Chasse à la baleine - Le Japon sous pression

Par Kazuhiro Nogi - 17 août 2019

Le Japon a insisté vendredi sur le fait qu'il ne chassait plus le rorqual boréal, une espèce menacée, dans les eaux internationales, mais il est accusé de violer un traité sur la faune sauvage en autorisant la commercialisation de stocks de viande de baleines tuées dans les années passées. 


La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) a conclu en octobre dernier que le Japon avait violé le traité et lui a ordonné de remédier à la situation sous peine de sanctions commerciales.

Le comité, qui s'occupe du respect et de l'application du traité, a rejeté les affirmations du Japon selon lesquelles l'abattage de quelque 1 500 rorquals boréals du Pacifique Nord depuis 2002 n'avait rien de scientifique

Elle a conclu que la chasse était principalement motivée par des raisons commerciales et constituait donc un commerce international d'une espèce protégée et une violation manifeste du traité.

Le Japon a affirmé vendredi au comité réuni à Genève qu'il n’autorisait plus la chasse aux rorquals boréals en haute mer et qu'il était donc en conformité avec la CITES.

"Cette question doit être considérée comme close ", a déclaré un membre de la délégation japonaise, à la veille du lancement à Genève d'une conférence mondiale réunissant les 183 pays qui ont signé le traité.


Mais les membres du comité provenant de divers pays, dont l'Union européenne, Israël, le Niger, le Pérou et les États-Unis, ont fait part de leur désapprobation et ont exprimé leur indignation face à la vente continue des stocks de viande et de graisse de baleines jugées illégalement abattues et importées au cours d'une période de 16 ans.

Selon les défenseurs de la nature, 1 500 tonnes de viande de baleine  provenant de 131 rorquals boréaux tués en 2018 ont été commercialisées au Japon, et la viande de rorqual boréal reste largement disponible dans les magasins et restaurants du pays.

« C’est vraiment choquant ", a déclaré le représentant du Niger, soutenant que lorsque le commerce international illégal d'autres espèces menacées est démantelé, tel que c’est le cas pour les éléphants, les stocks d'ivoire sont confisqués et détruits.

Le représentant de l'Union européenne a accepté, rappelant l'article 8 de la convention, qui, selon lui, « exige la confiscation des spécimens commercialisés ou, en l'occurrence, en provenance de la mer, en violation de la CITES ».

Le Japon, quant à lui, a souligné qu'il avait immédiatement suivi la décision rendue par le comité en octobre dernier, mais s'est opposé à l'idée qu'elle soit appliquée rétroactivement.

À l'issue de la réunion, la commission a ordonné au Japon d’établir un rapport sur l’ utilisation de leurs stocks de rorqual boréal, mais a reporté à l'année prochaine la discussion portant sur la confiscation sur la confiscation de ces stocks. 

Le 1er juillet dernier, le Japon reprenait officiellement la chasse commerciale à la baleine  dans ses eaux territoriales pour la première fois depuis trente ans, entérinant leur décision prise en décembre 2018 de quitter la CBI. Cependant, il reste lié par les restrictions internationales de la CITES sur le commerce des espèces sauvages.



Pour rappel, le Japon s’est attribué un quota de chasse de 227 baleines dont 52 baleines de Minke et 25 rorquals boréals.  

Traduction : C'est assez !

Crédit photos :
Photo 1 - ©AFP/File 
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Phoot 3 - ©AFP 


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