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Sur le site de l'association C'est Assez !

Ensemble

pour lutter contre les massacres et la captivité des cétacés.

Les parcs marins...

Ils ne préservent pas, ils exploitent.

STOP

aux massacres de cétacés dans le monde !

mercredi 26 juillet 2017

Manifestation du 6 Août: Venez nombreux!

Le 6 août prochain, C'est Assez! et le collectif Sans Voix PACA organisent une nouvelle manifestation devant le Marineland d'Antibes, au niveau du rond-point des Groules. L'événement se déroulera de 13h00 à 16h00.



Pourquoi organisons-nous cette manifestation?
Tout simplement parce qu'une orque ou un dauphin n'a pas sa place dans un bassin. En effet, ces animaux ont besoin d'un immense espace pour s'épanouir, que seul l'océan peut leur fournir. Sachant qu'une orque libre peut plonger jusqu'à 200 mètres en une seule apnée, on comprend bien qu'un bassin ne sera jamais assez grand pour le lui permettre en captivité.
Les dauphins aussi souffrent en captivité : on observe chez certains d'entre eux des comportements stéréotypés, signes de stress et de mal-être.

Les cétacés ne sont pas les seuls à subir les aspects néfastes de l'enfermement et Marineland, malgré tous les soins apportés aux animaux, ne peuvent leur assurer des conditions de vie répondant à leurs besoins physiologiques. 


Pourquoi cette manifestation en particulier est-elle importante?
Après des mois de travail, un nouvel arrêté sur les delphinariums a été signé par Mme Ségolène Royal, ancienne Ministre de l'Environnement. Cet arrêté vient remplacer celui datant de 1981 et apporte des mesures progressistes en faveur du bien-être des dauphins et orques captifs, comme l'interdiction de l'utilisation du chlore dans les bassins, l'interdiction des échouages lors des spectacles ou encore l'interdiction des contacts entre le public et les animaux. Il prévoit également l'agrandissement des bassins.
Mais surtout, l'arrêté interdit la reproduction des dauphins et orques détenus en captivité en France, ainsi que l'importation de cétacés venant d'autres pays. Cette mesure signe donc, à terme, la fin des delphinariums en France, ce pour quoi notre association se bat depuis sa création. 
Or, les parcs ne l'entendent pas de cette oreille et comptent tout mettre en oeuvre pour faire annuler cet arrêté.
Le parc Marineland ainsi que Planète Sauvage ont tous deux déposé un recours devant le Conseil d'Etat dans ce but.

C'est la raison pour laquelle le rassemblement du 6 août est très important: nous devons rester mobilisés et défendre cet arrêté coûte que coûte, pour que d'ici quelques décennies, plus aucun cétacé ne soit l'innocente victime de la captivité et du divertissement.

Informations pratiques
■ Pour les personnes désirant nous rejoindre en train, il faut vous arrêter à la gare de BIOT, bien plus proche du Marineland que celle d'Antibes. Il faut compter environ 13 minutes à pied de la gare de Biot au rond-point des Groules, lieu de notre rassemblement. 


■ Pour celles et ceux souhaitant faire du covoiturage, proposer ou trouver un hébergement, merci de rejoindre ce groupe sur Facebook et d'y poster vos annonces: 

■ Si vous venez en voiture, sachez que le parking de Marineland est payant. Vous pourrez facilement trouver de la place le long de la plage vers la gare de Biot.

■ Prévoyez votre crème solaire, une casquette / un chapeau ainsi que des boissons, il risque de faire chaud!

■ Vous pouvez confectionner vos banderoles, panneaux etc mais rien ne vous y oblige. C'est surtout votre présence qui compte.

■ Lien de l'événement sur Facebook: 

SOYONS NOMBREUX LE 6 AOÛT 2017 POUR DIRE NON À LA CAPTIVITÉ DES CÉTACÉS

EN SAVOIR PLUS sur les delphinariums:




vendredi 21 juillet 2017

Kasatka : Une Lente Agonie

Kasatka est littéralement rongée par la maladie... À seulement 39 ans, la matriarcale des orques de SeaWorld va de plus en plus mal, comme le montre cette photographie prise cette semaine. 

La jeune femme qui a pris cette photo de Kasatka cette semaine a été menottée et interrogée  longuement par des membres du personnel de SeaWorld. Elle a ensuite été expulsée du parc qui craint que sa lente agonie ne leur porte, une fois de plus, préjudice.

Cette photographie très récente montre l'évolution rapide de la maladie.
Crédit photo: The Orca Project / Agrandissement: C'est Assez!
Le 1er août 2016, SeaWorld annonçait via un communiqué que Kasatka était malade. Elle souffre d’une infection pulmonaire bactérienne
Elle souffre également d’une infection fongique résistante aux traitements qu’elle prend.
Datant de juin 2017, cette photographie montre que l'orque a la mâchoire déformée par la maladie.
Crédit photo: The Dolphin Project
Dans une interview au Dolphin Project en juin 2017, l'ancien dresseur de SeaWorld John Hargrove déclarait : 
"Les orques captives sont régulièrement traitées pour des infections fongiques persistantes. La gravité de cette infection démontre que le système immunitaire de Kasatka s’est affaibli. Le besoin constant d’administrer des quantités massives d'antibiotiques pour garder les orques en bonne santé détruit leur système immunitaire. Malheureusement, quand je regarde ces photos, tout ce que je vois c’est une orque malade. Et lorsqu’une nécropsie est réalisée sur un animal avec une infection fongique à ce niveau, les lésions sont bien pires à l'intérieur qu'elles ne le sont à l'extérieur. C'est une manière de mourir incroyablement douloureuse."

