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mercredi 19 septembre 2018

L'histoire de Flocke et Raspoutine reprise par les médias allemands

Suite à la vidéo que nous avons publiée sur notre page Facebook, montrant l'ours polaire Raspoutine haletant dans son enclos de Marineland, son histoire a fait couler beaucoup d'encre... Jusqu'en Allemagne, pays qui a vu naître sa compagne d'infortune, Flocke.
Voici l'un des articles publiés à ce sujet sur le site Augsburger-allgemeine . Une traduction de Sandrine Pantel pour C'est Assez!

➡️ Cliquez ici pour signer notre pétition demandant le transfert des ours polaires de Marineland dans un pays au climat plus froid.

2008 : La mignonne ourse polaire Flocke, encore jeune, née à la mi-décembre 2007 au zoo de Nuremberg. Sur cette photo, sur laquelle on aperçoit un ours polaire en peluche en bas à gauche, elle est âgée de quelques semaines.  
Photo : Ralf Schedlbauer, ville de Nuremberg, dpa ; David Ebener, dpa ; C’est assez !

 Flocke souffre-t-elle en France ?

Zoo- La petite ourse polaire était la star du zoo de Nuremberg, avant d’être transférée à Antibes. Les militants de la cause animale soulèvent désormais de sévères critiques à l’encontre du Marineland, où elle vit avec l’ours polaire Raspoutine.
DE BIRGIT HOLZER
ANTIBES L’ourse polaire Flocke, née en décembre 2007 au zoo de Nuremberg, est devenue une star dès la naissance, une véritable attraction adorée du public, attirant les foules et captivant les médias. Tout comme son congénère Knut, né un an avant elle au zoo de Berlin (et mort depuis), elle a été élevée manuellement, par des humains. L’engouement du public pour Flocke s’est depuis longtemps calmé. Depuis avril 2010, elle vit au Marineland, le parc animalier marin situé à Antibes dans le sud de la France. Mais comment va-t-elle depuis ?
Pour l’association de protection animale française C’est Assez !, la réponse est tout aussi claire que dramatique : elle ne va pas bien du tout. Les membres de l’association expliquent que la canicule de cet été, avec des températures atteignant les 40° C, ont énormément fait souffrir Flocke et son compagnon Raspoutine. Né dans un zoo de Moscou, ce dernier avait rejoint Flocke à Nuremberg, avant d’être transféré avec elle à Antibes en 2010. En novembre 2014, Flocke mettait au monde une petite ourse, Hope, conçue avec Raspoutine.
Une vidéo publiée sur Internet au mois de juin dernier montrait Raspoutine en plein soleil, haletant et la gueule pleine de bave. Les activistes pour la protection animale affirment que les ours n’avaient accès à aucun coin d’ombre et que l'accès à la cave réfrigérée était fermé par une grille, les ours n’ayant ainsi aucune possibilité d’échapper à la chaleur accablante. Les responsables du Marineland avaient affirmé qu’il était normal pour un ours en rut de baver comme l’avait fait Raspoutine, ce que les militants considèrent comme un non-sens. « Un ours polaire est fait pour vivre sur la banquise, nager sous la glace et chasser. Un ours polaire n’a rien à faire en captivité. »
Communément avec huit autres associations de protection animale, C’est Assez! publiait une pétition en ligne au mois de juin, cette dernière récoltant plus de 170 000 signatures en deux mois. Cette pétition exige du Ministère de la transition écologique et solidaire l’interdiction, à moyen terme, du maintien en captivité d’ours polaires en France et le transfert de Flocke et Raspoutine dans un endroit plus adapté à leurs besoins, en prenant l’exemple de la fille de Flocke et Raspoutine, Hope, transférée dans un parc dédié aux prédateurs en Suède. 

Un courrier devait être ensuite envoyé à Nicolas Hulot fin août, le jour où ce dernier a finalement annoncé sa démission du gouvernement. Christine Grandjean, la présidente de C’est Assez !, attend désormais l’entrée en fonction du successeur de Nicolas Hulot et espère dépasser, entre temps, la barre des 200 000 signatures. Elle craint cependant que les politiques ne puissent s’emparer de la question : « Tout est une question d’argent, puisque les ours polaires attirent énormément de visiteurs. » Elle ne compte néanmoins pas relâcher la pression. Le Marineland d’Antibes fait encore et toujours l’objet de critiques de la part des militants de la cause animale, notamment concernant la captivité des orques et dauphins. Dans le même temps, le parc a reçu en février 2018 le certificat « Humane Certified » du programme international American Humane Conservation, censé attester du respect du bien-être des animaux.
Le PDG du Marineland, Pascal Picot, qualifie les critiques actuelles de C’est Assez! d’ « attaques arbitraires d’une association extrémiste dont l’objectif final est de faire fermer le parc. » Il affirme que les ours polaires lui ont été confiés « dans le cadre d’un programme de reproduction d’espèces menacées ». Cela fait déjà plusieurs années que des doutes sont émis sur la capacité de Flocke et Raspoutine à supporter la chaleur, ce dès 2009, à l’annonce de l’arrivée de ces ours à Antibes.
À l’époque, les gestionnaires du Marineland avaient annoncé la construction d’un nouvel enclos doté de « grands bassins remplis d’une eau conservée à une température de 14° C toute l’année », tandis qu’un système de climatisation garantirait des températures agréables à l’intérieur. Pour l’association C’est Assez !, cet enclos de 2200 m² est trop petit et le maintien en captivité commune de Flocke et Raspoutine serait contre-nature. Selon Christine Grandjean, les ours polaires sont des solitaires et les deux ours présentent des troubles du comportement.
2010 : Flocke (à droite) et Raspoutine jouant au zoo de Nuremberg.  
2018 : l’ourse polaire Flocke au Marineland d’Antibes dans le sud de la France.


