signant la pétition ci-dessous.
Source et pétition : https://bit.ly/2OSNBPn
Crédit photos : ©Free Russian Whales

Hawaï - Sea Life Park - Décès de Kina, la pseudorque

Par Star-Advertiser Staff - 15 octobre 2019
Le Sea Life Park d’Hawaii a annoncé ce jour le décès de Kina. Elle était détenue dans le parc depuis août 2015. Kina était âgée d’environ 44 ans.
« Nous sommes tous si attristés par le décès soudain de Kina », a déclaré dans un communiqué de presse Valerie King, directrice générale du Sea Life Park, dans un communiqué de presse. « Elle était une ambassadrice de son espèce, non seulement par ses interactions avec la communauté dans le cadre de nos programmes éducatifs, mais aussi en nous apportant un éclairage nouveau sur les moyens de protéger l'ouïe des animaux marins, mais peut-être pour prévenir les prises accidentelles dans les lignes de pêche, une menace pour une espèce de pseudorque en danger ici même, dans les eaux hawaiiennes. Elle a eu un impact indélébile sur tous ceux qui l'ont connue et continuera d'aider au futur des pseudorques dans le monde. »
Kina fut capturée à Iki (Japon) en1987 lors d’une chasse au rabattage de dauphins. Elle a survécu au massacre de sa famille, impitoyablement exterminée sous ses yeux. Elle fut ensuite envoyée à l'Ocean Park de Hong Kong avant que, quelques mois plus tard, la marine américaine en fasse « l’acquisition ».
« Kina passera environ 6 années "au service" de l'armée avant d'être revendue à l'Institut de Biologie Marine d'Hawaï en 1993 où elle fut utilisée pour des recherches sur l’écholocation.
En août 2015, l'institut universitaire d'Hawaï se sépare de Kina ainsi que de Boris et BJ, deux grands dauphins. Les trois cétacés sont alors achetés par le SeaLife Park, un parc marin de l'île.
La pseudorque y vécut seule, dans une cuve insalubre et non-ombragée. Ses conditions de vie étaient absolument déplorables. »
Le Sea Life Park a déclaré que Kina avait participé à des recherches de pointe sur les capacités acoustiques des cétacés dans le cadre d'un programme de la marine américaine, puis à l'institut universitaire d'Hawaï jusqu'en 2015.
Ces recherches portaient notamment sur l'écholocation et sur l’ouïe des mammifères marins. Recherches qui, selon eux, auraient servi à établir des lignes directrices législatives sur la pollution sonore marine due aux activités humaines. Ses étonnantes capacités d'écholocalisation auraient également aidé les chercheurs à mieux comprendre pourquoi les cétacés pouvaient s’empêtrer dans les lignes et les filets de pêche. Ces recherches, qui toujours selon le porte parole du parc, « pourraient un jour informer sur les moyens de prévenir les empêtrements. »
Une vie d’ennui, de misère, de solitude et de souffrances au service de l’humain.
Kina est le 141è cétacé à mourir à Sea Life Park d’Hawaï
Lire également : Justice pour Kina, la pseudorque oubliée
Traduction : C'est assez !
Source : https://www.staradvertiser.com/2019/10/15/breaking-news/sea-life-park-announces-death-of-kina-the-false-killer-whale/
Crédit photos :
Photo 1 : Kina - ©Sea Life Park
Photo 2 : Chasse au rabattage sur l’île d'Iki (Japon) - ©Blue Voice/Hardy Jones
Photo 3 : La flèche montre la cuve où Kina passe ses journées et ses nuits au SeaLife Park - © Animal Rights Hawaii

Booking.com rejoint le mouvement anti-captivité

Par The Ticketing Business - 10 octobre 2019
Booking.com rejoint le mouvement anti-captivité et cesse de vendre des billets pour les attractions qui détiennent des animaux captifs.
Booking.com est la dernière compagnie à cesser de vendre des billets pour les parcs d'attractions qui mettent en vedette des cétacés captifs s mais aussi pour les cirques qui utilisent des éléphants, des ours, des grands félins et des primates.
Le site de voyages a initié de nouvelles normes de bien-être animal une politique contre la vente de billets pour SeaWorld ou d'autres aquariums et cirques.
Le site interdit également la promotion de balades à dos d'éléphant et de nombreuses autres activités impliquant un contact direct avec certains animaux sauvages.
Booking.com rejoint TripAdvisor et sa filiale Viator qui se sont également engagés le 3 octobre dernier à cesser la vente de billets pour des attractions qui élèvent ou importent des cétacés captifs pour le divertissement du public.
Récemment, la firme américaine Airbnb annonçait qu’elle lançait un service de tourisme animalier « respectueux ». En partenariat avec l'ONG World Animal Protection, le groupe a établi une charte contenant des règles strictes pour la protection des animaux.
Source : https://www.theticketingbusiness.com/2019/10/10/booking-com-cuts-ticketing-ties-captive-animal-attractions/
Traduction : C’est assez
Crédit photo : ©Jason Shortes

