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dimanche 18 août 2019

Chasse à la baleine - Le Japon sous pression

Par Kazuhiro Nogi - 17 août 2019

Le Japon a insisté vendredi sur le fait qu'il ne chassait plus le rorqual boréal, une espèce menacée, dans les eaux internationales, mais il est accusé de violer un traité sur la faune sauvage en autorisant la commercialisation de stocks de viande de baleines tuées dans les années passées. 


La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) a conclu en octobre dernier que le Japon avait violé le traité et lui a ordonné de remédier à la situation sous peine de sanctions commerciales.

Le comité, qui s'occupe du respect et de l'application du traité, a rejeté les affirmations du Japon selon lesquelles l'abattage de quelque 1 500 rorquals boréals du Pacifique Nord depuis 2002 n'avait rien de scientifique

Elle a conclu que la chasse était principalement motivée par des raisons commerciales et constituait donc un commerce international d'une espèce protégée et une violation manifeste du traité.

Le Japon a affirmé vendredi au comité réuni à Genève qu'il n’autorisait plus la chasse aux rorquals boréals en haute mer et qu'il était donc en conformité avec la CITES.

"Cette question doit être considérée comme close ", a déclaré un membre de la délégation japonaise, à la veille du lancement à Genève d'une conférence mondiale réunissant les 183 pays qui ont signé le traité.


Mais les membres du comité provenant de divers pays, dont l'Union européenne, Israël, le Niger, le Pérou et les États-Unis, ont fait part de leur désapprobation et ont exprimé leur indignation face à la vente continue des stocks de viande et de graisse de baleines jugées illégalement abattues et importées au cours d'une période de 16 ans.

Selon les défenseurs de la nature, 1 500 tonnes de viande de baleine  provenant de 131 rorquals boréaux tués en 2018 ont été commercialisées au Japon, et la viande de rorqual boréal reste largement disponible dans les magasins et restaurants du pays.

« C’est vraiment choquant ", a déclaré le représentant du Niger, soutenant que lorsque le commerce international illégal d'autres espèces menacées est démantelé, tel que c’est le cas pour les éléphants, les stocks d'ivoire sont confisqués et détruits.

Le représentant de l'Union européenne a accepté, rappelant l'article 8 de la convention, qui, selon lui, « exige la confiscation des spécimens commercialisés ou, en l'occurrence, en provenance de la mer, en violation de la CITES ».

Le Japon, quant à lui, a souligné qu'il avait immédiatement suivi la décision rendue par le comité en octobre dernier, mais s'est opposé à l'idée qu'elle soit appliquée rétroactivement.

À l'issue de la réunion, la commission a ordonné au Japon d’établir un rapport sur l’ utilisation de leurs stocks de rorqual boréal, mais a reporté à l'année prochaine la discussion portant sur la confiscation sur la confiscation de ces stocks. 

Le 1er juillet dernier, le Japon reprenait officiellement la chasse commerciale à la baleine  dans ses eaux territoriales pour la première fois depuis trente ans, entérinant leur décision prise en décembre 2018 de quitter la CBI. Cependant, il reste lié par les restrictions internationales de la CITES sur le commerce des espèces sauvages.



Pour rappel, le Japon s’est attribué un quota de chasse de 227 baleines dont 52 baleines de Minke et 25 rorquals boréals.  

Traduction : C'est assez !

Crédit photos :
Photo 1 - ©AFP/File 
Photo 2 - ©Karyn Nishimura/AFP
Phoot 3 - ©AFP 


mercredi 31 juillet 2019

Une maman dauphin adopte le bébé d‘une autre espèce, une première !


Par Erica Tennenhouse pour National Geographic - 30 juillet 2019


Les dauphins femelles Tursiops sont des mamans douces et attentives, qui allaitent, protègent et jouent avec leurs petits pendant une période pouvant aller jusqu'à six ans.

Aujourd'hui, de nouvelles recherches ont révélé le premier cas connu d'une maman dauphin Tursiops qui a adopté le bébé d'une autre espèce.


En 2014, des chercheurs ont repéré, dans les eaux côtières de la Polynésie française, une maman Tursiops qui s'occupait d'un bébé mâle à l'apparence inhabituelle, ainsi que de ce qui était présumé être son bébé biologique. 

Alors que les grands dauphins ont un rostre fin, le mystérieux  bébé, âgé d’un mois avait un rostre court et émoussé. Finalement, les scientifiques ont identifié l'orphelin comme étant un dauphin d‘Électre, une espèce de dauphin complètement différente.

« Nous étions très enthousiastes à l'idée d'assister à un phénomène aussi rare », déclare Pamela Carzon, responsable scientifique du Groupe d'Étude des Mammifères Marins (GEMM) de Polynésie, basé à Tiputa (Rangiroa, Polynésie française).

L'adoption est rare chez les mammifères sauvages, la plupart d'entre eux étant des membres apparentés de la même espèce. Le seul autre cas scientifiquement documenté impliquant un orphelin adopté d'une espèce et d'un genre différents a été observé en 2006, lorsque Patrícia Izar, primatologue à l'Université de São Paulo, a observé un groupe de capucins soignant un bébé marmouset. "À l'époque, nous étions vraiment, vraiment étonnés ", dit-elle.


Une rivalité fraternelle

Pamela Carzon et son équipe ont filmé et photographié la famille de dauphins « recomposée »  à partir de la terre, de  bateaux et sous l'eau, dans le cadre d'une étude à long terme qui a commencé en 2009 sur cette communauté d'environ 30 dauphins Tursiops.

Bien que la mère ait déjà eu un bébé, une fois que le bébé dauphin d’Électre solitaire est arrivé, il a rarement quitté sa nouvelle maman. On a souvent vu le trio nager ensemble, ce qui est inhabituel, car les mères dauphins s'occupent normalement que d'un seul bébé à la fois.

L'entente familiale n'était pas toujours au rendez-vous, le bébé dauphin d’Électre poussait sans cesse sa "sœur" adoptive de sous l’abdomen de sa mère. 

