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Que sait-on de l'intelligence des cétacés ?

Tout le monde sait que les baleines et les dauphins ont un gros cerveau et sont très intelligents. En effet, ils peuvent attraper des proies, migrer sur des milliers de kilomètres et même interagir avec d'autres espèces. 


Dans cet article, nous abordons l'intelligence des cétacés, de la conscience de soi à la transmission de la culture, et tentons de répondre à cette question : ces animaux pourraient-ils être aussi intelligents, voire plus intelligents, que nous ?

L'anthropomorphisme représente la croyance selon laquelle les animaux peuvent éprouver les mêmes pensées et émotions que les êtres humains. En ce sens, de nombreux chercheurs affirment que les scientifiques, comme Jane Goodall, peuvent être biaisés en surestimant la similarité entre les humains et les autres animaux. Cependant, les cétacés sont des êtres profondément émotionnels qui utilisent des outils et des langues avec des dialectes locaux. Outre les pouces opposables et d'autres différences apparentes, pourraient-ils être comme nous ?

Beauté, et intelligence !

Le cerveau des cétacés est étonnamment similaire au nôtre. Les orques, par exemple, présentent un pliage cérébral plus impressionnant que chez les humains. Cela les aide à traiter davantage d'informations à une vitesse remarquable. De plus, cette espèce particulière présente le cortex insulaire le plus complexe au monde. Cette partie du cerveau est impliquée dans la conscience et la conscience de soi, ainsi que dans le traitement des émotions telles que l'empathie et la compassion. La plupart des baleines présentent des structures sociales et culturelles similaires aux nôtres et, en ce sens, il est indéniable que l'intelligence pratique et émotionnelle émane de ces animaux.


"Je pense, donc je suis"

En général, la conscience de soi, la conscience, les sentiments et l'intelligence sont essentiels à la définition d'une personne. Depuis 1970, de nombreuses études ont montré que les mammifères marins ont des capacités cognitives sophistiquées comme la reconnaissance de soi et le sens de l'identité. Par exemple, une étude publiée en 2013 a révélé que les grands dauphins utilisent des sifflets uniques pour s'adresser les uns aux autres. En d'autres termes, ils utilisent des sifflements de signature comme des "noms". Les chercheurs ont également établi que les jeunes dauphins pouvaient se reconnaître dans un miroir 7 mois après leur naissance, alors que les bébés humains mettent jusqu'à 18 mois pour y parvenir. Ces animaux pourraient-ils être considérés comme des personnes non humaines ? Pour l'instant, la science dit OUI.

Amour et deuil

Les sentiments de profonde affection ne sont pas propres aux êtres humains. Le lien entre une mère et son enfant est peut-être le meilleur exemple de ces relations intenses que ces animaux connaissent également. La plupart d'entre nous se souviennent du combat déchirant de J35 (nommée Tahlequah, une orque résidente du Sud). Cette mère orque a porté le corps de son baleineau mort pendant 17 jours dans les eaux du Pacifique Nord-Ouest. Cet événement a attiré l'attention du monde entier et a semblé être une manifestation évidente de chagrin pour tous ceux qui l'ont observé, impuissants. Un tel comportement n'est pas rare chez les autres cétacés. La plupart des scientifiques qui passent du temps parmi ces animaux s'accordent à dire que les baleines ont une individualité et des personnalités uniques, tout en appartenant à des familles très unies. Étant donné que les baleines sont si intelligentes, on pourrait être tenté de comparer leurs comportements aux nôtres.


Amitié et acceptation

Si vous avez déjà vu un groupe de dauphins ou d'orques socialiser entre eux, il n'est pas difficile de reconnaître les liens complexes et profonds qui les unissent. On pourrait dire qu'ils vivent l'amitié et la fraternité. La notion d'"amitié" au sein du monde des mammifères marins a été documentée plus d'une fois. Un phénomène récent d'" amitié " dans l'estuaire du Saint-Laurent a vu un groupe de bélugas adopter un narval juvénile égaré. À ce jour, le narval voyage toujours avec le groupe de bélugas et adopte des comportements sociaux et sexuels avec eux. Ce type d'empathie et d'ouverture d'esprit envers les autres espèces est une nouvelle preuve de leur profonde intelligence émotionnelle.