Indonésie - Dauphins confisqués à l‘Hôtel Melka, un sanctuaire crée à Bali

Par Helen O'Barry - 8 octobre 2019
Johnny et Dewa, bien qu’inaptes à une libération en mer, ont maintenant un foyer permanent où ils pourront profiter d'une retraite paisible et digne.
Le Dolphin Project, en collaboration avec leurs partenaires locaux, le Central Jakarta Forestry Department et le Jakarta Animal Aid Network (JAAN) viennent de créer le premier sanctuaire permanent pour dauphins au monde.
L’hôtel Melka ne fera plus, officiellement, de business avec des dauphins captifs.
Neuf semaines après que le Dolphin Project ait réussi à confisquer deux grands dauphins, ainsi que de nombreux autres animaux de l'hôtel Melka Excelsior à Bali, les deux derniers dauphins ont pu enfin être retirés de ces sordides installations.
Rocky et Rambo ont été les premiers dauphins à être transférés en août 2019 du minuscule bassin imonde de l'hôtel Melka Excelsior à Lovina, au nord de Bali. Ils ont ensuite été emmenés au Dolphin Lodge à Sanur, Bali, où ils restent en quarantaine.
Dès que les 2 dauphins ont été en contact avec l'eau de mer naturelle, le processus de guérison a commencé presque immédiatement. Les deux cétacés semblent en bonne santé et feront l'objet d'une évaluation minutieuse en vue d'une éventuelle remise en liberté.
Johnny et Dewa, les deux derniers dauphins encore détenus à l'hôtel Melka étaient dans un état de santé précaire. Il semble peu probable que ces deux dauphins soient des candidats à la libération, notre équipe a travaillé ces dernières semaines à la construction d'un sanctuaire permanent. Le gouvernement nous a autorisé à construire un grand enclos flottant près de l'embouchure de la baie de Bajul, situé dans le parc national à l'ouest de Bali où les eaux sont calmes et limpides.
Une fois le sanctuaire terminé, des dispositions ont été prises avec le Département des forêts pour transférer Johnny et Dewa dans leur nouvelle maison.
Passer d’'un bassin austère et stérile à un espace d’eau de mer naturelle avec assez d'espace pour nager et jouer, voilà à quoi ressemble maintenant la vie de Johnny et Dewa.
Le 8 octobre dernier, notre équipe composée de membres du Dolphin Project et du JAAN, d'un vétérinaire de l’ONG indonésienne et de plusieurs membres du personnel du Département des Forêts se sont réunis à l'hôtel Melka. Des dresseurs qui auparavant travaillaient à l'hôtel étaient également présents pour aider au transport. Une fois les dauphins chargés dans des caissons, ils ont été conduits à bord d’un camion durant un premier trajet de deux heures, suivi d'un trajet plus court en bateau jusqu'à l'embouchure de la baie.
Dewa fut le premier dauphin à arriver au sanctuaire. C'était un transfert époustouflant lorsque qu‘à 11 h 48, pour la première fois depuis sa capture ou il a retrouvé l’eau de mer. Quelques minutes après, Johnny l'a rejoint dans l‘enclos marin, et dans les premiers instants qui ont suivi, on a pu voir les deux dauphins explorer leur nouvel environnement. Après leur voyage, Johnny et Dewa étaient affamés, ils ont mangé le poisson frais que nous leur avons offert.
Durant des mois, nous avons essayé de soulager leurs souffrances alors qu'ils se languissaient à l'hôtel Melka, en les surveillant et en leur tenant compagnie. C'était incroyable de les voir nager, plonger et être curieux de leur nouvel habitat.
Dans les jours à venir, nous nous attendons à ce que Johnny et Dewa explorent chaque centimètre de l'enclos marin alors qu'ils s'installent peu à peu dans leur nouvelle demeure. Ils ne vivront plus jamais entre les murs de béton de leur bassin stérile.
Il y a 10 ans, Lincoln O'Barry et Femke den Haas découvraient cette installation durant le tournage de « Blood Dolphin$ » . Nous avons lancé notre campagne Free Bali Dolphins pour faire connaître les horribles cirques itinérants dans lesquels les dauphins captifs endurent tant de souffrances sous couvert du divertissement. Notre équipe sur le terrain travaille depuis de nombreuses années pour mettre fin à l'exploitation des dauphins en Indonésie.
Dans le cadre de notre campagne Free Bali Dolphins, nous avons lancé une initiative majeure pour mettre fin à cette exploitation, notamment avec la réalisation de graffiti et de street art, des panneaux publicitaires électroniques dans toute l'Indonésie, des affichages numériques à l'aéroport de Bali et un spectacle éducatif itinérant de marionnettes. Qu'il s'agisse de dénoncer les horribles cirques itinérants ou de sensibiliser les touristes à l'importance de la préservation de la vie marine ou de les sensibiliser à la souffrance des dauphins en captivité, nous demeurons profondément engagés pour leur bien-être et leur protection.
Depuis la fin de l’exhibition des dauphins à l'hôtel Melka, les choses ont changé pour Johnny, Dewa, Rambo et Rocky. Ils n'auront plus jamais à faire des tours pour des morceaux de poissons morts, ni à vivre dans de sordides bassins.
Ces dauphins ont été victimes d’une grande cruauté durant leur captivité. Johnny est aveugle, probablement à cause de la toxicité du chlore, et il n‘a plus de dents. Dewa n'a plus que cinq dents, et son corps est recouvert d’ecchymoses à force de sauter sur les carreaux cassés de son bassin.
Les 4 dauphins ont un poids insuffisant. Bien que nous ne puissions pas réhabiliter et libérer Johnny et Dewa, nous sommes déterminés à leur offrir une bien meilleure qualité de vie, digne, paisible.
Tant de choses horribles arrivent aux dauphins partout à travers le monde, tous les jours, qu’arrêter cette cruauté semble parfois être une tâche insurmotable.
Nous comprenons pourquoi parfois les gens nous demandent ce qui nous fait aller de l‘avant. La réponse est simple : un moment magique comme celui dont nous avons été témoins aujourd'hui lorsque Dewa et Johnny ont redécouvert l'océan pour la première fois depuis des années nous redonne l’énergie pour continuer à lutter pour les dauphins. Il y a quelques heures à peine, ils étaient entourés de murs de béton de toutes parts. Ils étaient détenus dans un monde artificiel et passaient leurs journées à écouter les sons monotones des pompes à eau, et des systèmes de filtration, de la musique et les humains. Ils ne pouvaient nager que quelques mètres avant qu'un mur ne les arrête. Ils n'avaient rien à explorer et nulle part où aller. Maintenant Johnny et Dewa sont entourés de part et d’autres par l'océan. En tant que résidents du premier sanctuaire permanent pour dauphins au monde, ils entendent maintenant le bruit des vagues et ressentent les courants marins. Ils respirent l'air marin et pourront à nouveau utiliser leur sonar. Le processus de guérison a commencé.
Outre les coûts de construction initiaux, le Sanctuaire des dauphins de Bali aura des coûts permanents pour prendre soin de nos dauphins.
Johnny et Dewa auront besoin de soins médicaux réguliers, de nourriture et d’être sous la surveillance de personnel, tandis que les installations du sanctuaire devront être entretenues.
Rocky et Rambo sont également sous notre responsabilité, et nous couvrons tous leurs frais durant la période d'évaluation.
Vous pouvez nous aider le Dolphin Project et vous assurer que les dauphins sous notre responsabilité et notre surveillance vivront le reste de leur vie dans la paix et la dignité en faisant un don pour soutenir notre ce tout premier sanctuaire, le Bali Dolphin Sanctuary 
Crédit photos : ©Dolphin Project
Source : https://www.dolphinproject.com/blog/bali-dolphins-confiscated-new-sanctuary-established/
Faire un don pour le sanctuaire : https://www.dolphinproject.com/donate/bali-dolphin-sanctuary/