L'orphelin toujours aussi persévérant n’était pas seulement déterminé à intégrer la cellule familiale ; il a également compris comment s'intégrer dans le groupe de dauphins.

« Le dauphin d’Électre se comportait exactement de la même façon que les grands dauphins », raconte Pamela Carzon, qui a rapporté les observations en juin dans la revue Ethology.

Par exemple, il socialisait régulièrement avec d'autres jeunes et s'adonnait même à leur passe-temps favori, surfer et sauter dans les vagues. 



Une maman dévouée

Il est arrivé que des grands dauphins femelles "volent" des bébés d'autres espèces durant de brèves périodes lors de conflits, mais l’enthousiasme du bébé adopté et le dévouement de cette mère montrent qu'il ne s'agissait pas d'un enlèvement.

Dans ce cas, la mère a consacré énormément de temps à l'orphelin, ils ont été vus ensemble durant près de trois ans, disparaissant vers avril 2018, date à laquelle il aurait été sevré. Leur union s'est poursuivie longtemps après la disparition, pour des raisons inconnues, de son bébé biologique à l'âge d'un an et demi.

La femelle a également été vue en train d'allaiter son bébé adoptif à deux reprises, ce qui suggère qu'elle était très investie, explique Kirsty MacLeod, écologiste comportementale à la Lund University en Suède, qui n'a pas participé à l'étude. « Chez les mammifères, la synthèse du lait est très « coûteuse », c'est une ressource très précieuse. »


Pourquoi adopter ?

Mais une grande question demeure : Pourquoi un grand dauphin prendrait-il la peine de s’investir pour un  nourrisson avec lequel il n'a aucun lien génétique ?

Une possibilité est que la naissance récente de son bébé ait déclenché son instinct maternel. « C’était très probablement le moment idéal pour ce bébé, alors que la mère était très réceptive à l’idée de nouer des liens avec sa propre progéniture », déclare K. MacLeod, « et cela a conduit à cette situation un peu farfelue ».

Sa personnalité aurait pu être un autre facteur déterminant, car cette maman dauphin était déjà bien connue pour sa tolérance par les plongeurs de la région. Sa nature accommodante l'a peut-être empêchée de faire preuve d'une agressivité typique à l’égard de ce petit qui n’était pas sa progéniture.  

Puis il y a eu le dauphin d’Électre. Les chercheurs pensent que sa détermination à se joindre à la famille de dauphins Tursiops, et à agir comme eux, a joué un rôle-clé dans le succès de cette adoption.

« Cela montre que les jeunes dauphins ont une souplesse comportementale remarquable », déclare Pamela Carzon.

Traduction : C’est assez ! 


vendredi 26 juillet 2019

Recherche de sanctuaire pour les cétacés sauvés de la captivité

Article de 30 millions d'amis - 25 juillet 2019

Transfert de deux bélugas d’un aquarium chinois vers une baie protégée en Islande, projet de réserve marine pour les dauphins sauvés des parcs aquatiques en Grèce… Alors que de plus en plus de pays légifèrent contre la captivité des cétacés, 30millionsdamis.fr fait un tour d’horizon des sanctuaires – encore trop peu nombreux – qui se préparent à accueillir les mammifères marins rescapés.


Une eau turquoise, une nature préservée, le calme absolu. Parlons-nous de la destination de vacances idéale ? Non, d’un havre de paix pour les cétacés secourus des delphinariums. Sur l’île de Lipsi en Grèce, le « tout premier sanctuaire permanent destiné aux dauphins sauvés de la captivité » est en construction pour accueillir une dizaine d’animaux, dans des conditions optimales de climat et de protection. Toutefois, l’ouverture de ce sanctuaire n’interviendra pas avant 2020… Pendant ce temps, 3000 dauphins, baleines et orques à travers le monde se morfondent toujours dans des bassins trop étroits, à des fins de divertissement.

Besoin urgent de sanctuaires

«Nous avons impérativement besoin de ce type de sanctuaires, surtout en Europe, s’alarme Christine Grandjean, présidente de l’association "C’est Assez !". Pour l’instant, lorsque les delphinariums ferment, les animaux sont transférés vers d’autres delphinariums à l’étranger - notamment en Chine - où leurs conditions de détention sont pires ». Triste exemple de ce procédé, plusieurs dauphins cédés par un parc aquatique finlandais sont déjà morts dans leur nouvelle prison grecque… « Certains animaux ne pourront jamais retourner à la vie sauvage, admet Christine Grandjean. Mais il faut qu’au moins ils puissent finir leur vie dans des conditions les plus proches possibles de leur milieu naturel».

L’Islande ouvrirait-t-elle la voie ?

En Islande, le sanctuaire pour bélugas de la baie de Klettsvik a déjà accueilli ses premiers pensionnaires en juin dernier. "Little White" et "Little Grey", deux femelles bélugas âgées de 12 ans, proviennent d’un aquarium de Shangaï. Fait pour le moins surprenant, du moins au premier abord : à l’origine de cette vaste réserve de 32 000 km2 destinée aux bélugas se trouvent l'organisation "Whale and Dolphin Conservation" (WDC) et l'association "Sea Life Trust" du groupe "Sea Life"...l’un des plus importants réseaux mondiaux d’aquariums et de delphinariums !


Dans un pays qui pratique encore la chasse aux mammifères marins, le financement d’un sanctuaire par une société qui exploite les cétacés pour le profit, pose question. « Le fait que des sanctuaires puissent être financés par des delphinariums ne me choque pas. Nourrir et soigner des dauphins est très coûteux, or les organismes prêts à contribuer dans la durée sont rares, nuance Christine Grandjean. Faire venir des visiteurs qui paient l’entrée peut aussi être une solution acceptable, à condition d’en limiter le nombre et que les animaux aient suffisamment d’espace pour pouvoir se cacher. »


Le succès du sanctuaire islandais pour bélugas n’est malheureusement pas assuré. L’inquiétude demeure pour l’instant sur la capacité de "LittleWhite" et de "Little Grey" à s’adapter à leur nouvel environnement, bien qu’elles aient été entraînées à retenir leur respiration plus longtemps et à gonfler leur musculature pour faire face aux marées et aux courants. L’orque Keiko – le héros du film Sauvez Willy – avait été réhabilité dans cette même baie en 1998, bien avant la création du sanctuaire.


