Population des orques résidentes du sud, deux orques en danger

Après les décès de Scarlet et du bébé de Tahlequah, 2 autres orques de la population des résidentes du sud sont malades et ne devraient pas survivre.

Princess Angeline (J17)
Ken Balcomb, directeur et fondateur du Centre de recherche sur les mammifères marins, a déclaré que les photos de J17 (Princess Angeline), prises à la veille du Nouvel An montraient que cette femelle de 42 ans avait la tête en forme de cacahuète, une tête et un cou déformés à cause du manque de nourriture. En outre, K25 (Scoter), un mâle de 27 ans, est faible, également à cause du manque de nourriture. Il a perdu sa mère, K13 (Skagit), en 2017 et ne parvient pas à se nourrir seul.

Scoter (K25)
«Je suis convaincu que nous allons les perdre avant l'été.»
«Les photos prises à l'aide d'un drone l'été dernier montrait que Scoter (K25) était nettement plus maigre et les photos prises cet hiver ne montrent aucune amélioration», a déclaré Balcomb.

Plusieurs femelles étaient enceintes en septembre, mais jusqu'à présent, aucun bébé n'a été signalé. Les résidentes du sud n'ont pas mené de grossesse à terme depuis trois ans.

L'année 2019 s'annonce délicate pour les orques résidentes du sud, les groupes J, K et L, les orques piscivores qui fréquentent la mer des Salish (Puget Sound, les eaux transfrontalières entre la côte ouest américaine et canadienne).

Après 3 décès en quatre mois l’année dernière, la population des orques résidentes du sud est à son plus bas niveau depuis 35 ans. Il n'en reste que 74. «Je vais arrêter de compter à 70», a déclaré Balcomb. «À quoi bon ?»

Perdre Princess Angeline (J17) serait un coup dur pour les résidentes du sud car c'est une femelle qui est encore en âge de procréer, a déclaré Deborah Giles, chercheuse au Center for Conservation Biology de l’Université de Washington et directrice de recherche pour l'ONG Wild Orca.

Princess Angeline (J17)
Giles a déclaré qu'elle n'était pas surprise d'entendre parler de Scoter (K25). La dynamique sociale des résidentes du sud, dans laquelle les femelles plus âgées aident leur groupe, et surtout leurs fils en partageant la nourriture, est à la fois une bénédiction et une malédiction si cette femelle meurt

«Ces mâles adultes affamés bénéficient de l'aide des femelles dans leur famille», a déclaré Giles. « Ils ont probablement encore de la famille qui cherche de la nourriture, mais pas comme l'aurait fait sa mère quand elle était en vie. »

«En ce qui concerne Princess Angeline (J17), l’idée de la perdre serait pire encore. Elle est un membre important de la communauté des résidentes du sud.»

Princess Angeline (J17) est la mère de Tahlequah (J35), qui a ému le monde entier. En 2018, elle a porté son bébé mort (qui n'a vécu qu'une demi-heure) sur sa tête durant plus de 1 600 km en 17 jours.
La famille a déjà beaucoup souffert.

Tahlequah portant le corps de son bébé 
«Nous n'avons aucune idée de ce qu'a ressenti cette grand-mère, regardant sa fille porter ce bébé aussi longtemps qu'elle l'a fait», a déclaré Giles.
« Qu'auriez vous fait. Regarder votre fille traverser ce deuil et ne rien pouvoir faire pour y remédier. » 

3 menaces pèsent sérieusement pour le rétablissement de la population des orques résidentes du sud : la pollution acoustique sous-marine, les contaminants et la raréfaction du saumon quinnat, leur proie préférée.

Le gouverneur de l'État de Washington a proposé un plan ambitieux pour la protection des orques résidentes du sud, qui prévoit notamment des dépenses de 1 milliard de dollars et interdit le whale watching pour cette espèce durant trois ans.

Cet argent servira à protéger et à restaurer « l’habitat du saumon, notamment le quinnat, une des proies préférées des orques, à stimuler les écloseries de saumon, à nettoyer les eaux après des tempêtes et à rendre la navigation des bateaux moins bruyante ». D’autre part, 2 nouvelles zones côtières ont été classifiées comme habitats essentiels à la survie des orques résidentes au large de la Colombie-Britannique. Cette désignation permettra que ces zones soient légalement protégées contre les activités susceptibles de détruire l'écosystème de ces mammifères et de menacer ainsi la survie et le rétablissement de cette population en grand danger.

Mais pour les défenseurs de la cause des orques le plus important est de rompre les quatre barrages situés sur le cours inférieur de la Snake River. Ces quatre barrages empêchent la remontée des saumons sauvages (principale nourriture de l’orque), et de venir s’y reproduire.

Traduction : C'est assez !

Crédit photos : 1 - Center for Whale Research
                                     2 -  NOAA/SWFSC and Vancouver Aquarium’s Coastal Ocean Research                                                    Institute. 2018 image by NOAA/SWFSC and SR3. 
                                  3 - Hysazu
                                  4 - Robin W. Baird-Cascadia Research Collective

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