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L'Islande pourrait arrêter la chasse à la baleine en 2024

 



Un vent d'espoir souffle pour les baleines : le gouvernement islandais hésite à renouveler l'autorisation des quotas de chasse commerciale à la baleine prévue pour 2024.

Suite à la reprise de la chasse commerciale à la baleine par le Japon en 2019, le déclin de demande de viande de baleine islandaise a mis en cause la viabilité économique de ses flottes baleinières qui opéraient depuis 2003.

Malgré l'interdiction de la chasse commerciale à la baleine en 1986, l'Islande, la Norvège, le Japon et les îles Féroé restent les seuls territoires au monde à la pratiquer, mais avec de plus en plus de difficultés.

« Sauf indication contraire, il y a peu de raisons d’autoriser la chasse à la baleine à partir de 2024 », a déclaré la ministre Svandis Svavarsdottir, membre du parti de gauche écologiste au pouvoir en Islande. « Il y a peu de preuves qu’il y a un avantage économique à pratiquer cette activité », souligne-t-elle dans une tribune publiée par le quotidien Morgunbladid.

 


                                                       Photo de Svandis Svavarsdottir 

Les quotas de chasse commerciale islandais autorisent 209 prises pour le rorqual commun et 217 pour la baleine de Minke jusqu'à fin 2023. Toutefois, seul un rorqual commun a été harponné au cours des trois dernières saisons estivales. Faute de demande, les deux principales entreprises détentrices de licence sont à l'arrêt, et l'une d'elles, IP-Útgerd, avait annoncé au printemps 2020 l'arrêt définitif de ses activités.

Une prise de conscience face à une industrie devenue inviable

Le déclin de l'activité baleinière islandaise a plusieurs causes : outre la concurrence du Japon, qui subventionne ses flottes baleinières, l'extension des zones maritimes islandaises interdites à la pêche en 2017, grâce à une campagne de Icewhale, rend le harponnage moins rentable car il doit se dérouler plus au large. Cette extension de zones protégées favorise également le tourisme et le whale watching : le nombre de participants aux sorties d'observation des baleines en Islande a augmenté de 15% à 34% par an entre 2012 et 2016. À Hauganes, village côtier du nord de l'Islande de 137 habitants, le nombre de touristes faisant du whale watching est passé de 4 000 en 2014 à 17 000 en 2018. Ce boom touristique a conduit à un changement de l'opinion publique, y compris parmi l'industrie de la pêche. Selon Árni Finnsson, président de l'Iceland Nature Conservation Association « l'industrie de la pêche pense que l'Islande doit être en mesure d'exporter du poisson sur le marché américain et ils ne veulent plus défendre la chasse à la baleine (…). Le soutien apporté à la chasse à la baleine s'est affaibli à mesure que les revenus provenant de leur observation ont augmenté. »

 

 

                                           Inspired by Iceland (whale watching en Islande)

Les alertes concernant la toxicité de la viande de baleine ont aussi accentué le déclin de sa consommation : en 2018, un sondage Gallup commandé par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) a révélé que seul 1 % des Islandais mangeaient régulièrement de la viande de baleine, alors que 84 % d'entre eux déclaraient n'y avoir jamais goûté. La majorité du marché national était destinée aux visiteurs étrangers auxquels la viande de baleine était présentée comme un plat traditionnel.

 

Le changement de l'opinion publique accentue le déclin de l'industrie baleinière également en Norvège, au Japon et peut-être aux Féroé.

Le nombre de navires baleiniers norvégiens a été divisé par deux entre 2016 et 2017, faute de pouvoir remplir les quotas accordés par Oslo. En 2021, 575 cétacés ont été chassés, moins de la moitié des quotas autorisés, par les 14 navires encore en activité.

Le Japon a restreint l'activité de ses baleiniers à sa zone maritime, mettant fin à 80 ans de chasse à la baleine en Antarctique. La cause probable serait la baisse de consommation de viande de baleine par les Japonais, qui ne consomment plus que 30 grammes chaque année par personne, générant 4 000 tonnes d'invendus, des stocks devenant de plus en plus encombrants.