Le monde entier se détourne des delphinariums

Plusieurs autres projets de sanctuaires sont en cours. Aux Etats-Unis, le groupe "Virgin Holidays" prévoit d’en construire un en Floride afin de réhabiliter les dauphins du National Aquarium de Baltimore. La chercheuse Lori Marino et son association "Whale Sanctuary Project" portent quant à eux un projet de sanctuaire pour les orques à la frontière entre les Etats-Unis et le Canada. Néanmoins, il faudra plusieurs années avant que tous ces établissements ne voient le jour.

Au Canada, l’adoption du projet de loi dit "Free Willy" (Sauver Willy) interdit désormais la captivité des baleines et des dauphins mais aussi leur importation ou leur exportation. En France, l’association C’est Assez ! et les fondations 30 Millions d’Amis et Brigitte Bardot se sont réunies à plusieurs reprises avec le ministre François de Rugy pour réclamer l’interdiction de la reproduction des cétacés dans les parcs aquatiques. Les ONG demandent à présent à la nouvelle ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, de prendre des mesures courageuses.

7 Français sur 10 opposés à la captivité des cétacés

Selon un sondage Ifop exclusif pour l'association "C'est Assez!", la Fondation 30 Millions d'Amis et la Fondation Bardot (décembre 2018), 7 Français sur 10 sont opposés à la captivité des dauphins et des orques dans des parcs aquatiques, alors que quatre établissements tricolores de ce type continuent à exploiter les cétacés pour leurs spectacles (Marineland à Antibes, Planète Sauvage près de Nantes, le Parc Astérix à Plailly et le Moorea Dolphin Center à Tahiti).


Crédit photos : 
1 - ©Pixabay
2 - Sea Life Trust



jeudi 18 juillet 2019

Une campagne choc veut lutter contre les parcs aquatiques

Angélique Négroni - Le Figaro - 16 juillet 2019

Une association lance une campagne d’affichage pour tenter d’accroître l’opposition aux delphinariums. Le choix des dates ne doit rien au hasard. C’est en cette période de forte affluence à Marineland, que l’association C’est Assez! a décidé d’agir pour tenter d’affaiblir le taux de fréquentation de ce célèbre centre aquatique des Alpes-Maritimes. 


À 25 kilomètres des bassins du parc marin installé à Antibes, cette structure associative qui défend le bien-être animal démarre une campagne de sensibilisation, comme le révèle Le Figaro. Dès ce jeudi et jusqu’au 31 juillet à Nice, puis du 8 au 21 août dans la même ville, plusieurs centaines de bus vont véhiculer des messages s’indignant du traitement réservé aux mammifères en captivité. 

Au-dessus d’une illustration où l’on voit orques et dauphins entassés dans une baignoire, habitants et touristes vont lire: «Pour nous, un divertissement éphémère, pour eux, une vie d’esclave et de souffrance. Changeons notre regard sur les delphinariums!». Du 15 au 22 août prochain, cette même action sera aussi déployée à Nantes, ville de Loire-Atlantique située à quelques encablures d’un autre centre marin: le delphinarium du parc Planète Sauvage. Au total: 280 bus vont ainsi être mobilisés.

Habituée à ce type d’action pour maintenir la pression sur le public et tenter d’accroître l’opposition à ces centres marins, C’est Assez! s’était déjà lancée dans une campagne identique. L’an passé et il y a deux ans aussi, ces mêmes militants avaient en effet inondé les couloirs du métro parisien d’affiches identiques. Pour cette nouvelle mobilisation, ils organisent par ailleurs plusieurs «Nuits debout» devant Marineland.


En parallèle, l’association attend toujours les suites de ses actions engagées devant la justice contre ce parc. En 2015, quelques mois après la terrible inondation du 3 octobre endeuillant la Côte d’Azur, une première plainte avait été déposée auprès du tribunal de grande instance de Grasse. Lors de ces intempéries qui avaient rempli les bassins d’eau boueuse, une orque avait péri. La faute à un système de filtration tombé en panne et non réparé, avait accusé l’association. Une mort provoquée par une torsion de l’intestin de l’animal, s’était défendu le centre aquatique, à nouveau mis en cause récemment.


Fin avril de cette année, une nouvelle plainte a en effet été déposée pour dénoncer les conditions de vie de plusieurs dauphins. Dans l’attente de la remise en état du bassin principal, les cétacés avaient été cloîtrés dans un espace d’à peine 400 m2 . Des conditions de vie s’apparentant à de la maltraitance, avait réagi la présidente de C’est Assez!, Christine Grandjean. Dernièrement, Me Alexandre Faro, le conseil de cette structure, a complété cette plainte d’un autre grief. «Il est fait obligation à ces établissements d’aménager une zone ombragée pour les cétacés. Ce qui n’est pas le cas à Antibes», dit-il.

«Les parcs marins travaillent de concert avec les scientifiques pour mieux protéger ces espèces.» 
Pascal Picot, directeur général de Marineland


Pris pour cible régulièrement par diverses associations, Marineland dit le regretter. «Ces militants se trompent de combat», affirme son directeur général, Pascal Picot. «Les parcs marins travaillent de concert avec les scientifiques pour mieux protéger ces espèces», dit-il en soulignant que les dauphins sont aujourd’hui bien plus menacés en milieu naturel. Leur capture accidentelle et mortelle par des bateaux de pêche a, d’ailleurs ce mois-ci, fait réagir plusieurs ONG. Celles-ci portent plainte contre plusieurs pays, dont la France, où 1 200 cétacés échoués ont été retrouvés sur la côte Atlantique cet hiver. Marineland indique justement travailler aujourd’hui avec le CNRS pour tenter de mettre fin à cette hécatombe.

