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Orques ou baleines tueuses ? - (Orcas ou Killer Whales)

par Shilpa Shah / Orca Guardians Iceland - 5 avril 2019


Les mammifères connus sous le nom d’« orques », « épaulards » ou « baleines tueuses » sont les super-prédateurs des océans. Ils se nourrissent de toute une variété d’autres animaux, des poissons, mouettes et pieuvres aux phoques, dauphins, requins et cétacés bien plus gros qu’eux (50 orques ont été récemment observées en chasse du plus grand mammifère de notre planète, la baleine bleue). La seule menace pesant sur eux : les humains et l’activité humaine.


De vraies prédatrices

Les orques sont dotées de puissantes mâchoires, jusqu’à 52 dents mortellement imbriquées, une puissante nageoire caudale avec laquelle donner de grands coups et une impressionnante vitesse de pointe de près de 50 km/h. Mais elles communiquent aussi entre elles pour réaliser un excellent travail d’équipe.

On raconte que les marins du 18ème siècle désignaient les orques comme des « tueuses de baleines », terme duquel vient peut-être le nom de « baleine tueuse » (Ballena asesina (« baleine assassine ») était le nom employé par les Espagnols). Orcinus orca, la désignation officielle de l’espèce, est un titre non moins féroce, signifiant « démon venant des royaumes des morts ».



Une dangereuse réputation

Lorsqu’il s’agit de tuer, les orques sont de vraies spécialistes. Leurs stratégies de chasse nous montrent à quel point elles peuvent être créatives et ingénieuses. Pourtant, les orques ont toujours eu une image négative dans nos sociétés occidentales. 

À l’époque de l’empire romain, elles étaient décrites comme des « monstres marins », d’« énormes masses de chair armées de dents redoutables ». Leur comportement alimentaire prédateur était interprété comme un acte violent et cruel, en particulier parce que certaines orques mangent des dauphins, autrefois révérés comme porteurs de bons présages.


Les orques ont été attaquées au cours des siècles, en particulier par les pêcheurs qui les considéraient comme des concurrentes pour le poisson et un danger pour eux-mêmes. Jusqu’aux années 1970, les manuels de plongée de la marine américaine décrivaient les orques comme « extrêmement féroces », « attaquant les humains à la moindre occasion ». Ce qui n’a aucun sens. Aucune attaque sur un être humain dans la nature n’a été recensée à ce jour. Ces magnifiques prédatrices ont été incluses dans les quotas d’abattage dans tous les océans du globe et ont même servi de cibles pour des essais de tirs militaires. Pendant longtemps, dans de nombreuses cultures, elles ont été considérées au pire comme des créatures mauvaises, au mieux comme des nuisibles. 


Leur réputation change à partir des années 1970

Capturer des orques devient populaire dans les cultures occidentales, à commencer par l’Amérique du Nord. Les gens ont alors pu observer l’intelligence des orques ainsi que leur chaleur et leur douceur envers les humains. Les orques se sont alors mises à jouir d’une nouvelle réputation, presque aussi dangereuses pour elles que celle de tueuses, étant alors perçues comme des animaux mignons et dociles, aimant exécuter des tours pour l’amusement des humains.

Les connaissances sur les orques se sont élargies, particulièrement grâce aux chercheurs les observant en mer. Nous avons découvert leurs liens familiaux très forts, leurs stratégies de chasse en groupe, leurs méthodes de communication. La captivité s’est alors révélée particulièrement cruelle et l’opinion publique s’est montrée de plus en plus critique envers les aquariums et parcs aquatiques.


Mais alors, quel terme utiliser ?

En une cinquantaine d’années, l’image publique de l’orque est alors passée du monstre marin à la superstar des parcs aquatiques et, enfin, à la mascotte de la protection de l’environnement. Mais il n’est pas surprenant que beaucoup se demandent s’ils doivent les appeler « orcas » ou « killer whales » (Orques ou baleines tueuses) . Chez Orca Guardians, nous utilisons les deux appellations. Mais au regard de la menace que font peser les activités humaines, la surpêche, les fermes piscicoles, la pollution et le dérèglement climatique sur la santé et la longévité de ces super-prédatrices et de toute la faune marine, il est important de nous demander qui sont les vrais tueurs dans l’histoire.