Orques ou baleines tueuses ? - (Orcas ou Killer Whales)

par Shilpa Shah / Orca Guardians Iceland - 5 avril 2019


Les mammifères connus sous le nom d’« orques », « épaulards » ou « baleines tueuses » sont les super-prédateurs des océans. Ils se nourrissent de toute une variété d’autres animaux, des poissons, mouettes et pieuvres aux phoques, dauphins, requins et cétacés bien plus gros qu’eux (50 orques ont été récemment observées en chasse du plus grand mammifère de notre planète, la baleine bleue). La seule menace pesant sur eux : les humains et l’activité humaine.


De vraies prédatrices

Les orques sont dotées de puissantes mâchoires, jusqu’à 52 dents mortellement imbriquées, une puissante nageoire caudale avec laquelle donner de grands coups et une impressionnante vitesse de pointe de près de 50 km/h. Mais elles communiquent aussi entre elles pour réaliser un excellent travail d’équipe.

On raconte que les marins du 18ème siècle désignaient les orques comme des « tueuses de baleines », terme duquel vient peut-être le nom de « baleine tueuse » (Ballena asesina (« baleine assassine ») était le nom employé par les Espagnols). Orcinus orca, la désignation officielle de l’espèce, est un titre non moins féroce, signifiant « démon venant des royaumes des morts ».



Une dangereuse réputation

Lorsqu’il s’agit de tuer, les orques sont de vraies spécialistes. Leurs stratégies de chasse nous montrent à quel point elles peuvent être créatives et ingénieuses. Pourtant, les orques ont toujours eu une image négative dans nos sociétés occidentales. 

À l’époque de l’empire romain, elles étaient décrites comme des « monstres marins », d’« énormes masses de chair armées de dents redoutables ». Leur comportement alimentaire prédateur était interprété comme un acte violent et cruel, en particulier parce que certaines orques mangent des dauphins, autrefois révérés comme porteurs de bons présages.


Les orques ont été attaquées au cours des siècles, en particulier par les pêcheurs qui les considéraient comme des concurrentes pour le poisson et un danger pour eux-mêmes. Jusqu’aux années 1970, les manuels de plongée de la marine américaine décrivaient les orques comme « extrêmement féroces », « attaquant les humains à la moindre occasion ». Ce qui n’a aucun sens. Aucune attaque sur un être humain dans la nature n’a été recensée à ce jour. Ces magnifiques prédatrices ont été incluses dans les quotas d’abattage dans tous les océans du globe et ont même servi de cibles pour des essais de tirs militaires. Pendant longtemps, dans de nombreuses cultures, elles ont été considérées au pire comme des créatures mauvaises, au mieux comme des nuisibles. 


Leur réputation change à partir des années 1970

Capturer des orques devient populaire dans les cultures occidentales, à commencer par l’Amérique du Nord. Les gens ont alors pu observer l’intelligence des orques ainsi que leur chaleur et leur douceur envers les humains. Les orques se sont alors mises à jouir d’une nouvelle réputation, presque aussi dangereuses pour elles que celle de tueuses, étant alors perçues comme des animaux mignons et dociles, aimant exécuter des tours pour l’amusement des humains.

Les connaissances sur les orques se sont élargies, particulièrement grâce aux chercheurs les observant en mer. Nous avons découvert leurs liens familiaux très forts, leurs stratégies de chasse en groupe, leurs méthodes de communication. La captivité s’est alors révélée particulièrement cruelle et l’opinion publique s’est montrée de plus en plus critique envers les aquariums et parcs aquatiques.