La consternation internationale générée par le massacre de 1 400 dauphins à flancs blancs aux Féroé en Septembre 2021 a conduit le gouvernement local féringien à évaluer un encadrement du Grind, hélas uniquement pour cette espèce.

 

                                                                            CCEIT

La chasse à la baleine, un massacre aux conséquences irréversibles qui a duré trop longtemps

Sur les 80 à 90 espères de cétacés, environ une dizaine est exploitée pour la chasse. 

La chasse à la baleine remonterait à la préhistoire : ses premiers vestiges ont été trouvés grâce à l'identification de gravures rupestres de scènes de chasse (potentiellement de baleines grises du Pacifique Nord) du Ve Millénaire av. J.C. en Corée du Sud. Ce pays avait abandonné la pratique avec l'arrivée du bouddhisme au VI siècle.

Toutefois, les premières traces historiques généralement admises sont un poème japonais sur la capture de cétacés antérieur au Xe siècle et les documents basques de chasse à la baleine du XI siècle. Dans les deux cas, les baleines décrites étaient de baleines franches (la baleine franche de l'Atlantique Nord et la baleine franche du Pacifique Nord), particulièrement ciblées par la lenteur de leurs déplacements et leurs carcasses qui flottent naturellement en surface (contrairement à celles des rorquals). La chasse traditionnelle était également un rituel important pour les peuples arctiques, certains peuples caribéens, vietnamiens et indonésiens.

La Révolution Industrielle a massifié les massacres des cétacés pour de diverses utilisations : l'huile de baleine était utilisé comme éclairage public, lubrifiant de machines, margarine, savon ; les os et la chair comme aliment, engrais et charbon ; les fanons, pour les baleines (d'où leur nom) de parapluies, ombrelles et de corsets ; le cuir pour des ceintures, des sangles ; les intestins pour des cordes ; l'ambre gris du cachalot pour la parfumerie ; la graisse pour les produits cosmétiques et pharmaceutiques.

                                                      New Bedford Whaling Museum

On chassait entre 20 000 et 30 000 baleines par an dans les années 1920, date à laquelle on a commencé à envisager une convention internationale sur la pêche à la baleine. Elle ne se concrétisera pas avant 1946, avec la Convention Internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine, qui avait par prétention de permettre la conservation judicieuse de population de baleines et de réglementer le développement de l'industrie baleinière. L'une des premières mesures de la convention a eu l'effet inverse : la détermination des premiers quotas de chasse, et de la BWU (Blue Whale Unit – Unité de Baleine Bleue) comme équivalence entre les différentes baleines à fanons en fonction de la quantité moyenne d'huile qui pourrait en être tirée (1 baleine bleue = 2 rorquals communs = 2,5 baleines à bosse = 6 rorquals de Rudolphi), a accéléré le massacre des plus grandes baleines menant leurs populations au bord de l'extinction.

Plusieurs pays ont progressivement abandonné la chasse, et au moment de l'interdiction de la chasse commerciale à la baleine par la Commission Baleinière Internationale en 1986, seuls le Japon et le URSS continuaient d'en chasser en Antarctique. Par la suite, l'Islande s'est opposée au moratoire en 2003 pour réactiver la pêche à la baleine (à l'exception des baleines bleues) et le Japon, qui continuait la chasse à « des fins scientifiques » s'est retiré de la Commission Baleinière Internationale en Décembre 2018 pour reprendre la chasse commerciale en juillet 2019.

Selon les scientifiques, aucune des espèces de baleines chassées n'a retrouvé le volume de population d'avant le XIXe siècle : la pêche accidentelle, les collusions contre des navires, la pollution chimique et sonore, le manque de nourriture à cause du changement climatique, limitent les effets de l'interdiction de la chasse commerciale et de la création des sanctuaires marins. La chasse a aussi détruit leurs cultures, transmise de génération en génération. Certaines espèces de grande longévité comme les rorquals communs évitent encore les anciennes zones de chasse.

