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mercredi 25 octobre 2017

Une première vaquita capturée... puis relâchée

Alors que le programme de sauvetage des dernières vaquitas a débuté, un premier marsouin a été capturé avant d'être relâché. 

Crédit photo: vaquitapcr.org
Crédit photo: vaquitapcr.org
Une première vaquita a été capturée le 18 octobre dernier, soit une semaine après le début de l'opération de sauvetage. L'individu, un petit d'environ six mois, a dû être relâché en raison du stress causé par la capture. D'autre part, il n'aurait sans doute pas pu survivre sans sa mère. 
"La capture réussie de cette vaquita a démontré que l'objectif de VaquitaCPR est réalisable", a déclaré le secrétaire à l'Environnement, Rafael Pacchiano. "Personne n'a jamais capturé et pris soin d’un marsouin vaquita, même sur une courte période. C'est un moment passionnant et par conséquent, je suis confiant sur le fait que nous pouvons sauver les vaquitas de l'extinction."
Lorenzo Rojas, scientifique et responsable de l‘opération VaquitaCPR, a déclaré: "Bien que nous soyons déçus de ne pas avoir pu garder la vaquita, nous avons démontré que nous étions en mesure de localiser et de capturer un de ces marsouins."
Une photo publiée par le département de l'environnement a montré le bébé nageant dans un enclos entouré de membres de l'équipe. Il n’a pas été précisé combien de temps ce bébé avait été gardé en captivité.

Crédit photo: vaquitapcr.org
Après avoir évalué la santé du jeune marsouin et prélevé plusieurs échantillons de tissus, le petit a été ramené dans la zone où il avait été capturé et où plusieurs autres vaquitas ont été aperçues. L'équipe n'a pas précisé si le petit avait réussi à retrouver sa mère.
Une fois capturées, les vaquitas seront gardées en captivité dans des enclos flottants protégés dans l'espoir qu'elles se reproduiront et pourront éventuellement être relâchés dans leur milieu.
La population de vaquitas est tombée en dessous de trente individus à cause des filets illégaux utilisés pour pêcher les totoabas, poissons dont la vessie natatoire est très appréciée en Chine.
Le projet VaquitaCPR est considéré comme très risqué car les vaquitas n'ont jamais été détenues en captivité, et encore moins élevés en captivité.

➡️ LIRE NOTRE ARTICLE À CE SUJET
Le sanctuaire des vaquitas: une aubaine pour le tourisme?
La véritable logique du gouvernement fédéral serait-elle d’exploiter le sanctuaire pour les vaquitas, espèce en voie de disparition, en vue d’attirer les touristes ? 
Toujours selon Rafael Pacchiano (Secrétaire de l'environnement et des ressources naturelles), le gouvernement mexicain délivrera des permis de pêche légale à San Felipe, Baja California, à partir de février 2018, tout en faisant la promotion de l'ouverture au tourisme pour le nouveau sanctuaire pour les vaquitas dans le Golfe de Californie.

Selon Pacchiano, le Président Enrique Peña a demandé au gouvernement chinois de lutter contre le trafic illégal de vessies natatoires de totoabas et de travailler conjointement en vue d'ouvrir un marché légal pour ce poisson et ses dérivés, étant donné qu'il s'agit d'une espèce classée en voie de disparition, dont la pêche illégale a provoqué le déclin des vaquitas.

"Les totoabas sont à un niveau de population plus élevé qu’en 1940, d’où la possibilité de créer un marché légal, raisonnable et strictement réglementé de la pêche aux totoabas pour mettre fin à leur pêche illégale. Cela pourrait générer une économie qui serait intéressante pour la région," a-t-il déclaré.

SOURCES PRINCIPALES:

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dimanche 15 octobre 2017

Sauvetage des dernières vaquitas: un désastre annoncé?

Il en reste moins de 30 à l'heure actuelle: les vaquitas sont les mammifères marins les plus menacés d'extinction. Ces marsouins du golfe de Californie ont vu leur population décimée ces dernières années. En cause, la pêche au filet maillant de poissons totoaba dans leur habitat naturel. Ces poissons, eux aussi au bord de l'extinction, sont pêchés illégalement dans les eaux mexicaines et revendus à prix d'or par les cartels de la drogue à la Chine. Un marché noir qui rapporte et que le gouvernement mexicain peine à endiguer. Victimes collatérales, les vaquitas se retrouvent prisonnières de ces filets maillants qui font plusieurs dizaines de mètres de long. En 2015, il restait quelque 60 individus. En deux ans, leur population a été divisée par deux.

Les "vaquitas" ou marsouins du golfe de Californie sont au bord de l'extinction.
Malgré une interdiction totale de pêcher au filet maillant dans le golfe de Californie, le braconnage perdure et la situation est devenue très critique pour ces cétacés. Le gouvernement mexicain a donc mis en place un plan pour sauver les dernières vaquitas, qui consiste à les capturer pour les mettre "à l'abri". Un projet très risqué, de l'aveu même des experts qui travaillent dessus.  