Mais alors, quel terme utiliser ?

En une cinquantaine d’années, l’image publique de l’orque est alors passée du monstre marin à la superstar des parcs aquatiques et, enfin, à la mascotte de la protection de l’environnement. Mais il n’est pas surprenant que beaucoup se demandent s’ils doivent les appeler « orcas » ou « killer whales » (Orques ou baleines tueuses) . Chez Orca Guardians, nous utilisons les deux appellations. Mais au regard de la menace que font peser les activités humaines, la surpêche, les fermes piscicoles, la pollution et le dérèglement climatique sur la santé et la longévité de ces super-prédatrices et de toute la faune marine, il est important de nous demander qui sont les vrais tueurs dans l’histoire.


Personnellement je préfère le nom de « Skana » pour parler des orques, ce mot signifiant « démon tueur » ou « puissance surnaturelle » et utilisé par le peuple des Haïdas du Canada, qui avait compris et révérait leur nature et leurs capacités bien avant les populations occidentales. J’aime ce nom, car il reflète à la fois le profond respect et l’admiration que ces êtres évoquent en moi.

(Je me suis basée sur le livre de Erich Hoyt, ‘Orca: The Whale Called Killer’, 1981, et ces articles pour écrire cet article.)

Traduction : Sandrine Pantel pour C'est assez ! 

Source : https://orcaguardians.org/orcas-or-killer-whales/


Légendes :
Photo 1 - Une orque, un hareng clairement visible entre ses dents
Photo 2 - La nageoire caudale d’une orque, servant à assommer sa proie
Photo 3 - Une mouette inquiète à la vue de cette mâchoire faisant surface
Photo 4 - L’imposant Scoop (SN098), mâle observé récemment
Photo 5 - Les orques peuvent chasser les baleines, comme les cachalots
Photo 6 - Une orque en chasse courbant son dos pour plonger

Crédit photos : ©Shilpa Shah / ©Orca Guardians Iceland




The Taiji 5 - Plus jamais ça

Par Tracie Sugo - 14 mai 2019

« Il y a un cri, presque comme les pleurs d'un bébé, et vous savez, ça vous retourne le cœur. » Jeff Foster (Ancien chasseur d’orques)

Le 7 février 1997, un groupe de 10 orques a été conduit dans la baie Hatajiri, près de Taiji (Japon) par l'Union des pêcheurs d'Isana. 

Dans ce groupe, 5 orques ont été capturées pour être vendus à des aquariums. Ces cinq-là sont connus sous le nom de « The Taiji 5 ».


Au même moment, à l'autre bout du monde, Keiko, l'orque de "Free Willy" était en voie de réhabilitation et de libération. Ce sera la toute première tentative de libération dans la nature d’une orque captive.. L'histoire de Keiko a une vague d’indignation dans le monde entier. Pourtant, malgré les protestations, tant au Japon qu'à l'étranger, des orques ont été capturés à Taiji.


Dans la soirée du 7 février, « Kansai News » a rapporté que 10 orques avaient été capturées à Taiji, mais le processus de sélection des prisonniers n'a eu lieu que trois jours plus tard, le 10 février. Tôt ce matin-là, les dresseurs, le personnel de l'aquarium et les chasseurs sont venus se préparer à prendre cinq orques pour l’industrie de la captivité. 3 femelles et 2 mâles ont été sélectionnés :
  • Asuka (femelle), envoyée au zu Mizuno Sea Paradise
  • Ku (femelle), envoyée au Taiji Whale Museum, ensuite transférée au Port of Nagoya Aquarium
  • Une orque sans nom, (probablement « A-cha », une femelle peut être enceinte), qui fut envoyée au Nanki Shirahama Adventure World
  • Q-kun (mâle), envoyé au Nanki Shirahama Adventure World
  • Une autre orque sans nom (probablement "B-kun", un jeune mâle), envoyé au Nanki Shirahama Adventure World.


Durant le processus de sélection, « A-Chan » s’est tellement débattue, qu’elle s’est blessée et saignait abondamment.

Après que les « 5 » furent enlevés à leur famille, les filets ont été enlevés, mais les autres membres du pod ont refusé de partir. Les chasseurs sont devenus agressifs, les harcelant avec les moteurs de leurs embarcations jusqu'à ce qu'ils retournent en mer.
Ces cinq orques auraient été vendus pour un montant total de 100 millions ¥ (environ 1 million USD).


Selon M. Nishijima, chef de l'Agence des pêches, la capture a été effectuée à des fins de recherche universitaire. En 1991, cinq aquariums du Japon avaient soumis des demandes de permis de capture ainsi que des plans de recherche. Après examen de ces demandes, il leur a été permis de capturer jusqu'à cinq orques par an pour la « recherche ». Les recherches présumées visaient à étudier la physiologie des orques, l’environnement et, finalement, la reproduction des épaulards. Malgré cela, les « Taiji 5 » ont été exposés pour le divertissement du public.

Toutes les orques de ce groupe, les « Taiji 5 », sont maintenant mortes.

Au Nanki Shirahama Adventure World, le plus jeune d'entre eux, « B-kun » est mort le 14 juin 1997, seulement quatre mois seulement après sa capture.
« A-chan », que l’on croyait enceinte, est morte quelques jours après « B-Kun », le 17 juin. 

« Q-Kun », la seconde orque détenue dans cet établissement, est mort sept ans plus tard, en septembre 2004. 