mercredi 12 septembre 2018

La pêche électrique cause un déclin des populations de dauphins de l’Irrawaddy

Présenté par ElevenMyanmar le lundi 10/09/2018 - 13:01 
Auteur : Communiqué par EMG 

© WWF-Cambodia/AFP/Archives / YE AUNG THU AFP/Archives
Les dauphins vivant dans les eaux du fleuve Irrawaddy (Asie du Sud-Est) sont désormais classés en tant qu’espèce menacée d’extinction. Les responsables : les pêcheurs utilisant des batteries de voiture provoquant des chocs électriques tuant aussi bien les poissons que les dauphins. 

Les spécialistes estiment que les activités de pêche illégales et tuant ces espèces sans distinction aucune constituent la raison principale de cette menace pesant sur les dauphins de l’Irrawaddy. 

« Le fleuve Irrawaddy au Myanmar est l’un des seuls au monde où les dauphins pêchent aux côtés des humains. Cette belle et longue tradition est désormais menacée par la pêche électrique. Nous devons garder l’espoir que les agences de voyages seront en mesure de sauver les dauphins de l’Irrawaddy », déclare un représentant officiel de World Wildlife Fund (WWF). 

En 2016, ce sont 385 031 touristes qui ont visité la région de Mandalay, où ces dauphins sont les plus nombreux. Parmi eux, 19 810 personnes ont visité la zone en bateau jusqu’au site de Bagan, ces dernières ayant potentiellement visité la zone où vivent les dauphins de l’Irrawaddy. Si cela est le cas, l’observation ou la visite des zones d’habitat naturel des dauphins de l’Irrawaddy sont susceptibles de générer des revenus s’élevant à 10,5 millions de dollars US. 

© WWF-CAMBODIA - AFP/ARCHIVES - LOR KIMSAN
La capacité de ces dauphins à pêcher en coopération avec les humains est particulièrement remarquable. Une étude menée en 2006 et 2007 par le Department of Fisheries (DOF, Département de la Pêche) et la Wildlife Conservation Society (WCS) avait démontré que la pêche en coopération naturelle avec ces dauphins était plus efficace et générait plus de revenus sur le long terme. 

À l’heure actuelle et selon l’antenne WCS Myanmar, la zone de protection des dauphins de l’Irrawaddy a été étendue à l’État Kachin et à la Région de Sagaing. 

Cette zone de protection, la Ayeyawaddy Dolphin Protected Area (ADPA), a été établie en 2005 sur une distance de 74 kilomètres le long du fleuve Irrawaddy, entre Mingun près de Mandalay au nord jusqu’à Kyauk Myaung, englobant ainsi les deux tiers de la population gravement menacée des dauphins de l’Irrawaddy. 

Selon le Département de la Pêche, la pêche électrique est interdite, les transgresseurs s’exposant à des amendes de 300 000 kyats ou à une peine de prison de trois ans. 

Malgré ces lourdes amendes et peines mises en place par le Département de la Pêche pour dissuader la population rurale, ces méthodes de pêche interdites sont toujours pratiquées.

Traduction : Sandrine Pantel pour C'est Assez!


lundi 10 septembre 2018

En quoi la captivité des cétacés est-elle cruelle? - Les faits scientifiques


Auteur : Cathy Williamson
Traduction de l’anglais : Sandrine Pantel pour C'est Assez!

EN QUOI LA CAPTIVITÉ DES CÉTACÉS EST-ELLE CRUELLE ? – LES FAITS SCIENTIFIQUES
25 juillet 2018
En 2017, un nouveau livre universitaire de premier plan rassemblait les informations connues concernant tous les aspects du bien-être des mammifères marins, comme point de référence pour les universités, les étudiants et toutes les personnes œuvrant pour la protection, le bien-être et la conservation de ces animaux.
Le livre Marine Mammal Welfare, Human Induced Change in the Marine Environment and its Impacts on Marine Mammal Welfare (« Bien-être des mammifères marins, Modifications d’origine humaine de l’environnement marin et leur impact sur le bien-être des mammifères marins ») comprend une large section dédiée aux baleines, orques, dauphins et marsouins, s’intéressant à des thématiques telles que la pêche à la baleine, l’enchevêtrement des mammifères marins dans les filets de pêche et la captivité et examinant l’impact que ces activités ont sur le bien-être des cétacés.
Plusieurs membres de l’équipe de Whale and Dolphin Conservation ont contribué à l’écriture de ce livre et j’ai moi-même rédigé le chapitre consacré aux orques et dauphins en captivité en collaboration avec mon collègue, Rob Lott. Je trouvais intéressant de partager une partie de ce contenu.
Lorsque j’explique à des entreprises ou autres décideurs en quoi les orques et dauphins ne sont pas faits pour vivre en captivité et pourquoi ils ne devraient pas sponsoriser ces « attractions », on me demande bien souvent de fournir des preuves. Voici donc mes preuves, ces dernières étant validées par mes pairs.