Personnellement je préfère le nom de « Skana » pour parler des orques, ce mot signifiant « démon tueur » ou « puissance surnaturelle » et utilisé par le peuple des Haïdas du Canada, qui avait compris et révérait leur nature et leurs capacités bien avant les populations occidentales. J’aime ce nom, car il reflète à la fois le profond respect et l’admiration que ces êtres évoquent en moi.

(Je me suis basée sur le livre de Erich Hoyt, ‘Orca: The Whale Called Killer’, 1981, et ces articles pour écrire cet article.)

Traduction : Sandrine Pantel pour C'est assez ! 

Source : https://orcaguardians.org/orcas-or-killer-whales/


Légendes :
Photo 1 - Une orque, un hareng clairement visible entre ses dents
Photo 2 - La nageoire caudale d’une orque, servant à assommer sa proie
Photo 3 - Une mouette inquiète à la vue de cette mâchoire faisant surface
Photo 4 - L’imposant Scoop (SN098), mâle observé récemment
Photo 5 - Les orques peuvent chasser les baleines, comme les cachalots
Photo 6 - Une orque en chasse courbant son dos pour plonger

Crédit photos : ©Shilpa Shah / ©Orca Guardians Iceland




The Taiji 5 - Plus jamais ça

Par Tracie Sugo - 14 mai 2019

« Il y a un cri, presque comme les pleurs d'un bébé, et vous savez, ça vous retourne le cœur. » Jeff Foster (Ancien chasseur d’orques)

Le 7 février 1997, un groupe de 10 orques a été conduit dans la baie Hatajiri, près de Taiji (Japon) par l'Union des pêcheurs d'Isana. 

Dans ce groupe, 5 orques ont été capturées pour être vendus à des aquariums. Ces cinq-là sont connus sous le nom de « The Taiji 5 ».


Au même moment, à l'autre bout du monde, Keiko, l'orque de "Free Willy" était en voie de réhabilitation et de libération. Ce sera la toute première tentative de libération dans la nature d’une orque captive.. L'histoire de Keiko a une vague d’indignation dans le monde entier. Pourtant, malgré les protestations, tant au Japon qu'à l'étranger, des orques ont été capturés à Taiji.


Dans la soirée du 7 février, « Kansai News » a rapporté que 10 orques avaient été capturées à Taiji, mais le processus de sélection des prisonniers n'a eu lieu que trois jours plus tard, le 10 février. Tôt ce matin-là, les dresseurs, le personnel de l'aquarium et les chasseurs sont venus se préparer à prendre cinq orques pour l’industrie de la captivité. 3 femelles et 2 mâles ont été sélectionnés :
  • Asuka (femelle), envoyée au zu Mizuno Sea Paradise
  • Ku (femelle), envoyée au Taiji Whale Museum, ensuite transférée au Port of Nagoya Aquarium
  • Une orque sans nom, (probablement « A-cha », une femelle peut être enceinte), qui fut envoyée au Nanki Shirahama Adventure World
  • Q-kun (mâle), envoyé au Nanki Shirahama Adventure World
  • Une autre orque sans nom (probablement "B-kun", un jeune mâle), envoyé au Nanki Shirahama Adventure World.


Durant le processus de sélection, « A-Chan » s’est tellement débattue, qu’elle s’est blessée et saignait abondamment.

Après que les « 5 » furent enlevés à leur famille, les filets ont été enlevés, mais les autres membres du pod ont refusé de partir. Les chasseurs sont devenus agressifs, les harcelant avec les moteurs de leurs embarcations jusqu'à ce qu'ils retournent en mer.
Ces cinq orques auraient été vendus pour un montant total de 100 millions ¥ (environ 1 million USD).


Selon M. Nishijima, chef de l'Agence des pêches, la capture a été effectuée à des fins de recherche universitaire. En 1991, cinq aquariums du Japon avaient soumis des demandes de permis de capture ainsi que des plans de recherche. Après examen de ces demandes, il leur a été permis de capturer jusqu'à cinq orques par an pour la « recherche ». Les recherches présumées visaient à étudier la physiologie des orques, l’environnement et, finalement, la reproduction des épaulards. Malgré cela, les « Taiji 5 » ont été exposés pour le divertissement du public.

Toutes les orques de ce groupe, les « Taiji 5 », sont maintenant mortes.

