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samedi 11 août 2018

100 000 Cétacés Sont Chassés Chaque Année Selon Un Nouveau Rapport

Article de la Whale and Dolphin Conservation (WDC) publié le 6 août 2018.
Traduction: C'est Assez! 

UN NOUVEAU RAPPORT RÉVÈLE QUE 100.000 DAUPHINS ET PETITES BALEINES SONT CHASSÉS CHAQUE ANNÉE

Lorsque vous entendez les mots «chasse aux dauphins», vous pensez probablement au Japon ou aux îles Féroé. Bien qu'ils soient complices de la mort de plusieurs milliers d'individus, ce ne sont malheureusement pas les pires contrevenants.

Je savais que des dauphins et des petites baleines étaient chassés dans de nombreux pays du monde entier et je soupçonnais que ces chasses horribles augmentaient à un rythme alarmant. Mais d'une certaine manière, ce phénomène semblait passer inaperçu. Je ne pense pas que quiconque ait vraiment une idée de l'ampleur du problème et nous nous sommes réunis avec des collègues d'organisations similaires pour découvrir exactement ce qui se passait et l'exposer au monde entier.

En conséquence, je viens de passer la plus grande partie de l’année à co-écrire un rapport qui révèle quels pays tuent telles espèces et en quel nombre. Nous avons également détaillé ce que les chasseurs faisaient avec les corps.
C’est l’une des choses les plus difficiles que j’ai eues à faire dans ma carrière de scientifique et de défenseur des cétacés. Les informations que j'ai découvertes sur l'importance de ce problème et le nombre considérable de cétacés abattus  m’ont profondément bouleversé.

Harponnage d'un dauphin. Copyright: S Austerm
Nous avons analysé plus de 300 publications scientifiques, rapports de médias locaux et récits de témoins oculaires, et notre rapport révèle que plus de 100.000 dauphins et petites baleines sont chassés et tués chaque année, dont beaucoup sont utilisés comme appâts pour le requin, le thon et d’autres formes de pêche. 

Ces chasses ciblent 56 espèces différentes et sont pratiquées dans plus de 40 pays. La plupart de ces chasses sont non-réglementées, illégales, non-durables et leurs conséquences sur les populations marines demeurent inconnues. Et le plus inquiétant, c'est que ces chasses sont illégales et sûrement largement sous-estimées. Il est probable que des populations entières, voire des espèces, seront bientôt exterminées. Les individus tués subiront une lente agonie et une mort extrêmement cruelle, car la plupart sont tués avec des méthodes rudimentaires, certains sont même tués avec de la dynamite.

Le Pérou est le pays où le plus grand nombre de cétacés sont tués: près de 15.000 dauphins y sont massacrés chaque année pour servir d'appât pour la pêche aux requins. 

Les autres pays où plus de 1000 cétacés sont tués chaque année sont le Brésil, le Canada, le Groenland, le Ghana, le Guatemala, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, Madagascar, la Malaisie, le Nigéria, la République de Corée, les Îles Salomon, le Sri Lanka et la Chine / Taipei chinois (désormais Taiwan (RPC)). Jusqu'à plusieurs centaines de ces mammifères marins sont chassés chaque année aux États-Unis (Alaska), Cameroun, Colombie, Îles Féroé, Guinée Bissau, Kiribati, Myanmar, Pakistan, Philippines, Papouasie Nouvelle Guinée, Sénégal, Sainte Lucie, Saint Vincent et les Grenadines, au Vietnam et en Tanzanie.

Êtes-vous choqué ? Je l’ai été.

Les raisons diffèrent selon les pays. Ils sont tués pour la consommation humaine, servir d'appât, pour l‘étanchéité, pour des gratifications sexuelles, pour fabriquer de médicaments ou des amulettes traditionnelles, pour servir de monnaie d'échange ou encore éliminer un concurrent "trop gourmand", les ressources étant en déclin. Depuis des millénaires, certaines espèces sont chassées par les populations indigènes dans le monde entier, tandis que dans d’autres régions, notamment en Afrique de l’Ouest et en Asie, la pêche industrielle, souvent illégale, non déclarée et non réglementée, entraîne une surexploitation des ressources halieutiques. Les petites baleines sont de plus en plus chassées comme source de nourriture pour répondre aux besoins en protéines d'une population humaine croissante. Pourtant, l'état précaire de ces nombreuses populations et leur faible taux de reproduction, ainsi que leur taux élevé en polluants, montrent sans aucun doute qu'elles ne constituent pas un choix sûr et durable pour assurer la sécurité alimentaire.

