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lundi 18 juin 2018

Crewser (L92), une orque mâle âgée de 23 ans, est présumé décédé.

Triste nouvelle pour la population des orques résidentes du sud.
Le Center for Whale Research a annoncé que Crewser (L92), une orque mâle âgée de 23 ans, était présumé décédé.
Photo : ©Center for Whale Research
Il a été observé pour la dernière fois en novembre 2017. 
Il était habituellement vu aux côtés sa tante, L130, qui elle a été observée en compagnie d’autres membres des pods L et J le 11 juin dernier.
Crewser appartenait au Pod L. Son décès présumé porte le nombre d’individus de son groupe à 34 individus contre près de 60 au début des années 1990.
Le Pod L est le plus grand des groupes des orques résidentes du sud. 
Selon le Center for Whale Research Il y aurait actuellement 23 orques dans le pod J et le pod K compterait 18 individus.

Crewser (L92) - Spyhops dans le détroit de Géorgie sept. 2017
Photo - ©Gary Sutton
Les orques résidentes du sud ont perdu 8 de leurs membres depuis 2016, malgré le baby-boom de cette époque qui a donné à certains chercheurs un espoir quant au rétablissement de cette population.

"Nous devons vraiment faire quelque chose", a déclaré Tarantino. "Il y a des mesures qui ont été prises comme les fermetures de zone de pêche et certaines zones qui sont interdites aux îles San Juan, mais il faut vraiment les nourrir, et nous devons vraiment augmenter le nombre de saumons."
Dans le but de faire grimper les stocks de poissons dans les aires d'alimentation des orques, des fermetures pour la pêche du poisson et du saumon ont été mises en vigueur dans certaines parties de la côte de la Colombie-Britannique depuis le 1er juin.

Photo : ©Sara Hysong-Shimazu
"Les populations sauvages de saumon quinnat ont diminué considérablement ces dernières années. Ce manque de proies est un facteur critique du déclin des orques résidentes du Sud", a déclaré Pêches et Océans Canada dans un communiqué après l'annonce des fermetures.
Les experts sont également très préoccupés par un autre facteur, celui de la consanguinité en raison de la faible population.
"Nous allons vraiment devoir commencer à nous inquiéter de la génétique de cette population qui est vraiment effrayante ... vont-ils pouvoir se reproduire avec une génétique aussi faible ?", a ajouté Tarantino.

Source : CHEK News
Source photos : Orca Network

dimanche 17 juin 2018

L’histoire de Tula

Tula fut la première orque à traverser l’Atlantique par avion et être exposée dans un zoo européen. Elle ne survécut que 3 mois après sa capture.


Le commerce des orques pour les aquariums a commencé dans les années 60 et 70 dans les eaux de l’île de Vancouver. 

Au cours de cette période, des dizaines d’orques ont été capturées et vendues dans les delphinariums du monde entier.

L’une de ces orques était Tula, une jeune orque dont la vie prit un virage dramatique le 18 juillet 1968.
Ce jour là, un groupe de 9 orques fut capturé dans le détroit de la Reine Charlotte près de l’Ile de Malcom par un pêcheur local nommé Aaro Palo. 

Les plus gros individus réussirent à s’échapper, mais une orque plus petite est restée dans les filets. Elle fut remorquée jusqu’au port.

Palo n’a pas tout de suite trouvé un acheteur pour la jeune orque. Il était sur le point de la libérer lorsqu’il reçut un appel de Jerry Mitchell, propriétaire de Marine Mammals Inc. à San Diego. 

Mitchell intéressé par l’orque, qui mesurait 4 mètres de long et pesait environ 1 tonne, acheta le cétacé pour 7500 $. Il la revendit ensuite au Dolphinarium d’Harderwijk (Pays-Bas) pour 16000 $. 

L’orque fut appelée Toula du nom de la ville de Sointula sur l’Ile Malcom.
Tula fut accueillie par le Dr Dudok Van Heel, biologiste et conservateur du Dolphinarium. 

Le voyage de Tula commença dans la matinée du 14 août sur la côte nord de l’Ile de Vancouver. Elle fut placée dans un harnais. Durant le voyage, sa peau fut humidifiée à l’aide d’éponges et de draps. 

Elle fut transportée par voie terrestre à Nanaimo, puis en bateau vers Seattle. Mais le ferry prit du retard, et le vol fut manqué. 
Finalement, un autre avion transporta Tula à Schiphol aux Pays-Bas. La dernière partie du voyage, de Schiphol à Harderwijk se fit par camion.