                                                                          Eco2drew

Or, les baleines ont d'importants rôles à jouer : si on rétablissait leurs populations à leurs niveaux naturels, elles pourraient limiter le changement climatique : leurs carcasses et leurs excréments absorberaient 1,6 x 105 tonnes de CO2 (36 bus en termes de CO2 par jour) pour nourrir les organismes des fonds marins. Elles stabilisent également les chaînes alimentaires et la reproduction d'autres spèces marines.

Les baleines ont aussi des rôles économiques à jouer, plus chers pour nos politiques : on estime que le whale watching responsable peut générer 413 millions de dollars annuels en revenus pour le tourisme marin. L'étude scientifique de cétacés ont également permis d'importantes découvertes et avancées concernant écholocation, l'intelligence des mammifères marins, l'équilibre biologique des océans.

 Sources : Le Monde, Sciences et Avenir, National Geographic, CBI, Whale facts, Philip Hoare pour The Guardian

Que sait-on de l'intelligence des cétacés ?

Tout le monde sait que les baleines et les dauphins ont un gros cerveau et sont très intelligents. En effet, ils peuvent attraper des proies, migrer sur des milliers de kilomètres et même interagir avec d'autres espèces. 


Dans cet article, nous abordons l'intelligence des cétacés, de la conscience de soi à la transmission de la culture, et tentons de répondre à cette question : ces animaux pourraient-ils être aussi intelligents, voire plus intelligents, que nous ?

L'anthropomorphisme représente la croyance selon laquelle les animaux peuvent éprouver les mêmes pensées et émotions que les êtres humains. En ce sens, de nombreux chercheurs affirment que les scientifiques, comme Jane Goodall, peuvent être biaisés en surestimant la similarité entre les humains et les autres animaux. Cependant, les cétacés sont des êtres profondément émotionnels qui utilisent des outils et des langues avec des dialectes locaux. Outre les pouces opposables et d'autres différences apparentes, pourraient-ils être comme nous ?

Beauté, et intelligence !

Le cerveau des cétacés est étonnamment similaire au nôtre. Les orques, par exemple, présentent un pliage cérébral plus impressionnant que chez les humains. Cela les aide à traiter davantage d'informations à une vitesse remarquable. De plus, cette espèce particulière présente le cortex insulaire le plus complexe au monde. Cette partie du cerveau est impliquée dans la conscience et la conscience de soi, ainsi que dans le traitement des émotions telles que l'empathie et la compassion. La plupart des baleines présentent des structures sociales et culturelles similaires aux nôtres et, en ce sens, il est indéniable que l'intelligence pratique et émotionnelle émane de ces animaux.


"Je pense, donc je suis"

En général, la conscience de soi, la conscience, les sentiments et l'intelligence sont essentiels à la définition d'une personne. Depuis 1970, de nombreuses études ont montré que les mammifères marins ont des capacités cognitives sophistiquées comme la reconnaissance de soi et le sens de l'identité. Par exemple, une étude publiée en 2013 a révélé que les grands dauphins utilisent des sifflets uniques pour s'adresser les uns aux autres. En d'autres termes, ils utilisent des sifflements de signature comme des "noms". Les chercheurs ont également établi que les jeunes dauphins pouvaient se reconnaître dans un miroir 7 mois après leur naissance, alors que les bébés humains mettent jusqu'à 18 mois pour y parvenir. Ces animaux pourraient-ils être considérés comme des personnes non humaines ? Pour l'instant, la science dit OUI.

Amour et deuil

Les sentiments de profonde affection ne sont pas propres aux êtres humains. Le lien entre une mère et son enfant est peut-être le meilleur exemple de ces relations intenses que ces animaux connaissent également. La plupart d'entre nous se souviennent du combat déchirant de J35 (nommée Tahlequah, une orque résidente du Sud). Cette mère orque a porté le corps de son baleineau mort pendant 17 jours dans les eaux du Pacifique Nord-Ouest. Cet événement a attiré l'attention du monde entier et a semblé être une manifestation évidente de chagrin pour tous ceux qui l'ont observé, impuissants. Un tel comportement n'est pas rare chez les autres cétacés. La plupart des scientifiques qui passent du temps parmi ces animaux s'accordent à dire que les baleines ont une individualité et des personnalités uniques, tout en appartenant à des familles très unies. Étant donné que les baleines sont si intelligentes, on pourrait être tenté de comparer leurs comportements aux nôtres.