Chasse aux dauphins dans les îles Salomon. Copyright: Dolphin Project
La chasse aux petites baleines, aux dauphins et aux marsouins est illégale dans de nombreux pays, mais difficilement contrôlée dans les zones reculées comme le Brésil, le Sri Lanka ou le Pérou où il existe désormais un marché noir florissant. Généralement, là où la législation est en place, une fois encore, les contrôles appropriés et des mesures rigoureuses pour faire appliquer la loi font défaut.

Alors que la chasse pour la consommation humaine a diminué dans de nombreuses régions, la chasse aux cétacés destinés à être utilisés comme appâts pour la pêche est en nette hausse. La viande de dauphin et de baleine est considérée comme idéale pour les appâts en raison de sa résistance dans l'eau, ce qui lui permet de rester accrochée aux hameçons même après une longue période de trempage et elle est très attractive grâce à sa forte teneur en sang et en graisse.

Nous savons que les gens trouveront cela choquant et terriblement bouleversant, mais nous devons diffuser ces informations car nous avons désespérément besoin d’actions pour mettre un terme à cette chasse. Nous avons écrit ce rapport pour les centaines de milliers d’individus qui vont subir une mort cruelle, angoissante et franchement terrifiante. pour les dauphins et les petites baleines qui vont perdre leur famille et leurs amis, et pour les populations et les espèces qui pourraient être détruites. Nous transmettrons notre rapport aux plus hautes puissances diplomatiques et scientifiques, y compris à la Commission Baleinière Internationale, la Convention sur les Espèces Migratrices et la Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées d’Extinction. Nous mènerons des enquêtes sous couverture dans certains de ces pays et nous travaillerons avec eux pour les aider à comprendre les avantages économiques du « whale and dolphin watching » (pratique touristique consistant à aller observer des dauphins et baleines en mer, N.d.T.).

Liste des pires pays contrevenants, nombre de cétacés tués chaque année et pourquoi:

- Pérou : jusqu'à 15 000 (appâts pour la pêche au requin)
- Nigéria : environ 10 000 individus (marché de la viande et appâts pour la pêche)
- Brésil : plusieurs milliers de cétacés (principalement pour les appâts pour la pêche)
- Venezuela : plusieurs milliers de cétacés (pour le marché de la viande et comme appâts pour la pêche)
- Madagascar : plusieurs milliers de cétacés (pour le marché de la viande et comme appâts pour la pêche)
- Inde : plusieurs milliers de cétacés (pour le marché de la viande et comme appâts pour la pêche)
- Corée du Sud : plusieurs milliers de cétacés (pour le marché de la viande)
Malaisie : plusieurs milliers de cétacés (pour le marché de la viande et comme appâts pour la pêche)
- Groenland :> 3.100 (nourriture)
- Japon : moins de 2300 actuellement (pour le marché de la viande)

Les révélations les plus choquantes de notre rapport :

• En Indonésie, un seul ensemble de filets a permis de capturer plus de 577 globicéphales et 312 dauphins non identifiés durant 11 mois. Toutes les espèces marines tuées en utilisant cette méthode ont été transformées en aliments pour animaux de compagnie pour l'exportation.

Ces chasses ne sont pas sélectives - aucune espèce, taille ou sexe spécifique ne sont visés. Au lieu de cela, les individus les plus facilement accessibles sont chassés, ce qui rend les dauphins de rivière et des côtes particulièrement vulnérables à la surexploitation.

• Au cours des 20 dernières années, au moins 18 405 cétacés ont été tués dans les îles Féroé.

• Dans l’Arctique, le nombre d’individus tués pour les chasses de subsistance par les peuples autochtones a augmenté au cours des dernières décennies. Cela est dû à la croissance de la population humaine (augmentation de la demande), l’avènement de techniques modernes et la fonte des glaces liée au changement climatique qui facilite l'accès à certaines zones. Bien que de nombreuses chasses soient «gérées» par un système de quotas, les limites de capture sont fréquemment dépassées et le nombre réel d’individus tués est souvent bien plus élevé en raison du grand nombre d’individus touchés selon le type d'armes utilisées.

Plus de 232 orques ont été tués au Groenland entre 2007 et 2016.