En quoi consiste ce sauvetage?

Le 12 octobre dernier, la Marine américaine a envoyé quatre dauphins militaires dans le golfe de Californie afin que ceux-ci repèrent les marsouins. Dressés pour repérer les mines sous-marines, Splash, Fathom, Andrea et Katrina ont pour mission de détecter les timides cétacés et de les signaler afin que ces derniers soient capturés et transférés dans un sanctuaire. Cette opération devrait durer un mois et s'achever le 11 novembre.

Les quatre dauphins prêtés par l'armée américaine sont arrivés dans le golfe de Californie. Crédit photo: @RafaelPacchiano
L'enclos marin qui "accueillera" temporairement les vaquitas. Crédit photo: Kerry Coughlin / National Marine Mammal Foundation.  
Situé au large de San Felipe au Mexique, l'enclos marin devrait accueillir les vaquitas de façon temporaire. Sur terre, un bassin est également prévu pour protéger les marsouins durant l'hiver.

Pourquoi cette opération s'avère-t-elle risquée?

Tout d'abord, les marsouins du golfe de Californie sont des cétacés "timides". Le stress de la capture pourrait leur être fatal: aucune capture ne se fait sans violence.
La façon dont ils vont être repérés s'avère tout aussi périlleuse puisque dans la nature, les dauphins tursiops chassent et se nourrissent de marsouins. 
Ensuite, aucune vaquita n'a jamais été maintenue en captivité. Si l'expérience a déjà été tentée dans les années 50 avec une autre espèce de marsouins , des marsouins de Dall, elle s'est révélée infructueuse: tous les individus capturés sont rapidement morts en captivité. Cela ne présage rien de bon pour les vaquitas car nul ne sait si elles survivront en captivité.

Marsouin de Dall au Marineland of the Pacific (Canada) en 1956. Crédit photo: Stephen S. Leatherwood.
Autre source d'inquiétude, l'association Dolphin Freedom UK a rapporté cette semaine que lors d'une récente conférence sur le tourisme au Mexique, les propriétaires de delphinariums ont admis vouloir tirer profit de ces captures en permettant aux visiteurs de voir les vaquitas. Connaissant le caractère timoré des vaquitas, cette exposition pourrait leur causer davantage de stress, à condition qu'elles résistent jusque là... 

Enfin, le but étant de sauver l'espèce le temps de nettoyer la zone, on peut légitimement penser que le projet inclut de les inséminer artificiellement. Là encore, aucune expérience de ce type n'a été tentée sur ces marsouins et rien ne garantit que cela puisse aboutir à des naissances.

Pour toutes ces raisons, cette opération "de la dernière chance" s'annonce d'ores-et-déjà comme désastreuse. Alors que le gouvernement mexicain aurait pu investir plus massivement dans la lutte contre le braconnage et le retrait des filets maillants, il s'est engagé dans un programme risqué qui pourrait bien accélérer la disparition des cétacés les plus petits du monde.


dimanche 8 octobre 2017

MOBILISATION: Non à la création d'un delphinarium à Agadir

Notre association apporte tout son soutien à l'ONG SurfRider Foundation Maroc contre la construction d'un delphinarium dans la région d'Agadir.
Alors qu'il n'existe aucun parc de ce type au Maroc, le projet est porté par quatre entrepreneurs russes qui prévoient d'ouvrir les portes de leur prison marine en mars 2018.
C'est dans la commune d'Anza, au nord d'Agadir, que la société Agadir Dolfin World a prévu ses installations. Créée en mars dernier, la société aurait déjà obtenu les autorisations nécessaires à la construction du parc. Quatre dauphins, un phoque de mer et un béluga devraient être envoyés de Russie afin de distraire les locaux et les touristes de passage dans la région. 
Nous nous opposons formellement à ce projet qui, comme le souligne la SurfRider Foundation, va à l'encontre du développement durable et du bien-être animal. 

Pour que ce projet ne voit jamais le jour, merci de signer cette pétition et de la partager à vos contacts. 
C'est Assez! a également lancé une autre pétition en ligne avec l'accord des militants de SurfRider Maroc afin de réunir le plus de signatures possible.

Plus d'informations ICI et ICI . 

dimanche 1 octobre 2017

L'histoire déchirante de Gudrun

Elle fut l'une des premières orques capturées en Islande, le 28 octobre 1976. Le bateau qui servit à l'enlever lui donna son nom: Gudrun. 
L'ancienne dresseuse Cynthia Payne, se souvient de cette femelle qui a marqué sa carrière et sa vie: 
" Elle semblait posséder une tristesse de l'âme, incomparable avec tout ce que j'avais pu voir dans ma vie." 
Gudrun à l'aquarium d'Harderwijk, aux Pays-Bas. 

Juste après sa capture, Gudrun fut envoyée au delphinarium d'Harderwijk, en Hollande. Elle y resta jusqu'à son transfert au SeaWorld d'Orlando en novembre 1987, avec pour seule compagnie des dauphins tursiops.