Une arrivée après un long voyage
Tula est arrivé au Dolphinarium d’Harderwijk dans la nuit du samedi 17 août où elle fut mise dans un bassin.
Au total, le voyage dura 60 heures, soit une journée de plus que prévu.
A son arrivée, Tula n’était pas en très bonne santé, son épiderme se décollait, ceci étant dû à son long transport hors de l’eau.
Tula fut alors placée dans un bassin nouvellement construit à l’arrière du « Koepel » (Dôme).
Elle ne fut pas tout de suite intéressée par le poisson qui lui était proposé.
Elle commença à nager plus « librement » quand elle eut pour compagnie un dauphin Tursiops femelle nommée Mamalou.
Le premier week-end où elle fut exposée au public, Tula attira de nombreux visiteurs au Dolphnarium.
Tula commença à accepter le poisson de la main de son dresseur. Elle fut d’abord nourrie avec du saumon remplacé progressivement par du maquereau, moins cher.

Tula- Crédit photo : Dolphinarium d’Harderwijk

Le dressage de Tula put alors commencer. Elle apprit à toucher un ballon placé à 2 mètres au dessus de la surface de l’eau. Elle apprit également à glisser sur le bord du bassin avec pour récompense un poisson donné par son dresseur.
Les visiteurs du Dolphinarium pouvaient assister à l’entraînement de Tula durant les 15 minutes qui précédaient le spectacle des dauphins.

Tula devait rejoindre le spectacle l’année suivante, mais cela ne s’est jamais fait.

L'orque est décédée le 23 octobre 1968.
Ce jour-là, Tula avait été nourrie à 19h30, une heure plus tard, un gardien de nuit la retrouva morte au fond du bassin.
Une autopsie réalisée par l’université d’Utrecht révéla que l'animal était mort des suites d’une hémorragie cérébrale due à la rupture d’un vaisseau sanguin. L’autopsie révéla également que Tula souffrait d’une infection fongique dans les reins.
Durant longtemps, on a pensé que Tula était une femelle, mais pendant la nécropsie, on trouva des organes génitaux masculins.

Tula appartenait certainement à la population des orques résidentes du nord. La zone où il a été capturé était régulièrement visitée par cette population d’orques durant les mois d’été.

Tula avait une tâche en forme de sell, située à l’arrière de l’aileron, caractéristique de cette population.
Tula fut la première orque vivante transportée par avion au dessus de l’Atlantique, elle fut aussi la première orque à être exposée dans un zoo européen.
Après sa mort, son squelette fut exposé pendant quelques temps dans une exposition consacrée aux baleines au Dolphinarium.





Les captures d'orques et de belugas reprendront en mer d'Okhotsk

En avril dernier nous apprenions que l’agence TINRO demandait des quotas qui permettraient la capture de 13 orques et 200 bélugas.

Narnia - capturée en 2012 - Photo : FEROP (Far Eastern Russian Orca Project)
Alors que pour les orques, les quotas fixés à l’automne 2017 pour l’année 2018 était de zéro capture, les autorités russes ont approuvé la demande de TINRO en violation de la loi. 
Greenpeace Russie considère que cette approbation est illégale et demande par une lettre au bureau du procureur général de procéder à des vérifications afin de faire annuler cette décision.

Selon les militants russes, «les quotas, octroyés officiellement à des fins éducatives et scientifiques, cachent des pêches à but commercial.»
«Si on capture une orque à des fins éducatives et culturelles en Russie et que l’orque est ensuite vendue en Chine, c’est déjà contre la loi», souligne l’avocat Maxime Kroupski, qui aide les chercheurs opposés au commerce des animaux.


Photo : Les bélugas et leur marchandisation
La Russie est le seul pays qui autorise encore la capture d’orques et de bélugas. 
Les cétacés seront envoyés en Chine, au Japon et dans d’autres pays du monde entier. 
Par le passé, 19 orques ont été capturés et envoyés en Chine.

«Au total, la Russie a officiellement exporté 91 mammifères marins vivants, parmi lesquels des phoques, des baleines et des dauphins, dont 84 ont été vendus à la Chine depuis 2016, selon la douane russe.»


Source : Marine Connection






HUGO, TRISTE DESTIN

Hugo est une orque mâle qui a été capturée dans la baie de Vaughn, près de Puget Sound dans l’état de Washington en février 1968 à l’âge de 3 ans.


Il fut ensuite transféré au Miami Seaquarium. Il était détenu alors dans un tout petit bassin qui a ensuite été utilisé pour exposer des lamantins.
2 ans après sa capture, Hugo rejoint Lolita, capturée à Penn Cove en 1970, dans le «Whale Bowl», bassin tout nouvellement construit.
Les 2 orques ont partagé ce même bassin durant 10 ans, faisant des spectacles quotidiens.
Hugo ne s’est jamais adapté à la vie en captivité. Il a été rapporté que celui-ci se cognait intentionnellement et régulièrement la tête contre les parois du bassin.
Le 4 mars 1980, après 12 ans de captivité, 12 ans de spectacles, Hugo est mort d’un anévrisme cérébral.