Des milliers de botos et de tucuxis, deux espèces de dauphins d'eau douce, sont chassés chaque année pour servir d'appât pour la pêche commerciale. Dans une rivière du nord-ouest du Brésil, on estime que plus de 1 500 cétacés sont tués chaque année. Une étude a révélé un déclin de 50% de la population de botos entre 2004 et 2014.

• Malgré la législation, 15 000 cétacés sont tués chaque année au Pérou, principalement pour servir d’appât, mais une quantité considérable de viande de dauphin est également vendue illégalement sur les marchés péruviens pour la consommation humaine.

• Parmi les 20 espèces de baleines et de dauphins présentes dans les eaux vénézuéliennes, 11 sont connues pour être la cible lors de chasses.

• À Saint-Vincent et aux îles Grenadines, plus de 500 cétacés (dont des orques) sont tués chaque année. De petits morceaux de graisse et de viande, appelés localement «chips», sont consommés dans tout le pays.

L'augmentation de la valeur de la viande de dauphin (ou des carcasses individuelles) suggère un commerce croissant des produits issus de cétacés malgré les interdictions nationales. Cela est particulièrement préoccupant au Ghana et au Nigéria, qui sont actuellement responsables du nombre le plus élevé de cas de mortalité en Afrique de l’Ouest.

• Un port du Ghana a connu une augmentation de près de 400% du nombre de dauphins débarqués depuis 2003.

• Les prises accessoires et la chasse délibérée de dauphins à bosse de l’Atlantique étaient si importantes dans certains endroits d’Afrique de l’Ouest que l’espèce a été menacée d’extinction. En outre, il est suggéré que les grands dauphins sont en train de disparaître plus rapidement que les autres espèces et que les prises annuelles totales sont considérées comme non durables.

• La viande de baleine et de dauphin qui n'est pas consommée localement est salée, fumée et séchée, puis commercialisée au nord du Togo, au Burkina Faso, au Niger et au Mali.

Tous les pays d’Asie du Sud-Est et d’Asie de l’Est signalent des chasses aux mammifères marins, ainsi que l’utilisation opportuniste de mammifères vivants ou morts marins provenant d’échouages et de prises accidentelles.


• Entre 2000 et 2016, le Japon a tué environ 173 662 dauphins et petites baleines.

Dauphin tué en Inde. Copyright: Anonymous

Article original: ICI

Note du traducteur: En anglais, le terme "small whale" (petite baleine) est généralement utilisé pour parler de certaines espèces de dauphins, comme les globicéphales, les bélugas ou les orques. 

LIRE AUSSI:

dimanche 5 août 2018

La NOAA « sort des sentiers battus» pour sauver une orque du pod J, qui n'a peut-être plus que quelques jours à vivre.

Un plan d'urgence pour sauver une orque résidente du sud affamée est en cours tandis qu'un autre individu de ce pod, Tahlequah (J35) continue de porter son bébé mort.

Phtoto : Scarlet (J50) - Dr Fearnbach/SR³ - Sealife Response, Rehabilitation & Research - Dr John Durban/NOAA
Le gouvernement fédéral organise une intervention d'urgence pour Scarlett (J50), une orque de 4 ans affamée, afin de la nourrir avec du saumon quinnat vivant, enrichi de médicaments. Scarlet n'aurait peut-être plus que quelques jours à vivre.
La jeune orque est si émaciée, que l'arrière de son crâne est visible. Une tache blanche inquiétante a également été repérée sur le haut de sa tête, près de son évent. Cela pourrait être un signe d’infection.

La crise survient alors qu'un autre membre des orques résidentes du sud s'accroche à son bébé décédé pour la dixième journée consécutive, refusant de le laisser partir. Le bébé, né le 24 juillet, n'a vécu qu'une demi-heure. Actuellement, les autorités s'empressent de mettre au point un plan pour éviter un autre décès dans cette population d'épaulards en danger critique d‘extinction.

Le biologiste Brad Hanson, du Northwest Fisheries Science Center de Seattle, a déclaré que Scarlett (J50) avait perdu environ 20% de son poids corporel et qu'elle avait besoin de poisson. Il s'agit tout autant de la réhydrater que de la nourrir.

"Il y a beaucoup de si, et on ne sait si elle prendra ou pas le poisson", a déclaré Hanson. "La plus grande préoccupation est la diminution de son taux d'hydratation ; cela devient vraiment très préoccupant.