Si vous essayez d’expliquer à quelqu’un en quoi la captivité des orques et dauphins est cruelle, vous pouvez donc avancer les arguments ci-dessous, en sachant que ces derniers ont été soigneusement analysés (et validés) par des scientifiques et que vous disposez de toutes les références et sources sur lesquelles ces arguments sont fondés.
Orque captive aux dents abîmées. © U.C.Ludewig
Espace
À l’état sauvage, les orques et dauphins parcourent chaque jour de longues distances, à la recherche de nourriture ou autre. Les structures de captivité ne fournissent qu’une fraction de l’espace qu’une orque ou un dauphin parcourrait dans la nature (Tyack 2009). Même dans les parcs SeaWorld aux États-Unis, une orque captive devrait effectuer le tour de son bassin 1400 fois par jour pour couvrir la distance parcourue par ses congénères à l’état sauvage. L’espace est d’autant plus réduit, en captivité, lorsque des visiteurs sont introduits dans l’environnement des animaux dans le cadre d’activités d’interaction, comme « nager avec les dauphins ».

Environnement social
Les orques, baleines et dauphins ont une vie sociale très riche. En captivité, les individus partageant un bassin ne font, bien souvent, pas partie de la même famille, peuvent provenir de régions très différentes ou peuvent même provenir de différentes espèces ou sous-espèces.
Au sein des pods d’orques, les membres du groupe développent des liens très forts, les individus passant rarement plus de quelques heures éloignés les uns des autres (Bigg et al. 1990). La vie dans un petit bassin les prive de la possibilité de prendre des décisions, de juger les situations centrées sur les interactions sociales, la mobilité ou le fait de se nourrir et limite considérablement les choix possibles pour ces êtres sentients et complexes, auxquels est refusée la possibilité de chasser, d’explorer et de migrer.

Agressivité
L’unique incident signalé impliquant l’attaque d’un humain par une orque sauvage remonte à 1972, lorsqu’un surfeur californien fut mordu par une orque (qui l’avait probablement confondu avec un phoque) avant d’être rapidement relâché (Lodi News-Sentinel 1996). De nombreux actes d’agression de la part d’orques captives, entre elles et vis-à-vis de leurs dresseurs, ont été recensés au cours des 50 dernières années (Kirby 2012). Tilikum et Keto, orques mâles en captivité dans les parcs SeaWorld et Loro Parque, ont été impliquées dans la mort de quatre personnes (dont trois dresseurs), comme le montre le documentaire choc de Gabriela Cowperthwaite, Blackfish.
En 2015, un béluga mourait dans un parc SeaWorld, d’une infection à la mâchoire : celle-ci avait été fracturée durant une soi-disant « interaction » avec deux autres bélugas (Evans 2015). Les visiteurs courent également un risque d’agression. En 2008, trois touristes avaient été blessés en nageant parmi les dauphins à Curaçao, un dauphin Tursiops ayant atterri sur eux (apparemment délibérément) après avoir sauté hors de l’eau (Rose et al. 2009 ; Marine Connection 2008). De nombreux incidents de même nature ont été relayés par les médias dans le monde entier, les incidents non signalés étant sûrement aussi nombreux (Vail 2012).

Grossesse précoce et séparation de la mère et de son petit
Dans la nature, les orques ont généralement leur premier bébé aux alentours de 14 ans et les suivants à des intervalles d’environ cinq ans (Olesiuk et al. 2005). Les grossesses des orques en captivité sont beaucoup plus fréquentes (notamment via l’insémination artificielle) et la première grossesse est plus précoce (Hargrove 2015). À Loro Parque dans les îles Canaries, Kohana, une orque femelle est tombée enceinte à l’âge de seulement sept ans et a donné naissance à un petit mâle, Adan, en 2010. En 2012, Kohana est retombée enceinte du même mâle et a donné naissance à Vicky, une femelle. Cette jeune orque s’est donc retrouvée mère de deux petits à l’âge de dix ans et les a rejetés tous les deux. Une théorie cherchant à expliquer ce comportement est que Kohana n’avait aucune idée de la manière dont elle devait les élever, ayant été elle-même séparée de sa mère de façon beaucoup trop précoce.
Au sein des populations sauvages les plus étudiées, les jeunes orques restent avec leur mère pour la vie, certains groupes matriarcaux pouvant inclure jusqu’à quatre générations (Ford et al. 2000). SeaWorld a séparé 19 bébés orques de leur mère, dont un âgé de dix mois, un de 20 mois et un de 24 mois ; sur ces 19 séparations, seules deux ont été effectuées pour des raisons médicales (Hargrove 2015).

Environnement
Un bassin ne pourra jamais reproduire la complexité, l’étendue, le choix et la diversité des habitats dans le milieu marin. L’eau est traitée au moyen de produits chimiques, bien souvent avec du chlore, ce qui empêche de placer des poissons vivants ou des plantes dans les bassins et peut également entraîner des problèmes de santé (Couquiaud 2005). La plupart des bassins ont des parois lisses, sont de taille réduite et dépourvus de tout élément stimulant, probablement pour faciliter leur nettoyage.
Offrant potentiellement une plus grande diversité au niveau de l’environnement et, ainsi, un environnement plus riche (Ruiz et al. 2009 ; Ugaz et al. 2013), les pennatules (animaux filtreurs planctonivores en forme de plume) sont souvent localisées dans des eaux trop peu profondes, trop chaudes et soumises à des tempêtes tropicales dans des zones où la pollution est un vrai problème (Rose et al. 2009).

