La pandémie n'empêchera pas le Whale Sanctuary Project d'aller de l'avant

2 mai 2020 - Par Alec Bruce 

Malgré la pandémie mondiale, les préparatifs visant à faire de Port Hilford le premier sanctuaire public d'Amérique du Nord pour les bélugas avance, confirment les organisateurs du projet basés en Californie.


La semaine dernière, Charles Vinick, directeur exécutif du Whale Sanctuary Project (WSP), a déclaré que l'organisation lancerait une page Facebook locale « dans les prochains jours » et envisagerait d'ouvrir un centre d'information dans la rue principale de Sherbrooke pour « instaurer un dialogue ».

La nouvelle arrive alors que la propagation inexorable du COVID-19, et les mesures de mise en quarantaine et les confinements qui en découlent, continue de faire échouer les initiatives économiques dans une grande partie du monde.

« Nous mettons en place la structure pour avancer aussi activement que possible », a déclaré M. Vinick.


Stephen Flemming, directeur exécutif du Musée du village de Sherbrooke et figure de proue dans l'effort visant à établir un sanctuaire de baleines dans la région, a déclaré que le projet « est un point positif pour la communauté. Beaucoup de personnes sont enthousiastes à l'idée de participer à cette nouvelle initiative et se réjouissent de l'occasion qui leur est donnée de s'impliquer et d'aider à définir ce à quoi tout cela pourrait ressembler
Personnellement, j'ai hâte d'entendre toutes les grandes idées de notre communauté. »

Mr Vinick a ajouté : « Nous avons commencé à faire des analyses environnementales à Port Hilford sous la direction de notre analyste de recherche de Nouvelle-Écosse, le Dr Amanda Babin. Sur Zoom, une application permettant les visioconférences, nous sommes en contact avec des scientifiques et des chercheurs de Nouvelle-Écosse pour comprendre leurs questions et obtenir leurs conseils. Nous recevons des demandes de nombreuses personnes qui nous offrent leurs compétences et leur aide et nous faisons tout notre possible pour organiser les premières réunions avec eux par téléphone et par internet. »

Depuis le début de la pandémie, les responsables du WSP ont fait appel aux médias traditionnels et sociaux pour faire connaître au niveau international le rôle clé de Port Hilford dans le projet. 

Au début de ce mois, la présidente de l'organisation, Lori Marino, neuroscientifique et comportementaliste, a déclaré à Marcia Sivek, animatrice de « BeProvided Conservation Radio », un podcast de la région de San Francisco : « Dès le départ, ils (Port Hilford et Sherbrooke) ont été des partisans et des promoteurs enthousiastes. Nous ne pourrions pas le faire sans eux. »

Le populaire « BeProvided » est diffusé par le réseau iHeartRadio basé à New York, qui se décrit comme la « première plateforme de diffusion radio en continu avec une écoute numérique six fois supérieure à celle de la deuxième plus grande société de radio commerciale » aux États-Unis.

Dans son interview avec Marcia Sivek, Lori Marino a déclaré : « Je pense aussi que nous devons remercier tout particulièrement les pêcheurs qui gagnent leur vie ici, dans la région. Ils ont été formidables et nous ont transporté sur leurs bateaux. Ils voient l'opportunité et l'importance de ce projet. Et nous nous efforçons de faire en sorte que tout se passe bien pour eux lorsque nous mettrons cela en place à Port Hilford. »

Lori Marino a ajouté : « Nous avons conçu ou envisagé un site qui pourrait accueillir huit bélugas et peut-être deux ou trois orques s'ils sont mis à disposition - bien sûr, ils seraient séparés. Notre enclos sera au moins 300 fois plus grand que le plus grand bassin de tout parc marin. Il permettra aux animaux non seulement de nager en ligne droite, mais aussi de nager comme ils le souhaitent et de se rendre dans différents recoins du sanctuaire. »


Le sanctuaire sera également ouvert au grand public, a-t-elle déclaré. « Nous aurons un centre de découverte sur place. Mais ce ne sera pas le genre de lieu où nous pourrons vendre des billets et où les personnes afflueront. »

En février, après avoir passé trois ans à visiter et passer au peigne fin jusqu'à 100 sites dans l'État de Washington, en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse, le WSP a sélectionné Port Hilford à la fois pour ses caractéristiques physiques et environnementales (conditions des fonds marins, marées et courants et impacts potentiels de la faune locale) et pour sa population.

Mme Marino a souligné que cette combinaison est particulièrement importante car cette initiative est la première sur le continent pour les cétacés qui seront retirés des infrastructures de loisirs ou des cétacés sauvés de l'océan ayant besoin d’être réhabilités ou de bénéficier de soins permanents. 

« Ce que nous pouvons faire, c'est fournir un modèle de transparence qui peut aider les autres, et facilitera la création de ce genre de sanctuaires dans le monde entier », a-t-elle déclaré.


Des retombées économiques tangibles pour la région de Sherbrooke sont également probables.  

Le Whale Sanctuary Project couvrira le coût estimé à 20 millions de dollars des frais de lancement et de fonctionnement de l'installation. En plus d'un centre d'accueil, d'un sentier naturel et de lieux d'observation, le sanctuaire travaillera avec les écoles et les musées pour offrir des programmes éducatifs sur les cétacés du sanctuaire et leurs homologues sauvages.

Dans sa lettre de la semaine dernière, M. Vinick a déclaré que « certaines réunions devront peut-être attendre, mais entre-temps, avec nos dirigeants locaux Stephen Flemming, Jamie Anderson, Amy Simon, tant d'autres et surtout les pêcheurs, nous serons en mesure de communiquer avec vous tous. N'hésitez pas à me contacter. »

Actuellement, on estime que plus de 2350 cétacés vivent en captivité dans le monde : environ 2000 dauphins, 300 bélugas et une cinquantaine d'orques

« Dans notre comité consultatif, nous comptons un grand nombre de chercheurs et de spécialistes des cétacés, et il est important pour nous d’être en contact avec des organismes de recherches spécialisés comme le GREMM, qui nous apportent l’expertise nécessaire pour comprendre le comportement des cétacés », souligne Charles Vinick. « Nous travaillons également main dans la main avec les aquariums et les parcs d’attractions. Nous ne sommes pas là pour les critiquer ou les accabler, mais pour leur proposer des solutions, et nous souhaitons que les soigneurs habituels [des bélugas qui seront apportés] puissent venir nous épauler dans les premiers temps. » L’ONG américaine suit d’ailleurs de très près un projet similaire de sanctuaire mené en Islande par Sea Trust, une fondation liée aux parcs d’attractions Merlin Entertainments.


Traduction : C'est assez ! 



Légendes et crédit photos : 
Photo 1 : Image conceptuelle du sanctuaire pour bélugas en Nouvelle-Écosse - 
              © WSP
Photo 2 : On estime qu’environ 300 bélugas sont détenus à travers le monde - 
              Béluga sauvage - ©Cathy Kinsman

Photo 3 : Charles Vinick lors de la réhabilitation de l’orque Keiko à la vie en                      pleine mer - ©WSP 
Photo 4 : Site choisi pour la création du sanctuaire à Port Hilford (Nouvelle-Ecosse) - ©WSP