Amitié et acceptation

Si vous avez déjà vu un groupe de dauphins ou d'orques socialiser entre eux, il n'est pas difficile de reconnaître les liens complexes et profonds qui les unissent. On pourrait dire qu'ils vivent l'amitié et la fraternité. La notion d'"amitié" au sein du monde des mammifères marins a été documentée plus d'une fois. Un phénomène récent d'" amitié " dans l'estuaire du Saint-Laurent a vu un groupe de bélugas adopter un narval juvénile égaré. À ce jour, le narval voyage toujours avec le groupe de bélugas et adopte des comportements sociaux et sexuels avec eux. Ce type d'empathie et d'ouverture d'esprit envers les autres espèces est une nouvelle preuve de leur profonde intelligence émotionnelle.


Les baleines ont aussi une culture

L'espèce humaine a évolué dans un environnement en constante évolution où l'apprentissage social était essentiel à sa survie. En ce sens, l'apprentissage social et la transmission culturelle nous ont permis de transmettre des informations ou des outils qu'aucun d'entre nous ne pouvait acquérir seul. Dans le cas des baleines, il est prouvé qu'elles ont créé une culture marine grâce à leur remarquable intelligence. En effet, de nombreux scientifiques du monde entier soutiennent que les baleines ont une culture et que l'apprentissage social permet cette transmission culturelle. Par exemple, les cétacés apprennent de leurs pairs comment chercher de la nourriture, utiliser des outils, chanter une chanson spécifique, etc. Les grands-mères orques sont un autre excellent exemple de ce phénomène. Elles portent en elles des connaissances cruciales qui permettent de protéger leur famille de la famine. La culture et l'intelligence s'expriment à petite et à grande échelle, mais il est indéniable que les baleines et les dauphins ont eux aussi une riche culture.

Traduction : C'est assez !

Source : Whale Scientists


 

 

Les dauphins du moulin rouge




De 1968 à 1984, le célèbre cabaret parisien le Moulin-Rouge proposait des numéros et revues avec des dauphins.

C'est en 1968 que le Moulin-Rouge inaugure son " strip-tease au dauphin " : une plongeuse nage dans l'aquarium et le dauphin lui dégrafe son soutien-gorge. Il y aura jusqu'à trois dauphins ensemble dans le bassin pourtant minuscule pour de tels animaux.

Ils appartiennent à un Suisse, M. Bruno Lienhardt, propriétaire de plusieurs delphineries en Europe. Très vite, les protecteurs de la nature s'émeuvent du sort de ces dauphins, affaiblis par l'inaction, la peau entaillée de blessures, parfois à peine visibles dans une eau opaque.

En 1978, c'est le drame. Un employé italien meurt électrocuté en nettoyant l'aquarium. L'un des dauphins a la colonne vertébrale cassée et mourra quelques semaines plus tard dans un aquarium de Port-Barcarès (Pyrénées-Orientales).

En 1980, des écologistes préviennent les douanes : deux dauphins viennent d'être importés d'Allemagne par le Moulin-Rouge. Une forte mortalité oblige à remplacer fréquemment les cétacés. Les deux dauphins sont saisis par les douanes. La saisie est toute théorique, car les animaux restent dans leur aquarium.

Le Moulin-Rouge est condamné à une forte amende. Mais le music-hall continue à importer des dauphins pour remplacer ceux qui meurent victimes de nécroses pulmonaires.

Cette même année, Wendy, la plongeuse anglaise qui exécutait le numéro depuis plus de dix ans, quitte le cabaret. Désormais, la rotation des plongeuses va être aussi rapide que celle des dauphins.

Cependant, un arrêté du 24 août 1981 réglemente la détention des cétacés. Les bassins doivent avoir des dimensions convenables (800 m2 au sol) et comporter des brosses pour que les dauphins puissent s'y gratter.