Quand SeaWorld annoncera le décès de Kasatka, ils diront à quel point ils sont attristés, qu’elle était un membre de la famille, ils expliqueront qu’elle recevait les meilleurs soins. Mais la vérité, c’est que Kasatka, comme tous les cétacés captifs, aura vécu une misérable vie, loin des siens, loin de son océan. La vérité, est qu’elle a été esclave au service de l’industrie de la captivité durant de longues années, et que cette vie n’a été que souffrance. La vérité est qu’elle est née libre et qu’elle mourra captive.

Pour rappel, Kasatka fut la première orque inséminée artificiellement. Suite à cette insémination, le 1er septembre 2001, elle donne naissance à son second bébé, un jeune mâle nommé Nakai. Kasatka a eu 2 autres enfants, Takara, née en 1991, et Kalia le 21 décembre 2004.

LIRE AUSSI:

Lettre Ouverte de Johanna au Parc Marineland

Parmi tous les messages que nous recevons, celui de Johanna nous a touché en plein coeur. Cette jeune femme passionnée par les cétacés ne dort plus depuis que le parc Marineland a déposé un recours contre l'arrêté du 6 mai 2017 sur les delphinariums. 
Elle a donc ressenti le besoin d'écrire une lettre ouverte pleine de sincérité au parc d'Antibes, qu'elle a souhaité partager avec nous. Nous la dévoilons ici, sans l'avoir retouchée, afin d'en conserver toute son authenticité. 

Mon vieil ami... Mon meilleur ennemi,
Je me permets de t’appeler de la sorte, car après tant de visites, de rencontres et d’apprentissages, je peux dire humblement que je te connais par cœur. Après m’avoir fait briller mes yeux, après m’avoir exalté, fait pleurer, fait sourire et rire, après toutes ces émotions que tu m’as donné, je veux te faire tomber. 
Nous pourrions te blâmer d’une multitude d’atrocités, mais il faut reconnaître que tu as fais naître en moi, et en de nombreux enfants, des vocations. Tu as contribué à me donner ce combat féroce pour la liberté et la préservation de toute forme de vie. Tu as beaucoup apporté au tourisme, à l’économie, aux personnes, et c’est bien là qu’est ton reproche. Tu as apporté tant à l’espèce dont tu fais partie, plutôt qu’à celle que tu détiens. Qu’à tu apporté de meilleur en ton sein que n’offrait leur milieu d’origine à ces créatures que tu gardes si fermement ? Tu ne serais capable de m’apporter une réponse différente que d’être (les pâles) représentants de leur espèce. A l’instar de ton enseigne, ils représentent bien malgré eux la cupidité humaine et la perversion à son paroxysme. Est-ce là l’évolution de Mon espèce ? Mettre à son service les autres sans considération réelle de leurs besoins? 
Alors oui, tu as donné quelque part, je dois l’admettre, un sens à ma vie. Notre dernière rencontre m’a donné le déclic. C’était il y a dix ans, pourtant je m’en rappelle comme si c’était hier. Défigurée par un accident avec mon chien, pas moins déterminée à plaider la cause animale si ce n’est plus, ma mère voulu combler ma peine sans imaginer une seule seconde ce qui allait se produire. J’allais enfin rencontrer et toucher du doigt cette bête sauvage si mystérieuse. Anxieuse, et terriblement honteuse de voir ce si beau cétacé apprivoisé en apparence faire le cirque pour nos gros ventres avides de démonstrations sordides, je me suis avancée. 