Après sa mort, aucune plaque, aucune stèle d’aucune sorte n'a été érigée en sa mémoire. 
Au lieu de cela, toutes les références à Hugo ont été effacées avec la grue qui a emmené son corps à la décharge de Miami-Dade.

Depuis la mort d’Hugo, Lolita vit dans son minuscule bassin avec pour seuls compagnons d’infortune, quelques dauphins à flancs blancs du Pacifique.

SourceMiami Seaprison
Source photos : Dolphin Project 

dimanche 3 juin 2018

Jean-Marc Barr signe le "Manifeste pour la liberté et le respect des cétacés"

C'est assez ! est partenaire du film « L'HOMME DAUPHIN, Sur les traces de Jacques Mayol ».


 A cette occasion, nous avons été invités à l’avant-première lundi dernier en présence de Jean-Marc Barr, qui a prêté sa voix à ce magnifique documentaire.

Il a gentiment accepté de rejoindre les rangs des nombreuses personnalités ayant déjà signé notre manifeste pour la liberté des cétacés !


Un très grand merci à lui et merci à Julie, en charge de nos relations publiques, qui est allée à sa rencontre pour recueillir son soutien !

JAPON - CHASSE A LA BALEINE…UN GÉNOCIDE

Les baleiniers japonais ont assassiné plus de 120 baleines gestantes au nom de la "recherche scientifique"
Crédit photo : AP
Un nouveau rapport révèle que plus de 120 baleines enceintes ont été abattues lors de la dernière saison de chasse japonaise à la baleine dans l'océan Antarctique
Selon ces mêmes documents émanant de la réunion du comité scientifique de la Commission Baleinière Internationale, 114 autres baleines immatures (pas encore en âge de procréer) ont été également tuées dans le cadre du programme "scientifique" de chasse à la baleine.

Le Japon persiste à mener sa chasse annuelle estivale à la baleine, y compris dans les sanctuaires australiens pour les baleines, et ce malgré une condamnation internationale.
333 petits rorquals (ou baleines de Minke) ont été tués durant la dernière campagne de chasse qui avait débuté en novembre 2017. Sur ces 333 baleines, 181 étaient des femelles. 122 de ces femelles, soit 67%, étaient enceintes.
61 mâles immatures et 53 femelles immatures ont également été assassinés, 114 au total.

Le Japon affirme que cette chasse à la baleine est destinée à la recherche scientifique, mais la chair de ces baleines est vendue à des commerces et à des restaurants.
Ces documents montrent que le Japon qualifie ses derniers meurtres d'"échantillonnage biologique" visant à étudier "la structure et la dynamique de l'écosystème marin de l'Antarctique".
Lorsqu’un groupe de petits rorquals est aperçu, les chasseurs japonais en sélectionnent un ou deux pour les tuer à l’aide de harpons munis de grenades explosives. 
Les baleines sont ensuite ramenées sur le pont du Nisshin Maru avec 12 "chercheurs" à son bord.

Crédit photo : Greenpeace
Le Japon prétend qu'il doit obtenir le contenu stomacal des baleines "le détail de leur consommation et de leurs proies". L'épaisseur et le poids de la graisse, et la circonférence de l’animal sont soi-disant nécessaires pour étudier l'état nutritionnel des cétacés.

Les parties du corps et les organes sont pesés à l'aide de balances électroniques et les mesures du crâne sont prises à l'aide d'un compas.
Le Japon affirme que seules ces méthodes sont adéquates pour estimer recueillir ces informations et déterminer l'âge d'une baleine.

Ces documents précisent que durant cette dernière saison de chasse, les baleiniers japonais ont ciblé 344 baleines et en ont tué 333. Onze d’entre elles ont réussi à s’échapper dans des eaux où la glace était plus dense.
Alexia Wellbelove, directrice de la Humane Society International, a déclaré que le massacre de 122 baleines enceintes est une "statistique des plus choquantes et un triste indice de la cruauté de la campagne de chasse à la baleine menée par le Japon"
"C'est une nouvelle démonstration, si cela était nécessaire, de la nature vraiment horrible et inutile des campagnes de chasse à la baleine, en particulier lorsque les études non létales se sont révélées suffisantes pour des besoins scientifiques", a-t-elle déclaré.
Mme Wellbelove a également déclaré que les baleines étaient déjà confrontées à des menaces telles que la pollution marine et la pêche commerciale. 