Ce bras de fer permanent entre delphinariums et associations devrait rebondir en septembre prochain. Après l’été, le ministère de l’Environnement devrait annoncer une série de mesures portant sur le bien-être animal dans ces centres marins mais aussi dans les parcs zoologiques, les cirques ou encore dans les élevages de visons pour la production de fourrure. Après la tenue de plusieurs groupes de travail, une vingtaine de décisions sont attendues. Du côté des associations, on espère qu’un arrêté pris par Ségolène Royal, quand elle était à la tête de ce ministère sera exhumé. Annulé pour vice de procédure en janvier dernier, le texte annonçait la fin des delphinariums.

De son côté, Pascal Picot souhaite au contraire un texte pérennisant les centres marins. «Toutefois, les activités au sein de ces structures sont encadrées par un texte obsolète de 1981 et qui impose peu d’obligations. Il est temps que l’on ait des règles plus strictes», dit-il. Ce cadre réglementaire empêcherait, selon lui, les associations d’introduire des recours «sur tout et n’importe quoi».

Crédit photos : 
©L. Verdi 
©Jean-Christophe Magnenet/AFP





mercredi 17 juillet 2019

Campagne d'affichage "C'est assez ! sur les bus"


INÉDIT : PREMIÈRE CAMPAGNE DE SENSIBILISATION À LA CAPTIVITÉ DES CÉTACÉS SUR LES BUS DE NICE ET DE NANTES ! 

Après le succès des campagnes dans le métro parisien en 2017 et 2018, l’association C’EST ASSEZ ! lance une nouvelle campagne d’affichage sur Nice du 18 au 31 juillet et du 8 au 21 août, et sur Nantes du 15 au 22 août. 


Plus de 280 bus véhiculeront les messages de C’EST ASSEZ ! avec pour objectif de changer notre regard sur les delphinariums. 

Après 2 ans de campagne dans le métro parisien, à proximité du Parc Astérix, l’association a donc choisit cette fois de sensibiliser à Nice, à proximité du Marineland d’Antibes, et à Nantes, à proximité du delphinarium de Planète sauvage, afin de mettre en évidence l’exploitation des cétacés à des fins commerciales, et de continuer à informer sur la souffrance des dauphins et orques dans les delphinariums. 

En parallèle, des manifestations visant à sensibiliser directement les visiteurs seront organisées grâce aux groupes locaux C’EST ASSEZ ! : 

Le 20 juillet Journée d’action devant Planète Sauvage

Le 20 juillet, le 3 et le 10 août Nuit Debout Anti Captivité Antibes

Notre pétition, est toujours disponible en cliquant ICI.

Cette pétition lancée le 1er juillet 2019 a déjà recueilli plus de 54 000 signatures. Elle sera adressée à la nouvelle Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, Me Elisabeth Borne, afin que celle ci prennent des mesures fortes en faveur du bien-être animal

#CestAssezSurLesBus 

dimanche 7 juillet 2019

Le bain de sang a commencé en Namibie

1er juillet 2019 

Comme tous les ans, du 1er juillet au mois de novembre, des dizaines de milliers d’otaries à fourrure sont massacrées sur les plages Cape Cross et Atlas Bayde en Namibie.


Le quota pour cette chasse annuelle est de 80 000 bébés et 6 000 mâles.
Le massacre des otaries à fourrure du Cap est brutal pour plusieurs raisons,
notamment par la méthode de mise à mort utilisée, une mise à mort particulièrement cruelle.

Les hommes rassemblent les jeunes otaries et les mâles, les empêchant, dans un premier temps, de rejoindre la mer. Les bébés, qui sont séparés de leurs mères, et les mâles sont alors encerclés. 

Une fois que les hommes ont un groupe de phoques sous leur contrôle, ils laissent les otaries tenter de s’échapper vers la mer, ces hommes visent les têtes des phoques et tentent de les assommer.

La panique est totale chez ces animaux, les bébés poussant des pleurs de terreur, tout en essayant de fuir. 

Les chasseurs manquent souvent la tête des petits ou frappent la tête avec une force insuffisante pour assommer le bébé.
Après les avoir assommés, ils poignardent les bébés dans le cœur devant les autres otaries . Parfois, les bébés ne sont pas complètement assommés ou reprennent conscience après avoir été poignardés (source: harpseals.org)


La saison de chasse dure 139 jours, de juillet à novembre, ce qui laisse peu de répit aux animaux. Les chasseurs de phoques ciblent les plus gros bébés et permettent aux plus petits et plus minces - ceux qui ont moins de chances de survivre - de s’échapper.
La Namibie justifie ce massacre en prétendant que le trop grand nombre d'otaries menace l'industrie de la pêche locale.

Les permis de chasse sont délivrés par le ministère des Pêches et des Ressources marines.

Les bébés sont tués principalement pour leur fourrure, mais également pour leur graisse, qui, comme la graisse du phoque du Groenland, est vendue comme «complément alimentaire santé». Les os seront utilisés pour les bijoux et les peaux pour fabriquer des bottes et autres articles de luxe.

Les parties génitales des mâles adultes sont coupées pour être revendues sur le marché asiatique en produits prétendus aphrodisiaques.


Hatem Yavuz, marchand de fourrures turco-australien, bénéficie d'une exclusivité d’achat sur la peau de chaque otarie tuée. Il est connu sous le nom de boucher de Namibie, et est responsable de la mort de ces centaines de milliers d'otaries.
Yavuz réside en Australie et son usine de traitement de la fourrure est située en Turquie. Il contrôle 60% du marché de la fourrure dans le monde.

La Turquie ne faisant pas partie de l'Union européenne (où il est interdit aux membres d'importer et d'exporter des produits dérivés du phoque), les peaux sont expédiées de Namibie vers la Turquie où elles sont transformées et vendues à des pays tels que la Chine et la Russie.