Lorsque ma main a touché son front lisse et que nos regards se sont croisés, il s’est passé quelque chose. La même chose, le même déclic, la même émotion que lorsque je suis venue me coller à la vitre, seule dans le lieu de spectacles des orques et que j’ai croisé une de tes vedettes, un de mes combats. Ces rencontres ne m’ont plus jamais quitté, jusqu’à m’obséder aujourd’hui où j’apprends que tu tentes de contrarier le nouvel arrêt, où j’apprends que tu tentes de t’acharner sur leur sort et le tien. Comment peux-tu oser ? Je sais désormais trop de ces bêtes pour me taire. 
Les priver de reproduction, bien qu’il s’agisse d’un besoin de l’espèce, ne sera jamais pire que ce que tu peux leur faire en les privant de kilomètres de nages et de sauts, en séparant pour l’organisation de tes bassins et spectacles, les liens sociaux qui se sont tissés entre les individus. Loin de l’anthropomorphisme, ces animaux sont comme toi, sociaux, bien que tu aies effacé cette facette de ton activité. Les animaux ont seulement des émotions, c’est bien là que nous nous en différencions. L’intelligence dont ils jouissent et sur laquelle tu puises est émotionnelle. Et bien que tu réfutes cette idée, les dauphins, orques et autres que tu aménages à ta guise souffrent. 
Cette souffrance je l’ai constatée morphologiquement et psychologiquement en observant puis ressentant tes bêtes. Alors elle est là ? Ton évolution ? User égocentriquement et cupidement par ton intelligence rationnelle, l’intelligence émotionnelle de ces belles créatures ? Le déclic qu’il y a eu quand j’étais enfant est que je me suis juré intérieurement et je lui ai juré de tout faire et d’être capable de tout pour le sortir de là, lui et les autres. 
Si je veux te faire tomber Marineland, c’est que je sais, et j’y travaille je te le jure, que des solutions sont possibles où aucun de nous ne serait perdant. Souhaitant comme toi puisque cela m’a touché, sensibiliser par leur présence, je me torture le crâne à trouver des tas de possibilités. Des solutions à envisager pour une meilleure cohésion car vivre en communion avec ces créatures tout en ayant la chance non infime de les côtoyer est possible. Mais tu ne peux plus les détenir. L’homme, dans ses nombreuses inventions, à forgé les espèces animales pour en faire des domestiques. Ainsi, les sauvages n’ont pas à prendre la place de domestiques en vase-clos avec tours et récompenses, et nous devons user de nos technologies pour développer des méthodes de rencontres plutôt que des moyens d’obtention.
Tu fais comme si tu ne les entendais pas, peut-être en raison de leurs cris ultrasoniques, inaudibles pour toi dans ces fréquences, tu me diras... Mais puisque certaines voix sont trop silencieuses pour toi et pour être entendues, j’agoniserai de la mienne pour les protéger, pardonne-moi, c’est plus fort que moi. Je leur ai dédié ma vie. Je m’excuse, mais n’aies crainte, loin de ta fermeture, la fête est finie. 
Johanna Domise, passionnée et dévouée à la cétologie.

 Si, comme Johanna, vous souhaitez le maintien de l'arrêté du 6 mai qui interdit la reproduction des cétacés captifs en France, signez notre pétition. 

mardi 11 juillet 2017

L'arrêté du 6 mai 2017 en danger: Marineland a déposé un recours

Comme nous le craignions, le parc Marineland d'Antibes a déposé un recours au Conseil d'Etat afin de faire annuler l'arrêté du 6 mai 2017 interdisant, entre autres, la reproduction des orques et des dauphins. 


Pourquoi déposent-ils un recours?
En interdisant à la fois les importations et la reproduction des cétacés captifs, l'arrêté du 6 mai signe, à terme, la fin des delphinariums en France. Le parc Marineland souhaite donc faire annuler cet arrêté pour pouvoir continuer ses activités dans les décennies à venir.

Des mesures progressistes
Outre la fin de la reproduction, l'arrêté contient un certain nombre de mesures progressistes mais aussi contraignantes pour les delphinariums puisqu'il interdit, entre autres, l'utilisation du chlore dans les bassins et exige l'agrandissement de l'espace de vie des dauphins. Les parcs ont entre 6 mois et 3 ans pour se mettre aux normes.

Un recours anticipé
Dès l'annonce de la publication de l'arrêté, les delphinariums ont mené une campagne auprès de leurs visiteurs pour le dénoncer. À Planète Sauvage, à la fin de chaque spectacle, les spectateurs sont invités à signer une pétition contre l'arrêté; Marineland a quant à lui mis une pétition en ligne. 
Leur but est de présenter un maximum de signatures pour montrer que leurs visiteurs les soutiennent. C'est pourquoi C'est Assez! a également mis en ligne une pétition pour soutenir cet arrêté et contrer cette démarche.

Si ce recours aboutit, toutes les avancées obtenues grâce à cet arrêté pourraient être réduites à néant. Si, comme nous, vous pensez que les dauphins et orques ne devraient plus être enfermés dans des bassins et que ces spectacles sont contre-nature et devraient appartenir au passé, 



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dimanche 9 juillet 2017

Îles Féroé: l'Été Meurtrier


Depuis le 22 mai dernier, 832 globicéphales et 89 dauphins ont été massacrés aux îles Féroé. Cette année encore, C'est Assez! se mobilise et dénonce cette tradition aussi absurde que barbare.

Crédit photo: Helen Waag
Lorsque nous voyons les photos du grind, cette chasse aux baleines propre aux habitants des Féroé, nous frissonnons d'effroi devant un tel gâchis. Des vies à jamais perdues, des mères, des petits, des femelles gestantes... tous les cétacés ayant le malheur de nager près des côtes de l'archipel se font rabattre et tuer de façon systématique. Sans aucune distinction. 

Les chiffres de 2017
Voici le nombre des cétacés morts depuis le premier grind en 2017. 