« Asuka », quant à elle est décédée en septembre 2007, 10 ans après sa capture.
Les causes de leur mort ne sont pas claires, mais il est indéniable que ces orques sont toutes mortes prématurément, et qu’elles ont eu une vie beaucoup plus courte que si elles avaient continué à vivre à l’état sauvage au sein de leur famille.
Ku est décédée d'une insuffisance cardiaque en septembre 2008, un peu plus d’un an après sa capture. 

Ku était connue pour être agressif envers les humains. Un ancien employé du Taiji Whale Museum a été mordu par Ku et porte encore la cicatrice de l’accident ; cet employé craignait pour sa vie. 

Après son transfert au Port of Nagoya Aquarium, un visiteur a filmé un autre incident. On y voit Ky se précipiter sur un dresseur durant un spectacle.

L'agressivité envers les dresseurs et envers leurs congénères captifs est courante chez les cétacés détenus en captivité.


Selon un article du « SHA-CHI.JP », qui a été depuis supprimé, plus de 100 orques ont été capturées au Japon, de 1960 à 1993, pour l’industrie de la captivité de 1960 à 1993 où elles ont été classées en tant qu’"espèces rares". Depuis lors, les captures d’orques ne sont autorisées qu'à des fins de « recherche ». 

C'est à peu près à cette période que des orques ont été capturées aux États-Unis ( capture de Lolita à Penn Cove, Washington en 1970) et en Islande (capture de Tilikum en 1983) pour l’industrie de la captivité.

Tilikum
Taiji est depuis longtemps sous les feux des projecteurs pour les tristement célèbres captures et massacres de dauphins qui ont lieu chaque année dans l'une des petites baies de la ville.

Traduction : C'est assez !

Source : https://www.dolphinproject.com/blog/remembering-the-taiji-5/

Crédit photos :
Photos 1 - 2 et 3 : ©Elsa Nature Conservancy/YouTube
Photo Tilikum : ©Creative Commons 3.0 License / Sawblade5

Les orques, largement sous-estimées

par Shilpa Shah / Orca Guardians Iceland - 1er février 2018

Les dernières actualités concernant les orques m’ont laissée totalement perplexe. Il a été découvert que certaines d’entre elles étaient capables d’imiter le langage humain. J’aimerais expliquer ici en quoi cela n’a RIEN de nouveau.


Tout d’abord, des dauphins et d’autres animaux dotés d’un plus petit cerveau que les orques ont appris des mots humains (en anglais) dès les années 1970. Je ne pense pas que ce soit la première fois qu’une orque imite une voix humaine et je ne comprends pas en quoi cela serait une grande nouvelle.

Et en quoi cela serait-il une nouvelle en soi ?

Les orques sont des créatures INCROYABLES. Elles sont bien plus douées que la plupart des personnes n’oseraient l’imaginer. Elles sont les super-prédatrices des océans. Elles vivent dans les eaux du monde entier et adaptent leurs techniques de chasse aux proies disponibles, travaillant en équipe soudée pour pousser les harengs à former un banc compact avant de donner des coups de nageoire caudale pour les paralyser puis les manger un par un, ou encore venant s’échouer volontairement pour attraper un phoque dans les eaux peu profondes.


Elles utilisent toute une gamme de sons complexes (clics, sifflements, gémissements perçants) pour localiser leurs proies et communiquer entre elles. L’appel d’une orque peut rayonner sur 15 km, atteindre la terre et revenir à l’orque pour lui permettre de s’orienter le long de la côte. Une famille aura un code bien distinct, composé d’appels particuliers qu’elles utilisent entre elles et ces chants évoluent et se modifient au cours du temps. La chercheuse, écrivaine et activiste pour la justice environnementale Alexandra Morton a étudié les orques de Colombie Britannique et répertorié 62 codes (ou langages) distincts. 62 codes différents !

Les scientifiques intervenant dans l’actualité déclarent vouloir comprendre le rôle du mimétisme dans la manière dont les orques apprennent le langage. Nous savons déjà qu’au sein des communautés d’orques, l’apprentissage se fait via le mimétisme des adultes par les jeunes. C’est pourquoi les orques nées en captivité ne savent pas s’occuper de leurs bébés ou attraper des poissons vivants. Nous savons aussi que les orques sont créatives et aiment se déplacer en synchronicité, apparemment juste pour le plaisir. Elles se copient entre elles en instaurant des routines pour leurs déplacements et un mouvement particulier va devenir « à la mode » au sein d’un groupe jusqu’à ce que ce dernier en ait assez et en essaye un autre.


Sans parler de leur sagesse. Les anciennes légendes des Amérindiens mettent en avant la sagesse sacrée des orques. Ils croient que les orques détiennent la mémoire de notre planète et que leur chant soignera le monde entier. Pour les chercheurs passant beaucoup de temps à les observer, les orques sont dotées de capacités émotionnelles et empathiques que nous aurions peine à imaginer. 

Elles sont en avance sur notre espèce en ce qu’elles forment des sociétés saines et aimantes veillant au bien-être des jeunes et des plus faibles et attribuant à chacun un rôle important. Certaines personnes ayant observé les orques en mer et en captivité les croient capables de lire les pensées ou de deviner les intentions des humains : certaines sont apparues lorsque des personnes au large étaient en difficulté et les ont guidées vers la terre et ont même copié des actions auxquelles les personnes ne faisaient que penser sans passer à l’acte (et personne n’en parle ?!).