La chasse aux otaries en Namibie est peu connue dans le monde car le gouvernement fait tout pour éviter que ces pratiques se fassent à la vue du public et des médias. Les observateurs n’y sont pas autorisés.

Alors que l’Afrique du Sud a mis fin à ces pratiques barbares en 1990, la Namibie refuse de suivre l’exemple.

Malgré le fait que les otaries du Cap figurent sur l’annexe 2 de la CITES, ces animaux continuent d’être exportés à travers le monde. Le gouvernement namibien encourage chaque année le massacre des otaries sur ses plages.

[ Traduction : C'est assez ! ]


Photos : Images d'archive

mardi 2 juillet 2019

Le Japon a officiellement "repris" la chasse commerciale à la baleine - Déjà 2 baleines tuées.

Le Nishin Maru et 4 autres bateaux baleiniers ont quitté, lundi 1er juillet, le port de Kushiro, sur l'île d'Hokkaido, pour reprendre, officiellement, la pêche commerciale de la baleine dans les eaux territoriales et dans sa zone économique exclusive, et ce après un moratoire de plus de 30 ans. 

D’autres navires appareillaient plus tard dans la matinée depuis Shimonoseki, au sud-ouest.


En décembre dernier, Tokyo annonçait que le Japon se retirait de la Commission baleinière internationale (CBI), et qu'ils s'affranchissaient du moratoire international imposé depuis 1986.

« C’est un jour triste pour la protection des baleines dans le monde car le Japon s’octroie un quota de destruction de 227 baleines pour trois espèces différentes (52 baleines de Minke, 150 rorquals de Bryde et 25 rorquals de Rudolphi), marquant ainsi le début d’une nouvelle ère choquante de chasse à la baleine. Le mot « recherche » a peut-être disparu du navire-usine, mettant ainsi fin à la mascarade japonaise des baleines harponnées sous prétexte de science, mais ces magnifiques créatures seront toujours massacrées sans raison légitime », a déclaré Nicola Beynon, responsable des campagnes pour Humane Society International en Australie.

La Commission baleinière internationale (CBI) a approuvé l'interdiction mondiale de la chasse commerciale à la baleine en 1982, interdiction qui s'applique à la fois à la haute mer et aux eaux territoriales des pays.


« Dès que la flotte baleinière japonaise sera prête, elle fera fi de l'accord international visant à conserver ces doux géants de l'océan. En s'éloignant de la CBI, le gouvernement japonais s'éloigne du droit international et défie le droit international », a déclaré Mme Beynon.

La semaine dernière, une lettre signée par des célébrités et des ONG du monde entier a été envoyée aux dirigeants du G20 pour les exhorter à s'opposer aux intentions du Japon concernant la chasse à la baleine. La lettre disait: "La baleine commerciale est une pratique intrinsèquement et exceptionnellement cruelle qui n'a pas sa place au 21ème siècle. Il n'existe aucun moyen fiable de tuer humainement une baleine en mer, et l'explosion de harpons provoque souvent la mort lente et douloureuse de ces animaux"

Deux baleines de Minke ont déjà été tuées par les baleiniers partis en début de journée après une cérémonie au cours de laquelle plusieurs élus ont revendiqué la légitimité de cette tradition.

L'un des bateaux est revenu en fin d'après-midi au port, les corps sans vie des baleines ont été déchargés sur un camion pour être emportés à la découpe.

Note : Le Japon n’a jamais cessé de chasser les baleines. Profitant d’une faille dans les textes, les baleiniers ont contourné l’interdiction de la chasse commerciale à la baleine et l’ont perpétré sous couvert de « recherches scientifiques ».

Le Japon  a tué près de 17 000 baleines en trente et un ans, principalement dans l’océan Antarctique et le Pacifique Nord.

Lire également : 

Traduction : C'est assez !

Sources : 

Le stress chronique rend les orques captives malades et réduit leur espérance de vie. 

Par George Dvorak - 25 juin 2019

Selon de nouvelles recherches, les maladies et les décès prématurés parmi les orques confinées dans les bassins sont liés au stress énorme auquel sont exposés ces mammifères aquatiques à cause de la captivité.


Que les orques vivent mal captivité n’est plus un secret. Ces cétacés meurent souvent à cause d’infections causées par un système immunitaire affaibli, et ce, malgré les soins vétérinaires constants et la vie dans des environnements contrôlés. Dans le même temps, les orques captives présentent souvent des comportements inhabituels liés au stress, tels que l'automutilation, l'apathie et des périodes d'agitation. Une nouvelle étude publiée dans le « Journal of Veterinary Behavior » suggère que ces problèmes de santé, ainsi que d’autres, peuvent être attribués à une cause fondamentale unique : le stress chronique.

« Lorsque des orques meurent en captivité, les raisons données par les delphinariums et les aquariums sont souvent floues et déconcertées », a déclaré Lori Marino, l'auteur principal de l'étude et biologiste du Whale Sanctuary Project. « Le message envoyé est qu'il n'y a aucun lien entre le fait de vivre dans des bassins en béton et la mortalité des orques. Mais cet article, et d'autres avant lui, montrent que cela est loin d'être le cas. Nous ne devrions pas être surpris quand une jeune orque meurt dans un bassin. Nous savons pourquoi, ce n'est pas un mystère. Cela s'explique par les mécanismes bien connus de l'impact du stress chronique sur la santé. »


Pour cette nouvelle étude, une équipe d’experts a rassemblé et analysé la documentation scientifique actuelle sur la santé et le bien-être des orques en captivité. Hors, ces documents étudiés ont été comparés avec les effets documentés du stress chronique sur les mammifères, stress dont on sait qu’il affecte le système immunitaire d’un animal. Lori Marino a déclaré que son équipe « s'est inspirée de cette documentation et a rassemblé ces informations pour dépeindre un tableau de ce qui se passe avec les orques captives. »

L’équipe a retenu 5 facteurs indépendants qui contribuent au stress chronique des orques détenues en captivité.