Mortalité précoce
Dans la nature, les orques femelles peuvent vivre jusqu’à un âge maximum de 90 ans, la longévité moyenne étant de 46 ans. Les mâles peuvent vivre jusqu’à 70 ans, leur longévité moyenne étant de 31 ans (Olesiuk et al. 2005). À l’état sauvage, les dauphins Tursiops peuvent vivre jusqu’à 50 ans (NOAA Fisheries 2016).
Deux études des années 1990 (Small and DeMaster 1995 ; Woodley et al. 1997) ont démontré des taux annuels de mortalité plus élevés pour les dauphins Tursiops (5,6 et 5,7 %) et les orques (6,2 %) en captivité par rapport à leurs congénères sauvages (dauphins Tursiops 3,9 % et orques 2,3 %).
Une étude de 2015 de Jett et Ventre se penchant sur la mortalité des orques captives à l’échelle mondiale depuis 1961 a démontré que près des deux tiers des décès d’orques survenaient au cours des cinq premières années de captivité.
Les techniques d’évaluation de l’âge des bélugas dans la nature ont évolué et permettent désormais d’estimer la longévité des bélugas à 60 ans maximum (Stewart et al. 2006). En captivité, les bélugas meurent souvent avant l’âge de 30 ans (Rose et al. 2009). En tenant compte du fait que les orques et dauphins en captivité reçoivent des soins vétérinaires lorsqu’ils sont malades, n’ont pas à chasser pour se nourrir, ne sont pas exposés à la pollution des milieux naturels marins (mais peuvent être exposés, sur le long terme, à des produits chimiques présents dans l’eau de leurs bassins) et sont protégés des prédateurs, il est probable que d’autres facteurs jouent un rôle dans la baisse des taux annuels de survie des orques et dauphins en captivité.

Menaces pour les populations sauvages
Actuellement, les orques et dauphins ne sont capturés à des fins de divertissement que dans quelques régions du monde, notamment en Russie et au Japon (UICN 2015 ; Commission baleinière internationale 2014, 2015).

Captures de bélugas
Dans l’Extrême-Orient russe, les bélugas sont capturés selon un quota fixé par le gouvernement russe (Shpak et Glazov 2013). En 2013, ce sont 81 bélugas qui ont été capturés et transportés dans des structures de détention, avant d’être transférés vers des aquariums nationaux et internationaux. 34 bélugas sont présumés morts pendant la capture, sept ont péri dans les structures de détention et trois, considérés comme étant en danger de mort, ont été relâchés (Shpak et Glazov 2014). Des scientifiques nationaux et internationaux spécialistes des bélugas estiment toujours que les captures constituent une pratique non durable (Commission baleinière internationale 2014, 2015).
Les équipes chargées de la capture approchent les bélugas en bateau, dans des eaux peu profondes et les piègent à l’aide de filets, les sennes, tandis que d’autres bateaux les encerclent. Une fois confinés dans la zone délimitée par les filets, les bélugas risquant de s’enchevêtrer dans ces derniers sont enveloppés dans le filet et maintenus à la surface ou attachés à la coque de l’un des bateaux. Le filet et les bélugas piégés à l’intérieur sont ensuite ramenés vers le rivage (Georgia Aquarium 2012). Le stress engendré par cette procédure est défini comme très intense (St. Aubin et Geraci 1992 ; Curry 1999 ; Butterworth et al. 2013).

Pêche dirigée au Japon
Les individus sont pourchassés en mer par de petits bateaux de pêche et entraînés vers le rivage en créant des bruits sous-marins qui vont effrayer et désorienter les cétacés. Ces derniers sont donc rabattus vers la côte où ils sont encerclés par des filets puis capturés vivants pour être vendus à des aquariums ou tués pour leur viande ou d’autres produits (Butterworth et al. 2013 ; Vail 2015).
Le stress prolongé engendré par les pratiques de la pêche dirigée (ou chasse au rabattage), impliquant de pourchasser les cétacés au large, de les traîner par la nageoire caudale en les attachant au flanc des bateaux, de les confiner dans une baie au moyen de filets, de les sortir de l’eau et, donc, de les séparer des membres de leur groupe (nombreux d’entre eux finiront par être tués), processus durant parfois plusieurs heures, voire plusieurs jours, est fortement susceptible d’avoir un impact très négatif sur le bien-être animal (Butterworth et al. 2013 ; Connor 2007). La Commission Baleinière Internationale et d’autres institutions scientifiques ont exprimé leur inquiétude quant au caractère non durable de ce type de chasse au Japon.

Captures d’orques
Les premières captures d’orques ont eu lieu dans le Pacifique, au nord-ouest des États-Unis, au début des années 1960 et se sont poursuivies jusqu’au milieu des années 1970, lorsque cette pratique fut interdite par la loi d’État (Pollard 2014). Au cours de cette période, ce sont 55 orques qui ont été capturées pour être exhibées dans des parcs zoologiques marins. À partir de 1976, ce sont 54 orques qui ont été capturées au large de l’Islande au cours des 13 années suivantes (Williams 2001). Durant les années 1980 et 1990, le Japon s’est également employé à capturer des orques pour remplir les bassins de ses parcs… et aucune des 20 orques capturées durant cette période n’a survécu (Jacobs 2006). Le gouvernement russe établit chaque année de nouveaux quotas de capture d’orques (jusqu’à 10 orques par an), à la fois pour son marché intérieur et pour l’exportation (FEROP 2016). La Russie est aujourd’hui le seul pays au monde où des orques sauvages sont capturées pour être vendues à des aquariums.