Le Moulin-Rouge ne respectant pas ces conditions, l'association Greenpeace commence par s'adresser au secrétariat d'État à l'environnement qui tolère une telle situation. Puis elle dépose son recours contre la préfecture de police, à laquelle elle réclame 10 000 francs (1500€) d'indemnité.

A l'approche de l'audience, le Moulin-Rouge a préféré supprimer son numéro de dauphins. Ceux-ci ont été envoyés en Belgique. Ils ont été remplacés par les exhibitions de deux naïades.

Source Le Monde : https://www.lemonde.fr/archives/article/1984/10/29/le-bocal-du-moulin-rouge_3006464_1819218.html

Photo : Jean-Claude Deutsch

LA CRUAUTÉ DE LA PRIVATION SENSORIELLE

L'écholocation est l'une des créations les plus fascinantes et complexes de la nature. Il permet aux dauphins, qui vivent dans un monde en 3 dimensions (surface, profondeur et son), d'explorer leur environnement en interprétant les échos des ondes sonores qui rebondissent sur les objets dans l'eau. 

L’écholocation est utilisée par les dauphins pour se déplacer, pour chasser ou pour décrypter leur environnement. Pour cela, ils utilisent leur oreille interne et les ultrasons qu’ils émettent. 

Le dauphin envoie des ondes en direction d’un animal, d’un objet ou d’un obstacle grâce à son melon, l’équivalent du front pour les cétacés. 

Ces ondes sonores, une fois entrées en contact avec l’obstacle, rebondissent sur cet obstacle et sont ensuite captées par le dauphin grâce à l’os de sa mâchoire inférieure pour être transmises à l’oreille interne. 

Ce phénomène donne au dauphin des informations précises sur son environnement : distance de l’obstacle, de la proie ou du prédateur, sa taille, sa forme, sa texture, etc.

Grâce à l’écholocation, les cétacés communiquent avec leur environnement et se repèrent dans l’océan. 

Dans les delphinariums, les dauphins passent leurs journées dans des bassins désespérément vides, aux parois lisses et austères. Pour des animaux si curieux, passant énormément de temps à explorer leur milieu, ce vide est générateur d'ennui. 

Pour l‘industrie de la captivité, cet ennui est providentiel. Il est maintenu et entretenu ce qui permet aux dresseurs de mieux capter l’attention des dauphins durant les sessions de dressage ou durant les spectacles. 

De plus, dans un bassin, les sons se répercutent tellement  sur les parois de verre et de béton que les dauphins sont amenés à mettre ce sens en veilleuse car, non seulement il leur devient inutile mais il engendre de l’inconfort et de la souffrance pour ces animaux.

Depuis qu’ils sont dans leur enclos de réhabilitation, Rocky, Rambo et Johnny, anciens dauphins captifs, chassent des poissons vivants dans l'enclos de recherche de nourriture. 

L’équipe qui s’occupe d'eux, les observe sous l'eau pour déterminer combien de poissons ils attrapent. 

C'est bien loin de ce qu'ils ont vécu lorsqu'ils étaient confinés dans un bassin en béton, mendier des poissons morts comme récompense alimentaire pour avoir un bon comportement (soit obéir au dresseur comme le font les dauphins captifs dans les delphinariums tous les jours). 

On entend Rocky, Rambo et Johnny utiliser leur écholocation pendant la chasse, et on les voit chasser le poisson à grande vitesse.

Les clics continus de Rocky, Rambo et Johnny me rappellent une conversation que j'ai eue il y a des années avec une dresseuse de dauphins nommée Sabrina. À l'époque, elle travaillait dans une installation danoise qui garde des marsouins communs, marsouins capturés dans la nature, en captivité.

Elle m'a dit qu'elle avait déjà travaillé au delphinarium d'Harderwijk, aux Pays-Bas. 

Le Dolphin Project a participé à plusieurs manifestations devant ce delphinarium. Avant l’une de ces manifestations, je suis entrée dans le delphinarium avec Femke den Hass, qui est la directrice de campagne du Dolphin Project en Indonésie.