Au Nanki Shirahama Adventure World, le plus jeune d'entre eux, « B-kun » est mort le 14 juin 1997, seulement quatre mois seulement après sa capture.
« A-chan », que l’on croyait enceinte, est morte quelques jours après « B-Kun », le 17 juin. 

« Q-Kun », la seconde orque détenue dans cet établissement, est mort sept ans plus tard, en septembre 2004. 

« Asuka », quant à elle est décédée en septembre 2007, 10 ans après sa capture.
Les causes de leur mort ne sont pas claires, mais il est indéniable que ces orques sont toutes mortes prématurément, et qu’elles ont eu une vie beaucoup plus courte que si elles avaient continué à vivre à l’état sauvage au sein de leur famille.
Ku est décédée d'une insuffisance cardiaque en septembre 2008, un peu plus d’un an après sa capture. 

Ku était connue pour être agressif envers les humains. Un ancien employé du Taiji Whale Museum a été mordu par Ku et porte encore la cicatrice de l’accident ; cet employé craignait pour sa vie. 

Après son transfert au Port of Nagoya Aquarium, un visiteur a filmé un autre incident. On y voit Ky se précipiter sur un dresseur durant un spectacle.

L'agressivité envers les dresseurs et envers leurs congénères captifs est courante chez les cétacés détenus en captivité.


Selon un article du « SHA-CHI.JP », qui a été depuis supprimé, plus de 100 orques ont été capturées au Japon, de 1960 à 1993, pour l’industrie de la captivité de 1960 à 1993 où elles ont été classées en tant qu’"espèces rares". Depuis lors, les captures d’orques ne sont autorisées qu'à des fins de « recherche ». 

C'est à peu près à cette période que des orques ont été capturées aux États-Unis ( capture de Lolita à Penn Cove, Washington en 1970) et en Islande (capture de Tilikum en 1983) pour l’industrie de la captivité.

Tilikum
Taiji est depuis longtemps sous les feux des projecteurs pour les tristement célèbres captures et massacres de dauphins qui ont lieu chaque année dans l'une des petites baies de la ville.

Traduction : C'est assez !

Source : https://www.dolphinproject.com/blog/remembering-the-taiji-5/

Crédit photos :
Photos 1 - 2 et 3 : ©Elsa Nature Conservancy/YouTube
Photo Tilikum : ©Creative Commons 3.0 License / Sawblade5

Les orques, largement sous-estimées

par Shilpa Shah / Orca Guardians Iceland - 1er février 2018

Les dernières actualités concernant les orques m’ont laissée totalement perplexe. Il a été découvert que certaines d’entre elles étaient capables d’imiter le langage humain. J’aimerais expliquer ici en quoi cela n’a RIEN de nouveau.


Tout d’abord, des dauphins et d’autres animaux dotés d’un plus petit cerveau que les orques ont appris des mots humains (en anglais) dès les années 1970. Je ne pense pas que ce soit la première fois qu’une orque imite une voix humaine et je ne comprends pas en quoi cela serait une grande nouvelle.

Et en quoi cela serait-il une nouvelle en soi ?

Les orques sont des créatures INCROYABLES. Elles sont bien plus douées que la plupart des personnes n’oseraient l’imaginer. Elles sont les super-prédatrices des océans. Elles vivent dans les eaux du monde entier et adaptent leurs techniques de chasse aux proies disponibles, travaillant en équipe soudée pour pousser les harengs à former un banc compact avant de donner des coups de nageoire caudale pour les paralyser puis les manger un par un, ou encore venant s’échouer volontairement pour attraper un phoque dans les eaux peu profondes.


Elles utilisent toute une gamme de sons complexes (clics, sifflements, gémissements perçants) pour localiser leurs proies et communiquer entre elles. L’appel d’une orque peut rayonner sur 15 km, atteindre la terre et revenir à l’orque pour lui permettre de s’orienter le long de la côte. Une famille aura un code bien distinct, composé d’appels particuliers qu’elles utilisent entre elles et ces chants évoluent et se modifient au cours du temps. La chercheuse, écrivaine et activiste pour la justice environnementale Alexandra Morton a étudié les orques de Colombie Britannique et répertorié 62 codes (ou langages) distincts. 62 codes différents !