Conclusion : L’avenir des cétacés captifs
L’opinion publique est en train de changer concernant la captivité des cétacés. Des documentaires comme Blackfish ou The Cove ont permis de faire prendre conscience à des millions de spectateurs des souffrances endurées par ces animaux captifs. Les preuves fournies de la détresse des orques captives ont fait basculer l’opinion générale (Whale and Dolphin Conservation 2014). En mars 2016, le PDG de SeaWorld, Joel Manby, annonçait l’arrêt de la reproduction des orques au sein de ses parcs, en réponse aux nouvelles mentalités au sein de la société et en réaction à la baisse du nombre de visiteurs (Munarriz 2016).
Des études révèlent les préoccupations de l’opinion publique concernant d’autres espèces, une majorité de vacanciers britanniques faisant part de leur refus d’assister à des spectacles présentant des orques ou des dauphins (Payne 2014) et une autre étude révélant les scrupules de personnes ayant nagé avec des dauphins en captivité (Curtin et Wilkes 2007).
Le nombre de structures détenant des orques et dauphins est à la baisse dans certaines régions du monde, y compris en Europe (Whale and Dolphin Conservation 2015). Toutefois, dans d’autres régions du globe, comme en Chine ou dans les Caraïbes, ce nombre est en augmentation (China Cetacean Alliance 2015 ; Vail 2014).
Les débats tournent désormais autour des alternatives possibles pour les milliers de dauphins Tursiops, orques, bélugas et individus d’autres espèces vivant actuellement en captivité. Tandis qu’il serait possible de relâcher certains d’entre eux dans la nature en respectant certains critères stricts (Williamson 2014), d’autres auraient été trop fragilisés physiquement ou mentalement par leurs longues années de captivité pour pouvoir survivre dans la nature sans assistance humaine. Des projets sont actuellement en cours pour créer des sanctuaires d’orques et de dauphins, offrant à ces individus la possibilité de passer le reste de leur vie dans des enceintes fermées dans des baies naturelles, les protégeant des intempéries et de la pollution, permettant de les soigner dans un environnement bien plus naturel où ils n’auraient plus à se donner en spectacle et où les visites du public seraient strictement contrôlées (Williamson 2016). Ceci est un avenir possible pour les cétacés actuellement en captivité, un avenir ayant le potentiel de contrer de nombreuses menaces pesant sur le bien-être de ces animaux du fait de leur confinement en captivité.

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samedi 11 août 2018

100 000 Cétacés Sont Chassés Chaque Année Selon Un Nouveau Rapport

Article de la Whale and Dolphin Conservation (WDC) publié le 6 août 2018.
Traduction: C'est Assez! 

UN NOUVEAU RAPPORT RÉVÈLE QUE 100.000 DAUPHINS ET PETITES BALEINES SONT CHASSÉS CHAQUE ANNÉE

Lorsque vous entendez les mots «chasse aux dauphins», vous pensez probablement au Japon ou aux îles Féroé. Bien qu'ils soient complices de la mort de plusieurs milliers d'individus, ce ne sont malheureusement pas les pires contrevenants.

Je savais que des dauphins et des petites baleines étaient chassés dans de nombreux pays du monde entier et je soupçonnais que ces chasses horribles augmentaient à un rythme alarmant. Mais d'une certaine manière, ce phénomène semblait passer inaperçu. Je ne pense pas que quiconque ait vraiment une idée de l'ampleur du problème et nous nous sommes réunis avec des collègues d'organisations similaires pour découvrir exactement ce qui se passait et l'exposer au monde entier.

En conséquence, je viens de passer la plus grande partie de l’année à co-écrire un rapport qui révèle quels pays tuent telles espèces et en quel nombre. Nous avons également détaillé ce que les chasseurs faisaient avec les corps.
C’est l’une des choses les plus difficiles que j’ai eues à faire dans ma carrière de scientifique et de défenseur des cétacés. Les informations que j'ai découvertes sur l'importance de ce problème et le nombre considérable de cétacés abattus  m’ont profondément bouleversé.

Harponnage d'un dauphin. Copyright: S Austerm
Nous avons analysé plus de 300 publications scientifiques, rapports de médias locaux et récits de témoins oculaires, et notre rapport révèle que plus de 100.000 dauphins et petites baleines sont chassés et tués chaque année, dont beaucoup sont utilisés comme appâts pour le requin, le thon et d’autres formes de pêche. 

Ces chasses ciblent 56 espèces différentes et sont pratiquées dans plus de 40 pays. La plupart de ces chasses sont non-réglementées, illégales, non-durables et leurs conséquences sur les populations marines demeurent inconnues. Et le plus inquiétant, c'est que ces chasses sont illégales et sûrement largement sous-estimées. Il est probable que des populations entières, voire des espèces, seront bientôt exterminées. Les individus tués subiront une lente agonie et une mort extrêmement cruelle, car la plupart sont tués avec des méthodes rudimentaires, certains sont même tués avec de la dynamite.

Le Pérou est le pays où le plus grand nombre de cétacés sont tués: près de 15.000 dauphins y sont massacrés chaque année pour servir d'appât pour la pêche aux requins. 