Gudrun et ses compagnons d'infortune au delphinarium d'Harderwijk.
Gudrun fut prêtée à SeaWorld à des fins de reproduction. Il était entendu que les deux parcs se partageraient sa progéniture: ainsi un petit sur deux serait envoyé aux Pays-Bas. Lorsque la femelle arrive à Orlando, elle est sexuellement mature et placée avec Kanduke, un mâle appartenant à une population d'orques nomades. Le journaliste David Kirby explique: 
"Elle était enfermée dans un bassin en retrait avec Kanduke, un mâle agressif qui la pourchassait et essayait de la pénétrer sans relâche; il y arrivait souvent."

Gudrun et Taima au SeaWorld d'Orlando. 
Gudrun donne naissance à une femelle nommée Taima en juillet 1989. Comme beaucoup d'orques nées en captivité, Taima est une orque hybride, issue d'un père et d'une mère qui ne se seraient jamais rencontrés dans la nature.
Gudrun fut une bonne mère pour sa première fille, qui mourut tragiquement près de vingt ans plus tard, en juin 2010, dans le même bassin. 

Seul mâle du parc, Kanduke meurt en 1990, d'une maladie transmise par une piqûre de moustique. SeaWorld lui cherche alors un remplaçant et acquiert Tilikum. Le nouveau géniteur du parc et Gudrun s'entendent bien. Sans doute cela est-il dû au fait que les deux épaulards ont été capturés dans la même région, partageant peut-être par la même culture et le même langage. 

En 1993, Gudrun met au monde une deuxième femelle nommée Nyar. Dès sa naissance, la petite orque présente de graves problèmes de santé: difforme et handicapée, son état empire au fil du temps. Sa mère la rejette au bout de quelques semaines et tente de la noyer à plusieurs reprises. Le personnel doit les séparer. À cause de ses handicaps physiques et mentaux, la petite femelle ne participe pas aux spectacles. Elle passa la plupart de son temps avec son père Tilikum, qui par ailleurs faisait preuve de beaucoup de douceur à son égard.

Gudrun et Nyar. Crédit photo: SeaWorld Inc.
Les spectacles s'enchaînent pour Gudrun. Malgré des années en captivité son aileron dorsal est resté bien droit et elle est souvent utilisée pour "poser" en photo avec des visiteurs. On la force à s'échouer sur le béton, même lorsqu'elle est gestante, son poids pesant sur le foetus.


Peu de temps après la naissance de Nyar, Gudrun est à nouveau fécondée. Cette nouvelle gestation lui sera fatale. Son corps n'a pas eu le temps de récupérer et les échouages à répétition n'arrangent rien. Vers la fin de sa gestation, l'orque mange moins. Alors que le travail commence, les vétérinaires n'entendent pas les battements de coeur du petit et présument qu'il est mort. Gudrun n'arrive pas à expulser seule le corps de son bébé. Le personnel intervient alors et extirpe le corps inerte du petit épaulard du ventre de sa mère, provoquant une hémorragie interne. Le cadavre est retiré du bassin. En plus de la souffrance physique, Gudrun ne pourra pas faire le deuil de son enfant.

Après avoir perdu sa liberté et maintenant son bébé, Gudrun semble plonger dans une douleur silencieuse. Elle reste prostrée et immobile. Au bout de quatre jours, elle traverse le bassin pour rejoindre la barrière qui la sépare de sa fille malade, Nyar. À travers les barreaux, elle caresse gentiment le rostre de celle qu'elle a rejetée quelques mois auparavant, comme pour s'excuser ou lui dire aurevoir. Gudrun mourra quelques heures plus tard, le 25 février 1996.

ÉPILOGUE

Après la mort de sa mère, l'état de Nyar se dégrada. Elle mourut le 1er avril 1996. Quant à Taima, elle devint très agressive après les décès successifs de sa mère et de sa demie-soeur. Elle donna naissance à deux mâles, Sumar et Tekoa. Elle n'avait que 8 ans lorsqu'elle accoucha de Sumar, 11 lorsque Tekoa naquit. Son jeune âge, son inexpérience et l'exemple de sa propre mère avec Nyar firent qu'elle rejeta violemment ses deux petits, qui furent envoyés dans d'autres parcs par la suite. Jugée comme une "mauvaise mère" par le personnel du parc, elle fut mise sous contraception pendant quelques années. Elle resta longtemps séparée des autres orques du parc, à l'exception de Tilikum. En juillet 2007, elle accoucha d'une femelle nommée Malia. Moins agressive avec elle qu'avec ses aînés, SeaWorld jugea bon de la faire reproduire une nouvelle fois. Le 5 juin 2010, elle succombe en donnant naissance à son petit mort-né, d'un prolapsus utérin. Sa mort tragique faisant douloureusement écho à celle de sa propre mère, quatorze ans auparavant, dans le même bassin. 

Sources pour cet article:

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