Nous voulions observer et documenter les conditions de vie des dauphins détenus dans ce delphinarium. 

Suivant les ordres de leurs dresseurs, les dauphins ont docilement parcouru leur répertoire de comportements dressés, tels que marcher sur la queue, « chanter » et s'échouer sur la plate-forme en béton. 


A la fin du spectacle, les dauphins retournèrent dans leur bassin stérile, gisant là, dans leurs prisons, mornes, sans rien faire et nulle part où nager. 

C'était déchirant de les voir ainsi dans l'eau stagnante, entourés de murs de tous côtés et ne pas avoir assez d'espace pour nager normalement. Leur vie était à l'arrêt et ils ne pouvaient nager que quelques mètres avant de heurter un mur.

Des centaines de dauphins sont coincés dans des bassins en béton partout dans le monde et exploités pour le spectacle. 

Je me demande souvent à quoi cela ressemble pour ces êtres sonores complexes de se retrouver incarcérés dans de minuscules bassins où leurs capacités naturelles ne peuvent trouver aucune expression. 

Ils ne peuvent utiliser leur impressionnante écholocation pour aucune des choses qu'ils feraient dans la nature. Ils ne peuvent pas l'utiliser pour attraper des poissons vivants, car les dresseurs leur fournissent des poissons morts comme récompenses alimentaires lors des spectacles, des programmes de nage avec les dauphins et des sessions de dressage. Ils ne peuvent pas l'utiliser pour explorer leur monde sous-marin car il n'y a rien à étudier dans un bassin stérile et sans vie. Ils ne peuvent certainement pas l'utiliser pour naviguer car ils n'ont nulle part où aller. Leur écholocation est « gaspillée », et il est inconcevable pour moi que certaines personnes pensent encore qu'il soit justifiable de retenir ces esprits brillants dans un monde aussi sombre et vide. 

La privation sensorielle à laquelle les humains les soumettent est tout simplement cruelle.

J'ai demandé à Sabrina ce qu'elle en pensait :

« N'y a-t-il même pas une petite partie de vous qui pense qu'il est mal de confiner ces créatures sonores dans des bassins en béton ? » 

Sans hésiter un instant, elle m’a répondu : « Non, pas du tout. Peu importe si les dauphins dans un aquarium ne peuvent pas utiliser leur sonar parce que dans un aquarium ils n'en ont pas besoin ». 

Elle souriait en disant cela, comme si cela avait un sens parfait. Mais ce n'était pas le cas, du moins pas pour moi. Je pense que c'est un peu comme enfermer un être humain dans une pièce sombre, le nourrir trois fois par jour, et dire que ça n'a pas d'importance qu'il ne puisse pas utiliser sa vision parce que ses besoins physiques sont satisfaits, et qu’il n'a pas besoin de sa vision pour quoi que ce soit.

Mais ce n'est pas parce que ses ravisseurs gardent cet être humain en vie qu'il ne lui manque pas sa liberté et sa capacité à utiliser sa vue.

Je suis convaincue qu'il en est de même pour les dauphins. Vivre en accord avec leur vraie nature et mettre toutes leurs capacités naturelles à profit remplit leur vie de but, de vitalité et de qualité. 

L'utilisation de l'écholocation signifie sans aucun doute beaucoup plus pour les dauphins que nous ne pouvons même l'imaginer de notre point de vue limité, et écarter cette capacité comme non pertinente en disant que les dauphins captifs n'en ont pas « besoin » constitue une combinaison égoïste d'arrogance humaine et de supériorité. C'est la même chose que de dire que la nature n'a vraiment aucune idée de ce qu'elle fait, et que des millions d'années d'évolution ne valent pas la peine de lui prêter attention. 

Rambo, Rocky, Johnny et tous les autres dauphins qui se sont retrouvés à l'hôtel Melka Excelsior de Lovina, au nord de Bali, étaient confinés dans des piscines peu profondes. Entre les spectacles et les séances de nage avec les dauphins, on pouvait les voir évoluer en petits cercles ou regarder un mur de béton. 

