Chasse aux dauphins à Taiji – Des militants lancent une action juridique sans précédent

13 février 2019

Japon – Une action en justice soutient que les dauphins sont classés à tort comme des poissons et qu’ils doivent être protégés en tant que mammifères
Des défenseurs des droits des animaux ont lancé un recours judiciaire sans précédent contre le massacre de dauphins au Japon, affirmant que les pêcheurs violaient régulièrement les lois sur le bien-être des animaux et dépassaient les quotas fixés par le gouvernement.
Capture d’écran : ©The Guardian
L’organisation basée à Londres « Action for Dolphins » et l’ONG japonaise « Life Investigation Agency » ont annoncé mercredi qu’ils espéraient mettre un terme à la chasse annuelle aux dauphins à Taiji, ville baleinière sur la côte japonaise du Pacifique.

« Les dauphins sont considérés à tort comme des « poissons « au Japon, et les lois nationales protégeant les mammifères contre la cruauté ne leur ont donc pas été appliquées » , a déclaré Sarah Lucas, directrice générale d’Action for Dolphins.
La plainte, déposée devant le tribunal du district de Wakayama, « affirme que les dauphins sont, biologiquement, des mammifères, et que la cruauté qui leur est infligée à Taiji est 
« illégale au terme de la législation japonaise ».

Yoshinobu Nisaka, gouverneur de la préfecture de Wakayama, où se trouve Taiji, aurait notamment abusé de son pouvoir en délivrant des permis aux pêcheurs qui enfreignent les lois japonaises sur le bien-être animal et sur leurs quotas de capture. On ignore encore si ces allégations seront rejetées.

Un responsable du gouvernement de la préfecture a refusé de commenter lorsque le Guardian a pris contact avec lui, affirmant qu’il n’était pas au courant du procès.
Les chasses de Taiji ont été mises en évidence après la sortie du documentaire « The Cove », primé aux Oscars en 2009, dont les images de dauphins massacrés à l’aide de couteaux, et transformant la mer en mare de sang, ont choqué les spectateurs du monde entier.

Capture de dauphin à Taiji : ©Dolphin Project 

« Si nous réussissons ce défi, ces permis seront déclarés nuls et la chasse aux dauphins à Taiji ne sera plus autorisée » , a déclaré Action for Dolphins.
« Il ne s’agit pas de remettre en cause les valeurs morales du Japon, mais de faire respecter les lois du pays », a déclaré la porte-parole, Angie Plummer. « Nous essayons de dépolitiser le débat. »
Sarah Lucas a déclaré que les revendications des responsables de Taiji selon lesquelles les dauphins auraient été tués humainement en utilisant de nouvelles méthodes d’abattage étaient fausses.
« La méthode utilisée pour tuer les dauphins durant la chasse est particulièrement cruelle », a-t-elle dit. 
Capture de dauphins à Taiji : ©Dolphin Project 
Sarah Lucas a reçu, il y a 3 ans, la somme de 110 000 yens sur ordre d’un tribunal japonais, après avoir été empêchée d’entrer dans le Taiji’s whale Museum afin de vérifier le bien-être d’un bébé dauphin albinos détenu captif.
«Une tige de métal est enfoncée à plusieurs reprises dans la nuque du dauphin et un bouchon en bois est inséré dans la plaie ouverte pour éviter l’écoulement de sang. Cela signifie que les dauphins meurent d’une mort lente et douloureuse, agonisant durant plusieurs minutes, allant jusqu’à se noyer même dans leur propre sang. « 
La plainte affirme également que les pêcheurs de Taiji bafouent régulièrement les quotas de captures fixés par le gouvernement.
Il montre que les pêcheurs de la ville ont capturé illégalement plus de 400 dauphins et baleines, bien au-delà de leurs quotas au cours des cinq dernières années.
Selon la définition juridique japonaise, les quotas devraient inclure non seulement les dauphins tués délibérément ou vendus à des aquariums, mais également ceux capturés et relâchés, parfois même après plusieurs jours de détention, ainsi que les décès dits « collatéraux » tels les dauphins morts par noyade ou des suites de leurs blessures, déclare l‘ONG.
Capture de dauphins à Taiji : ©Dolphin Project 
« La chasse abusive et irresponsable de centaines de dauphins et de baleines a contribué à la quasi-élimination de certaines espèces dans les eaux japonaises », a déclaré Lucas.
Yoshifumi Kai, un haut responsable de la coopérative de pêche de Taiji, a déclaré qu’il n’avait pas encore lu la plainte mais il a nié que les pêcheurs locaux dépassaient les quotas ou tuaient des dauphins de manière inhumaine.
« Les autorités japonaises n’exigent pas que nous comptions les dauphins libérés dans le quota officiel», a déclaré Kai au Guardian, ajoutant que les dauphins tués pour la nourriture n’agonisaient pas longtemps. « Dans la plupart des cas, ils meurent immédiatement, bien que cela ne se produise pas dans 100% des cas. Cela ne s’applique pas seulement aux dauphins, il en va de même pour le bétail. »
Certains des dauphins capturés à Taiji sont tués et leur viande est vendue dans les supermarchés et les restaurants, mais les spécimens les plus beaux sont épargnés et vendus à des aquariums pour des dizaines de milliers de livres chacun, selon Lucas.
En 2015, Action for Dolphins a intenté une action en justice contre la World Association of Zoos and Aquariums (WAZA), ce qui a entraîné l’exclusion de 62 delphinariums japonais parce qu’ils avaient refusé de cesser d’acheter des dauphins capturés à Taiji. Cependant, le musée de la baleine de la ville a quitté la section japonaise de l’association mondiale en signe de protestation et continue à exposer et à vendre des cétacés capturés dans la baie de Taiji.
Les pêcheurs de Taiji insistent sur le fait qu’ils n’ont pas l’intention de mettre fin à cette chasse, affirmant qu’elle fait partie du patrimoine culturel de la chasse à la baleine de la ville et qu’elle constitue une source de revenu vital pour l’économie locale.
Traduction : C’est assez ! 
Source : The Guardian


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