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pour lutter contre les massacres et la captivité des cétacés.

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Ils ne préservent pas, ils exploitent.

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aux massacres de cétacés dans le monde !

lundi 23 avril 2018

Rencontre avec le Ministre d'Etat Nicolas Hulot


Ce matin, nous nous sommes rendus au Ministère de la Transition Energétique et Solidaire suite à notre demande de rendez-vous. 

Nous avons exposé d’une même voix nos demandes et propositions pour un nouvel arrêté mettant fin à l’exploitation des cétacés en France. 


211 164 signatures récoltées par nos ONG rejointes par Code AnimalParis Animaux Zoopolis et Association "Ensemble pour les animaux" ont également été remises au Ministre, preuve que nos concitoyens sont concernés par cette cause.
Nous restons mobilisés afin que, dans un avenir proche, les dauphins et les orques cessent d'être exploités en France.
 
Merci à tous pour votre soutien précieux.

mercredi 18 avril 2018

Virgin Holidays soutient le projet de sanctuaire pour les dauphins captifs

Tout ce que vous devez savoir sur le premier sanctuaire au monde pour les dauphins et pourquoi c'est si important

Virgin Holidays apporte son soutien à un nouveau projet ambitieux et porteur d'espoir pour les mammifères marins détenus en captivité.


Le débat éthique sur le tourisme autour des dauphins fait rage depuis des années, mais il semble qu’il y ait enfin une avancée.
Dans une démarche pionnière, la firme Virgin Holidays a annoncé son intention de soutenir l'Aquarium National de Baltimore à hauteur de 300 000 $ pour créer le premier sanctuaire pour les dauphins en Amérique du Nord.
Le projet triennal prévoit la réhabilitation de sept dauphins dans un endroit encore inconnu en Floride. Le coût de cette initiative -la première du genre- est estimé entre 10 à 15 millions de dollars. Le projet servira de modèle pour le traitement éthique des cétacés en captivité 
Selon Joe Thompson, directeur général de Virgin Holidays, la société vend actuellement "environ 25 parcs marins et attractions proposant de nager avec des dauphins, principalement situés aux États-Unis, dans les Caraïbes et au Moyen-Orient".
Thompson admet que l'avenir de ces animaux est l'un des plus grands défis auxquels l'industrie du tourisme est confrontée. "La majorité de ces dauphins sont nés en captivité, ils n’ont jamais nagé dans des eaux libres et ne pourraient survivre longtemps sans soins de la part des humains. La fermeture soudaine de ces installations serait préjudiciable à ces animaux alors qu'il n'y a actuellement aucun endroit pour les accueillir", explique-t-il. "Nous espérons que le National Aquarium Dolphin Sanctuary prouvera qu'une alternative est possible."
En 2014, l'entreprise a cessé de travailler avec des parcs ayant capturé des cétacés dans la nature. En 2017, ils ont cessé de vendre de nouvelles attractions ou hôtels détenant des cétacés.
Dans le cadre de ses efforts continus pour fournir un tourisme éthique vis-à-vis de la faune, Virgin a également travaillé avec la World Cetacean Alliance pour créer de nouvelles lignes directrices pour le whale watching, dans l'espoir que les protagonistes adopteront les règles au cours des deux prochaines années.

À quoi sert un sanctuaire?
"Notre vision est de créer une installation extérieure où les dauphins nageront dans une eau de mer naturelle, avec un littoral végétalisé (mangroves, algues de mer, etc.), et dans la configuration d'un habitat flexible qui comprendra des piscines adaptées pour répondre aux besoins individuels de chaque dauphin", explique John Racanelli, PDG et président du National Aquarium.
"Une clinique sur place accueillera des experts en mammifères marins et un vétérinaire. Le sanctuaire servira également de centre pour la science appliquée afin de faire progresser la connaissance et la conservation."

Esquisse du projet de sanctuaire (Studio Gang / Virgin / PA)
Quelle est la différence par rapport à leur habitat actuel ?
"Nous explorons des sites pour le sanctuaire qui représentent environ 100 fois la taille de l'habitat actuel des dauphins, soit environ 1.1 million de gallons (soit 3.785.412 litres)", explique M. Racanelli.
"Avec plus de 100 millions de gallons d'eau, le groupe aura plus d'espace et plus de profondeur pour nager et interagir dans un environnement plus naturel."