Les autres pays où plus de 1000 cétacés sont tués chaque année sont le Brésil, le Canada, le Groenland, le Ghana, le Guatemala, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, Madagascar, la Malaisie, le Nigéria, la République de Corée, les Îles Salomon, le Sri Lanka et la Chine / Taipei chinois (désormais Taiwan (RPC)). Jusqu'à plusieurs centaines de ces mammifères marins sont chassés chaque année aux États-Unis (Alaska), Cameroun, Colombie, Îles Féroé, Guinée Bissau, Kiribati, Myanmar, Pakistan, Philippines, Papouasie Nouvelle Guinée, Sénégal, Sainte Lucie, Saint Vincent et les Grenadines, au Vietnam et en Tanzanie.

Êtes-vous choqué ? Je l’ai été.

Les raisons diffèrent selon les pays. Ils sont tués pour la consommation humaine, servir d'appât, pour l‘étanchéité, pour des gratifications sexuelles, pour fabriquer de médicaments ou des amulettes traditionnelles, pour servir de monnaie d'échange ou encore éliminer un concurrent "trop gourmand", les ressources étant en déclin. Depuis des millénaires, certaines espèces sont chassées par les populations indigènes dans le monde entier, tandis que dans d’autres régions, notamment en Afrique de l’Ouest et en Asie, la pêche industrielle, souvent illégale, non déclarée et non réglementée, entraîne une surexploitation des ressources halieutiques. Les petites baleines sont de plus en plus chassées comme source de nourriture pour répondre aux besoins en protéines d'une population humaine croissante. Pourtant, l'état précaire de ces nombreuses populations et leur faible taux de reproduction, ainsi que leur taux élevé en polluants, montrent sans aucun doute qu'elles ne constituent pas un choix sûr et durable pour assurer la sécurité alimentaire.

Chasse aux dauphins dans les îles Salomon. Copyright: Dolphin Project
La chasse aux petites baleines, aux dauphins et aux marsouins est illégale dans de nombreux pays, mais difficilement contrôlée dans les zones reculées comme le Brésil, le Sri Lanka ou le Pérou où il existe désormais un marché noir florissant. Généralement, là où la législation est en place, une fois encore, les contrôles appropriés et des mesures rigoureuses pour faire appliquer la loi font défaut.

Alors que la chasse pour la consommation humaine a diminué dans de nombreuses régions, la chasse aux cétacés destinés à être utilisés comme appâts pour la pêche est en nette hausse. La viande de dauphin et de baleine est considérée comme idéale pour les appâts en raison de sa résistance dans l'eau, ce qui lui permet de rester accrochée aux hameçons même après une longue période de trempage et elle est très attractive grâce à sa forte teneur en sang et en graisse.

Nous savons que les gens trouveront cela choquant et terriblement bouleversant, mais nous devons diffuser ces informations car nous avons désespérément besoin d’actions pour mettre un terme à cette chasse. Nous avons écrit ce rapport pour les centaines de milliers d’individus qui vont subir une mort cruelle, angoissante et franchement terrifiante. pour les dauphins et les petites baleines qui vont perdre leur famille et leurs amis, et pour les populations et les espèces qui pourraient être détruites. Nous transmettrons notre rapport aux plus hautes puissances diplomatiques et scientifiques, y compris à la Commission Baleinière Internationale, la Convention sur les Espèces Migratrices et la Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées d’Extinction. Nous mènerons des enquêtes sous couverture dans certains de ces pays et nous travaillerons avec eux pour les aider à comprendre les avantages économiques du « whale and dolphin watching » (pratique touristique consistant à aller observer des dauphins et baleines en mer, N.d.T.).

Liste des pires pays contrevenants, nombre de cétacés tués chaque année et pourquoi:

- Pérou : jusqu'à 15 000 (appâts pour la pêche au requin)
- Nigéria : environ 10 000 individus (marché de la viande et appâts pour la pêche)
- Brésil : plusieurs milliers de cétacés (principalement pour les appâts pour la pêche)
- Venezuela : plusieurs milliers de cétacés (pour le marché de la viande et comme appâts pour la pêche)
- Madagascar : plusieurs milliers de cétacés (pour le marché de la viande et comme appâts pour la pêche)
- Inde : plusieurs milliers de cétacés (pour le marché de la viande et comme appâts pour la pêche)
- Corée du Sud : plusieurs milliers de cétacés (pour le marché de la viande)
Malaisie : plusieurs milliers de cétacés (pour le marché de la viande et comme appâts pour la pêche)
- Groenland :> 3.100 (nourriture)
- Japon : moins de 2300 actuellement (pour le marché de la viande)

Les révélations les plus choquantes de notre rapport :

• En Indonésie, un seul ensemble de filets a permis de capturer plus de 577 globicéphales et 312 dauphins non identifiés durant 11 mois. Toutes les espèces marines tuées en utilisant cette méthode ont été transformées en aliments pour animaux de compagnie pour l'exportation.

Ces chasses ne sont pas sélectives - aucune espèce, taille ou sexe spécifique ne sont visés. Au lieu de cela, les individus les plus facilement accessibles sont chassés, ce qui rend les dauphins de rivière et des côtes particulièrement vulnérables à la surexploitation.

• Au cours des 20 dernières années, au moins 18 405 cétacés ont été tués dans les îles Féroé.

