3603 cétacés sont détenus dans les parcs aquatiques à travers le monde.  

12 novembre 2019 - Par Niall McCarthy


Un nouveau rapport de World Animal Protection, intitulé « Behind the smile » (« derrière le sourire »), souligne l'ampleur de l'industrie de la captivité qui représente plusieurs milliards de dollars et dénonce les conditions de détention des animaux, et leur exploitation.


Malgré le film « Sauvez Willy » sorti en 1993 qui a donné un coup de pouce au mouvement anti-captivité et la sortie plus récente du documentaire « Blackfish » qui a eu des répercussions considérables sur l'industrie de la captivité, le rapport de World Animal Protection a dénombré 3.603 cétacés, dont 3.029 dauphins, détenus en captivité a travers le monde.

Selon World Animal Protection, les dauphins captifs rapporteraient entre 1,1 et 5,5 milliards de dollars de revenus. Ces entreprises de loisirs exploitent ces animaux de diverses façons, que ce soit pour les spectacles, les programmes de nage avec les dauphins, la delphinothérapie ou tout autre interaction.

L’ONG a répertorié 336 parcs marins détenant des cétacés dans 54 pays. 

60% de tous les animaux captifs dans le monde se trouvent dans seulement cinq pays : La Chine (23%), le Japon (16%), les Etats-Unis (13%), le Mexique (8%) et la Russie (5%).

Même si, en Occident, l'opinion publique a commencé à s’opposer aux parcs marins, en partie grâce au succès phénoménal du documentaire « Blackfish », la Chine continue  d'augmenter considérablement le nombre de ses delphinariums. 

Le rapport a permis de répertorier 707 animaux détenus dans des installations chinoises, tandis que le Japon se classe au second rang avec 497 animaux.


Malgré l'évolution de l’opinion publique aux États-Unis, les parcs marins américains détiennent toujours 400 dauphins en captivité.

Lorsqu'il s'agit de régions géographiques plutôt que de pays spécifiques, la région du Mexique, des Caraïbes, des Bahamas et des Bermudes (MCBB) représente 19% de tous les dauphins captifs dans le monde, les Bahamas venant en tête pour le nombre moyen d'animaux par installation.

Dans son rapport, World Animal Protection souligne la difficulté de la situation en ce qui concerne la réhabilitation de dauphins nés en captivité qui, selon eux, ne pourraient s’adapter à la vie sauvage en raison de l’absence de compétences innées.

Cependant, l’ONG dénonce les conditions de vie des cétacés (bassins trop petits, sans enrichissement, promiscuité, alimentation non adaptée, absence de socialisation, reproduction, privation de liberté…), et recommande un relèvement des normes de bien-être pour les dauphins, notamment, l’agrandissement des bassins et de meilleures conditions de détention.

A l’état sauvage, un grand dauphin a une aire de répartition naturelle de 100 km², alors que la taille moyenne des enclos dans les parcs marins est 77 000 fois inférieure à cela, ce qui souligne les difficultés à améliorer les conditions de détention.


Cependant, selon ce rapport, il y a quelques aspects positifs. L’intérêt du public pour ce type de divertissement décroît dans certains pays.

D'autres pays, de plus en plus nombreux, adoptent une législation plus restrictive, incitant certains parcs à prendre des décisions positives, telles que l‘interdiction des spectacles, la fin des interactions avec le public, la fin de la reproduction, le transfert des cétacés vers des sanctuaires en mer.

La France possède 4 delphinariums, 3 en métropole, le quatrième en Polynésie :

  • Le Marineland d’Antibes détient 11 dauphins (3 dauphins, Lotty, Sharky et Malou, ont été capturés à l’état sauvage, et 4 orques. 
  • Planète Sauvage, près de Nantes, détient 9 dauphins (Nés en captivité)
  • Le Parc Astérix, à Plailly détient 8 dauphins. 3 d’entre eux, Beauty, Femke et Guama, ont été capturés à l’état sauvage.
  • Le Moorea Dolphin Center détient 3 dauphins. L’une d’entre eux, Hina, a été capturée à l’état sauvage.

Près de 50 dauphins et 12 orques (Freya fit 4 fausses couches en 1991, 1993, 2001 et 2003) sont décédés dans les delphinariums français depuis l’ouverture du premier parc marin en métropole, le Marineland d’Antibes, en 1970.


Crédit photos : ©World Animal Protection / ©Forbes / ©Csa-iStock-Getty Images Plus


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