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samedi 24 juin 2017

Baleines: le Japon entend reprendre la chasse à des fins commerciales

Accusant le Japon de gâcher l'argent des contribuables, des groupes d'opposants rejettent la décision d'entreprendre plus de programmes scientifiques de pêche à la baleine.

Article original de la WDC, traduction: Margaux Halet pour C'est Assez!

Baleine morte sur un baleinier japonais. ©️WDC / M.Votier
Le gouvernement japonais a ratifié un projet de loi sur la reprise de la chasse à la baleine à des fins commerciales, et ce malgré une opposition internationale mais également malgré les contestations de groupes environnementaux japonais.

Actuellement, le Japon contourne l'interdiction internationale de la pêche à la baleine à des fins commerciales grâce aux failles dans les réglementations qui autorisent la mise à mort de baleines pour des raisons scientifiques. Le Japon concentre ces soi-disant chasses « scientifiques » dans l'océan Antarctique et l'océan Pacifique ; la majorité de la viande est ensuite vendue.

Financé par le budget national japonais, le nouveau projet de loi inclura des programmes de pêche scientifique de baleines malgré le fait que la demande en viande de baleine ait drastiquement baissé au Japon et que le gouvernement doive maintenant en subventionner l'industrie.

Le nouveau projet de loi a été ratifié sans aucun débat au Parlement Japonais, ou presque, et permettra de financer pendant plusieurs années la chasse aux baleines à but scientifique, la construction d'un nouveau « baleinier principal » afin de continuer les recherches, renforcera les contrôles d'immigration des activistes étrangers au mépris de l’opinion internationale.

Un communiqué émis par une douzaine de groupes d'opposants japonais à la chasse à la baleine met en lumière deux problèmes majeurs du projet de loi :

Le premier est que la reprise de la chasse à la baleine à des fins commerciales, une volonté explicitement inscrite dans les objectifs du projet de loi, ne profite en rien au Japon. Même si le pays continue de mener des pêches scientifiques à la baleine, le Japon, en tant que nation, ne peut obtenir le consentement de la communauté internationale : il lui est impossible de s'assurer les trois-quart des voix à la Commission Baleinière Internationale nécessaires pour que la reprise de la chasse soit acceptée.

Le second problème majeur vient du fait que l'aspect scientifique du programme de chasse à la baleine est sérieusement remis en question au niveau international.

Le communiqué ajoute : « A l'origine, la chasse à la baleine à des fins scientifiques devait s'autofinancer grâce à la vente de la viande des baleines tuées. Cependant, à cause du déclin de la consommation de cette viande au Japon, le coût élevé de ces recherches ne pouvait plus être financé, en conséquence, l'Institut japonais de recherche sur les cétacés est devenu insolvable. Il est clair, si l'on tient compte de la demande actuellement faible en viande de baleine, que l'industrie baleinière n'est pas économiquement viable. Les chasses scientifiques à la baleine en Antarctique ne sont possibles que grâce d'importantes injections d'argent public.

A première vue, les « recherches scientifiques » semblent être une contribution positive aux recherches internationales, sauf que le programme de recherche est fondé sur la capture et la mort des baleines. La Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine a été conclue il y a 70 ans. Le milieu de la chasse à la baleine a changé depuis, et de nouvelles technologies permettent la poursuite de recherches scientifiques sans avoir à abattre les animaux. »

La chasse à la baleine au Japon a été vivement critiquée par les experts de la Commission Baleinière Internationale (l'organisation qui régule la chasse à la baleine), par la Cour de justice internationale, par le Parlement Européen et par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN), l'organisation mondiale pour la conservation de la nature.

Le communiqué conclut :
« La nouvelle loi fait fi des controverses qui entourent les opérations, tente de faire taire les critiques, et n'a pour autre but que de continuer la pêche scientifique à la baleine, quel qu’en soit le prix – que ce soit par rapport aux baleines, à la réputation internationale du Japon ou aux contribuables japonais.

Par conséquent, une fois le projet de loi passé, l'argent de nos impôts sera gaspillé dans ces programmes chaque année, ébranlant également les relations avec nos nations amies et dégradant notre réputation internationale. Actuellement, les Agences de pêche s'approprient chaque année 5 milliards de yens pour financer la pêche à la baleine à des fins scientifiques. Ce montant dépasse les 4,6 milliards de yens réservés au financement de l'industrie de la pêche côtière japonaise toute entière. A partir de maintenant, davantage de fonds publics seront investis et le développement de l'industrie de la pêche, mais également toutes les autres formes de pêche, en souffriront. Cela n'étant en aucune façon lié aux intérêts nationaux du Japon, nous continuerons donc à nous opposer à cette législation. »

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vendredi 23 juin 2017

Vers la fin programmée des delphinariums (Le Figaro)