Les scientifiques intervenant dans l’actualité déclarent vouloir comprendre le rôle du mimétisme dans la manière dont les orques apprennent le langage. Nous savons déjà qu’au sein des communautés d’orques, l’apprentissage se fait via le mimétisme des adultes par les jeunes. C’est pourquoi les orques nées en captivité ne savent pas s’occuper de leurs bébés ou attraper des poissons vivants. Nous savons aussi que les orques sont créatives et aiment se déplacer en synchronicité, apparemment juste pour le plaisir. Elles se copient entre elles en instaurant des routines pour leurs déplacements et un mouvement particulier va devenir « à la mode » au sein d’un groupe jusqu’à ce que ce dernier en ait assez et en essaye un autre.


Sans parler de leur sagesse. Les anciennes légendes des Amérindiens mettent en avant la sagesse sacrée des orques. Ils croient que les orques détiennent la mémoire de notre planète et que leur chant soignera le monde entier. Pour les chercheurs passant beaucoup de temps à les observer, les orques sont dotées de capacités émotionnelles et empathiques que nous aurions peine à imaginer. 

Elles sont en avance sur notre espèce en ce qu’elles forment des sociétés saines et aimantes veillant au bien-être des jeunes et des plus faibles et attribuant à chacun un rôle important. Certaines personnes ayant observé les orques en mer et en captivité les croient capables de lire les pensées ou de deviner les intentions des humains : certaines sont apparues lorsque des personnes au large étaient en difficulté et les ont guidées vers la terre et ont même copié des actions auxquelles les personnes ne faisaient que penser sans passer à l’acte (et personne n’en parle ?!).

Tout ceci pour dire qu’imiter les mots « Hello » et « 1,2,3 », cela serait presque comme une blague pour une orque. S’en étonner serait comme féliciter Usain Bolt après l’avoir vu faire un petit jogging jusqu’à l’épicerie du coin pour acheter une brique de lait. Personne n’aime la condescendance. En faire toute une histoire dans les actualités montre à quel point notre espèce est narcissique et nous empêche de nous concentrer sur ce qui est vraiment important….


Ces études ont été menées sur une orque en captivité en France. On estime actuellement à 56 le nombre d’orques maintenues en captivité dans le monde. Comment justifier que des créatures sentientes dotées d’un tel niveau d’intelligence et d’une vie sociale et émotionnelle aussi riche soient toujours prisonnières de bassins en béton en 2018 ? Dans leur habitat naturel, les orques parcourent plus de 100 km par jour. Les membres de leurs familles et pods entretiennent des liens très étroits, le lien unissant la maman orque et son petit est considéré comme l’un des plus forts parmi toutes les espèces animales. Les orques sont faites pour rester et chasser en groupe. Retirer une orque de son pod détruit absolument tout cela.

Les orques captives présentent des comportements reflétant le deuil, l’ennui, la colère, la solitude, le traumatisme. Leur santé se détériore, la nageoire dorsale des mâles tombe sur le côté et elles sont gavées d’antibiotiques pour éviter les infections. Leur longévité est fortement diminuée : une étude (Ventre and Jett, 2015) a montré que les orques captives mourraient en moyenne dans les 6 ans. On estime que les orques sauvages vivent en moyenne jusqu’à 30 ans (pour les mâles) ou 50 ans (pour les femelles). Une orque femelle centenaire a même été observée.
Voilà ce qui devrait faire la une à propos des orques. Ainsi que des incitations et conseils pour éviter la pollution plastique, réduire la taille et le nombre des fermes piscicoles très polluantes et diminuer les émissions de gaz à effet de serre, afin d’arrêter de détruire leurs habitats.


Ici, la photo d’une orque s’approchant du bateau sur lequel j’ai travaillé l’année dernière en tant que bénévole pour la formidable association Orca Guardians Iceland. Je lui souhaite de ne jamais parler aucun langage humain. Il s’appelle Stormur et sa liberté n’a pas de prix.

Traduction : Sandrine Pantel pour C'est assez !

Crédit photos : Orca Guardians Iceland 

Quand les mamans dauphins sont nourries par des personnes, leurs bébés souffrent

Par  Bethany Augliere - le 16 octobre 2019

Les jeunes dauphins dont les mères sont nourries par des bénévoles lors d’activités d'écotourisme ont beaucoup moins de chances de survie.