22 mai: 84 globicéphales
16 juin: 164 globicéphales + 8 dauphins à flancs blancs
26 juin: 157 globicéphales + 53 dauphins à flancs blancs
29 juin: 43 globicéphales
5 juillet: 70 globicéphales
8 juillet: 71 globicéphales + entre 10 et 20 au cours d'un second grind
9 juillet: 27 globicéphales
11 juillet: 2 globicéphales
16 juillet: 30 globicéphales + 12 dauphins
17 juillet: 191 globicéphales
25 juillet: 16 dauphins

Une situation inextricable  
Inextricable car les féroïens n'ont que faire des critiques. Se réfugiant derrière leur statut de territoire autonome, ils perpétuent cette coutume sans qu'aucune sanction ne soit prise à leur encontre. 
Ne faisant pas partie de l'Union Européenne, n'étant pas signataires de la Convention de Berne qui protège les cétacés et interdit leur pêche en Europe, les féroïens font comme bon leur semble.
Prétextant que ce qui se passe dans les abattoirs dans d'autres pays est bien pire, ils s'en donnent à coeur joie. Nous ne pouvons nier cela, ni le fait qu'en France, des traditions tout aussi cruelles subsistent, comme la corrida par exemple. Pour autant, peut-on justifier une barbarie par une autre? 
Nous pensons que non.

Le Danemark complice
Bien qu'autonomes, les îles Féroé sont rattachées au Royaume du Danemark, qui fait partie de l'Union Européenne. En protégeant le grind avec ses navires militaires, le Danemark se rend complice de ces massacres. Une situation dénoncée en mai dernier par des militants anonymes qui ont repeint la célèbre sirène de Copenhague en rouge, et inscrit la phrase "Denmark, defend the whales of the Faroe Islands" ("Danemark, défends les baleines des îles Féroé") au pied de la statue.


Continuons à dénoncer 
Si nous voulons voir ces massacres prendre fin un jour, nous devons continuer à les dénoncer, inlassablement. Peu importent les prétextes auxquels les féroïens ont recours. Cette chasse n'est ni durable, ni acceptable en 2017. 
Bien que nous ayons un sentiment d'impuissance, nous refusons de nous résigner.

Happening à Nantes le 1er juillet


Participez à notre action en cliquant sur ce lien. 
Parce que chaque action compte, ne baissons pas les bras, levons-nous face à l'ignominie, continuons le combat. 

#StopGrindadrap



samedi 24 juin 2017

Baleines: le Japon entend reprendre la chasse à des fins commerciales

Accusant le Japon de gâcher l'argent des contribuables, des groupes d'opposants rejettent la décision d'entreprendre plus de programmes scientifiques de pêche à la baleine.

Article original de la WDC, traduction: Margaux Halet pour C'est Assez!

Baleine morte sur un baleinier japonais. ©️WDC / M.Votier
Le gouvernement japonais a ratifié un projet de loi sur la reprise de la chasse à la baleine à des fins commerciales, et ce malgré une opposition internationale mais également malgré les contestations de groupes environnementaux japonais.

Actuellement, le Japon contourne l'interdiction internationale de la pêche à la baleine à des fins commerciales grâce aux failles dans les réglementations qui autorisent la mise à mort de baleines pour des raisons scientifiques. Le Japon concentre ces soi-disant chasses « scientifiques » dans l'océan Antarctique et l'océan Pacifique ; la majorité de la viande est ensuite vendue.

Financé par le budget national japonais, le nouveau projet de loi inclura des programmes de pêche scientifique de baleines malgré le fait que la demande en viande de baleine ait drastiquement baissé au Japon et que le gouvernement doive maintenant en subventionner l'industrie.

Le nouveau projet de loi a été ratifié sans aucun débat au Parlement Japonais, ou presque, et permettra de financer pendant plusieurs années la chasse aux baleines à but scientifique, la construction d'un nouveau « baleinier principal » afin de continuer les recherches, renforcera les contrôles d'immigration des activistes étrangers au mépris de l’opinion internationale.

Un communiqué émis par une douzaine de groupes d'opposants japonais à la chasse à la baleine met en lumière deux problèmes majeurs du projet de loi :

Le premier est que la reprise de la chasse à la baleine à des fins commerciales, une volonté explicitement inscrite dans les objectifs du projet de loi, ne profite en rien au Japon. Même si le pays continue de mener des pêches scientifiques à la baleine, le Japon, en tant que nation, ne peut obtenir le consentement de la communauté internationale : il lui est impossible de s'assurer les trois-quart des voix à la Commission Baleinière Internationale nécessaires pour que la reprise de la chasse soit acceptée.

Le second problème majeur vient du fait que l'aspect scientifique du programme de chasse à la baleine est sérieusement remis en question au niveau international.

Le communiqué ajoute : « A l'origine, la chasse à la baleine à des fins scientifiques devait s'autofinancer grâce à la vente de la viande des baleines tuées. Cependant, à cause du déclin de la consommation de cette viande au Japon, le coût élevé de ces recherches ne pouvait plus être financé, en conséquence, l'Institut japonais de recherche sur les cétacés est devenu insolvable. Il est clair, si l'on tient compte de la demande actuellement faible en viande de baleine, que l'industrie baleinière n'est pas économiquement viable. Les chasses scientifiques à la baleine en Antarctique ne sont possibles que grâce d'importantes injections d'argent public.