En 2019, Lincoln O'Barry, Femke den Haas et notre équipe indonésienne de sauvetage de dauphins ont déterminé que Dewa, Johnny, Rambo et Rocky, tous capturés dans la nature, n'utilisaient plus leur écholocation, sauf lorsque leurs entraîneurs le leur demandaient. 

« Les dauphins qui ont été utilisés dans le soi-disant programme de thérapie assistée par les dauphins de l'hôtel ont été formés pour envoyer une série de clics sur commande », explique Femke. Dewa, aujourd'hui décédée, était fréquemment exploitée dans le cadre du programme douteux de thérapie par les dauphins de l'hôtel, qui s'adressait principalement aux familles russes avec des enfants autistes.

Le programme delphinothérapie de l'hôtel était basé sur l'idée que l'écholocation d'un dauphin peut en quelque sorte guérir les humains de toutes sortes de maladies. A l’époque, une annonce publiée en ligne promettait une amélioration de l'autisme, des maux de dos et d'autres problèmes de santé. 

Mais les dauphins ne peuvent pas guérir les gens, et même s'ils le pouvaient, cela ne justifierait jamais de détruire leur vie en les capturant et en les confinant. 

Les dauphins captifs ne peuvent même pas se soigner eux-mêmes, et les dauphins de l'hôtel Melka ont sans aucun doute souffert chaque jour de leur capture et de leur confinement. 

Je suis sûr que Rocky, Rambo et Johnny se souviennent encore de leur capture violente dans la mer de Java il y a des années, et je pense aussi qu'ils se souviennent du trajet de 30 heures en camion qu’ils ont subi pour arriver jusqu'à l'hôtel Melka. 

Ces années à « balader » des gens et à exécuter des tours dans des spectacles théâtraux feront toujours partie de leur expérience de vie, et nous ne pouvons pas changer cela. Mais nous pouvons laisser la nature reprendre le dessus autant que possible, et à l’Umah Lumba Rehabilitation, Release, and Retirement Center, dans la baie de Banyuwedang, à l'ouest de Bali, ils peuvent enfin à nouveau utiliser leur système d’écholocation pour attraper des proies vivantes.

Femke et notre équipe indonésienne de soigneurs de dauphins donnent du poisson vivant aux dauphins depuis mai 2020. 

« Nous avons une excellente collaboration avec les habitants de la région qui connaissent notre projet de sauvetage des dauphins. Avant même de construire l'enclos marin, nous nous sommes présentés à la communauté locale et leur avons fait savoir que nous aimerions travailler avec des pêcheurs locaux pour obtenir du poisson vivant pour les dauphins », explique Femke. 

En raison de l'intérêt et de l'engagement des pêcheurs de la région, nous sommes en mesure d'introduire de nombreux types de poissons vivants dans l'enclos des dauphins. Entendre Rocky, Rambo et Johnny utiliser l’écholocation pour attraper le poisson est incroyable, et j'aimerais que la dresseuse de dauphins à qui j'ai parlé il y a des années puisse aussi en faire l'expérience. Peut-être qu'alors changerait-elle d'avis.

Peut-être se rendrait-elle compte qu'utiliser leur impressionnante compétence d'écholocation pour identifier les proies, naviguer, voyager et explorer leur environnement est ce que la nature a prévu pour les dauphins, et que nous n'avons pas le droit de leur enlever cela. 

Il n'appartient pas aux humains de déterminer quels sont les besoins d'un dauphin. 

C'est la nature, et la nature a clairement indiqué que les dauphins appartiennent aux océans où leur capacité hautement évoluée à « voir » avec le son sert à quelque chose, sert un objectif. 

Helene O'Barry 

Source : Dolphin Project

Traduction : C'est assez ! 

Photos : ©Dolphin Project 

Légendes photos

1 - dauphin captif 

2 - Une fois le spectacle terminé, un dauphin flottant à la surface de l’eau dans son bassin à l’Attica Zoo en Grèce - Rien à explorer et nulle part où aller 

3 - Le bassin de dressage, tout en acier du Miami Seaquarium, qui a été utilisé pour certains des cinq dauphins qui ont joué le rôle de « Flipper ».