Comment les dauphins seront-ils entraînés pour s'adapter à leurs nouvelles conditions de vie ?
Un programme de 3 ans, déjà en cours, enseigne aux animaux comment vivre dans un environnement plus naturel. Ils sont encouragés à boire de l'eau afin que leur système « digestif » puisse être nettoyé s'ils mangent un mauvais aliment, la température dans le bassin sera augmentée à 26 degrés Celsius pour permettre aux algues de croître, et on leur apprendra à aller sur des civières pour les préparer au transport vers leur nouvel habitat.

Pourquoi les animaux en captivité ne peuvent-ils pas être libérés immédiatement dans la nature?
"Certains individus qui ont passé du temps en captivité peuvent être réhabilités puis relâchés dans la nature. Cependant, d'autres individus, en particulier ceux qui sont nés en captivité, resteront probablement dans un sanctuaire côtier où ils pourront être surveillés par des humains", explique Dylan Walker, le PDG de World Cetacean Alliance qui travaille en étroite collaboration avec Virgin.
"En captivité, les cétacés sont nourris à la main, et beaucoup d'entre eux n'ont jamais appris à chasser leur nourriture. Un sanctuaire côtier apportera de grandes améliorations en termes de bien-être, tout en assurant les soins dont ils auront besoin pour le reste de leur vie."

Alors, pourquoi un projet de ce genre met-il tant de temps à se concrétiser?
"L'idée existe depuis de nombreuses années, et au cours de la dernière décennie, certains projets de réhabilitation ont utilisé des sanctuaires temporaires pour le sauvetage de cétacés et pour les cétacés en captivité", explique Walker.
"Ces dernières années, la perception du public a radicalement changé en ce qui concerne les cétacés détenus dans les zoos et les aquariums et, par conséquent, des projets de création de sanctuaires marins permanents seront développés pour les animaux qui en auront besoin dans un avenir proche."

"C'est une période très enthousiasmante pour les amoureux des cétacés," conclut-il.

Traduction: C'est Assez!

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jeudi 15 mars 2018

LOLITA: La Tribu Amérindienne Lummi Pourrait l'Aider à Retrouver Sa Liberté

Traduction: C'est Assez! 
LOLITA : L’ORQUE PRISONNIERE d’UN AQUARIUM DEPUIS 47 ANS POURRAIT RETOUNER CHEZ ELLE AVEC L’AIDE DES AMERINDIENS



Lolita est la seule orque survivante d’un groupe de jeunes orques piégées il y a 47 ans. Elle est désormais sur le point de commencer un nouveau chapitre dans sa lutte pour retourner là d’où elle vient, l’Océan Pacifique — cette fois, avec l’aide d’un groupe d’Amérindiens.
La tribu amérindienne Lummi, basée à l’est de l’état de Washington pourrait envisager la libération de Lolita du Miami Seaquarium grâce à un traité vieux de 163 ans qui pourrait enfin débloquer la situation de l’orque.
Lolita a été vendue au Miami Seaquarium en septembre 1970 après avoir été prise au piège par des chasseurs à l’âge de deux ans seulement avec six autres bébés orques, selon le média local News 10. Les membres de la tribu Lummi ont évoqué la mer des Salish, les eaux entourant Orcas Island dans l’état de Washington, leur lieu de résidence depuis 12000 ans. Ils ont un lien spirituel profond avec la mer et les orques qui l’habitent.
"Nous lui avons volé sa vie," estime Freddy Lane, membre du conseil Lummi après que ce dernier ait fait passé une résolution pour libérer l’orque.
Le groupe de conservation animale Orca Network travaille depuis 25 ans à la libération de Lolita. En revanche, l’intervention de la tribu Lummi pourrait ouvrir une brêche juridique, obligeant les propriétaires du Miami Seaquarium à libérer l’orque.
Le biologiste marin et spécialiste des orques Ken Balcomb, partisan de la libération de Lolita depuis de nombreuses années, a déclaré que la tribu avait le droit de soulever le traité de Point Elliott datant de 1855. Ce traité donne à la tribu Lummi les moyens légaux nécessaires pour protéger leurs terres et leurs ressources halieutiques.
Etant donné que les orques sont en danger, la tribu Lummi peut légitimement soutenir, sur la base du traité, que Lolita doit être rendue à son habitat naturel.
En dépit de l’enthousiasme de certains experts pour sa libération, d’autres jugent que déplacer Lolita pourrait la mettre en danger de mort. Douglas Wartzok, professeur de biologie à l’Université internationale de Floride juge que l’orque ne pourrait pas survivre dans la nature après avoir passé la vaste majorité de sa vie en captivité.
"Le bilan des animaux en captivité ayant été libérés n’est pas favorable," a déclaré Wartzok. "Ils meurent généralement assez rapidement."

