Les orques, des êtres libres

Par Sandrine Pantel 

Cela fait maintenant cinq jours que je suis arrivée à Grundarfjörður et les trois sorties en bateau que nous avons faites jusqu’à présent m’ont d’ores et déjà offert certaines des émotions les plus intenses de ma vie. Elles m’ont également donné la confirmation de quelque chose que je savais déjà, mais dont je suis maintenant sûre : les orques ne peuvent être heureuses que dans la nature et les retenir captives est une des choses les plus cruelles qui soient. 

Crédit photo : ©Orca Guardians Iceland
Nous avons eu la chance incroyable de rencontrer des familles d’orques dès le début de la semaine, le matin et l’après-midi du même jour. Nous les avions observées depuis la côte le jour d’avant, et nous les avons retrouvées au large, d’abord en pleine session de chasse aux harengs, puis continuant leur périple dans les eaux islandaises tout en renforçant leurs liens par des jeux et autres processus de socialisation. Elles sont apparues devant notre bateau, au large de la côte enneigée du glacier Snæfellsjökull, et ont poursuivi leurs activités autour de nous pendant de longues minutes, aucunement dérangées par notre présence. 

Une orque femelle nageant près du bateau - Crédit photo : ©Sandrine Pantel
Une maman orque nageait avec son petit, lui apprenant sans doute à attraper le poisson. Ces groupes d’orques étaient heureux d’être ensemble, cela sautait aux yeux. Ils n’avaient visiblement besoin de rien d’autre, juste d’être ensemble, et libres. Libres d’aller où bon leur semble. 

Une orque femelle et son adorable petit - Crédit photo : Sandrine Pantel
Le jour suivant, les conditions météo ne nous ont pas permis de sortir l’après-midi. Alors, en route pour essayer d’apercevoir les orques depuis la côte, et tant pis pour le vent glacial qui nous fouettait le visage ! Et nous les avons à nouveau aperçues ! Nous avons tout d’abord distingué leurs souffles au loin, avant de voir leurs ailerons dorsaux noirs se mettre à danser à la surface, apparaissant et disparaissant de notre vue au milieu des vagues. Les grands ailerons des mâles étaient les plus visibles, mais ils étaient certainement accompagnés de femelles et peut-être même de petits veaux. Et soudain, une chose incroyable s’est produite, quelque chose auquel nous ne nous attendions absolument pas : l’une d’entre elles a sauté par deux fois hors de l’eau ! Était-ce un signe de joie, était par simple jeu… ? Cette orque était, en tout cas, manifestement heureuse, libre et heureuse d’être libre. Nous n’avons pas eu besoin de lui apprendre des tours en la récompensant avec du poisson, il nous a suffi d’observer et de la voir exprimer ses élans les plus authentiques pour être captivés par sa grâce et sa majesté. 

A la rencontre d'une famille d'orques dans les eaux islandaises 
Crédit photo : ©Sandrine Pantel
Comme tout animal sur Terre, les orques sont faites pour être libres. Les retenir en captivité est cruel et d’une inutilité totale. Les émotions provoquées par les spectacles d’un parc animalier marin ne sont en rien comparables à l’excitation et à l’émerveillement que l’on peut ressentir lorsque l’on est témoin de leurs relations, interactions et comportements à l’état sauvage. 

Une orque saute hors de l'eau sous nos yeux émerveillés
Crédit photo : ©Sandrine Pantel
La fin de la captivité des cétacés est un combat juste et nécessaire et j’espère de tout mon cœur voir un jour l’évolution de ces parcs vers des structures 100 % sans animaux. Les parcs marins n’ont pas besoin de fermer, il leur suffit de s’adapter aux demandes et aux changements de mentalités de nos sociétés en arrêtant d’exploiter des orques et dauphins et en les remplaçant, par exemple, par des animations modernes en 3D. 

Ce combat est loin d’être terminé et je suis persuadée que Orca Guardians Iceland et Láki Tours, association d’étude et de protection des orques d’Islande et compagnie de circuits d’observation des cétacés en Islande, peuvent jouer un rôle crucial dans ce sens : après avoir rencontré des orques en liberté, il est en effet impossible de cautionner leur emprisonnement et leur exploitation. 

Traduction : Sandrine Pantel pour C'est assez ! 


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