4 - Angel, le dauphin albinos emprisonné dans un tunnel de verre et de béton au Taiji Whale Museum au Japon. Selon l’industrie de la captivité des dauphins, un bassin stérile comme celui-ci est un habitat parfaitement adapté pour les dauphins.

5 - Dewa (à gauche) et Johnny se sont languis durant plus d’une décennie dans ce bassin peu profond de l’hôtel Melka Excelsior au nord de Bali, en Indonésie. 

6 - Rocky, Rambo et Johnny guérissent et s’épanouissent à l’Umah Lumba Rehabilitation, Release and Retirement Center à Bali, en Indonésie.

Islande : Observer les cétacés de manière respectueuse

À seulement trois heures d’avion de Paris, l’Islande est devenue une destination de vacances très appréciée et est un vrai paradis pour tous ceux qui souhaitent rencontrer baleines et dauphins à l’état sauvage !

En tant que bénévole pour l’association Orca Guardians Iceland, je ne peux que vous conseiller leur entreprise de whale watching partenaire Láki Tours lors de votre prochain voyage. Située à l’ouest de l’île et en activité depuis 2011, il s’agit de l’unique prestataire de ce genre sur la péninsule de Snæfellsnes. 

Une expérience unique, puisque les cétacés que vous rencontrerez ne seront pas encerclés par d’autres bateaux, vous serez les seuls !

De plus, toute l’équipe est composée de passionnés, notamment de chercheurs travaillant en tant que guides sur les bateaux. 

Durant les sorties, ils ne se contentent pas de fournir aux passagers de précieuses informations sur ces animaux et de répondre à leurs diverses questions. Ils profitent également d’être en mer pour collecter des données sur les différentes espèces par le biais de méthodes non intrusives, principalement la photo-identification permettant la création de catalogues recensant les individus observés dans les eaux islandaises au fil des ans. 

Marie, la présidente de Orca Guardians, a ainsi établi un catalogue des orques, Judith un catalogue recensant les baleines à bosse et Karl a débuté la création d’un catalogue des cachalots de la région. 

La plupart des membres de l’équipe travaillent pour l’entreprise depuis de nombreuses années et cette équipe forme une grande famille.

Les capitaines, eux aussi, connaissent l’océan sur le bout des doigts et sont immensément respectueux des êtres vivants qui y habitent. 

Ils suivent un code de conduite très strict, établi par l’organisme IceWhale dans l’optique de déranger le moins possible les animaux. 

Si les baleines et dauphins s’approchent du bateau, c’est uniquement parce qu’ils le veulent et aucune interaction ne leur est imposée. 

Avec Láki Tours, pas question de les caresser, de les nourrir ou de nager avec eux. Mais si vous avez de la chance lors de votre sortie, vous pourrez admirer une famille d’orques en pleine chasse ou séance de jeu, ou bien encore le spectacle d’une paisible baleine à bosse nageant juste à côté du bateau, sa silhouette clairement visible sous la surface.

La biodiversité de la région est tout bonnement spectaculaire. Selon la saison, vous pourrez y croiser orques, cachalots, baleines à bosse, dauphins, globicéphales, petits rorquals et même la grande baleine bleue ! Et même si la nature en décide autrement et que votre sortie s’achève sans la rencontre tant espérée, vous pourrez revenir tenter votre chance gratuitement et profiter, quoiqu’il en soit, de magnifiques paysages depuis le large.

Autre point fort de l’entreprise pour les personnes ayant des difficultés avec l’anglais : certains guides, comme Joséphine, pourront répondre à vos questions en français et je pourrai le faire également si je suis là (souvent en mars ou avril) !

N’attendez pas et embarquez avec Láki Tours à la rencontre des baleines et dauphins lors de votre prochaine escapade en Islande !

Prochains circuits : du 20/12/2021 au 06/01/2022 – puis à partir du 15/02/2022

Un article de Sandrine Pantel (bénévole pour Orca Guardians Iceland et C'est assez !) 

Crédit photos : ©Sandrine Pantel 

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