"Elle ne pourrait survivre que quelques jours. Elle continue à décliner. "

Photo : Center for Whale Research
Lynne Barre, directrice de la Protected Resources Division de la NOAA de Seattle, a déclaré que la première étape consisterait à examiner de plus près ce qui pourrait affecter la jeune orque.

Un bilan de sa santé est prévu pour évaluer son niveau d'activité et sa respiration. Les biologistes prendront également des échantillons de manière non invasive. 
Hanson fera des prélèvements sur sa respiration et examinera les gouttelettes à la recherche d'agents pathogènes, en utilisant une boîte de Pétri tenue à une certaine distance de son évent.

D'autres scientifiques sont sur le terrain actuellement et se servent d'un drone pour collecter des photos d'elle. Un autre biologiste recueillera des selles de l’orque à la surface de l'eau pour les analyser.
Selon Barre, l'agence a obtenu un permis d'urgence pour aider Scarlett (J50). Il travaille sur un plan pour l’hydrater et la soigner avec du saumon quinnat vivant,. Un plan encore en cours d'élaboration qui devra obtenir l'aval du siège de l'agence, à Washington DC, pour sauver la vie de la jeune orque.

Photo : Katy Foster/NOAA Fisheries
"C'est une idée nouvelle et nous avons du travail à faire pour évaluer son potentiel et ses risques", a déclaré M. Barre. "Cela sort des sentiers battus, mais nous devons déterminer quel poisson, quel bateau, où, quand et comment. "

Mais étant donné la situation actuelle de Scarlett (J50), rester sans rien faire n’est pas une option, a déclaré Barre. La santé de l’orque s'est nettement détériorée depuis l'année dernière.
Jay Julius, président de la nation Lummi, a déclaré que la tribu avait pris des dispositions pour utiliser un bateau à turbine et qu'elle cherchait une source de poisson pouvant nourrir Scarlet, des poissons qui pourraient être pêchés par des professionnels de la communauté.

Le poisson serait capturé vivant soit à l'aide de senneurs, soit avec des filets et mis dans un récipient sur le bateau.
Pour nourrir Scarlet, le poisson pourrait alors être déversé par l'arrière du bateau. Si Scarlett accepte de prendre le poisson, on pourrait lui donner davantage de poissons avec médicaments », a déclaré Barre.

La nation Lummi se mobilise pour aider cette population d‘orques, a déclaré Julius. La vue de Tahlequah (J35) portant son bébé mort jour après jour l'a ému et a provoqué une réaction mondiale.

Photo : Robin W. Baird-Cascadia Research Collective

"Voyez ce qu'il se passe avec ce petit bébé sans vie et sa mère en deuil qui porte son bébé", a déclaré Julius. "Ils appartiennent à la mer des Salish", dit-il des épaulards. "Tout comme nous appartenons à la mer des Salish. Ils n'ont pas de voix et je sais que ce n'est pas une solution à long terme. Mais quelque chose doit être fait, et ca doit être fait rapidement. La situation est urgente", a-t-il dit à propos de Scarlet, 4 ans, qui meurt de faim.

Alors que cet effort fait dans l’urgence n'est pas infaillible, certains ont été soulagés de savoir qu'un plan était en cours pour l’aider.

"Nous parlons de la possibilité de perdre trois femelles", a déclaré Deborah Giles, chercheur scientifique pour le University of Washington Center for Conservation Biology et Directrice de recherches pour Wild Orca.

Scarlett (J50) est une femelle, tout comme le bébé décédé de Tahlequah (J35). Tahlequah est l'une des rares femelles en âge de procréer, c’est un membre important du clan. Pourtant, "Si Tahlequah continue ainsi, nous pourrions la perdre aussi", a déclaré Giles.

Giles utilise des chiens renifleurs pour trouver les excréments des orques résidentes du sud, ils seront analysés pour déterminer l'état de leur santé.
Des études menées par le directeur du centre, Sam Wasser, basées sur l'analyse de ces échantillons, ont établi un lien entre la famine et l'échec des grossesses chez les orques résidentes du sud. Cette population est en voie de disparition, elle ne compte que 75 membres aujourd'hui et cette famille a perdu de nombreuses femelles en âge de procréer.

