Iles Feroe – Poursuites judiciaires engagées contre les baleiniers ; le grind suspendu.

janvier 20, 2026 

Dix-huit mois après que Sea Shepherd ait déposé un rapport détaillé auprès de la police concernant une chasse durant laquelle des dizaines de globicéphales vivants ont été laissés dans des eaux peu profondes, en violation du droit féroïen, cette plainte a donné lieu à des poursuites judiciaires officielles contre les chasseurs de dauphins. En conséquence, les grindmasters (responsables locaux de chasse) ont annoncé qu’il n’y aurait plus de chasse dans les îles du nord jusqu’à ce que l’affaire soit résolue.
 
« Il y a dix-huit mois, Sea Shepherd déposait un rapport auprès de la police concernant un massacre au cours duquel des baleiniers ont retenu durant des heures un groupe de globicéphales alors que les participants assistaient à un festival local. 
Lorsque, le 1er juin 2024, le massacre a finalement commencé, 138 globicéphales ont été abattues, puis les baleiniers ont quitté les lieux et laissé les 90 individus survivants dans des eaux peu profondes.
 

Durant les 27 heures qui ont suivi, Sea Shepherd a filmé les globicéphales survivants dans un état de traumatisme et de détresse extrêmes : Ils luttaient pour respirer, piégés dans des eaux dangereusement peu profondes, tentant à plusieurs reprises de s’échouer sur la plage et risquant constamment de se noyer. Finalement, toutes sauf une ont réussi à regagner les eaux profondes.

Ce qui s’est passé ce jour-là est une violation directe et sans ambiguïté de la loi féroïenne sur le grind.

En effet, la loi stipule explicitement qu’aucun cétacé ne peut être laissé dans les eaux peu profondes après un grind. Les accusations sont donc non seulement justifiées, mais également nécessaires.
 

Suite à cette plainte, les grindmasters ont annoncé qu’il n’y aurait pas de grind dans les îles Feroe tant que cette affaire ne serait pas résolue.

L’association baleinière a longtemps montré une incapacité à l’autocritique. Leur modèle est cohérent : Ils croient que leurs actions sont intrinsèquement justes ; n’importe quel critique est étiqueté comme un terroriste ou un traître ; et si la loi montre que leurs actions étaient illégales, alors la loi doit être changée. Tout doit s’adapter sauf eux. 
 
 
Certains peuvent considérer cela comme une victoire. Mais en réalité, la prudence s’impose, car c’est une tactique des grindmasters pour mettre la pression. Il s’agit en réalité d’un ultimatum destiné à intimider les critiques, à influencer les décisions politiques et à saper le processus judiciaire. 
 
En réalité, de nombreux habitants des îles Féroé, y compris des parlementaires, soutiennent encore la chasse aux globicéphales. L’idée que ces massacres puissent être stoppés suite au rapport  déposé par Sea Shepherd est politiquement explosive. Cela accroît le risque d’ingérence et de pressions visant à étouffer l’affaire.
 
Si cela se produit, le résultat sera clair : la conviction de l’association baleinière qu’elle est au-dessus des lois sera renforcée, et non remise en question.
 
️️Ce moment est indéniablement le fruit d’années de documentation, d’activisme et de pression publique. C’est le signe d’un changement possible, mais c’est aussi une épreuve de force. Et c’est une confrontation que les cétacés, et ceux qui les défendent pourraient encore perdre. Tout dépend désormais de la police et du procureur. Tiendront-ils bon ?
 
Car il ne fait aucun doute que la loi a été enfreinte ce jour-là. Si les accusations sont abandonnées ou minimisées, l’association baleinière en sortira renforcée.
 
️Espérer le meilleur tout en se préparant au pire n’est pas une attitude défaitiste. C’est simplement ce que l’expérience nous a appris à faire face à l’adversité.
 
🔎 Stop the Grind / Valentina Crast 
📷 ©️Sea Shepherd
 

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