Canada : Des résidents en colère après que la marine ait organisé des exercices à tirs réels dans l’habitat des orques

22 novembre 2018 – Par Leyland Cecco

Les orques résidentes du sud, espèce en voie de disparition, ont été forcées de faire face à des tirs de mitraillettes et de bombes fumigènes après que le gouvernement ait autorisé la marine du pays à mener ces exercices dans une zone protégée.

Photo : ©Richard Ellis/Alamy

En juin, une zone d’environ 45 milles marins sur 6 milles marins a été temporairement fermée à la pêche récréative et commerciale dans le but d’aider les orques à trouver leur principale source de nourriture, le saumon quinnat.


Toutefois, selon les habitants de la côte sud-ouest de l’île de Vancouver, la marine canadienne et les garde-côtes américains ont continué à mener des exercices à tirs réels dans cette même zone, désignée par le gouvernement, au début de l’été, comme « habitat essentiel » des orques.

La zone située dans la mer des Salish, entre l’île de Vancouver et l’état américain de Washington, a été rouverte en octobre. Mais avec des fermetures de zones de pêche plus nombreuses prévues à l’avenir, cette décision d’autoriser la poursuite de ces exercices a contrarié les résidents locaux et les biologistes marins.
« Êtes-vous en train de me dire qu’une mitraillette et des bombes fumigènes sont moins dommageables qu’une, deux ou trois personnes pêchant dans un bateau en aluminium de 12 pieds ? », a déclaré Ryan Chamberland, propriétaire d’un camp de pêche dans la ville de Sooke.

Alors que les efforts pour aider la populations des orques résidentes du sud s’intensifient, le gouvernement fédéral a promis de consacrer 61,5 millions de dollars pour accroître la protection des cétacés. 
Outre les mesures déjà mises en place (réduction des quotas pêche aux saumons quinnat, fermeture de la pêche dans les zones clés de l’habitat essentiel des orques, ralentissement de la vitesse des navires et mise en place d’une zone tampon pour les bateaux), le gouvernement fédéral avait annoncé des plans pour créer des zones protégées et envisageait également la création de sanctuaires pour les orques dans les zones clés où elles se nourrissent, sanctuaires qui seraient fermées aux bateaux de pêche et autres navires. 
Les résidents locaux font valoir que de telles restrictions devraient également s’appliquer aux exercices navals bruyants.
« Ils ont fermé cette zone à la pêche sportive pour sauver les baleines et la marine lance des bombes au phosphore et pratique des tirs d’artillerie, a déclaré Paul Pudwell, capitaine d’un bateau de whale watching à Sooke. 
« Ils le font 20, 30 fois par an. Nous ne pouvons pas pêcher là-bas, mais vous pouvez pratiquer des tirs militaires ?
Pudwell a déclaré avoir plusieurs fois repéré des orques dans la région alors que des exercices militaires étaient encore en cours.
Le ministre fédéral des Pêches, Jonathan Wilkinson, a déclaré que la création de sanctuaires donneraient davantage de pouvoirs au gouvernement fédéral pour contrôler les activités de la région. 
« Il peut s’agir de zones dans lesquelles nous souhaiterions simplement exclure toute une gamme d’actifs, notamment les activités et les exercices navals, les transports maritimes et la pêche », a-t-il déclaré au Guardian.
La marine estime qu’il n’y a « aucune preuve » que les exercices ont eu un impact sur le saumon ou les orques dans la région, a déclaré par mail un de leur porte-parole, ajoutant que les sonars étaient interdit durant l’entraînement et les exercices.
La marine avait précédemment accepté de ne pas tirer si les orques se trouvaient à environ 800 mètres des navires, mais l’année dernière, au large de la côte sud de l’île de Vancouver, des whale watchers ont été surpris par deux explosions alors que des épaulards nageaient à proximité.
Un examen préliminaire de l’orque indique qu’elle a été victime d’un traumatisme important à la tête, à la poitrine et sur le côté droit de son corps.  Photo : ©Presse canadienne
En 2012, les autorités américaines ont ouvert une enquête afin de déterminer si une orque, dont le corps avait été retrouvé sur une plage de l’État de Washington, avait été tuée à cause d’un sonar lors d’exercices de la marine canadienne.
Bien qu’aucune conclusion définitive n’ait été tirée, les biologistes marins qui ont enquêté sur les sonars utilisés par les navires, sonars qui désorienteraient les orques, était la meilleure explication possible pour la mort du cétacé.
Traduction : C’est assez !
Source : The Guardian

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