Au large des côtes de Bunbury, en Australie occidentale, les touristes s'approchent des grands dauphins sauvages de l'Indo-Pacifique, qui jour après jour, sont attirés par les poissons donnés par des bénévoles.

Les dauphins de Bunbury sont déjà menacés par le trafic maritime et l'expansion du port. Au cours des 20 prochaines années, leur population qui est actuellement d'environ 200 individus devrait diminuer de 50 %.

Bien qu'il soit facile de penser qu'un don permettrait de sauver ces dauphins en péril, une nouvelle recherche menée par Valeria Senigaglia, étudiante au doctorat à l'Université Murdoch en Australie, suggère que ce programme d'alimentation axé sur le tourisme fait plus de mal que de bien.

« Parmi les nombreuses variables qui peuvent affecter la survie d'un bébé dauphin, ce serait le fait que la mère soit nourrie sur la plage à des fins touristiques qui est le plus préjudiciable », dit Senigaglia.

Le nourrissage des mammifères marins est illégal en Australie, mais le gouvernement l'autorise dans quatre sites écotouristiques, dont Bunbury. S'appuyant sur des données recueillies de 2007 à 2016, Senigaglia a examiné les taux de survie des bébés nés de 63 dauphins femelles, dont huit ayant été nourries à Bunbury. L'étude a examiné plusieurs facteurs, y compris les phénomènes climatiques comme El Niño et La Niña, qui influent sur la disponibilité des proies, et les perturbations humaines comme le bruit, la pollution et la navigation.

Au final, c'est le programme de nourrissage qui a eu l'effet le plus néfaste. Senigaglia a constaté que seulement un tiers des bébés de mères nourries avaient survécu jusqu'au sevrage (vers l'âge de trois ans), alors que les bébés de mères non nourries avaient un taux de survie de 75 %.


Senigaglia pense que les jeunes manquent d'apprentissage et de protection parce que leurs mères passent beaucoup de temps à quémander les poissons sur la plage. Les dauphins restent à l'abri des prédateurs en restant avec le groupe, et les bébés apprennent de leurs mères et en jouant avec leurs pairs, formant des alliances qui les aideront plus tard. Sans ces relations, les bébés sont plus vulnérables.

Cette découverte s'inscrit dans le cadre d'observations similaires faites dans la réserve de Monkey Mia, un autre site australien où le nourrissage des dauphins est légal. En se basant sur des données recueillies dans les années 1990, Janet Mann, une mammalogiste marine de l'Université Georgetown à Washington, DC, a découvert que les mères dauphins de la réserve qui passaient la majeure partie de la journée à se nourrir, abandonnaient leurs petits les laissant se débrouiller seuls. Par conséquent, le taux de mortalité des petits était d'environ 90 pour cent.

Encouragé par ces résultats, le ministère australien de la Biodiversité, de la Conservation et des Attractions a limité le nombre de dauphins qui pouvaient être nourris à Monkey Mia, la durée durant laquelle chacun pouvait rester dans l'aire d'alimentation et la quantité de poissons qui leur était donnée. Le renforcement des contrôles a porté ses fruits : le taux de survie des bébés dauphins a atteint près de 90 pour cent. (Des contrôles similaires ne sont pas en place à Bunbury.)

Les gens qui nourrissent les dauphins peuvent également leur faire du mal de différentes manières.

Randall Wells, biologiste de la conservation de la Société zoologique de Chicago, a passé 50 ans à étudier les effets de l'alimentation illégale des grands dauphins de l'Atlantique à partir de leurs bateaux à Sarasota Bay, en Floride. Là, dit-il, l'alimentation fait que les dauphins mendient plus souvent, une habitude qu'ils transmettent à leurs petits. En changeant les comportements de chasse des dauphins, les gens n'ont pas seulement un impact sur les individus qui sont nourris. « Votre impact est beaucoup plus important », déclare M. Wells.