Lors de leur dernière tentative pour faire avancer le dossier, la tribu Lummi a fait savoir au Miami Seaquarium leur souhait de rencontrer le Directeur Andrew Hertz. M. Hertz n’a pas souhaité les rencontrer.

lundi 12 mars 2018

C'est Assez! et CAP- Convergence Animaux Politique

Le 7 mars 2018, à l’occasion du 2nd événement organisé par CAP- Convergence Animaux Politique, nous avons présenté nos demandes aux 35 parlementaires et 28 associations de protection animale présents.
Représentée par Florian Boubel, ici à gauche, notre association était présente pour ce deuxième événement organisé par CAP.

Le but de CAP est de faire le lien entre le monde politique et les associations  afin que des avancées significatives en faveur des animaux soient inscrites dans la loi française.
Au cours de ce deuxième rendez-vous, C’est Assez ! a rappelé que la captivité était source de mal-être pour les cétacés. Suite à l’annulation de l’arrêté Royal sur les delphinariums, nous avons présenté la nouvelle version d’arrêté que notre association et 6 autres ONG portent auprès du Ministre de la Transition écologique et Solidaire, M. Nicolas Hulot. 
Nous avons également sollicité le soutien des parlementaires à notre démarche; notamment pour la remise de plus de 200 000 signatures demandant la fin de la captivité des cétacés au Ministre. 
C’est Assez ! remercie CAP pour l’organisation, les associations partenaires pour leurs présentations et les parlementaires pour leur écoute et leur volonté d’engagement en faveur d’une nouvelle réglementation interdisant à terme  la reproduction et la captivité des cétacés en France.



mardi 6 mars 2018

Le delphinarium du Best Western de Dilijan ferme suite à un tollé général

Article original de Allan Hall pour le Daily Mail, le 27 février 2018
Traduction: C'est Assez!

Utilisés pour des séances de « thérapie » avec les touristes, les dauphins étaient détenus au sous-sol de l’hôtel Best Western Paradise à Dilijan, en Arménie. Suite à un tollé général, ils vont être libérés de cet enfer. 

© North Downs Picture Agency / Source: ici
Un delphinarium cruel dans la piscine d'un complexe hôtelier en Arménie a été contraint de fermer ses portes.
L’association britannique qui s’est battue pour sauver les dauphins tursiops gardés a annoncé la nouvelle le 27 février.
Stressés et isolés, les animaux étaient détenus dans un bâtiment adjacent à l'hôtel Best Western Paradise à Dilijian, non loin de la capitale arménienne d'Erevan. Dans cette piscine, ils ne voyaient que très peu de lumière naturelle et étaient privés de toute autre présence.

© North Downs Picture Agency / Source: ici
Ils passaient leur temps à tourner en rond dans un bassin construit à l'origine pour accueillir les humains. Le delphinarium proposait une  obscure «thérapie » pour « guérir » les enfants malades.
Bien que plusieurs vacanciers se soient plaints du delphinarium sur leur site internet, le Best Western Hotel n’était pas l’exploitant de l’installation.

L’ONG Marine Connection (Royaume-Uni) a annoncé la fermeture du delphinarium et le transfert des dauphins vers la Russie le 27 février.
Margaux Dodds, directrice de l‘ONG, a déclaré: «Je suis reconnaissante à MailOnline d’avoir exposé au monde entier cette installation. Après avoir travaillé dur avec mes collègues arméniens pour convaincre les autorités que cet endroit devait fermer, celles-ci leur ont enjoint de cesser leurs activités, nous attendons maintenant les permis de la CITES pour permettre le retour des dauphins en Russie.