Elle déclare que l'Australie devrait envoyer "le message le plus fort possible au Japon, à savoir qu'il doit arrêter ses programmes meurtriers de chasse à la baleine".

Crédit photo : Greenpeace
Le porte-parole du Parti travailliste pour l'environnement, Tony Burke, a déclaré que le gouvernement de Mr Turnbull "ne peut continuer à fermer les yeux sur cette situation."
"Il n'y a rien de scientifique dans le fait de harponner une baleine enceinte, de la découper et de la mettre dans une assiette, la position du Japon est absurde et le gouvernement australien ne doit plus se taire", a-t-il dit.
Le ministre de l'Environnement et de l'Energie, Josh Frydenberg, a déclaré que le gouvernement était "profondément déçu" par l'activité baleinière japonaise.
"Le gouvernement est intervenu au plus haut niveau des instances japonaises et continuera de le faire", a-t-il déclaré.
M. Frydenberg a déclaré que l'Australie avait déjà engagé des poursuites contre le Japon auprès de la Cour Internationale de Justice (CIJ) et qu'elle travaillait avec la Commission Baleinière Internationale (CBI) pour mettre fin à la chasse commerciale et à la chasse scientifique.

En novembre 2017, des images montrant la brutalité de la chasse japonaise à la baleine dans un sanctuaire australien ont été diffusées. Le gouvernement fédéral s'était alors battu pour que ces images soient gardées secrètes, arguant que cela nuirait aux relations avec le Japon.
Avant d'être élue, la Coalition s’était engagée à envoyer un navire des douanes en Antarctique pour surveiller la chasse à la baleine qui a lieu dans les eaux australiennes en violation des lois internationales. Cela n'a pas été fait.
En février 2013, le porte-parole de l'opposition Greg Hunt a accusé le gouvernement travailliste de "fermer les yeux sur la chasse à la baleine dans les eaux australiennes" ... "Nous devrions avoir un navire des douanes dans l'océan Austral".
Comme l'a rapporté Fairfax Media en août dernier, face aux moyens mis en place par les japonais, l’ONG Sea Shepherd avait renoncé à traquer les baleiniers japonais dans les eaux antarctiques.
"Nous avons découvert que le Japon avait désormais recourt à une surveillance militaire pour suivre en temps réel par satellite les mouvements des bateaux de Sea Shepherd", avait déclaré Paul Watson. "S'ils savent où nos navires se trouvent à tout moment, ils peuvent facilement nous éviter", avait-t-il ajouté.

Pour rappel : La chasse à la baleine est interdite dans le monde depuis 1986 et le Japon est signataire du moratoire sur la chasse à la baleine de la Commission baleinière internationale, mais il utilise une faille de ce texte pour le contourner en affirmant mener des études scientifiques.
En 2014, la Cour internationale de Justice (CIJ) avait sommé le Japon de mettre fin à ses campagnes de chasse en Antarctique soulignant que celles-ci ne répondaient en rien aux critères exigés pour être considérées comme de la recherche.
Cependant, en janvier 2018, Mr Shinzo Abe, Premier ministre japonais, réitérait la volonté du Japon de poursuivre la chasse à la baleine au titre de la "recherche scientifique" et de reprendre à terme la pêche commerciale.
En 2015, le Japon avait soumis un nouveau programme à la Commission Baleinière Internationale (CBI), programme dans lequel il prévoit de capturer 3.996 baleines en Antarctique sur 12 ans, soit 333 par an.


Le Sénateur Sinclair plaide en faveur de la loi “Sauvez Willy”

Par Holly Lake. Publié le 30 mai 2018 17h06


 «Comment vous sentiriez-vous si vous deviez passer le reste de votre vie dans une baignoire ?»

C’est la question posée par le Sénateur indépendant Murray Sinclair à ses confrères sénateurs hier, lors de son discours sur la Loi S-203. Ce projet de loi vise à interdire la captivité des orques, dauphins et marsouins au Canada, à l’exception des missions de sauvetage et de réhabilitation, des recherches scientifiques autorisées ou si la captivité est jugée dans leur meilleur intérêt. Cette loi devrait également interdire la reproduction, l’importation et l’exportation de matériels de reproduction.

«Je pense que nous avons la sensibilité nécessaire pour se faire une idée,» dit-il «du cruel destin» de ces animaux, contraints de vivre leur vie dans un «minuscule» bassin en béton.

«Avec cette loi, je souhaite que les bébés nés en captivité cette année soient les derniers cétacés captifs du Canada.»