C'est probablement également vrai à Bunbury. « J'ai vu des dauphins passer littéralement toute la journée d'un bateau de tourisme à l'autre », explique Senigaglia. « C'est un réel problème. »

M. Wells affirme qu'avec des données aussi précises en main, il est temps pour les administrateurs de Bunbury d'agir. Bien qu'il reconnaisse qu'à Bunbury, qui attire au moins 60 000 touristes par an, « l'intérêt économique semble compliquer les choses ».
Le fait que quelques bébés dauphins soient morts dans la réserve de Monkey Mia ou à Bunbury ne représente peut-être pas une grande menace pour les populations mondiales de dauphins, mais M. Mann insiste sur le fait que les perdre est un problème éthique. Ces dauphins sont connus en tant qu'individus : ils ont des noms et les gens connaissent leur histoire. « Si vous les traiter en tant qu'individus, alors vous avez une responsabilité envers eux en tant qu'individus », dit-elle. « C'est précisément parce que ce sont des individus que les gens se soucient d'eux. »

Traduction : C'est assez ! 

Crédit photos : 
Photo 1 : ©Alan Chandler/Alamy Stock Photo
Photo 2 : © Troy Mayne

Source :
 When Dolphin Moms Are Fed by People, Their Babies Suffer - Hakai Magazine

Chasse à la baleine - Le Japon sous pression

Par Kazuhiro Nogi - 17 août 2019

Le Japon a insisté vendredi sur le fait qu'il ne chassait plus le rorqual boréal, une espèce menacée, dans les eaux internationales, mais il est accusé de violer un traité sur la faune sauvage en autorisant la commercialisation de stocks de viande de baleines tuées dans les années passées. 


La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) a conclu en octobre dernier que le Japon avait violé le traité et lui a ordonné de remédier à la situation sous peine de sanctions commerciales.

Le comité, qui s'occupe du respect et de l'application du traité, a rejeté les affirmations du Japon selon lesquelles l'abattage de quelque 1 500 rorquals boréals du Pacifique Nord depuis 2002 n'avait rien de scientifique

Elle a conclu que la chasse était principalement motivée par des raisons commerciales et constituait donc un commerce international d'une espèce protégée et une violation manifeste du traité.

Le Japon a affirmé vendredi au comité réuni à Genève qu'il n’autorisait plus la chasse aux rorquals boréals en haute mer et qu'il était donc en conformité avec la CITES.

"Cette question doit être considérée comme close ", a déclaré un membre de la délégation japonaise, à la veille du lancement à Genève d'une conférence mondiale réunissant les 183 pays qui ont signé le traité.


Mais les membres du comité provenant de divers pays, dont l'Union européenne, Israël, le Niger, le Pérou et les États-Unis, ont fait part de leur désapprobation et ont exprimé leur indignation face à la vente continue des stocks de viande et de graisse de baleines jugées illégalement abattues et importées au cours d'une période de 16 ans.

Selon les défenseurs de la nature, 1 500 tonnes de viande de baleine  provenant de 131 rorquals boréaux tués en 2018 ont été commercialisées au Japon, et la viande de rorqual boréal reste largement disponible dans les magasins et restaurants du pays.

« C’est vraiment choquant ", a déclaré le représentant du Niger, soutenant que lorsque le commerce international illégal d'autres espèces menacées est démantelé, tel que c’est le cas pour les éléphants, les stocks d'ivoire sont confisqués et détruits.

Le représentant de l'Union européenne a accepté, rappelant l'article 8 de la convention, qui, selon lui, « exige la confiscation des spécimens commercialisés ou, en l'occurrence, en provenance de la mer, en violation de la CITES ».

Le Japon, quant à lui, a souligné qu'il avait immédiatement suivi la décision rendue par le comité en octobre dernier, mais s'est opposé à l'idée qu'elle soit appliquée rétroactivement.

À l'issue de la réunion, la commission a ordonné au Japon d’établir un rapport sur l’ utilisation de leurs stocks de rorqual boréal, mais a reporté à l'année prochaine la discussion portant sur la confiscation sur la confiscation de ces stocks. 

Le 1er juillet dernier, le Japon reprenait officiellement la chasse commerciale à la baleine  dans ses eaux territoriales pour la première fois depuis trente ans, entérinant leur décision prise en décembre 2018 de quitter la CBI. Cependant, il reste lié par les restrictions internationales de la CITES sur le commerce des espèces sauvages.



Pour rappel, le Japon s’est attribué un quota de chasse de 227 baleines dont 52 baleines de Minke et 25 rorquals boréals.  

Traduction : C'est assez !

Crédit photos :
Photo 1 - ©AFP/File 
Photo 2 - ©Karyn Nishimura/AFP
Phoot 3 - ©AFP 


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