• Dans l’Arctique, le nombre d’individus tués pour les chasses de subsistance par les peuples autochtones a augmenté au cours des dernières décennies. Cela est dû à la croissance de la population humaine (augmentation de la demande), l’avènement de techniques modernes et la fonte des glaces liée au changement climatique qui facilite l'accès à certaines zones. Bien que de nombreuses chasses soient «gérées» par un système de quotas, les limites de capture sont fréquemment dépassées et le nombre réel d’individus tués est souvent bien plus élevé en raison du grand nombre d’individus touchés selon le type d'armes utilisées.

Plus de 232 orques ont été tués au Groenland entre 2007 et 2016.

Des milliers de botos et de tucuxis, deux espèces de dauphins d'eau douce, sont chassés chaque année pour servir d'appât pour la pêche commerciale. Dans une rivière du nord-ouest du Brésil, on estime que plus de 1 500 cétacés sont tués chaque année. Une étude a révélé un déclin de 50% de la population de botos entre 2004 et 2014.

• Malgré la législation, 15 000 cétacés sont tués chaque année au Pérou, principalement pour servir d’appât, mais une quantité considérable de viande de dauphin est également vendue illégalement sur les marchés péruviens pour la consommation humaine.

• Parmi les 20 espèces de baleines et de dauphins présentes dans les eaux vénézuéliennes, 11 sont connues pour être la cible lors de chasses.

• À Saint-Vincent et aux îles Grenadines, plus de 500 cétacés (dont des orques) sont tués chaque année. De petits morceaux de graisse et de viande, appelés localement «chips», sont consommés dans tout le pays.

L'augmentation de la valeur de la viande de dauphin (ou des carcasses individuelles) suggère un commerce croissant des produits issus de cétacés malgré les interdictions nationales. Cela est particulièrement préoccupant au Ghana et au Nigéria, qui sont actuellement responsables du nombre le plus élevé de cas de mortalité en Afrique de l’Ouest.

• Un port du Ghana a connu une augmentation de près de 400% du nombre de dauphins débarqués depuis 2003.

• Les prises accessoires et la chasse délibérée de dauphins à bosse de l’Atlantique étaient si importantes dans certains endroits d’Afrique de l’Ouest que l’espèce a été menacée d’extinction. En outre, il est suggéré que les grands dauphins sont en train de disparaître plus rapidement que les autres espèces et que les prises annuelles totales sont considérées comme non durables.

• La viande de baleine et de dauphin qui n'est pas consommée localement est salée, fumée et séchée, puis commercialisée au nord du Togo, au Burkina Faso, au Niger et au Mali.

Tous les pays d’Asie du Sud-Est et d’Asie de l’Est signalent des chasses aux mammifères marins, ainsi que l’utilisation opportuniste de mammifères vivants ou morts marins provenant d’échouages et de prises accidentelles.


• Entre 2000 et 2016, le Japon a tué environ 173 662 dauphins et petites baleines.

Dauphin tué en Inde. Copyright: Anonymous

Article original: ICI

Note du traducteur: En anglais, le terme "small whale" (petite baleine) est généralement utilisé pour parler de certaines espèces de dauphins, comme les globicéphales, les bélugas ou les orques. 

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dimanche 5 août 2018

La NOAA « sort des sentiers battus» pour sauver une orque du pod J, qui n'a peut-être plus que quelques jours à vivre.

Un plan d'urgence pour sauver une orque résidente du sud affamée est en cours tandis qu'un autre individu de ce pod, Tahlequah (J35) continue de porter son bébé mort.

Phtoto : Scarlet (J50) - Dr Fearnbach/SR³ - Sealife Response, Rehabilitation & Research - Dr John Durban/NOAA
Le gouvernement fédéral organise une intervention d'urgence pour Scarlett (J50), une orque de 4 ans affamée, afin de la nourrir avec du saumon quinnat vivant, enrichi de médicaments. Scarlet n'aurait peut-être plus que quelques jours à vivre.
La jeune orque est si émaciée, que l'arrière de son crâne est visible. Une tache blanche inquiétante a également été repérée sur le haut de sa tête, près de son évent. Cela pourrait être un signe d’infection.

La crise survient alors qu'un autre membre des orques résidentes du sud s'accroche à son bébé décédé pour la dixième journée consécutive, refusant de le laisser partir. Le bébé, né le 24 juillet, n'a vécu qu'une demi-heure. Actuellement, les autorités s'empressent de mettre au point un plan pour éviter un autre décès dans cette population d'épaulards en danger critique d‘extinction.

Le biologiste Brad Hanson, du Northwest Fisheries Science Center de Seattle, a déclaré que Scarlett (J50) avait perdu environ 20% de son poids corporel et qu'elle avait besoin de poisson. Il s'agit tout autant de la réhydrater que de la nourrir.

"Il y a beaucoup de si, et on ne sait si elle prendra ou pas le poisson", a déclaré Hanson. "La plus grande préoccupation est la diminution de son taux d'hydratation ; cela devient vraiment très préoccupant.

"Elle ne pourrait survivre que quelques jours. Elle continue à décliner. "

Photo : Center for Whale Research
Lynne Barre, directrice de la Protected Resources Division de la NOAA de Seattle, a déclaré que la première étape consisterait à examiner de plus près ce qui pourrait affecter la jeune orque.

Un bilan de sa santé est prévu pour évaluer son niveau d'activité et sa respiration. Les biologistes prendront également des échantillons de manière non invasive. 
Hanson fera des prélèvements sur sa respiration et examinera les gouttelettes à la recherche d'agents pathogènes, en utilisant une boîte de Pétri tenue à une certaine distance de son évent.