A première vue, les « recherches scientifiques » semblent être une contribution positive aux recherches internationales, sauf que le programme de recherche est fondé sur la capture et la mort des baleines. La Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine a été conclue il y a 70 ans. Le milieu de la chasse à la baleine a changé depuis, et de nouvelles technologies permettent la poursuite de recherches scientifiques sans avoir à abattre les animaux. »

La chasse à la baleine au Japon a été vivement critiquée par les experts de la Commission Baleinière Internationale (l'organisation qui régule la chasse à la baleine), par la Cour de justice internationale, par le Parlement Européen et par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN), l'organisation mondiale pour la conservation de la nature.

Le communiqué conclut :
« La nouvelle loi fait fi des controverses qui entourent les opérations, tente de faire taire les critiques, et n'a pour autre but que de continuer la pêche scientifique à la baleine, quel qu’en soit le prix – que ce soit par rapport aux baleines, à la réputation internationale du Japon ou aux contribuables japonais.

Par conséquent, une fois le projet de loi passé, l'argent de nos impôts sera gaspillé dans ces programmes chaque année, ébranlant également les relations avec nos nations amies et dégradant notre réputation internationale. Actuellement, les Agences de pêche s'approprient chaque année 5 milliards de yens pour financer la pêche à la baleine à des fins scientifiques. Ce montant dépasse les 4,6 milliards de yens réservés au financement de l'industrie de la pêche côtière japonaise toute entière. A partir de maintenant, davantage de fonds publics seront investis et le développement de l'industrie de la pêche, mais également toutes les autres formes de pêche, en souffriront. Cela n'étant en aucune façon lié aux intérêts nationaux du Japon, nous continuerons donc à nous opposer à cette législation. »

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vendredi 23 juin 2017

Vers la fin programmée des delphinariums (Le Figaro)

Article du journal Le Figaro, publié le 19 juin 2017

Spectacle de dauphins au Marineland d'Antibes. 
ENQUÊTE - Un arrêté interdit désormais la reproduction des animaux en captivité. Cette mesure, signée par Ségolène Royal, ex-ministre de l'Environnement, entraînera de facto la disparition des zoos aquatiques.
Les noms qu'ils portent - Tux, Lotty, Sharky, Malou, Rocky, Dam… - désolent les associations de défense des animaux. Ces appellations incarnent, en effet, le sort qui est réservé à des centaines de dauphins et orques à travers le monde. Loin du grand large, ces mammifères marins sont parqués dans des bassins, sous la férule de l'homme. Au nombre d'une trentaine en France, la plupart n'ont d'ailleurs jamais connu la liberté. Nés en captivité, ils ne devraient connaître que les parois de leur bassin.
Mais cette vie va cesser. Avant de quitter le ministère de l'Environnement, Ségolène Royal a donc sorti de son chapeau un texte qui a pris de court tout le monde. Après des mois de travail ponctués de réunions, parcs animaliers et associations s'étaient entendus sur une amélioration significative du sort de ces mammifères, qui dépendait d'une ancienne réglementation de 1981. Or, l'ex-ministre est allée plus loin en ajoutant au dernier moment une ligne au document. 
Ces quelques mots ont foudroyé les responsables des delphinariums car ils annoncent tout simplement la fin de ces établissements. « La reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus est désormais interdite. Ainsi, seuls les orques et les dauphins actuellement régulièrement détenus peuvent continuer à l’être, sans ouvrir à de nouvelles naissances », est-il écrit dans cet arrêté publié le 6 mai dernier.

Des petits arrachés aux mères

Les associations elles-mêmes n’avaient pas envisagées pareille avancée. 
« D’ailleurs les nouvelles dispositions tardaient à sortir et on se disait même que le dernier quinquennat allait s’achever sans aucun progrès dans ce domaine » relate Christine Grandjean, de l’association C’est assez !, cheville ouvrière du combat contre la captivité de ces animaux. Quand l’arrêté est sorti, ce fut donc aussi la stupéfaction. Et la joie aussi.

Ainsi cet arrêté signe la mort des 3 delphinariums du pays. Une fois que les animaux disparaitront, il en sera fini de ces lieux, le texte prohibant l’importation et la reproduction. Pour Christine Grandjean, cette issue est la meilleure qui soit tant le sort de ces espèces y est terrible. La captivité est en soi, selon elle, un acte de maltraitance à laquelle s’ajoute kyrielle de mesures qui mettent en péril le bien-être et la vie des mammifères. Ainsi, le chlore utilisé dans les bassins abîme leurs yeux, l’échouage - clou des représentations - comprime les poumons, la musique assourdissante plonge les cétacés à l’ouïe particulièrement fine dans un monde cacophonique. En l’absence de végétation couvrant les bassins, le soleil brûle les peaux, le sort des petits arrachés au mère crée un terrible traumatisme au sein de ces communautés animales qui ont le sens de la famille.