D’abord présenté en décembre 2015 par le Sénateur Wilfred Moore, du Parti libéral et désormais à la retraite, ce projet de loi est né après qu’il ait visionné le documentaire «Blackfish» avec son fils. Ce documentaire retrace la vie de Tilikum, orque tourmentée détenue à SeaWorld. Tilikum a été capturé très jeune et transféré de parc en parc. Durant sa vie, il a été impliqué dans la mort de trois personnes. Le Sénateur Moore avait décidé d’agir.

M. Sinclair a regretté l’absence de M. Moore : «Je suis attristé qu’il ne puisse pas siéger avec nous aujourd’hui tandis que nous touchons du doigt, je l’espère, le début de la conclusion de ce projet qui lui tenait particulièrement à cœur». C’est le Sénateur Sinclair qui désormais porte ce projet de loi après le départ en retraite du Sénateur Moore en janvier 2017.

Il aura fallu attendre un an avant que le projet de loi ne passe en comité, en novembre 2016. Les audiences devant le Comité sénatorial permanent des pêches et des océans (CPPO) ont commencé en février 2017. Le comité a entendu plus de 40 témoins durant les 17 audiences qui se sont déroulées en octobre et a ensuite rendu son rapport au Sénat.

Compte tenu de l’opposition affichée et des tactiques de retardements intentionnels opérées par certains sénateurs conservateurs ayant suivi le projet de loi depuis sa création, il aura fallu attendre avril 2018 avant que le rapport ne soit adopté.

La route a été longue et sinueuse depuis décembre 2015 : «Maintenant, nous y sommes, 29 mois et 21 jours plus tard », a déclaré M. Sinclair mardi.

«Chers sénateurs, je sais que nous croyons tous qu’il est moralement irresponsable de traiter les animaux avec cruauté. Nous ne faisons pas la distinction entre les individus intentionnellement cruels et ceux qui le sont par négligence ou ignorance.»

«Il suffit de constater que le traitement des animaux est cruel si l’on se base sur des standards acceptables.»


L’Aquarium de Vancouver a affirmé aux sénateurs du comité que, bien qu’ils ne vivent pas la même vie que leurs congénères sauvages, les cétacés ne sont pas maltraités en captivité. En revanche, le Sénateur Sinclair a rappelé que, compte tenu des connaissances scientifiques dont nous disposons sur les caractéristiques biologiques et les besoins des cétacés présentés pendant l’étude du projet de loi, il ne fait aucun doute que les garder en captivité est indéniablement cruel.


C’est pourquoi, des biologistes marins de renommée mondiale ont appuyé le projet de loi.

«Je pense que nous ne voulons pas faire preuve de cruauté. Nous ne devrions pas autoriser que cette cruauté soit exercée par des tiers.»

Il a précisé que dans leur milieu naturel, les dauphins peuvent nager jusqu’à 160 km par jour, sauter à 4.5 mètres de hauteur et atteindre une vitesse de plus de 30 km/h en quelques coups de nageoire. Des études ont prouvé qu’ils pouvaient plonger à 500 mètres de profondeur. Seuls les êtres humains ont un cerveau aussi développé par rapport à la taille de leurs corps, ce qui fait des dauphins, l’un des mammifères les plus intelligents du monde.

«Ce sont des animaux sociaux qui voyagent souvent en groupe de 50 à 100 individus. Les mères et leurs petits constituent l’essentiel des grands groupes de dauphins, qui couvrent souvent trois générations de la même famille.»

Quant aux bélugas, également appelés les canaris des mers, ils peuvent atteindre des profondeurs allant jusqu’à 800 mètres et rester sous l’eau environ 25 minutes. Certains chiffres démontrent que Marineland possède plus de 60 bélugas dans les bassins du parc ontarien.

Concernant les orques, M. Sinclair a déclaré à la Chambre Rouge (Sénat), qu’il s’agissait de «créatures très curieuses». Elles peuvent plonger à 30 mètres de profondeur, ce sont des animaux sociaux qui ne quittent jamais leur groupe. Les liens tissés entre eux sont très forts, ils dorment en cercle, en famille et leur respiration est synchronisée.

«Les cétacés sont intelligents, sensibles, sociaux. Les liens entre les membres de la famille sont indéfectibles, ils possèdent un système de communication complexe et ont un mode de vie nomade» a ajouté M. Sinclair. «C’est pour toutes ces raisons que les cétacés ne sont absolument pas adaptés à la captivité.»

En plus de l’isolement et de l’impossibilité d’exprimer leurs comportements naturels, pour des créatures qui appréhendent leur environnement grâce à l’écholocation, la privation sensorielle dans un bassin en béton est un lourd tribut à payer, car les parois des bassins agissent comme une caisse de résonance. Leur espérance de vie est réduite, ils présentent de nombreux problèmes de santé et le taux de mortalité infantile est très élevé.


