Naissance d’un dauphin au parc Marineland : le triste sort de ce condamné à vivre en captivité

18 mai 2020 - Article de 30 millions d'amis 

Le parc aquatique de Marineland à Antibes (06) vient d’annoncer la naissance, le 8 mai 2020, d’une femelle dauphin. 

Sa mère, Nala, y est elle-même née en captivité. Une triste nouvelle pour la protection animale. 


La Fondation 30 Millions d’Amis et l’association C’est Assez ! réclament de la ministre de l’Écologie Élisabeth Borne un moratoire sur la reproduction des cétacés dans les delphinariums, qui doit conduire à l'interdiction définitive de la captivité des animaux à des fins de divertissement.

Ce faire-part de naissance n'a rien d'une bonne nouvelle ! Si les responsables du parc aquatique azuréen Marineland se félicitent de l'arrivée d’un delphineau entre leurs murs, comptant à présent 11 dauphins, les associations de protection animale, elles, sont consternées. 

« C’est un animal qui ne verra jamais la mer, se désole Christine Grandjean, présidente de l’association C’est Assez !, partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis. Nous avons reçu cette information avec une grande tristesse, car une naissance en prison ne peut pas être une bonne nouvelle. » 

Tout comme sa mère Nala, âgée de 10 ans, la petite delphine ne connaîtra jamais les vastes territoires de plusieurs centaines de kilomètres carrés que parcourent ses congénères libres, et devra subir l’agression permanente, sur sa peau et ses yeux, du chlore utilisé pour traiter l’eau. Avec pour seul horizon un bassin en béton, la triste vie de ce mammifère se résoudra à faire le clown pour divertir un public en échange de quelque nourriture.
  • Un moratoire pour interdire la reproduction des cétacés en captivité
Pour que ce delphineau soit le dernier à voir le jour dans ces conditions aussi inappropriées que dangereuses pour sa santé physique et mentale, les associations de protection animale en appellent une énième fois à Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire : 

« Nous réitérons notre demande d'urgence pour un moratoire sur la reproduction des cétacés en captivité, en attendant une réglementation définitive visant à interdire les delphinariums, confirme Christine Grandjean. La France doit créer des sanctuaires pour la réhabilitation des cétacés sauvés de la captivité. » 

Signé par Ségolène Royal en mai 2017, l'arrêté ministériel interdisant la reproduction des dauphins et des orques en captivité avait finalement été annulé en janvier 2018 par le Conseil d’État, sous la pression des parcs aquatiques. La Fondation 30 Millions d’Amis et ses partenaires ont, depuis, poursuivi les discussions avec les ministres successifs... dont les atermoiements continuent d'être éminemment préjudiciables aux animaux.

« En 5 ans, nous avons rencontré 4 ministres et pourtant, rien n’avance. Actuellement, les services du ministère de l’Écologie se disent trop occupés par les mesures à prendre face au Covid-19. Pourtant, cela ne les empêche pas d’autoriser la prolongation de la chasse au blaireau, après avoir permis aux chasseurs de continuer l’agrainage des sangliers en pleine période de confinement ! », dénonce la responsable de C’est Assez !. 

Avec le Marineland d’Antibes, la France compte 3 autres delphinariums (Planète Sauvage près de Nantes ; Parc Astérix à Plailly ; Moorea Dolphin Center à Tahiti).

Un silence gouvernemental d'autant plus assourdissant que sur ce sujet, l'opinion publique est sans ambiguïté : près de 7 Français sur 10 veulent en finir avec la captivité des orques et des dauphins à des fins de divertissement (baromètre Fondation 30 Millions d’Amis /Ifop, 2020).