Photo - Katy Foster-NOAA Fisheries
Giles a dit qu'elle espérait que Scarlett (J50), aperçue la nuit dernière en train de nager avec sa famille dans le détroit de Juan de Fuca, revienne et très bientôt : "J'espère qu'ils reviendront avant qu'il ne soit trop tard."


La NOAA a pris des mesures sans précédent en faveur des orques dans le passé et qui ont démontré leur succès.

Springer, ou A73, une jeune orque des résidentes du nord arrivée à Puget Sound en 2002, souffrait de malnutrition, elle était malade et orpheline. Elle commençait à s’approcher des bateaux. 
L'agence est intervenue, s'occupant de Springer, la transférant dans un enclos temporaire près de Manchester. Elle fut nourrie et soignée jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment forte et en bonne santé pour être relâchée dans la nature 6 semaines plus tard dans le détroit de Johnstone.

Puis on l'a vue nager de nouveau avec des orques sauvages. Dès lors, son état de santé est revenu à la normale et depuis, elle a donné naissance à deux bébés. 

Il est difficile de savoir ce qu’il va advenir de Scarlet (J50).

"Il y a un million de possibilités et nous voulons procéder étape par étape", a déclaré Barre, qui avait participé au sauvetage de Springer et qui est resté par la suite afin de travailler sur des solutions permettant de rétablir la population des orques résidentes du sud.

Regarder Tahlequah qui s'accroche à son bébé mort est difficile, tout comme d’assister au déclin de Scarlet, a déclaré Barre.

"Ce sont à la fois des situations tragiques et des signes que la population ne va pas bien."

[NOAA - Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique]

[Traduction C’est assez !]

Pour agir vous pouvez signer la pétition :  
https://actionnetwork.org/petitions/time-is-running-out-these-dams-must-be-breached-to-save-endangered-orcas-and-salmon?source=facebook


mardi 31 juillet 2018

Une orque en deuil porte son bébé mort depuis plus de 3 jours : « Elle ne veut pas lâcher »


[27 juillet 2018]
Portant son bébé par le bout de son rostre, une orque nage endeuillée depuis plus de trois jours dans le Pacifique Nord-Ouest.

Crédit photo : Michael Weiss/Center for Whale Research - via Associated Press
Le bébé est mort jeudi dernier, une demi-heure après avoir vu le jour au large des côtes de Victoria, en Colombie Britannique (Canada). Sa mère est une orque âgée de 20 ans appelée J35. Ce bébé était la première naissance enregistrée dans cette population d’orques résidentes, connue sous le nom d’orques résidentes du sud, depuis 2015.

« Je pense qu’elle est tout simplement en deuil et ne veut pas lâcher son petit et ne comprend pas pourquoi cela s’est produit », déclare Ken Balcomb, fondateur et responsable scientifique de l’organisation Center for Whale Research basé sur les Îles de San Juan (Etats-Unis), qui étudie la population d’orque résidente depuis plus de 40 ans.



Les orques résidentes du sud, composées de trois pods différents, vivent en permanence généralement près de la Colombie Britannique (Canada) et de l’Etat de Washington (Etats-Unis). Certains individus peuvent cependant aller jusqu’en Alaska et au sud de la Californie. Les chercheurs craignent un déclin de la population déjà menacée par la baisse du stock génétique, l’amenuisement des ressources en nourriture et la dégradation de leur environnement.

Il est désormais connu que les orques possèdent des liens sociaux extrêmement complexes, elles utilisent un système de communication vocale et ressentent des émotions comme le deuil. Il arrive que ces animaux portent le corps sans vie de leur progéniture à la surface, comme cela a déjà été répertorié en 2010, pendant quelques heures.

Mais le triste chemin de J35, qui a commencé près de Victoria et qui s’est poursuivi pendant près de 250 km entre les Îles San Juan et Vancouver, dure particulièrement longtemps, disent les scientifiques. C’est devenu un symbole déchirant et particulièrement représentatif du calvaire des orques.

« Nous savons que ces événements se produisent mais celui-ci est unique en son genre, elle ne veut pas lâcher, » affirme M. Balcomb.


J35 a été aperçue de nouveau vendredi matin près de la pointe sud des Îles San Juan, dit-il. Elle gardait son petit à l’équilibre sur son rostre.

« Parfois, elle mord sa nageoire pour le remonter à la surface », précise-t-il. « Le petit coule à pic car sa couche de graisse est trop mince. Elle plonge et le remonte à la surface.”