  • Le premier facteur est le confinement et le fait que les bassins ne sont pas assez profonds, ni suffisamment grands pour répondre aux besoins des orques. Ces grands mammifères ne peuvent ni se déplacer, ni nager comme ils le souhaiteraient, et cela engendre des comportements étranges, souvent répétitifs

  • Deuxièmement, les orques sont constamment dérangées par des perturbations sensorielles indésirables et inhabituelles, en particulier celles qui sont de nature acoustique. Les bruits endurés par les orques incluent les feux d'artifice, le public, les travaux et les bruits causés par les systèmes de filtration. Les bassins en béton contribuent également à cet inconfort acoustique.
  • Le troisième facteur concerne les tensions sociales et le fait que les orques ne sont pas en mesure de nouer des relations normales en raisons de perturbations constantes, empêchant en particulier les liens profonds qui unissent la mère et son petit, ce qui se traduit par une négligence des soins maternels. 
  • Quatrièmement, les orques n’ont aucun contrôle sur leur vie, ce qui entraîne un sentiment d’impuissance chez ces animaux. Cela se manifeste par la dépression, un manque de motivation, un déficit de l'apprentissage, des troubles d’ordre alimentaire et un système immunitaire défaillant.
  • Enfin, il y a l'ennui. Ces mammifères hautement intelligents et sensibles émotionnellement manquent de stimuli, ce qui entraîne dépression, apathie, agressivité et anxiété.

Tous ces facteurs expliquent, selon les chercheurs, qu’il n’est pas étonnant que ces animaux soient presque constamment malades et aient une espérance de vie réduite. 



Certains pourraient prétendre que les renseignements fournis par les orques servent de tampon contre le stress de la vie et des performances dans des réservoirs en béton, mais Lori Marino a déclaré que les conclusions de son équipe avaient révélé le contraire.

Certains pourraient faire valoir que l’intelligence des orques leur sert de tampon pour se protéger du stress liés à la vie en captivité et aux spectacles dans les bassins en béton, mais selon Lori Marino, les résultats de cette étude révèlent le contraire.

« Les orques et autres cétacés sont en réalité plus vulnérables au stress dans les parcs d’attraction en raison de leur complexité cognitive », a-t-elle déclaré. « La complexité cognitive signifie que les besoins sont également complexes et qu’ils sont impossibles à satisfaire dans ces environnements artificiels. L'ennui chronique est l'une des causes les plus puissantes du stress chronique et des problèmes de santé. En raison de leurs capacités intellectuelles et émotionnelles, les cétacés sont très sensibles aux effets néfastes de l'ennui chronique en captivité. »

« L'argument selon lequel les orques captives vivent mieux que les orques libres tombe aussi à plat», a-t-elle déclaré.


« Ces animaux ont évolué au fil de millions d'années pour voyager très loin et relever de nombreux défis comme chercher de la nourriture et éviter les dangers », a-t-elle déclaré. « Lorsqu'ils ne sont pas autorisés à le faire dans les parcs marins, ils en souffrent. Ils sont adaptés aux types de stress rencontrés dans un environnement naturel. Ils sont complètement inadaptés, physiologiquement et psychologiquement, pour faire face aux types de stress qu'ils rencontrent dans les parcs marins. »

Lori Marino a souligné que le but de cette étude n’avait pas pour objectif d’attaquer les parcs marins et les aquariums, mais plutôt « d’appuyer une approche scientifique et empirique du bien-être des orques en captivité ». 

« Les orques, comme beaucoup d'autres animaux très intelligents, de grandes envergures, et socialement complexes, ne peuvent prospérer dans une piscine ou dans une cage. »


Traduction : C'est assez ! 


Crédit photos : Pxhere

samedi 29 juin 2019

Les orques ne supportent pas la captivité. Voici pourquoi.

Par Natasha Daly pour National Geographic - 25 mars 2019

Les mammifères marins, les stars des spectacles des parcs d’attractions à travers le monde, meurent prématurément.

En janvier, Kayla est décédée. Kayla était une orque âgée de 30 ans, captive de SeaWorld Orlando. Si elle avait vécu dans la nature, elle aurait probablement atteint l’age de 50 ans, voire 80 ans. Néanmoins. Cependant, Kayla a vécu plus longtemps que n’importe quelle orque née en captivité


On ne sait pas ce qui a emporté Kayla, (SeaWorld n’ayant pas publié les résultats de sa nécropsie, la loi ne l’y obligeant pas), mais, quoiqu’il en soit, la cause de son décès ne nous en dirait pas d’avantage.

Selon une base de données sur les rapports de nécropsie conservés par Orca Project Corp., une organisation à but non lucratif composée d’experts en mammifères marins qui militent contre les orques en captivité, ces décès d’orques sont souvent dus à des pneumonies ou d’autres facteurs de maladies opportunistes qui les touchent parce les animaux sont très affaiblis.

Selon les informations contenues dans ces bases de données, 70 orques sont nées en captivité dans le monde entier (sans compter les 30 bébés mort-nés ou morts in utero) depuis 1977. 37 d'entre eux, y compris Kayla, sont maintenant décédés. Seule une poignée d'orques capturées dans la nature a survécu au-delà de l'âge de 30 ans. Aucune orque née en captivité n‘a atteint cette âge.


Il y a actuellement 59 orques en captivité dans des parcs marins et aquariums à travers le monde. Certaines sont capturés à l'état sauvage; certaines sont nés en captivité. Un tiers des orques captives sont détenues aux États-Unis, et toutes sauf une, vivent dans les trois parcs de SeaWorld à Orlando, San Diego et San Antonio. Lolita, une orque âgée de 54 ans qui a été capturée en 1970 dans les eaux de l’État de Washington, vit seule au Miami Seaquarium, dans une piscine à ciel ouvert mesurant moins de deux fois la longueur de son corps.

Dix autres orques, capturées dans la nature, sont actuellement détenues dans des enclos marins de l'Extrême-Orient russe alors que le gouvernement enquête sur leur possible capture illégale. Si elles sont vendues à des aquariums, probablement en Chine, le nombre total d’orques captives s’élèverait alors à 69 individus.

