Malgré le coronavirus, le massacre des dauphins a repris aux Îles Féroé

15 juillet 2020

La chasse controversée aux grands dauphins a repris dans les Îles Féroé, avec un premier grind qui a coûté la vie à 287 cétacés.


Le 15 juillet dernier, vers 20 heures un grand groupe de globicéphales et de dauphins a été trouvé au large de Sandvík. 

Le pod a été conduit sur la plage de Hvalba, à Suduroy, l'île la plus au sud de l'archipel
.
252 globicéphales et 35 dauphins à flancs blancs de l’Atlantique ont été massacrés en 1 h 20.


Note : C’est le premier grind depuis le début de la pandémie due au Covid-19

Le 7 juin dernier, un groupe d’environ 30 globicéphales avait été repéré près du village de Selvik.

En raison du Covid-19 et des règles de distanciation physique, il avait été décidé de marquer les globicéphales, mais, dans la panique 19 d’entre eux s’étaient échoués et il avait été décidé de les abattre.

2 des mammifères marins appartenant à ce même groupe avaient été marqués et le reste du pod avait été repoussé en mer.

[Coronavirus - Alors que la proximité des pêcheurs posait la question du maintien de la pêche à cause de la pandémie due à la Covid-19, dans un communiqué publié le 7 juillet,  Jacob Vestergaard, ministre des pêches avait autorisé la chasse cet été, il y demandait notamment « d'éviter les attroupements ».] 

Chaque année, l’eau vire au rouge sang

Autorisés toute l’année, les massacres sont plus fréquents de juin à octobre, période pendant laquelle ces cétacés migrent le long des côtes de l’archipel.

Tradition ancestrale, le « grind » ou « grindadráp » consiste, une fois les cétacés repérés, à  encercler les animaux avec des bateaux qui sont alors rabattus au bord d'une plage autorisée pour l'abattage. 


Des crochets sont alors enfoncés dans les évents des mammifères marins pour les ramener au plus près de la rive, leur moelle épinière est alors sectionnée à l’aide d’un couteau traditionnel appelé « grindaknívur ». Les cétacés agonisent durant de longues minutes devant les membres de leur groupe. 

Des familles entières sont abattues, les féroïens n’hésitant pas à tuer les jeunes et les femelles gestantes. 


« Chez les globicéphales, le groupe prime sur les individus. Leur empathie serait telle que lorsqu’ils sont rabattus dans les baies, ils ne cherchent pas à fuir mais restent auprès de leur famille. Il en va de même lors des échouages, les globicéphales ne quittant jamais leur groupe malgré le danger. Cela expliquerait aussi pourquoi ces chasses au rabattage sont si meurtrières.

Le 6 juin 2015, plus de 150 globicéphales ont été tués en une seule matinée. Une mise à mort qui a duré près de quatre heures, durant lesquelles les dauphins ont assisté au massacre des leurs, pleinement conscients qu’ils n’échapperaient pas à la tuerie. »

Une législation bafouée

Le grindadrap est actuellement le plus grand massacre de cétacés en Europe.

Le globicéphale noir est pourtant une espèce protégée par la Convention de Berne, mais les îles Féroé ne sont pas signataires. Le statut particulier de ces îles, rattachées au Danemark, mais disposant d'une certaine autonomie, leur permet, sous couvert d'une sorte de dérogation culturelle accordée par les autorités danoises, d'échapper à toute législation et de perpétuer cette barbarie sans craindre la moindre sanction.  

L’année dernière, les îles Féroé ont adapté leurs lois afin que toute personne s’opposant au grind puisse être arrêtée et faire l’objet de poursuites judiciaires. Pire, toute personne voyant un groupe de globicéphales doit obligatoirement le signaler aux autorités féringiennes pour que le grind s’organise.
Ces mesures n’ont qu’un seul but : permettre aux Féringiens de perpétuer ces massacres en toute tranquillité, sans que personne ne puisse intervenir.

Si les Îles Féroé ne sont pas membres de l’Union européenne, le Danemark en revanche en fait partie. À ce titre, il se doit de respecter les conventions signées. Mais en envoyant sa marine dans les Féroé pour protéger ces chasses, le Danemark viole les conventions internationales de Bonn (23 juin 1979 sur la protection des espèces migratrices) et de Berne (23 juin 1979 sur la conservation de la faune sauvage). Pourtant, le Danemark ne subit aucune remontrance, ni de rappel à l’ordre de la part des instances européennes ou internationales.

La traduction littérale du mot féroïen grindadráp est « mise à mort des baleines ».

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Sources et photos :