Ce nouvel arrêté, qui aménage la vie de ces structures jusqu’à leur fermeture, tient compte de la plupart de ces griefs. De nouvelles règles sont à respecter. Outre des bassins plus grands et plus profonds, ces dernières prescrivent la fin de l’échouage, du toucher des animaux par le public, de l’usage du chlore et l’obligation de zones d’ombres. 
Les responsables des centres aquatiques apparaissent aujourd’hui comme des bourreaux auprès d’une partie de l’opinion publique. Avec courage, Jon Kershaw accepte de défendre son centre, Marineland, à Antibes, le plus grand parc marin européen avec ses 11 dauphins et ses 4 orques. En ce mercredi après midi, un spectacle pédagogique a lieu dans l’un des bassins. Deux dauphins qui jonglent avec des quilles répondent aux gestes de Deborah, soigneur animalier. Séparés par un muret, des enfants ont revêtus une combinaison pour être dans l’eau avec eux. 

Dans un bassin voisin, sur fond de musique grandiloquente avec des écrans géants qui retransmettent les images, c’est le show des orques. Ces animaux stupéfiants font sauts et cabrioles, traversent en un instant leur bassins sous les applaudissements des spectateurs.

Jon Kershaw, cet anglais de 63 ans devenu directeur zoologique, est fier de son centre, qui appartient au groupe espagnol Parques Reunidos, spécialisé dans les parcs animaliers et de loisirs. Ces 25 hectares bien entretenus sont l’aboutissement de dizaines d’années d’expérience, ponctués de tâtonnements et même d’erreurs. « J’ai commencé dans les années 70, et toutes les conneries, en fait, je les ai faites, admet-il. Mais il y a plus de 40 ans, on ne connaissait rien de ces animaux. J’ai commencé en Angleterre, pays pionnier qui ouvrait les premiers parcs. »

Cette période était l’âge de pierre pour les mammifères confinés, dit-il, « dans des flaques », où l’on parlait de « dresseur et non de soigneur animalier », où les montreurs d’animaux faisaient même des spectacles ambulants avec les dauphins. « Pour obtenir obéissance, c’était l’époque aussi où l’on faisait miroiter le seau de poissons », ajoute-t-il. Au fil des ans, la littérature vétérinaire sur ces mammifères s’est étoffée et les psychologues ont fait leur entrée dans les zoos aquatiques.

Aujourd’hui, ce directeur zoologique réfute toute forme de maltraitance. « On n'intube pas nos dauphins, comme on le dit, pour les hydrater, on ne les affame pas pour les contraindre à obéir* », assène-t-il encore en poursuivant : « On nous a même accusés de peindre nos cétacés pour dissimuler des plaies ! On peut être opposé à la captivité, mais on ne peut pas dire n’importe quoi. » Pour Deborah, jeune femme de 26 ans aux grands yeux bleus, cette période est aujourd’hui difficile à vivre. Devenir soigneur animalier était son rêve. Mais en ville, elle tait désormais son activité. A ce stade, les centres aquatiques n’ont pas l’intention de disparaître sans tenter de se battre, peut-être devant les tribunaux. Sollicité par Le Figaro, l’avocat de Marineland n’a pas souhaité s’exprimer sur un éventuel recours contre l’arrêté. Mais les responsables de la protection animale le redoute. Président de l’Association Française des Parcs Zoologique, Rodolphe Delord, par ailleurs responsable du parc animalier de Beauval, est décidé à défendre sa profession. « Les zoos, en France, c’est 20 millions de visiteurs dont 1 million pour Antibes. Outre ce poids économique important, ces structures favorisent la sensibilisation du public à l’égard d’espèces parfois menacées », explique-t-il en ajoutant : « Il y a longtemps qu’il n’y a plus de captures en milieu naturel et tout se passe désormais par le biais d’un programme d’élevage en Europe où l’on dénombre 280 dauphins. » Pour Jon Kershaw « ses » mammifères sont, selon lui, les ambassadeurs de leurs congénères sauvages. S’ils disparaissent un jour de notre vue, on les défendra moins », met-il en garde. Aujourd’hui, ces cétacés ne sont pas globalement menacés même si certaines communautés sont inquiètes de l’emprise de l’homme sur les océans.

Condamnés en quelques sortes à jouer

Reste une question : ces animaux sont-ils heureux? Les chercheurs ne se risquent pas à une réponse tranchée. Directeur de recherche au CNRS du centre d’études biologiques de Chizé (Deux-Sèvres), Christophe Guinet met surtout en avant l’obligation de combattre l’ennui de ces animaux, qui est, dit-il, « la pire des choses ». En remplacement du grand large où ils parcourent chaque jour des kilomètres, le dauphin et l’orque doivent être sollicités en permanence. 
Condamnés en quelques sortes à jouer. Les spectacles qui pourraient passer pour shows navrants participent ainsi à leur bonne santé mentale. Même en dehors des représentations devant le public, l’animal doit-être occupé. « Il faut inventer des jeux, les surprendre », relate Deborah. Mais ce qui inquiète aujourd’hui le chercheur qui a étudié ces espèces est l’interdiction de reproduction imposée par le nouvel arrêté. « Il n’existe pas de contraceptif naturel et le seul moyen de respecter la règle est d’imposer une séparation, ce qui peut générer un stress chez ces animaux éminemment sociaux. »