La question de savoir s’il est humain de garder des orques en captivité fait l’objet d’un débat animé. Ce sont des animaux très intelligents et sociaux, génétiquement conçus pour vivre, migrer et se nourrir sur de grandes distances dans l'océan.

Selon Naomi Rose, scientifique spécialiste des mammifères marins à l’Animal Welfare Institute, une ONG basée à Washington D.C., les orques, qu’elles soient nées dans la nature ou en captivité, ne peuvent s’épanouir en captivité. C’est en partie dû à leur taille. Les orques sont des animaux gigantesques qui parcourent de grandes distances dans la nature, 73 km par jour en moyenne, non seulement parce qu’elles le peuvent, mais aussi parce qu’elles le doivent, elles en ont besoin pour diversifier leur alimentation et pour faire de l'exercice. Ils plongent de 30 à 150 m de profondeur, plusieurs fois par jour, tous les jours.


« C’est la biologie de base», déclare Naomi Rose. Une orque née en captivité qui n'a jamais vécu dans l'océan a toujours les mêmes pulsions innées, dit-elle. Si vous avez évolué pour parcourir de longues distances à la recherche de nourriture et de partenaires, vous êtes alors adapté à ce type de déplacement, que vous soyez un ours polaire, un éléphant ou une orque », déclare Naomi Rose.

" Mettez une orque dans une boîte de 45 m de long sur 27 m de large sur 9 m de profondeur et vous les transformerez en une « patate de canapé ». "

Naomi Rose explique que l’un des principaux indicateurs permettant de déterminer si un mammifère s’adaptera à la captivité est l'étendue de son aire de répartition dans la nature. Plus leur aire de répartition est large, moins ils sont susceptibles de s’épanouir en milieu confiné. C'est pour cette même raison que certains zoos ont renoncé progressivement à exhiber des éléphants.

Nous pouvons recréer des environnements terrestres qui ressemble à une savane par exemple, mais nous ne pouvons pas recréer un océan. «Aucun mammifère marin n’est adapté pour évoluer dans le monde que nous avons créé pour lui dans une boite en béton», déclare Naomi Rose.

Ceux qui étudient et travaillent avec des dauphins en captivité (les orques sont la plus grande espèce de dauphins au monde) affirment qu’il ne s’agit d’espace, mais que la question est de savoir si les orques reçoivent suffisamment d’enrichissements et d'entraînements pour obtenir l’exercice et la stimulation mentale adéquate.


DES SIGNES DE SOUFFRANCE

Selon les spécialistes du bien-être animal, il très difficile de prouver spécifiquement ce qui raccourcit la durée de vie des orques en bassin.

« Le problème avec les orques captives est que leur état de santé est en grande partie entourée de mystère », a déclaré Heather Rally, vétérinaire spécialiste des mammifères marins à la PETA Foundation. Seules les personnes travaillant dans ces installations sont amenés à approcher les orques, et très peu de ces informations sont rendues publiques.

Mais selon les spécialistes du bien-être animal, il est clair que la captivité compromet la santé des orques. Ceci est d’autant plus évident concernant la partie la plus vitale du corps des épaulards : leurs dents.

Une étude publiée en 2017 dans la revue Archives of Oral Biology a révélé qu'un quart de toutes les orques détenues en captivité aux États-Unis souffraient de graves affections dentaires. Au moins 70% d’entre elles ont des dents abîmées. Certaines populations d’orques à l’état sauvage présentent également des signes d‘usure, mais elles sont symétriques et se produisent progressivement au fil des décennies, contrairement aux dommages aigus et irréguliers dont souffrent les orques en captivité.

Selon cette étude, ces dommages sont dus en grande partie au fait que les orques captives rongent avec persistance les parois des bassins et usent ainsi leur dents, souvent jusqu’à ce que les nerfs soient à vif.
Ces endroits où les dents sont broyées deviennent des cavités ouvertes, très sensibles aux infections, et ce, même si les dresseurs les rincent régulièrement avec de l’eau propre.

Ce comportement induit par le stress est classifié dans les recherches scientifiques depuis la fin des années 1980. Appelés communément stéréotypies, mouvements répétitifs sans but évident, ces comportements, qui impliquent souvent des automutilations, sont typiques des animaux captifs qui ont très peu ou pas d’enrichissement, et vivent dans des bassins exigus.

Les orques possèdent le deuxième plus grand cerveau de tous les animaux vivant sur la planète. Comme pour les humains, leur cerveau est très développé dans les domaines de l'intelligence sociale, du langage et de la conscience de soi. Des recherches ont montré que, dans la nature, les orques vivent au sein de groupes familiaux unis qui partagent une culture élaborée et unique, transmise de génération en génération.

En captivité, les orques sont détenues dans des groupes sociaux artificiels. Quelques orques captives, comme Lolita, vivent complètement seules.

Les orques nées en captivité sont généralement séparés de leur mère à un âge beaucoup plus précoce que dans la nature (les orques mâles restent souvent avec leur mère toute leur vie) et sont trop souvent transférés d'un établissement à un autre. Kayla a été séparée de sa mère à l'âge de 11 mois et a été transférée à 4 reprises dans les différent parcs appartenant à SeaWorld à travers le pays.

Le stress provoqué par la rupture sociale est aggravé par le fait que les orques en captivité n’ont pas la capacité d’échapper aux conflits avec d’autres orques, ni d’avoir des comportements naturels lorsqu’ils évoluent dans des piscines.