Le comité a ainsi entendu qu’une orque captive évolue dans l’équivalent 
d’1/10 000e de % de l’étendue qu’elle parcourrait en milieu naturel.

«Les animaux s’automutilent et présentent des cicatrices, des blessures et leurs dents sont endommagées car ils vivent en milieu stérile où aucun choix ne leur est permis,» a précisé M. Sinclair.

Certains scientifiques pensent que des cétacés captifs présentent des comportements suicidaires en faisant cogner leur tête contre les parois des bassins ou en tentant de sauter hors du bassin. Les mères séparées de leurs progénitures stagnent au fond du bassin et tapent leur tête contre le béton par détresse.

Ils présentent aussi des comportements stéréotypés et de détresse psychologique, lorsque, par exemple, ils se laissent flotter à la surface. Dans la nature, il est rare de voir des cétacés immobiles plus d’une minute ou deux, en dehors des périodes où ils dorment. En revanche, ce comportement est commun chez Kiska, la seule orque du Marineland, que passe ses journées en «total isolement social».

«Il serait même monnaie courante que pour soumettre et contrôler les cétacés, l’industrie des delphinariums utilise la privation de nourriture et l’administration inadaptée ou excessive de médicaments tels que le Diazépam, plus connu sous le nom de Valium,» a déclaré M. Sinclair.

Il a cité les chiffres fournis par le Dr. Ingrid Visser du Orca Research Trust, qui montrent qu’au moins 32 bélugas et 21 orques sont mortes dans les «bassins exigus et indaptés de Marineland.»

«Ce n’est pas un bilan très positif.»

Plus le public est informé des conditions de vie en captivité, plus ils tournent le dos aux delphinariums. Preuve d’un changement d’attitude de l’opinion publique, le Sénateur a fait allusion aux résultats d’un sondage mené par l’institut Angus Reid publié la semaine dernière qui montre que plus de la moitié des Canadiens est en faveur de l’interdiction de la captivité des cétacés.

«Nous n’émettons pas de jugement sur les activités qui appartiennent au passé», a déclaré M. Sinclair. «Mais nous cherchons désormais à mettre en œuvre la meilleure politique et à appliquer les lois appropriées sur la base des connaissances actuelles.»

La province de l’Ontario a interdit la captivité et la reproduction des orques en 2015 et l’état de Californie (Etats-Unis) a suivi en 2016. La France travaille sur un projet d’interdiction de la captivité des cétacés. Le Vancouver Park Board (Conseil d’Administration des Parcs de Vancouver) a aussi interdit la captivité des cétacés. Une décision désormais contestée devant la justice. Dans ce contexte en revanche, l’Aquarium de Vancouver, qui tombe sous la juridiction du Conseil d’administration et fervent opposant au projet de loi, a annoncé qu’il mettait également fin à cette pratique. Aux Etats-Unis, SeaWorld a également renoncé à la reproduction des orques.

Ailleurs dans le monde, selon M. Sinclair, la captivité des cétacés est déjà interdite. C’est le cas au Chili, au Costa Rica, en Croatie et en Inde. Des règlementations très strictes sont appliquées au Royaume-Uni, en Italie, en Nouvelle-Zélande, en Hongrie et à Chypre.


«Le projet de loi S-203 est avant-gardiste pour le Canada, mais il s’agit d’une consolidation de l’évolution des mentalités,» a-t-il ajouté. «Ce projet s’inscrit dans cette tendance et placerait le Canada, qui plus est, le Sénat du Canada, en position de leader international sur cette question.»

Tout cela s’inscrit dans un véritable travail de fond dont le but est de créer le premier sanctuaire pour cétacés captifs au monde, un espace côtier naturel où les animaux pourraient bénéficier d’une retraite loin des bassins et vivre dans un environnement proche de leur habitat naturel.

Après avoir étudié des centaines de sites potentiels, l’équipe en charge du projet en a sélectionné deux, dont l’un se situe sur la rive sud de la province de Nouvelle-Ecosse.

Pendant le comité, certains chercheurs se sont opposés à l’idée qu’il est inutile d’étudier les mammifères marins en aquariums et ont rejeté l’affirmation selon laquelle on peut tout apprendre des cétacés dans la nature. Mais M. Sinclair a cité les chercheurs qui pensent le contraire.

De nombreux témoignages ont également servis à démonter l’argument selon lequel la captivité des cétacés joue un rôle de pédagogie et de conservation, compte tenu du manque de preuves pour l’affirmer. M. Sinclair a également noté qu’il existe dorénavant d’autres moyens accessibles d’en apprendre davantage sur les cétacés sans avoir à se rendre dans un delphinarium.