L’équipe de Ken Balcomb a commencé à suivre cette population d’orques en 1976. A l’époque, ils en ont compté environ 70 après qu’une cinquantaine d’individus aient été arrachés de leur milieu naturel pour devenir des attractions dans les parcs marins.

Environ 20 ans plus tard, après avoir mis en place des mesures de protection au niveau fédéral, le nombre d’orques avait atteint un pic d’une centaine d’individus. Puis le nombre a recommencé à chuter, pour atteindre le nombre de 75 individus.

Avec ce nombre d’orques, il devrait y avoir environ neuf naissances par an, d’après Ken Balcomb. Toutefois, aucun bébé n’a vu le jour depuis 2015.
« Si elles arrêtent de se reproduire, on pourra les observer pendant environ 50 ans encore, mais il n’y aura plus de bébé », dit-il. « Concrètement, la population sera éteinte. »

Le déclin de la population et l’absence de nouveau-nés sont largement la conséquence de la raréfaction de leur proie principale, le saumon royal ou saumon quinnat.


Jan Ohlberger, scientifique et chercheur à l’Université des Sciences de la Pêche et Aquatiques (School of Aquatic and Fishery Sciences), affirme que les orques préfèrent cette espèce de saumon riche en énergie mais que leur population est en baisse depuis ces dernières décennies.
Selon lui, ce déclin serait la conséquence de la surpêche ou du changement climatique. « On ne connaît pas la cause exacte, » dit-il. « Plusieurs hypothèses sont émises à ce sujet. »

Les écologistes estiment que la population baisse aussi en raison de cas d’incestes, de la pollution sonore engendrée par le trafic maritime mais aussi à cause des rejets de déchets industriels et municipaux et autres produits chimiques déversés dans l’eau.

D’autres menaces sont à l’horizon. Un récent accord pour étendre un pipeline appartenant à l’entreprise Trans Mountain, qui transporte du pétrole de la province d’Alberta en Colombie Britannique, multiplierait le trafic de pétroliers traversant l’habitat des orques et les exposerait à davantage de pollution sonore et à des fuites éventuelles. Les travaux de ce pipeline devraient démarrer en août.

En mai dernier, le gouverneur de Wahsington, Jay Inslee, a créé un groupe de travail sur les orques résidentes du sud composé de représentants de l’état, des provinces et des tribus autochtones pour aider à protéger l’habitat de ces animaux.
« La perte de ce nouveau-né dans le groupe d’orques résidentes du sud, en grave danger d’extinction, souligne les enjeux de notre mission pour protéger ces animaux majestueux et symboliques et éviter ainsi de les voir disparaître, » a tweeté Jay Inslee cette semaine.

Ken Balcomb, qui fait également partie de ce groupe de travail, a expliqué que J35 est devenue un point de convergence pour multiplier les efforts afin de protéger ces baleines.
« Tout le monde est dévasté », dit-il. « C’est extrêmement inquiétant, triste et déchirant. »

[Traduction Julie Labille pour C'est Assez !]


Crédit photos : 
Photo 1 Michael Weiss/Center for Whale Research - via Associated Press
Photo 2 - Center for Whale Research
Photo 3 - Dave Ellifrit [Center for Whale Research]
Photo 4 - (Scarlet - J50, souffrant de malnutrition) Monika Wielands Shields

vendredi 27 juillet 2018

PÉTITION: Stop au pillage des mers et des océans!


Suite à l'arrivée récente de requins-marteaux et d'une raie manta capturés dans l'océan à l'aquarium Nausicaà de Boulogne-sur-Mer, Code Animal et C'est Assez! s'associent afin que cessent les captures d'animaux marins pour les aquariums français. En effet, autoriser et encourager les importations d'animaux prélevés dans leur milieu naturel participent à l'exploitation des ressources pour le profit et n'aident en rien à la conservation des espèces et de leur habitat, bien au contraire! 

Dîtes NON au pillage des océans en signant notre pétition commune et en la partageant! 

Nos associations comptent sur votre aide précieuse afin que cessent ces pratiques inadmissibles.

Chaque signature compte, merci à tous!