En 2013, le documentaire Blackfish a révélé l’impact psychologique de la captivité, à travers l’histoire de Tilikum, une orque capturée à l‘état sauvage, qui avait tué sa dresseurs à SeaWorld Orlando. Le film apportait les témoignages d’anciens dresseurs de SeaWorld et de spécialistes des cétacés, qui affirmaient que le stress de Tilikum avait directement conduit à son agression envers les humains (L’animal avait déjà tué un entraîneur dans un parc n’appartiennent pas à SeaWorld, en Colombie-Britannique, Canada). Les archives judiciaires montrent qu’entre 1988 et 2009, SeaWorld avait répertorié plus de 100 cas d'agressions de leurs orques sur les dresseurs. Onze de ces cas ayant entraîné des blessures et un décès

Blackfish dévoile également une interview de John Crowe, un ravisseur d'orques sauvages repentis, qui décrivait en détail le processus de capture de jeunes orques dans la nature : les gémissements des bébés pris au piège dans le filet, la détresse des membres de leur famille regroupés frénétiquement à l'extérieur des filets, et le tragique destin des bébés n’ayant pas survécu à la capture. Les corps de ces jeunes orques ont été ouverts, remplis de pierres pour faire couleur leurs corps au fond de l’océan.

UN CHANGEMENT RADICAL

Blackfish a provoqué la colère du public. Le film-documentaire a été un réel succès à travers le monde et a amené le public ouvrir les yeux.



Des centaines de milliers de téléspectateurs indignés ont signé des pétitions appelant SeaWorld à retirer les orques de ses parcs ou à les fermer. Des sociétés partenaires telles que Southwest Airlines et Miami Dolphins ont rompu leurs liens avec SeaWorld. La fréquentation de parcs a chuté et sa cotation en bourse a entamé une chute vertigineuse dont-ils ne se sont jamais remis.

« Nos campagnes étaient marginales. Mais maintenant nous touchons un grand public. Cela s'est passé du jour au lendemain », déclare Naomi Rose, qui combat pour le bien-être des orques en captivité depuis les années 1990.

Depuis des années, des groupes de protection animales tentent de poursuivre en justice le département américain de l’agriculture, chargé de mettre en œuvre la loi fédérale sur le bien-être des animaux, l‘Animal Welfare Act, pour ne pas avoir correctement contrôlé le bien-être des animaux gardés en captivité à des fins de divertissement. Les efforts n'ont jamais abouti, a déclaré Jared Goodman, avocat chargé du droit des animaux à la PETA Foundation, qui a entrepris de nombreuses poursuites judiciaires qui n’ont jamais été couronnées de succès.

Mais en 2016, les choses ont commencé à changer. La Californie a rendu illégale l'élevage d'orques dans cet État. Six mois plus tôt, SeaWorld, qui possède un parc à San Diego, avait annoncé qu’il mettrait fin au programme de reproduction d’orques en captivité , affirmant que ses orques détenues actuellement seraient la dernière génération à vivre dans les parcs SeaWorld. Bien que 20 orques et de nombreux autres cétacés continuent de vivre et de se produire dans ses installations, la société concentre de plus en plus son marketing sur les manèges de ses parcs d’attractions.

Au niveau fédéral, le député démocrate californien Adam Schiff, membre du congrès américain, a présenté à plusieurs reprises un projet de loi visant à faire disparaitre progressivement les orques captives à travers les États-Unis. 

Au Canada, un projet de loi fédéral sur le point d’être adopté cette année, interdirait tous les spectacles de cétacés captifs, pas seulement pour les orques, mais également pour les dauphins, les marsouins et les bélugas.


ENVISAGER L’AVENIR

Mais il reste encore à savoir ce qu’il va advenir des 22 orques captifs aux États-Unis et au Canada si la législation fédérale venait à clore ces installations détenant les captifs, ou si des entreprises telles que SeaWorld accepteraient d’aller plus loin en se séparant de leurs orques détenues actuellement. Aucun de ces animaux ne pouvant être relâché dans la nature, étant dépendants de l’humain pour leur alimentation.

Le Whale Sanctuary Project, dirigé par un groupe de scientifiques spécialistes des mammifères marins, de vétérinaires, d'experts en politiques et d'ingénieurs, a pour but de créer de grands sanctuaires en bord de mer pour accueillir les cétacés « retraités » ou ceux ayant été sauvés. L'idée étant que les animaux puissent vivre dans des habitats délimités dans l'océan tout en étant pris en charge et nourris par l'homme. Le groupe a identifié plusieurs sites potentiels en Colombie-Britannique, dans l'État de Washington et en Nouvelle-Écosse. Selon Heather Rally, membre du conseil consultatif de l’organisation, la logistique nécessaire à la réalisation d’un sanctuaire sera complexe.

« Nous avons des sanctuaires pour toutes les autres espèces », dit-elle. Malgré les défis à relever, « c’est le moment idéal pour créer un sanctuaire pour les mammifères marins. Nous l’attendons depuis si longtemps. »

Le Whale Sanctuary Project espère qu’ils pourront éventuellement s’associer à SeaWorld pour le processus de réhabilitation. SeaWorld s'oppose au concept de sanctuaires marins - les désignant comme des «cages marines» et affirmant que les risques environnementaux et un habitat radicalement différent causeraient probablement un stress considérable à leurs orques et leur feraient plus de tort que de bien. SeaWorld a supprimé de son site Web une déclaration de 2016 précisant dans le détail son opposition, mais un représentant de la société confirme à National Geographic que la position de SeaWorld reste inchangée.

Bien qu'il semble y avoir des raisons d’espérer pour l'avenir des orques captives en Occident, l’industrie de cétacés en captivité est en plein essor en Russie et en Chine.

En Russie, les 10 orques récemment capturées languissent dans un petit enclos marin en attendant de savoir quel sort les attend. La Chine compte actuellement 76 parcs marins opérationnels et 25 autres sont en construction. La grande majorité des cétacés en captivité on été capturés dans la nature et importés de Russie et du Japon.

La Chine "n'a pas eu son effet Blackfish", a déclaré Naomi Rose. Mais elle espère que cela arrivera, car elle l’a déjà vu se produire auparavant.

«Vous n'auriez pas écrit cette article il y a dix ans», précise-t-elle.

Traduction : C'est assez ! 


NOTE :  
- Le 10 juin 2019, le Canada a interdit la captivité des cétacés

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