Cette évolution vers la fin des delphinariums ne doit rien au hasard. « On est dans la continuité d’un phénomène constaté depuis une dizaine d’années. Mise à part la Chine, qui ouvre des zoos aquatiques, on met un terme à ces centres à travers le monde », relate Florence Gaunet, chargée de recherche en éthologie cognitive au laboratoire de psychologie cognitive au CNRS Aix-Marseille Université. Multifactorielles, selon elle, ces fermetures sont notamment liées à l’action offensive des associations militantes qui abreuvent l’opinion publique d’informations via les réseaux sociaux. Les documentaires tels que Blackfish qui militent contre la captivité, les dresseurs repentis qui témoignent, les images chocs, les vraies comme les fausses allégations circulent en boucle sur la Toile. « Et on en sait aussi beaucoup plus sur ces espèces dont les relations sociales sont complexes, les capacités de navigation élaborées témoignent d’une intelligence », assure cette spécialiste, en ajoutant : « Toutes ces données ont forcément fait évoluer notre regard sur les mammifères. »


Mais pour les associations, il ne faut pas attendre l’extinction de ces spécimens en captivité pour tirer le rideau des delphinariums. « Un projet est en cours pour tenter de créer en France une baie de réhabilitation afin d’accueillir ces animaux», indique Christine Grandjean. Incapables de retourner en milieu naturel, ces cétacés pourraient ainsi finir leurs jours en semi-captivité. Comme d’autres, la responsable de C’est assez ! rêve d’un lieu où ces dauphins et orques seraient enfin débarrassés de leurs prénoms.

* NOTE de C'est Assez! 
Les dauphins de Marineland, comme tous les dauphins captifs, ne peuvent s'hydrater correctement grâce à leur nourriture à cause de la congélation du poisson. Les delphinariums pallient ce manque en leur donnant des cubes de gélatine et en les intubant régulièrement, comme l'atteste une vidéo faite par une militante l'année dernière. Ces captures montrent le matériel utilisé pour intuber les dauphins. 




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PÉTITION À SIGNER POUR LE MAINTIEN DE L'ARRÊTÉ: CLIQUEZ ICI

mercredi 24 mai 2017

La fronde des delphinariums, menacés de disparition (Le Monde)

Les trois parcs français cherchent comment dénoncer l’arrêté de Ségolène Royal qui interdit la reproduction des dauphins et des orques en captivité.

Article de Audrey Garric pour Le Monde


Salto arrière, révérences et plongeons synchronisés. Pendant vingt minutes, Galeo, Peos, Amtan et les autres enchaînent les pirouettes sous les yeux ébahis d’un public conquis. Les huit dauphins de la «cité marine» sont l’une des attractions phares du parc zoologique Planète sauvage, à Port-Saint-Père, près de Nantes (Loire-Atlantique), qui compte 1 000 animaux et accueille 280 000 visiteurs par an depuis 2009.

Dans les bassins, les mammifères conduisent leurs soigneurs par leurs nageoires dorsales, avant de les élever au-dessus de la surface de l’eau, sous des applaudissements nourris. La musique rythmée laisse alors place à un message d’une tonalité bien plus politique : « Une pétition circule dans les gradins. Elle dénonce un arrêté qui va à l’encontre du bien-être des dauphins que vous venez de voir. »

Pétitions

Le texte incriminé est celui signé par l’ancienne ministre de l’environnement, Ségolène Royal, le 6 mai, à la veille du second tour de l’élection présidentielle. Au tout dernier moment, sans en informer les associations de protection animale ni les professionnels du secteur avec lesquels elle travaillait depuis vingt-deux mois, elle a glissé dans le nouvel arrêté un changement majeur : l’interdiction de la captivité des dauphins et des orques à l’exception de ceux actuellement détenus sur le territoire – ce qui implique de mettre un terme à la reproduction de ces cétacés – et des échanges avec d’autres bassins. Ce qui signifie, à terme, l’arrêt des delphinariums dans le pays.

La disposition a déclenché une tempête dans les trois parcs de l’Hexagone concernés, qui accueillent vingt-six grands dauphins et quatre orques : le Marineland d’Antibes (Alpes-Maritimes), le plus grand d’Europe avec un million de visiteurs par an, le parc Astérix (Oise) et Planète sauvage. Depuis, ils mènent la fronde. Pendant que leurs avocats réfléchissent au moyen de dénoncer l’arrêté, les établissements, « choqués » et « très en colère », mobilisent leur public. Deux pétitions de soutien ont été signées par 9 500 personnes.