Tout ceci pour dire qu’imiter les mots « Hello » et « 1,2,3 », cela serait presque comme une blague pour une orque. S’en étonner serait comme féliciter Usain Bolt après l’avoir vu faire un petit jogging jusqu’à l’épicerie du coin pour acheter une brique de lait. Personne n’aime la condescendance. En faire toute une histoire dans les actualités montre à quel point notre espèce est narcissique et nous empêche de nous concentrer sur ce qui est vraiment important….


Ces études ont été menées sur une orque en captivité en France. On estime actuellement à 56 le nombre d’orques maintenues en captivité dans le monde. Comment justifier que des créatures sentientes dotées d’un tel niveau d’intelligence et d’une vie sociale et émotionnelle aussi riche soient toujours prisonnières de bassins en béton en 2018 ? Dans leur habitat naturel, les orques parcourent plus de 100 km par jour. Les membres de leurs familles et pods entretiennent des liens très étroits, le lien unissant la maman orque et son petit est considéré comme l’un des plus forts parmi toutes les espèces animales. Les orques sont faites pour rester et chasser en groupe. Retirer une orque de son pod détruit absolument tout cela.

Les orques captives présentent des comportements reflétant le deuil, l’ennui, la colère, la solitude, le traumatisme. Leur santé se détériore, la nageoire dorsale des mâles tombe sur le côté et elles sont gavées d’antibiotiques pour éviter les infections. Leur longévité est fortement diminuée : une étude (Ventre and Jett, 2015) a montré que les orques captives mourraient en moyenne dans les 6 ans. On estime que les orques sauvages vivent en moyenne jusqu’à 30 ans (pour les mâles) ou 50 ans (pour les femelles). Une orque femelle centenaire a même été observée.
Voilà ce qui devrait faire la une à propos des orques. Ainsi que des incitations et conseils pour éviter la pollution plastique, réduire la taille et le nombre des fermes piscicoles très polluantes et diminuer les émissions de gaz à effet de serre, afin d’arrêter de détruire leurs habitats.


Ici, la photo d’une orque s’approchant du bateau sur lequel j’ai travaillé l’année dernière en tant que bénévole pour la formidable association Orca Guardians Iceland. Je lui souhaite de ne jamais parler aucun langage humain. Il s’appelle Stormur et sa liberté n’a pas de prix.

Traduction : Sandrine Pantel pour C'est assez !

Crédit photos : Orca Guardians Iceland 

Quand les mamans dauphins sont nourries par des personnes, leurs bébés souffrent

Par  Bethany Augliere - le 16 octobre 2019

Les jeunes dauphins dont les mères sont nourries par des bénévoles lors d’activités d'écotourisme ont beaucoup moins de chances de survie.


Au large des côtes de Bunbury, en Australie occidentale, les touristes s'approchent des grands dauphins sauvages de l'Indo-Pacifique, qui jour après jour, sont attirés par les poissons donnés par des bénévoles.

Les dauphins de Bunbury sont déjà menacés par le trafic maritime et l'expansion du port. Au cours des 20 prochaines années, leur population qui est actuellement d'environ 200 individus devrait diminuer de 50 %.

Bien qu'il soit facile de penser qu'un don permettrait de sauver ces dauphins en péril, une nouvelle recherche menée par Valeria Senigaglia, étudiante au doctorat à l'Université Murdoch en Australie, suggère que ce programme d'alimentation axé sur le tourisme fait plus de mal que de bien.

« Parmi les nombreuses variables qui peuvent affecter la survie d'un bébé dauphin, ce serait le fait que la mère soit nourrie sur la plage à des fins touristiques qui est le plus préjudiciable », dit Senigaglia.

Le nourrissage des mammifères marins est illégal en Australie, mais le gouvernement l'autorise dans quatre sites écotouristiques, dont Bunbury. S'appuyant sur des données recueillies de 2007 à 2016, Senigaglia a examiné les taux de survie des bébés nés de 63 dauphins femelles, dont huit ayant été nourries à Bunbury. L'étude a examiné plusieurs facteurs, y compris les phénomènes climatiques comme El Niño et La Niña, qui influent sur la disponibilité des proies, et les perturbations humaines comme le bruit, la pollution et la navigation.

Au final, c'est le programme de nourrissage qui a eu l'effet le plus néfaste. Senigaglia a constaté que seulement un tiers des bébés de mères nourries avaient survécu jusqu'au sevrage (vers l'âge de trois ans), alors que les bébés de mères non nourries avaient un taux de survie de 75 %.


Senigaglia pense que les jeunes manquent d'apprentissage et de protection parce que leurs mères passent beaucoup de temps à quémander les poissons sur la plage. Les dauphins restent à l'abri des prédateurs en restant avec le groupe, et les bébés apprennent de leurs mères et en jouant avec leurs pairs, formant des alliances qui les aideront plus tard. Sans ces relations, les bébés sont plus vulnérables.

Cette découverte s'inscrit dans le cadre d'observations similaires faites dans la réserve de Monkey Mia, un autre site australien où le nourrissage des dauphins est légal. En se basant sur des données recueillies dans les années 1990, Janet Mann, une mammalogiste marine de l'Université Georgetown à Washington, DC, a découvert que les mères dauphins de la réserve qui passaient la majeure partie de la journée à se nourrir, abandonnaient leurs petits les laissant se débrouiller seuls. Par conséquent, le taux de mortalité des petits était d'environ 90 pour cent.