Article du journal Le Figaro, publié le 19 juin 2017

Spectacle de dauphins au Marineland d'Antibes. 
ENQUÊTE - Un arrêté interdit désormais la reproduction des animaux en captivité. Cette mesure, signée par Ségolène Royal, ex-ministre de l'Environnement, entraînera de facto la disparition des zoos aquatiques.
Les noms qu'ils portent - Tux, Lotty, Sharky, Malou, Rocky, Dam… - désolent les associations de défense des animaux. Ces appellations incarnent, en effet, le sort qui est réservé à des centaines de dauphins et orques à travers le monde. Loin du grand large, ces mammifères marins sont parqués dans des bassins, sous la férule de l'homme. Au nombre d'une trentaine en France, la plupart n'ont d'ailleurs jamais connu la liberté. Nés en captivité, ils ne devraient connaître que les parois de leur bassin.
Mais cette vie va cesser. Avant de quitter le ministère de l'Environnement, Ségolène Royal a donc sorti de son chapeau un texte qui a pris de court tout le monde. Après des mois de travail ponctués de réunions, parcs animaliers et associations s'étaient entendus sur une amélioration significative du sort de ces mammifères, qui dépendait d'une ancienne réglementation de 1981. Or, l'ex-ministre est allée plus loin en ajoutant au dernier moment une ligne au document. 
Ces quelques mots ont foudroyé les responsables des delphinariums car ils annoncent tout simplement la fin de ces établissements. « La reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus est désormais interdite. Ainsi, seuls les orques et les dauphins actuellement régulièrement détenus peuvent continuer à l’être, sans ouvrir à de nouvelles naissances », est-il écrit dans cet arrêté publié le 6 mai dernier.

Des petits arrachés aux mères

Les associations elles-mêmes n’avaient pas envisagées pareille avancée. 
« D’ailleurs les nouvelles dispositions tardaient à sortir et on se disait même que le dernier quinquennat allait s’achever sans aucun progrès dans ce domaine » relate Christine Grandjean, de l’association C’est assez !, cheville ouvrière du combat contre la captivité de ces animaux. Quand l’arrêté est sorti, ce fut donc aussi la stupéfaction. Et la joie aussi.

Ainsi cet arrêté signe la mort des 3 delphinariums du pays. Une fois que les animaux disparaitront, il en sera fini de ces lieux, le texte prohibant l’importation et la reproduction. Pour Christine Grandjean, cette issue est la meilleure qui soit tant le sort de ces espèces y est terrible. La captivité est en soi, selon elle, un acte de maltraitance à laquelle s’ajoute kyrielle de mesures qui mettent en péril le bien-être et la vie des mammifères. Ainsi, le chlore utilisé dans les bassins abîme leurs yeux, l’échouage - clou des représentations - comprime les poumons, la musique assourdissante plonge les cétacés à l’ouïe particulièrement fine dans un monde cacophonique. En l’absence de végétation couvrant les bassins, le soleil brûle les peaux, le sort des petits arrachés au mère crée un terrible traumatisme au sein de ces communautés animales qui ont le sens de la famille.

Ce nouvel arrêté, qui aménage la vie de ces structures jusqu’à leur fermeture, tient compte de la plupart de ces griefs. De nouvelles règles sont à respecter. Outre des bassins plus grands et plus profonds, ces dernières prescrivent la fin de l’échouage, du toucher des animaux par le public, de l’usage du chlore et l’obligation de zones d’ombres. 
Les responsables des centres aquatiques apparaissent aujourd’hui comme des bourreaux auprès d’une partie de l’opinion publique. Avec courage, Jon Kershaw accepte de défendre son centre, Marineland, à Antibes, le plus grand parc marin européen avec ses 11 dauphins et ses 4 orques. En ce mercredi après midi, un spectacle pédagogique a lieu dans l’un des bassins. Deux dauphins qui jonglent avec des quilles répondent aux gestes de Deborah, soigneur animalier. Séparés par un muret, des enfants ont revêtus une combinaison pour être dans l’eau avec eux. 

Dans un bassin voisin, sur fond de musique grandiloquente avec des écrans géants qui retransmettent les images, c’est le show des orques. Ces animaux stupéfiants font sauts et cabrioles, traversent en un instant leur bassins sous les applaudissements des spectateurs.

Jon Kershaw, cet anglais de 63 ans devenu directeur zoologique, est fier de son centre, qui appartient au groupe espagnol Parques Reunidos, spécialisé dans les parcs animaliers et de loisirs. Ces 25 hectares bien entretenus sont l’aboutissement de dizaines d’années d’expérience, ponctués de tâtonnements et même d’erreurs. « J’ai commencé dans les années 70, et toutes les conneries, en fait, je les ai faites, admet-il. Mais il y a plus de 40 ans, on ne connaissait rien de ces animaux. J’ai commencé en Angleterre, pays pionnier qui ouvrait les premiers parcs. »

Cette période était l’âge de pierre pour les mammifères confinés, dit-il, « dans des flaques », où l’on parlait de « dresseur et non de soigneur animalier », où les montreurs d’animaux faisaient même des spectacles ambulants avec les dauphins. « Pour obtenir obéissance, c’était l’époque aussi où l’on faisait miroiter le seau de poissons », ajoute-t-il. Au fil des ans, la littérature vétérinaire sur ces mammifères s’est étoffée et les psychologues ont fait leur entrée dans les zoos aquatiques.

