Un espoir pour les vaquitas, les petits marsouins continuent de se reproduire !

Par Deborah Sullivan Brennan / The San Diego Union-Tribune  
22 novembre 2019

Des scientifiques ont observé des marsouins vaquita avec des bébés

Le mois dernier, des scientifiques se sont rendus dans le golfe de Californie à la recherche du marsouin vaquita, un petit mammifère marin dont ils craignaient qu'ils ne soient déjà éteints.


Au lieu de cela, ils ont repéré un certain nombre d'animaux, y compris des mères avec leurs petits, faisant naître un nouvel espoir pour cette espèce en danger critique d'extinction.

« Quand nous retournerons là-bas, nous ne savons pas si nous reverrons des Vaquitas », a déclaré Robert Pitman, un biologiste marin récemment retraité de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration). « A chaque fois, ils sont moins nombreux. Nous avons été très soulagés de les voir. Nous avons effectué plusieurs observations en trois jours. Nous n’avons vu que 6 animaux, ce qui nous donne peu d'espoir. »


Néanmoins, ils ont déclaré que cette expédition était également porteuse de nouvelles décourageantes, car ils ont pu voir des dizaines de navires de pêche illégale dans des zones réservées aux vaquitas.

« Un jour, nous y avons vu plus de 80 pêcheurs », a déclaré Lorenzo Rojas-Bracho, chef du Groupe de recherche sur les mammifères marins de la Commission nationale mexicaine des aires naturelles protégées.

Le vaquita est le plus petit cétacé du monde et le mammifère marin le plus menacé. Il vit dans les eaux peu profondes du nord du golfe de Californie, au Mexique.

Leur population a chuté car le petit marsouin est victime des filets dérivants utilisés par les pêcheurs illégaux pour pêcher le totoaba, une autre espèce endémique de la région, également en danger d’extinction. Les vaquitas s’empêtrent dans ces filets maillants illégaux et se noient.


La vessie natatoire du totoaba est très prisée en Chine. Une fois séchée, elle est vendue sur le marché noir où elle se monnaye à prix d’or. Chaque vessie de totoaba se vend jusqu’à 20 000 dollars.


Toute perte de vaquita est un coup dur pour le rétablissement de l'espèce.

D’après un rapport du Comité international pour la sauvegarde du vaquita publié en avril 2019, il ne resterait qu’une dizaine d’individus encore en vie.

Bien que les lois mexicaines sur l'environnement interdisent la pêche dans le refuge des vaquitas, zone protégée par le gouvernement fédéral, selon les chercheurs, elles ne sont pas appliquées.

« Il y a des lois en vigueur, mais il n'y a pas de protection sérieuse », a déclaré M. Pitman.

« Ces derniers temps, en raison de l'augmentation de la pêche illégale, nous nous trouvons à un carrefour difficile, a-t-il dit. « Des pêcheurs illégaux sabotent notre programme de surveillance. Ce qu'ils font, c'est qu'ils vandalisent et volent notre équipement parce que nous avons des lignes et des cordes et ils s'en servent pour pêcher. »

Sans équipement de surveillance acoustique, les chercheurs ont du faire des observations visuelles pour étudier le vaquita cette année. Ils ont pu identifier 6 marsouins différents divisés en deux groupes, mais également 3 mamans avec chacune leurs bébés.

« La bonne nouvelle, c'est qu'ils se reproduisent. Et nous avons ceux qui ont survécu toutes ces années et il est important de les protéger car la survie du vaquita dépend de ces individus. »


Autre bonne nouvelle pour l’espèce, les scientifiques supposaient que les femelles vaquitas ne vêlaient que tous les 2 ans.

En 2017 et 2018, cependant, ils ont vu la même femelle avec deux bébés différents, ce qui suggère que le vaquita peut se reproduire tous les ans. Ils ont également remarqué qu’une femelle qui a donné naissance 2 années de suite, et qui perd un petit, peut entrer en gestation l’année suivante.

Le vaquita est un dommage collatéral du commerce de la pêche illicite, mais les humains pourraient éventuellement en payer le prix aussi, a déclarés M. Rojas-Bracho.

« On ne peut pas demander à une espèce de justifier son existence en terme de besoins humains », dit-il. « Si vous ne pensez qu'à l'utilité des espèces, alors le monde ressemblera au parking d'un supermarché américain. »

Traduction : C'est assez ! 


Crédit photos : 
Photo 1 : ©Semarnat
Photo 2 : Capture d'écran ©Vaquita CPR 
Photo 3 : ©Picture-Alliance / AP Photo / Omar vidal
Photo 4 : © EIA
Photo 5 : ©Paula Olson / NOAA 

A la Une

Sélection du message

Orques dans le port de Gênes, de la joie à la tristesse