Encouragé par ces résultats, le ministère australien de la Biodiversité, de la Conservation et des Attractions a limité le nombre de dauphins qui pouvaient être nourris à Monkey Mia, la durée durant laquelle chacun pouvait rester dans l'aire d'alimentation et la quantité de poissons qui leur était donnée. Le renforcement des contrôles a porté ses fruits : le taux de survie des bébés dauphins a atteint près de 90 pour cent. (Des contrôles similaires ne sont pas en place à Bunbury.)

Les gens qui nourrissent les dauphins peuvent également leur faire du mal de différentes manières.

Randall Wells, biologiste de la conservation de la Société zoologique de Chicago, a passé 50 ans à étudier les effets de l'alimentation illégale des grands dauphins de l'Atlantique à partir de leurs bateaux à Sarasota Bay, en Floride. Là, dit-il, l'alimentation fait que les dauphins mendient plus souvent, une habitude qu'ils transmettent à leurs petits. En changeant les comportements de chasse des dauphins, les gens n'ont pas seulement un impact sur les individus qui sont nourris. « Votre impact est beaucoup plus important », déclare M. Wells.

C'est probablement également vrai à Bunbury. « J'ai vu des dauphins passer littéralement toute la journée d'un bateau de tourisme à l'autre », explique Senigaglia. « C'est un réel problème. »

M. Wells affirme qu'avec des données aussi précises en main, il est temps pour les administrateurs de Bunbury d'agir. Bien qu'il reconnaisse qu'à Bunbury, qui attire au moins 60 000 touristes par an, « l'intérêt économique semble compliquer les choses ».
Le fait que quelques bébés dauphins soient morts dans la réserve de Monkey Mia ou à Bunbury ne représente peut-être pas une grande menace pour les populations mondiales de dauphins, mais M. Mann insiste sur le fait que les perdre est un problème éthique. Ces dauphins sont connus en tant qu'individus : ils ont des noms et les gens connaissent leur histoire. « Si vous les traiter en tant qu'individus, alors vous avez une responsabilité envers eux en tant qu'individus », dit-elle. « C'est précisément parce que ce sont des individus que les gens se soucient d'eux. »

Traduction : C'est assez ! 

Crédit photos : 
Photo 1 : ©Alan Chandler/Alamy Stock Photo
Photo 2 : © Troy Mayne

Source :
 When Dolphin Moms Are Fed by People, Their Babies Suffer - Hakai Magazine

Chasse à la baleine - Le Japon sous pression

Par Kazuhiro Nogi - 17 août 2019

Le Japon a insisté vendredi sur le fait qu'il ne chassait plus le rorqual boréal, une espèce menacée, dans les eaux internationales, mais il est accusé de violer un traité sur la faune sauvage en autorisant la commercialisation de stocks de viande de baleines tuées dans les années passées. 


La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) a conclu en octobre dernier que le Japon avait violé le traité et lui a ordonné de remédier à la situation sous peine de sanctions commerciales.

Le comité, qui s'occupe du respect et de l'application du traité, a rejeté les affirmations du Japon selon lesquelles l'abattage de quelque 1 500 rorquals boréals du Pacifique Nord depuis 2002 n'avait rien de scientifique

Elle a conclu que la chasse était principalement motivée par des raisons commerciales et constituait donc un commerce international d'une espèce protégée et une violation manifeste du traité.

Le Japon a affirmé vendredi au comité réuni à Genève qu'il n’autorisait plus la chasse aux rorquals boréals en haute mer et qu'il était donc en conformité avec la CITES.

"Cette question doit être considérée comme close ", a déclaré un membre de la délégation japonaise, à la veille du lancement à Genève d'une conférence mondiale réunissant les 183 pays qui ont signé le traité.


Mais les membres du comité provenant de divers pays, dont l'Union européenne, Israël, le Niger, le Pérou et les États-Unis, ont fait part de leur désapprobation et ont exprimé leur indignation face à la vente continue des stocks de viande et de graisse de baleines jugées illégalement abattues et importées au cours d'une période de 16 ans.

Selon les défenseurs de la nature, 1 500 tonnes de viande de baleine  provenant de 131 rorquals boréaux tués en 2018 ont été commercialisées au Japon, et la viande de rorqual boréal reste largement disponible dans les magasins et restaurants du pays.

« C’est vraiment choquant ", a déclaré le représentant du Niger, soutenant que lorsque le commerce international illégal d'autres espèces menacées est démantelé, tel que c’est le cas pour les éléphants, les stocks d'ivoire sont confisqués et détruits.

Le représentant de l'Union européenne a accepté, rappelant l'article 8 de la convention, qui, selon lui, « exige la confiscation des spécimens commercialisés ou, en l'occurrence, en provenance de la mer, en violation de la CITES ».

Le Japon, quant à lui, a souligné qu'il avait immédiatement suivi la décision rendue par le comité en octobre dernier, mais s'est opposé à l'idée qu'elle soit appliquée rétroactivement.

À l'issue de la réunion, la commission a ordonné au Japon d’établir un rapport sur l’ utilisation de leurs stocks de rorqual boréal, mais a reporté à l'année prochaine la discussion portant sur la confiscation sur la confiscation de ces stocks. 

Le 1er juillet dernier, le Japon reprenait officiellement la chasse commerciale à la baleine  dans ses eaux territoriales pour la première fois depuis trente ans, entérinant leur décision prise en décembre 2018 de quitter la CBI. Cependant, il reste lié par les restrictions internationales de la CITES sur le commerce des espèces sauvages.