Rappel des faits

◼︎ Le 18 avril 2018, trois jeunes requins-marteaux quittaient l'Australie pour un long voyage les menant tout droit dans le nord de la France. Nous apprenions alors que ces individus avaient été capturés au large de l'Australie et que l'aquarium prévoyait d'en "accueillir" neuf au total. Afin de contrer les critiques éventuelles, le directeur de Nausicaa, M. Valette, arguait que le "prélèvement" de ces juvéniles les sauvait probablement d'une mort certaine. 

◼︎ Le 9 mai 2018, nous apprenions le transfert d'un requin-marteau de deux mètres du site industriel de Garromanche, à Outreau, où il avait été "élevé" à l'aquarium Nausicaa. "Depuis 2011, un requin-marteau est élevé par l'équipe de Nausicaa  loin des yeux du public. Il avait été prélevé en Australie avec une dizaine d'autres bébés requins (...). Ces animaux étant particulièrement sensibles, c'est le seul qui a survécu." Cela ne contredirait-il pas les affirmations de M. Valette, selon lesquelles les capturer reviendrait à les sauver? Les juvéniles arrivés en France entre temps survivront-ils au stress de l'enfermement? 

◼︎ Le 18 mai 2018, l'aquarium inaugurait en grandes pompes le "Grand Nausicaa". Souffrant d'une infection oculaire, le requin-marteau était absent, à la grande déception des visiteurs. Il avait apparemment souffert du voyage entre Garromanche et l'aquarium et fut placé en quarantaine pendant deux mois, le temps de sa guérison. 

◼︎ Jeudi 19 juillet 2018, une raie manta faisait son apparition dans le grand bassin de Nausicaa. Le mâle, de 2 mètres 50 d'envergure, qui fut capturé au large de la Floride, a subi un long voyage de 18 heures (10 heures d'avion et 8 heures de transport routier). L'aquarium prévoit d'importer une autre raie manta, "une femelle de préférence, pour une éventuelle reproduction" selon M. Valette. Le directeur du Nausicaa a raison de mettre cette phrase au conditionnel puisque la reproduction de cette espèce en captivité est plus qu'hasardeuse, comme nous l'indiquons dans notre pétition

À nos yeux, ces captures sont inadmissibles et doivent être dénoncées. Sous le prétexte fallacieux de la conservation, cet aquarium se sert dans la nature pour des projets spectaculaires qui n'ont qu'une seule fin: amener toujours plus de visiteurs et faire davantage de profit. Outre les dangers inhérents aux captures, au transport et à l'enfermement, ces prélèvements peuvent avoir de graves conséquences sur le milieu marin. Il est urgent de légiférer afin que ces pratiques cessent. 


mercredi 27 juin 2018

 Calypso et Clovis, le destin tragique des premières orques du Marineland


Calypso fut la première orque du Marineland d'Antibes.

Elle fut capturée au large de la Colombie Britannique par deux employés de l'Aquarium de Vancouver, Robin Best et Chris Angus, le 11 décembre 1969. Best et Angus avaient promis à Roland de la Poype, le fondateur du Marineland d'Antibes, de réserver une orque pour le parc, lequel fut créé en 1970. Tout comme Corky, toujours captive au SeaWorld de San Diego, elle appartenait au pod A5 des Orques Résidentes du Sud.


Ce jour-là, 12 orques furent kidnappées. 6 furent relâchées, 6 autres furent envoyées aux États-Unis, parmi lesquelles Corky. Quant à Calypso, elle fut tout d’abord envoyée au Zoo de Cleethorpes, en Angleterre. 


Durant son séjour, Calypso fut soumise aux tous premiers essais d’insémination artificielle réalisés sur cette espèce, mais aucune de ces tentatives n’aboutit. 

Quelques mois plus tard, elle fut transférée au Marineland d’Antibes. 
Elle resta seule durant quelques temps, avant que Clovis ne la rejoigne.

Clovis fut la deuxième orque du Marineland d’Antibes. Il appartenait à la population des orques Résidentes du Nord. 

Clovis - Photo : HaH.
Il fut capturé par SeaWorld alors qu’il n’était âgé que de deux ans.
Clovis fut l'une des victimes des abominables captures d’orques qui eurent lieu à Penn Cove en 1970. Ces captures décimèrent la population des orques Résidentes du Sud dont il était originaire. 
Il fut capturé en même temps que Lolita, toujours prisonnière du Miami Seaquarium en Floride.

Capture à Penn Cove - 1970 - photo Wallie Funk
Lorsque Clovis arriva au Marineland Antibes, on le plaça dans le même bassin que Calypso.