Aujourd’hui, ce directeur zoologique réfute toute forme de maltraitance. « On n'intube pas nos dauphins, comme on le dit, pour les hydrater, on ne les affame pas pour les contraindre à obéir* », assène-t-il encore en poursuivant : « On nous a même accusés de peindre nos cétacés pour dissimuler des plaies ! On peut être opposé à la captivité, mais on ne peut pas dire n’importe quoi. » Pour Deborah, jeune femme de 26 ans aux grands yeux bleus, cette période est aujourd’hui difficile à vivre. Devenir soigneur animalier était son rêve. Mais en ville, elle tait désormais son activité. A ce stade, les centres aquatiques n’ont pas l’intention de disparaître sans tenter de se battre, peut-être devant les tribunaux. Sollicité par Le Figaro, l’avocat de Marineland n’a pas souhaité s’exprimer sur un éventuel recours contre l’arrêté. Mais les responsables de la protection animale le redoute. Président de l’Association Française des Parcs Zoologique, Rodolphe Delord, par ailleurs responsable du parc animalier de Beauval, est décidé à défendre sa profession. « Les zoos, en France, c’est 20 millions de visiteurs dont 1 million pour Antibes. Outre ce poids économique important, ces structures favorisent la sensibilisation du public à l’égard d’espèces parfois menacées », explique-t-il en ajoutant : « Il y a longtemps qu’il n’y a plus de captures en milieu naturel et tout se passe désormais par le biais d’un programme d’élevage en Europe où l’on dénombre 280 dauphins. » Pour Jon Kershaw « ses » mammifères sont, selon lui, les ambassadeurs de leurs congénères sauvages. S’ils disparaissent un jour de notre vue, on les défendra moins », met-il en garde. Aujourd’hui, ces cétacés ne sont pas globalement menacés même si certaines communautés sont inquiètes de l’emprise de l’homme sur les océans.

Condamnés en quelques sortes à jouer

Reste une question : ces animaux sont-ils heureux? Les chercheurs ne se risquent pas à une réponse tranchée. Directeur de recherche au CNRS du centre d’études biologiques de Chizé (Deux-Sèvres), Christophe Guinet met surtout en avant l’obligation de combattre l’ennui de ces animaux, qui est, dit-il, « la pire des choses ». En remplacement du grand large où ils parcourent chaque jour des kilomètres, le dauphin et l’orque doivent être sollicités en permanence. 
Condamnés en quelques sortes à jouer. Les spectacles qui pourraient passer pour shows navrants participent ainsi à leur bonne santé mentale. Même en dehors des représentations devant le public, l’animal doit-être occupé. « Il faut inventer des jeux, les surprendre », relate Deborah. Mais ce qui inquiète aujourd’hui le chercheur qui a étudié ces espèces est l’interdiction de reproduction imposée par le nouvel arrêté. « Il n’existe pas de contraceptif naturel et le seul moyen de respecter la règle est d’imposer une séparation, ce qui peut générer un stress chez ces animaux éminemment sociaux. »

Cette évolution vers la fin des delphinariums ne doit rien au hasard. « On est dans la continuité d’un phénomène constaté depuis une dizaine d’années. Mise à part la Chine, qui ouvre des zoos aquatiques, on met un terme à ces centres à travers le monde », relate Florence Gaunet, chargée de recherche en éthologie cognitive au laboratoire de psychologie cognitive au CNRS Aix-Marseille Université. Multifactorielles, selon elle, ces fermetures sont notamment liées à l’action offensive des associations militantes qui abreuvent l’opinion publique d’informations via les réseaux sociaux. Les documentaires tels que Blackfish qui militent contre la captivité, les dresseurs repentis qui témoignent, les images chocs, les vraies comme les fausses allégations circulent en boucle sur la Toile. « Et on en sait aussi beaucoup plus sur ces espèces dont les relations sociales sont complexes, les capacités de navigation élaborées témoignent d’une intelligence », assure cette spécialiste, en ajoutant : « Toutes ces données ont forcément fait évoluer notre regard sur les mammifères. »


Mais pour les associations, il ne faut pas attendre l’extinction de ces spécimens en captivité pour tirer le rideau des delphinariums. « Un projet est en cours pour tenter de créer en France une baie de réhabilitation afin d’accueillir ces animaux», indique Christine Grandjean. Incapables de retourner en milieu naturel, ces cétacés pourraient ainsi finir leurs jours en semi-captivité. Comme d’autres, la responsable de C’est assez ! rêve d’un lieu où ces dauphins et orques seraient enfin débarrassés de leurs prénoms.

* NOTE de C'est Assez! 
Les dauphins de Marineland, comme tous les dauphins captifs, ne peuvent s'hydrater correctement grâce à leur nourriture à cause de la congélation du poisson. Les delphinariums pallient ce manque en leur donnant des cubes de gélatine et en les intubant régulièrement, comme l'atteste une vidéo faite par une militante l'année dernière. Ces captures montrent le matériel utilisé pour intuber les dauphins. 




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