Pour rappel, le Japon s’est attribué un quota de chasse de 227 baleines dont 52 baleines de Minke et 25 rorquals boréals.  

Traduction : C'est assez !

Crédit photos :
Photo 1 - ©AFP/File 
Photo 2 - ©Karyn Nishimura/AFP
Phoot 3 - ©AFP 


Une maman dauphin adopte le bébé d‘une autre espèce, une première !


Par Erica Tennenhouse pour National Geographic - 30 juillet 2019


Les dauphins femelles Tursiops sont des mamans douces et attentives, qui allaitent, protègent et jouent avec leurs petits pendant une période pouvant aller jusqu'à six ans.

Aujourd'hui, de nouvelles recherches ont révélé le premier cas connu d'une maman dauphin Tursiops qui a adopté le bébé d'une autre espèce.


En 2014, des chercheurs ont repéré, dans les eaux côtières de la Polynésie française, une maman Tursiops qui s'occupait d'un bébé mâle à l'apparence inhabituelle, ainsi que de ce qui était présumé être son bébé biologique. 

Alors que les grands dauphins ont un rostre fin, le mystérieux  bébé, âgé d’un mois avait un rostre court et émoussé. Finalement, les scientifiques ont identifié l'orphelin comme étant un dauphin d‘Électre, une espèce de dauphin complètement différente.

« Nous étions très enthousiastes à l'idée d'assister à un phénomène aussi rare », déclare Pamela Carzon, responsable scientifique du Groupe d'Étude des Mammifères Marins (GEMM) de Polynésie, basé à Tiputa (Rangiroa, Polynésie française).

L'adoption est rare chez les mammifères sauvages, la plupart d'entre eux étant des membres apparentés de la même espèce. Le seul autre cas scientifiquement documenté impliquant un orphelin adopté d'une espèce et d'un genre différents a été observé en 2006, lorsque Patrícia Izar, primatologue à l'Université de São Paulo, a observé un groupe de capucins soignant un bébé marmouset. "À l'époque, nous étions vraiment, vraiment étonnés ", dit-elle.


Une rivalité fraternelle

Pamela Carzon et son équipe ont filmé et photographié la famille de dauphins « recomposée »  à partir de la terre, de  bateaux et sous l'eau, dans le cadre d'une étude à long terme qui a commencé en 2009 sur cette communauté d'environ 30 dauphins Tursiops.

Bien que la mère ait déjà eu un bébé, une fois que le bébé dauphin d’Électre solitaire est arrivé, il a rarement quitté sa nouvelle maman. On a souvent vu le trio nager ensemble, ce qui est inhabituel, car les mères dauphins s'occupent normalement que d'un seul bébé à la fois.

L'entente familiale n'était pas toujours au rendez-vous, le bébé dauphin d’Électre poussait sans cesse sa "sœur" adoptive de sous l’abdomen de sa mère. 

L'orphelin toujours aussi persévérant n’était pas seulement déterminé à intégrer la cellule familiale ; il a également compris comment s'intégrer dans le groupe de dauphins.

« Le dauphin d’Électre se comportait exactement de la même façon que les grands dauphins », raconte Pamela Carzon, qui a rapporté les observations en juin dans la revue Ethology.

Par exemple, il socialisait régulièrement avec d'autres jeunes et s'adonnait même à leur passe-temps favori, surfer et sauter dans les vagues. 



Une maman dévouée

Il est arrivé que des grands dauphins femelles "volent" des bébés d'autres espèces durant de brèves périodes lors de conflits, mais l’enthousiasme du bébé adopté et le dévouement de cette mère montrent qu'il ne s'agissait pas d'un enlèvement.

Dans ce cas, la mère a consacré énormément de temps à l'orphelin, ils ont été vus ensemble durant près de trois ans, disparaissant vers avril 2018, date à laquelle il aurait été sevré. Leur union s'est poursuivie longtemps après la disparition, pour des raisons inconnues, de son bébé biologique à l'âge d'un an et demi.

La femelle a également été vue en train d'allaiter son bébé adoptif à deux reprises, ce qui suggère qu'elle était très investie, explique Kirsty MacLeod, écologiste comportementale à la Lund University en Suède, qui n'a pas participé à l'étude. « Chez les mammifères, la synthèse du lait est très « coûteuse », c'est une ressource très précieuse. »


Pourquoi adopter ?

Mais une grande question demeure : Pourquoi un grand dauphin prendrait-il la peine de s’investir pour un  nourrisson avec lequel il n'a aucun lien génétique ?

Une possibilité est que la naissance récente de son bébé ait déclenché son instinct maternel. « C’était très probablement le moment idéal pour ce bébé, alors que la mère était très réceptive à l’idée de nouer des liens avec sa propre progéniture », déclare K. MacLeod, « et cela a conduit à cette situation un peu farfelue ».

Sa personnalité aurait pu être un autre facteur déterminant, car cette maman dauphin était déjà bien connue pour sa tolérance par les plongeurs de la région. Sa nature accommodante l'a peut-être empêchée de faire preuve d'une agressivité typique à l’égard de ce petit qui n’était pas sa progéniture.  

Puis il y a eu le dauphin d’Électre. Les chercheurs pensent que sa détermination à se joindre à la famille de dauphins Tursiops, et à agir comme eux, a joué un rôle-clé dans le succès de cette adoption.

« Cela montre que les jeunes dauphins ont une souplesse comportementale remarquable », déclare Pamela Carzon.

Traduction : C’est assez ! 


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