Des inquiétudes ont été soulevées par Marineland pendant le comité et les débats au Sénat sur le manque de consultation des peuples autochtones sur le projet de loi. Certains estiment même que le projet ne devrait pas aller plus loin tant que cela n’a pas été fait. Pendant le comité, 5 sénateurs autochtones étaient présents et ont voté en faveur de tous les amendements pour faire avancer le projet de loi.

Hier, M. Sinclair a réfuté l’argument selon lequel la loi aurait un impact sur les droits des peuples autochtones.

«Cela n’a pas été le cas et cela n’est pas possible,» a-t-il déclaré. «La loi fédérale ne peut pas empiéter sur les droits des peuples autochtones, protégés par la Constitution.»

Néanmoins, en réponse à cette inquiétude, le projet de loi a été amendé pour communiquer aux peuples autochtones, y compris aux communautés Inuits qui exportent des défenses de narvals, que leurs droits ne seraient pas bafoués et que ce projet de loi ne déroge à aucun droit protégé par la Constitution conformément à l’article 35 de la Constitution de 1982.

«Je soutiens absolument la consultation des peuples autochtones dès lors que la législation pourrait avoir un impact potentiel sur leurs droits,» a affirmé M. Sinclair, ancien juge et président de la Commission de vérité et de réconciliation.

«En revanche, je n’ai pas le souvenir que les traditions autochtones impliquent l’exhibition de cétacés à des fins de divertissement, ou encore la capture et la reproduction des cétacés à des fins de recherches. Ce n’est tout simplement pas une façon traditionnelle d’utiliser les animaux, et c’est certainement contraire à la vision du monde des peuples autochtones, faite de liens très forts et de profond respect envers la nature.»

Il a déclaré devant le Sénat que les peuples autochtones ont à cœur de respecter les cycles de vie naturels des animaux avec qui ils partagent notre planète. Ils ont une responsabilité envers la nature et la respectent. Ces mêmes idées ont été reprises par la communauté des Premières Nations côtières de Colombie Britannique dans une lettre envoyée aux sénateurs en soutien au projet de loi.

M. Sinclair a également mis en évidence l’immense soutien de l’opinion publique sur le projet de loi et le peuple canadien attend le vote avec impatience.

«La captivité des cétacés est un sujet qui touche le cœur de milliers de Canadiens. Souvenez-vous que les messages de soutien reçus pour faire passer la loi a provoqué deux fois la panne des serveurs du Sénat,» a-t-il ajouté.

«Des dizaines de milliers de Canadiens nous ont écrits parce qu’ils voulaient que cette loi soit promulguée».

Plus de 5000 canadiens ont signé une pétition adressée à la Chambre des communes, plusieurs autres milliers ont adressé une pétition au Sénat et plus de 80 000 personnes à travers le monde ont signé une pétition en ligne en soutien au projet de loi.

«A cet égard, je souhaite remercier tous ceux qui nous ont écrit et montré leur soutien au projet de loi», a dit M. Sinclair.

«Et je leur garantis que nous les avons entendus. Vous avez joué un rôle déterminant dans l’avancement de la loi S-203 et cette loi appartient à tous ceux qui l’ont soutenue.»

Sinclair a déclaré que sa communauté, celle des Anichinabés, reconnaît que tous les êtres vivants sur Terre sont connectés.

«Nous dépendons tous des uns des autres. Chacun de nos actes a un impact sur une autre forme de vie et sur notre environnement. C’est pourquoi nous employons le terme «nii-konasiitook», «toutes mes relations», lorsque nous nous adressons la parole,» a-t-il affirmé.

«Souvenez-vous de la raison pour laquelle nous sommes ici. Nous sommes ici pour veiller sur notre nation, pour protéger notre terre, notre peuple et tout ce qui fait partie de notre environnement.»

Pour cela, il a vivement encouragé les sénateurs à réfléchir sur le véritable but de cette loi, et si, à la lumière des preuves énoncées, «la captivité des cétacés est simplement trop cruelle pour perdurer.»

«Pensez-y, n’oublions pas les créatures qui vivent dans des bassins en béton, n’oublions pas les cétacés libres qui ont subi les affres des captures violentes et la séparation de leur famille dans le but unique d’amuser les êtres humains,» a-t-il ajouté.

«Telle est la nature de cette loi et pourquoi elle est si importante.»