D'autres scientifiques sont sur le terrain actuellement et se servent d'un drone pour collecter des photos d'elle. Un autre biologiste recueillera des selles de l’orque à la surface de l'eau pour les analyser.
Selon Barre, l'agence a obtenu un permis d'urgence pour aider Scarlett (J50). Il travaille sur un plan pour l’hydrater et la soigner avec du saumon quinnat vivant,. Un plan encore en cours d'élaboration qui devra obtenir l'aval du siège de l'agence, à Washington DC, pour sauver la vie de la jeune orque.

Photo : Katy Foster/NOAA Fisheries
"C'est une idée nouvelle et nous avons du travail à faire pour évaluer son potentiel et ses risques", a déclaré M. Barre. "Cela sort des sentiers battus, mais nous devons déterminer quel poisson, quel bateau, où, quand et comment. "

Mais étant donné la situation actuelle de Scarlett (J50), rester sans rien faire n’est pas une option, a déclaré Barre. La santé de l’orque s'est nettement détériorée depuis l'année dernière.
Jay Julius, président de la nation Lummi, a déclaré que la tribu avait pris des dispositions pour utiliser un bateau à turbine et qu'elle cherchait une source de poisson pouvant nourrir Scarlet, des poissons qui pourraient être pêchés par des professionnels de la communauté.

Le poisson serait capturé vivant soit à l'aide de senneurs, soit avec des filets et mis dans un récipient sur le bateau.
Pour nourrir Scarlet, le poisson pourrait alors être déversé par l'arrière du bateau. Si Scarlett accepte de prendre le poisson, on pourrait lui donner davantage de poissons avec médicaments », a déclaré Barre.

La nation Lummi se mobilise pour aider cette population d‘orques, a déclaré Julius. La vue de Tahlequah (J35) portant son bébé mort jour après jour l'a ému et a provoqué une réaction mondiale.

Photo : Robin W. Baird-Cascadia Research Collective

"Voyez ce qu'il se passe avec ce petit bébé sans vie et sa mère en deuil qui porte son bébé", a déclaré Julius. "Ils appartiennent à la mer des Salish", dit-il des épaulards. "Tout comme nous appartenons à la mer des Salish. Ils n'ont pas de voix et je sais que ce n'est pas une solution à long terme. Mais quelque chose doit être fait, et ca doit être fait rapidement. La situation est urgente", a-t-il dit à propos de Scarlet, 4 ans, qui meurt de faim.

Alors que cet effort fait dans l’urgence n'est pas infaillible, certains ont été soulagés de savoir qu'un plan était en cours pour l’aider.

"Nous parlons de la possibilité de perdre trois femelles", a déclaré Deborah Giles, chercheur scientifique pour le University of Washington Center for Conservation Biology et Directrice de recherches pour Wild Orca.

Scarlett (J50) est une femelle, tout comme le bébé décédé de Tahlequah (J35). Tahlequah est l'une des rares femelles en âge de procréer, c’est un membre important du clan. Pourtant, "Si Tahlequah continue ainsi, nous pourrions la perdre aussi", a déclaré Giles.

Giles utilise des chiens renifleurs pour trouver les excréments des orques résidentes du sud, ils seront analysés pour déterminer l'état de leur santé.
Des études menées par le directeur du centre, Sam Wasser, basées sur l'analyse de ces échantillons, ont établi un lien entre la famine et l'échec des grossesses chez les orques résidentes du sud. Cette population est en voie de disparition, elle ne compte que 75 membres aujourd'hui et cette famille a perdu de nombreuses femelles en âge de procréer.

Photo - Katy Foster-NOAA Fisheries
Giles a dit qu'elle espérait que Scarlett (J50), aperçue la nuit dernière en train de nager avec sa famille dans le détroit de Juan de Fuca, revienne et très bientôt : "J'espère qu'ils reviendront avant qu'il ne soit trop tard."


La NOAA a pris des mesures sans précédent en faveur des orques dans le passé et qui ont démontré leur succès.

Springer, ou A73, une jeune orque des résidentes du nord arrivée à Puget Sound en 2002, souffrait de malnutrition, elle était malade et orpheline. Elle commençait à s’approcher des bateaux. 
L'agence est intervenue, s'occupant de Springer, la transférant dans un enclos temporaire près de Manchester. Elle fut nourrie et soignée jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment forte et en bonne santé pour être relâchée dans la nature 6 semaines plus tard dans le détroit de Johnstone.

Puis on l'a vue nager de nouveau avec des orques sauvages. Dès lors, son état de santé est revenu à la normale et depuis, elle a donné naissance à deux bébés. 

Il est difficile de savoir ce qu’il va advenir de Scarlet (J50).

"Il y a un million de possibilités et nous voulons procéder étape par étape", a déclaré Barre, qui avait participé au sauvetage de Springer et qui est resté par la suite afin de travailler sur des solutions permettant de rétablir la population des orques résidentes du sud.

Regarder Tahlequah qui s'accroche à son bébé mort est difficile, tout comme d’assister au déclin de Scarlet, a déclaré Barre.

"Ce sont à la fois des situations tragiques et des signes que la population ne va pas bien."

[NOAA - Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique]

[Traduction C’est assez !]

Pour agir vous pouvez signer la pétition :  
https://actionnetwork.org/petitions/time-is-running-out-these-dams-must-be-breached-to-save-endangered-orcas-and-salmon?source=facebook