Les baleines ont aussi une culture

L'espèce humaine a évolué dans un environnement en constante évolution où l'apprentissage social était essentiel à sa survie. En ce sens, l'apprentissage social et la transmission culturelle nous ont permis de transmettre des informations ou des outils qu'aucun d'entre nous ne pouvait acquérir seul. Dans le cas des baleines, il est prouvé qu'elles ont créé une culture marine grâce à leur remarquable intelligence. En effet, de nombreux scientifiques du monde entier soutiennent que les baleines ont une culture et que l'apprentissage social permet cette transmission culturelle. Par exemple, les cétacés apprennent de leurs pairs comment chercher de la nourriture, utiliser des outils, chanter une chanson spécifique, etc. Les grands-mères orques sont un autre excellent exemple de ce phénomène. Elles portent en elles des connaissances cruciales qui permettent de protéger leur famille de la famine. La culture et l'intelligence s'expriment à petite et à grande échelle, mais il est indéniable que les baleines et les dauphins ont eux aussi une riche culture.

Traduction : C'est assez !

Source : Whale Scientists


 

 

Les dauphins du moulin rouge




De 1968 à 1984, le célèbre cabaret parisien le Moulin-Rouge proposait des numéros et revues avec des dauphins.

C'est en 1968 que le Moulin-Rouge inaugure son " strip-tease au dauphin " : une plongeuse nage dans l'aquarium et le dauphin lui dégrafe son soutien-gorge. Il y aura jusqu'à trois dauphins ensemble dans le bassin pourtant minuscule pour de tels animaux.

Ils appartiennent à un Suisse, M. Bruno Lienhardt, propriétaire de plusieurs delphineries en Europe. Très vite, les protecteurs de la nature s'émeuvent du sort de ces dauphins, affaiblis par l'inaction, la peau entaillée de blessures, parfois à peine visibles dans une eau opaque.

En 1978, c'est le drame. Un employé italien meurt électrocuté en nettoyant l'aquarium. L'un des dauphins a la colonne vertébrale cassée et mourra quelques semaines plus tard dans un aquarium de Port-Barcarès (Pyrénées-Orientales).

En 1980, des écologistes préviennent les douanes : deux dauphins viennent d'être importés d'Allemagne par le Moulin-Rouge. Une forte mortalité oblige à remplacer fréquemment les cétacés. Les deux dauphins sont saisis par les douanes. La saisie est toute théorique, car les animaux restent dans leur aquarium.

Le Moulin-Rouge est condamné à une forte amende. Mais le music-hall continue à importer des dauphins pour remplacer ceux qui meurent victimes de nécroses pulmonaires.

Cette même année, Wendy, la plongeuse anglaise qui exécutait le numéro depuis plus de dix ans, quitte le cabaret. Désormais, la rotation des plongeuses va être aussi rapide que celle des dauphins.

Cependant, un arrêté du 24 août 1981 réglemente la détention des cétacés. Les bassins doivent avoir des dimensions convenables (800 m2 au sol) et comporter des brosses pour que les dauphins puissent s'y gratter.

Le Moulin-Rouge ne respectant pas ces conditions, l'association Greenpeace commence par s'adresser au secrétariat d'État à l'environnement qui tolère une telle situation. Puis elle dépose son recours contre la préfecture de police, à laquelle elle réclame 10 000 francs (1500€) d'indemnité.

A l'approche de l'audience, le Moulin-Rouge a préféré supprimer son numéro de dauphins. Ceux-ci ont été envoyés en Belgique. Ils ont été remplacés par les exhibitions de deux naïades.

Source Le Monde : https://www.lemonde.fr/archives/article/1984/10/29/le-bocal-du-moulin-rouge_3006464_1819218.html

Photo : Jean-Claude Deutsch

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