Légendes et sources photos : 
Photo 1 : Le Sénateur Murray Sinclair pose à l’extérieur de son bureau au Sénat sur les Collines du Parlement à Ottawa le 20 septembre 2016. THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld
Photo 2 : Tilikum observe les soigneurs en pause pendant une session d’entraînement à SeaWorld Orlando (AP Photo/Phelan M. Ebenhack)
Photo 3 : Dents usées de Kiska, la seule orque du Marineland (Canada). Photo: Dr. Ingrid N. Visser/ Orca Research Trust






lundi 28 mai 2018

JOSÉPHINE, HÉROÏNE DU "GRAND BLEU"


A l’occasion des 30 ans du film «Le Grand Bleu» et de la sortie en salle ce mercredi de «L’Homme Dauphin», film documentaire retraçant la vie de Jacques Mayol et narré par Jean-Marc Barr, qui a incarné le célèbre apnéiste dans le chef d’œuvre de Luc Besson, nous souhaitons vous rappeler la triste histoire de l’autre vedette de ce film culte : le dauphin Joséphine.



Contrairement à son personnage à l'affiche, celui d'un dauphin libre, Joséphine a vécu une vie loin du grand bleu, dans les bassins du Marineland d'Antibes ; une vie de faite captivité et de souffrance.
Joséphine a été capturée le 9 avril 1980 au large du Texas avant d’être transférée au Marineland d’Antibes le mois suivant. Joséphine est rapidement devenue la coqueluche du parc par son «intelligence et son caractère enjoué». C’est pour ces raisons qu’elle a été choisie par la production pour le long-métrage «Le Grand Bleu».


Elle s’est rendue célèbre en tournant les séquences les plus difficiles techniquement. Dans la scène finale, c’est elle qui entraîne Jean-Marc Barr au fond de l’océan. Le comédien se remémore : «Dans le scénario d'origine, il était prévu que Joséphine me rejoigne au moment où je tiens la gueuse. Mais, dans le grand bassin de Marineland – où nous avons tourné à 3 heures du matin pour faire croire que nous étions à 120 mètres de profondeur –, elle est restée dans son coin. Elle n'a pas voulu venir vers moi avant que je ne lâche la gueuse. Et c'est justement cette attente qui rend cette scène finale si poétique».

Une scène certes poétique mais qui n'est nullement le reflet de sa vie de prisonnière d'un bassin en béton.


Joséphine a donné naissance à deux delphineaux Eclair, mort en 2015 et Manon dont elle a enduré le décès en 2006. Elle était cinq fois grand-mère.

Joséphine a continué à donner des représentations au Marineland d’Antibes jusqu’à sa mort le 23 août 2011 à l’âge de 34 ans suite à «une maladie rénale associée à son âge avancé».

Pour rappel, un dauphin libre a une espérance de vie d’environ 45 (mâle) à 55 ans (femelle).


Crédits photos : Franck Fernandes / DR / Capture d'écran  "Le Grand Bleu, un film de Luc Besson"

jeudi 24 mai 2018

C'est officiel : Mexico vient d'interdire les delphinariums


Crédit photo : Peta
Dans six mois, il n'y aura plus de dauphins en captivité dans la ville de Mexico.
Les delphinariums, y compris le Dolphin Discovery 6 Flags Mexico, devront déplacer tous les dauphins en captivité dans un délai de six mois .


Cette décision fait suite à l’interdiction prise par la ville d’utiliser les dauphins lors des spectacles ainsi que pour les programmes de nage avec les dauphins en août 2017.

Mexico-City, ville avant-gardiste : En 2014, Mexico avait déjà interdit les cirques avec animaux, le pays avait suivi cette décision en interdisant ces cirques dans tout le pays peu de temps après.

Cette nouvelle loi est entrée en vigueur le 4 mai 2018 et inclut l'interdiction des spectacles, les programmes de nage avec les dauphins, la delphinothérapie et les spectacles itinérants.

Crédit photo : El Universal

Le Dolphin Discovery Six Flags Mexico devra déplacer ses mammifères marins vers d’autres parcs marins de la société.

Beaucoup de pays dans le monde entier reconnaissent que les dauphins, les orques et les autres cétacés n'ont rien à faire dans un bassin. Le Chili, le Costa Rica et la Croatie ont tous interdit la détention des cétacés en captivité. En 2016, le National Aquarium de Baltimore a déclaré qu'il allait envoyer leurs huit grands dauphins dans un sanctuaire marin . Et plus tôt cette année, l'Aquarium de Vancouver a déclaré qu'il ne ne garderait plus de cétacés en captivité.

Le choix de la ville de Mexico s’inscrit dans un mouvement général de prise de conscience du public face aux conditions de vie des cétacés dans les parcs dans lesquels ils sont détenus. Le rapport à la captivité évolue vis-à-vis du public, un public de plus en plus exigeant en ce qui concerne le bien-être animal.

Sources