A la fin du spectacle de Planète sauvage, Emilie, 33 ans, et Maëla, 26 ans, paraphent sans hésiter, car « ça se voit que les animaux s’éclatent, qu’il y a une belle complicité avec les soigneurs ». Seul Philippe, un transporteur routier de 56 ans, se dit que les cétacés « seraient mieux dans leur milieu naturel ». « C’est comme si on nous mettait dans une cage », compare-t-il, avant d’ajouter qu’ils « n’ont pas l’air malheureux. »

« Les bassins vont devenir une prison »

S’il se porte « garant du bien-être » de ses dauphins, le responsable scientifique du parc, Martin Boye, juge en revanche que l’arrêt de la reproduction va « leur porter préjudice ». « On leur retire une partie de leur répertoire naturel, une forme de stimulation », explique-t-il, car « il y a beaucoup de comportements sexuels entre dauphins ».

« Cet arrêté attaque les animaux au lieu de les protéger. Les bassins vont devenir une prison, et les soigneurs des matons », abonde Jon Kershaw, le directeur zoologique de Marineland, le seul à détenir des épaulards, en plus de ses onze grands dauphins. Comment éviter leur accouplement ? Les parcs marins ne le savent pas encore. Hors de question de les castrer, car l’anesthésie générale serait trop risquée. Restent la contraception et la constitution de groupes séparés de mâles et de femelles, « ce qui n’est pas raisonnable pour leur vie sociale », juge-t-il.

Le nouvel arrêté, qui abroge une législation de 1981 devenue obsolète, prévoit de nombreuses autres mesures que les delphinariums devront adopter : une augmentation de la taille et de la profondeur des bassins, des enrichissements (courants, vagues, cascades…) et la présence de zones d’ombre, l’interdiction du chlore, ainsi que la fin de l’échouage des animaux pour les spectacles et des contacts directs entre le public et les cétacés – une activité lucrative.

Les parcs vivement critiqués

« A l’origine, l’arrêté était de très haut niveau, et nous permettait d’améliorer notre image. Jusqu’à ce que Ségolène Royal décide, seule, de tout remettre en cause avec l’interdiction de la reproduction. Là, ce n’est plus acceptable », s’insurge Jon Kershaw. Pour Marineland, la survie s’avère des plus précaires du fait de sa spécialisation dans les cétacés.
Mais les parcs font également face à des critiques toujours plus vives. Alors, les soigneurs expliquent leur travail, dans des termes choisis. Ils ne « dressent » pas les animaux pour des « spectacles », mais « renforcent » leurs « pensionnaires » lors de « présentations ».

« On utilise une sensation agréable pour guider l’animal et lui apprendre à renouveler le comportement que l’on attend », explique Candice, 31 ans, l’une des dix soigneuses de Planète sauvage, vêtue de sa combinaison noire. Si le dauphin a réussi l’un des 150 à 200 comportements enseignés, un coup de sifflet indique que le soigneur est satisfait.

Arrive ensuite la récompense : du poisson, des glaçons, des jouets ou des caresses, « selon ce qu’ils aiment ». Mais quoi qu’il arrive, assure-t-elle, l’animal a toujours sa ration de harengs, de merlans ou de sardines : « On ne les affame pas, il n’y a pas de contrainte. Les dauphins qui ne veulent pas s’entraîner, on les laisse tranquilles. » La jeune femme vit son métier comme une « passion » : « On aime nos animaux, on fait tout pour eux. »

Appel d’Hulot à « en finir avec les delphinariums »

Si Christine Grandjean, la présidente de C’est assez !, une ONG spécialisée dans la lutte pour la fin de la captivité des cétacés, ne doute pas de cet attachement, elle déplore en revanche que les parcs « récupèrent l’argument du bien-être des dauphins ». « On les fait se reproduire avec des partenaires non choisis, puis on les sépare de leur progéniture pour la mettre dans un autre parc afin d’éviter la consanguinité, rétorque-t-elle. Dans la nature, les animaux peuvent bouger d’un groupe à l’autre, mais c’est leur choix. »

A ses yeux, l’argument de la pédagogie et de la conservation avancé par les parcs ne tient pas, car l’espèce Tursiops truncatus n’est pas menacée. « Tout ça pour faire perdurer une industrie, c’est indécent. »

Dans ce débat, les delphinariums avancent que les dauphins vivent en moyenne trente ans en bassin en Europe et aux Etats-Unis, soit plus longtemps que dans la nature. Les ONG, de leur côté, ont calculé que sept dauphins sont morts depuis janvier 2015 en France et que l’âge moyen de décès, depuis la création des delphinariums hexagonaux, était de 14 ans.


C’est assez !, qui a aussi lancé une pétition – forte de 20 000 signatures – pour défendre l’arrêté, appelle la France à fermer ses parcs, comme l’avait fait le Royaume-Uni dans les années 1990, et à « rendre leur liberté aux cétacés dans des sanctuaires marins ». « Cette vision romantique ne fonctionnera pas », balaie Martin Boye. Voici un dossier brûlant de plus sur le bureau déjà chargé du nouveau ministre de la transition écologique et solidaire. Le 20 avril, avant sa nomination, Nicolas Hulot avait écrit sur Twitter : « Notre civilisation ne devrait plus tolérer la captivité des dauphins. Il est temps d’en finir avec les delphinariums. »