Calypso mourut d'un abcès pulmonaire en 1970, peu de temps après l'arrivée de Clovis, à l‘âge estimé de 11 ans, laissant le jeune mâle seul pendant les deux ans et demi durant lesquels il a survécu. Clovis est décédé en 1973. Il n'avait que 4 ans. 



Entre 1976 et 1989, cinq autres orques furent capturées et envoyées au Marineland Antibes :

- Kim, mâle né en 1968, capturé le 1/06/1976 au large de l’Islande. Il fut malade tout au long de sa vie captive. Ses problèmes de santé s’aggravèrent au point qu’il en devint aveugle et dut subir des injections dans l’œil. Il est mort le 24/07/1982 d’un abcès pulmonaire. Il était âgé d’environ 14 ans.

- Betty, femelle, probablement née en 1974, capturée le 13/11/1978 au large de l’Islande, morte le 8/09/1987 d'une pneumonie fulgurante à l'âge estimé de 13 ans.


- Kim II, mâle, né aux alentours de 1978, capturé le 6/03/1983 en Islande, mort d’une septicémie et d’une pneumonie en 2005. Age estimé à sa mort: 27 ans.

- Sharkane, femelle, née aux environs de 1986, capturée le 12 janvier 1990, soumise à l’insémination artificielle, elle eut 3 petits. Elle est morte le 3 janvier 2009 d’une septicémie (Bacille Pyocyanique). Elle était âgée d’environ 23 ans.

- Enfin, Freya n’avait que 2 ans quand elle fut capturée en Islande, en octobre 1982. Elle est morte le 20 juin 2015 des «suites d’une longue maladie» selon le communiqué officiel du parc. Elle n’avait que 35 ans. C’était la dernière orque capturée à l’état sauvage détenue par Marineland.


Sources : 
Calypso         
The Orca of Marineland Antibes                   

Photos de Clovis : Orcahome

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lundi 18 juin 2018

Crewser (L92), une orque mâle âgée de 23 ans, est présumé décédé.

Triste nouvelle pour la population des orques résidentes du sud.
Le Center for Whale Research a annoncé que Crewser (L92), une orque mâle âgée de 23 ans, était présumé décédé.
Photo : ©Center for Whale Research
Il a été observé pour la dernière fois en novembre 2017. 
Il était habituellement vu aux côtés sa tante, L130, qui elle a été observée en compagnie d’autres membres des pods L et J le 11 juin dernier.
Crewser appartenait au Pod L. Son décès présumé porte le nombre d’individus de son groupe à 34 individus contre près de 60 au début des années 1990.
Le Pod L est le plus grand des groupes des orques résidentes du sud. 
Selon le Center for Whale Research Il y aurait actuellement 23 orques dans le pod J et le pod K compterait 18 individus.

Crewser (L92) - Spyhops dans le détroit de Géorgie sept. 2017
Photo - ©Gary Sutton
Les orques résidentes du sud ont perdu 8 de leurs membres depuis 2016, malgré le baby-boom de cette époque qui a donné à certains chercheurs un espoir quant au rétablissement de cette population.

"Nous devons vraiment faire quelque chose", a déclaré Tarantino. "Il y a des mesures qui ont été prises comme les fermetures de zone de pêche et certaines zones qui sont interdites aux îles San Juan, mais il faut vraiment les nourrir, et nous devons vraiment augmenter le nombre de saumons."
Dans le but de faire grimper les stocks de poissons dans les aires d'alimentation des orques, des fermetures pour la pêche du poisson et du saumon ont été mises en vigueur dans certaines parties de la côte de la Colombie-Britannique depuis le 1er juin.

Photo : ©Sara Hysong-Shimazu
"Les populations sauvages de saumon quinnat ont diminué considérablement ces dernières années. Ce manque de proies est un facteur critique du déclin des orques résidentes du Sud", a déclaré Pêches et Océans Canada dans un communiqué après l'annonce des fermetures.
Les experts sont également très préoccupés par un autre facteur, celui de la consanguinité en raison de la faible population.
"Nous allons vraiment devoir commencer à nous inquiéter de la génétique de cette population qui est vraiment effrayante ... vont-ils pouvoir se reproduire avec une génétique aussi faible ?", a ajouté Tarantino.

Source : CHEK News
Source photos : Orca Network