Malheureusement, les russes étant propriétaires des dauphins, il n’a jamais été envisageable de les récupérer, mais c'est un pas dans la bonne direction, car une fois que ces dauphins partiront, l'Arménie sera de nouveau un pays sans cétacés captifs.
« Après le départ des dauphins, Marine Connection continuera à travailler avec ses homologues arméniens afin de s'assurer que cela reste le cas à l'avenir.
Les opérateurs de delphinarium se vantaient que pour les enfants souffrant de diverses maladies (autisme, retard du développement et même cancer), nager avec les dauphins dans leur prison aquatique souterraine était bénéfique. »

Mais la «delphino-thérapie», comme on l'appelle, a été largement remise en cause par les experts mondiaux.
«Les dauphins ne sont pas des guérisseurs, mais des prédateurs intelligents et sociables qui ne devraient pas être utilisés pour soigner les malades», a déclaré Lori Marino, neurologue à l’Emory University d’Atlanta en Géorgie, qui étudie les dauphins et les baleines depuis 25 ans. «Les milliers de familles qui visitent les installations de delphino-thérapie n’en retirent pas plus de bénéfices qu'en interagissant avec un chiot.»

© North Downs Picture Agency / Source: ici
Luttant pour s'adapter à un environnement qui, physiquement, socialement et psychologiquement, est radicalement différent de la nature, les dauphins captifs subissent un stress énorme, dissimulé derrière leur sourire, et donc invisible aux yeux des patients et des vacanciers. 

«Les résultats sont accablants. Le stress entraîne un dysfonctionnement du système immunitaire. Souvent, ils meurent d'ulcères gastriques, d'infections, d'autres maladies liées au stress et à une déficience immunitaire. Les laxatifs et des antidépresseurs qui leur sont parfois administrés n’arrangent rien.»

Le pire est sans doute qu'il n'y a absolument aucune preuve de l'efficacité thérapeutique de ces séances avec les dauphins. «Au mieux, il pourrait y avoir un gain à court terme qui pourrait être attribué à un effet de bien-être dans un environnement nouveau et à un effet placebo dû à des perspectives positives. Rien de plus. Toute amélioration apparente chez les enfants atteints d'autisme, les personnes souffrant de dépression, et autres est une illusion, tout comme le «sourire» du dauphin. »

On estime que les dauphins ont entre quatre et cinq ans. Le jour où MailOnline leur a rendu visite, les animaux étaient à nouveau l’attraction phare pour un groupe d’enfants qui, en effet, étaient enchantés par leur sourire permanent. Mais il ne s’agit pas d’un sourire à proprement parler, mais plutôt de la forme de leur mâchoire qui leur donne une apparence trompeuse de bonheur éternel.

Les delphinariums de ce genre ont été définitivement interdits au Royaume-Uni il y a deux décennies, principalement grâce aux efforts de l’ONG Marine Connection dédiée à la protection des dauphins et des baleines.
La directrice Margaux Dodds, qui a mené cette campagne pour fermer les sites britanniques, fut effarée lorsqu’elle découvrit les photos et les vidéos de ces dauphins, venus de Russie dans des circonstances douteuses.
Un certificat de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) que les opérateurs détenaient pour témoigner de la provenance des dauphins s'avéra être un faux.

Le certificat indiquait que les dauphins provenaient du delphinarium de Morskaya Zvezda à Sotchi sur la mer Noire en Russie. Mais Mme Dodds a déclaré qu'une inspection minutieuse du permis CITES a démontré que la CITES n'avait pas son numéro, ni son timbre de sécurité.
« Mon inquiétude, étant donné qu’il n’y a aucune capture autorisée en mer Noire, serait que ces dauphins aient été capturés dans la nature, brièvement détenus puis répertoriés comme étant captifs, ce qui n'est pas rare", a-t-elle déclaré.
« D'où qu'ils viennent, une piscine construite pour les humains n'est pas un endroit pour eux. Le système de filtration de la piscine ne pouvait pas traiter à lui seul les quantités de déjections de ces dauphins. Ce sont des mammifères marins sauvages, pas des animaux domestiques. Il n'y a aucun avantage pour les enfants ou d'autres personnes de nager avec eux. Les dauphins captifs vivent des vies plus courtes, des vies plus tristes. »

Margaux Dodds conclut: « Nous sommes reconnaissants de tout le soutien que nous avons reçu pour faire fermer cet endroit. »


Site de la Marine Connection: http://marineconnection.org

mercredi 28 février 2018

L'Histoire de Chimo, l'Orque Albinos Captive

Le 1er mars 1970, un groupe de cinq orques fut capturé dans la baie de Pedder, près de l'île de Vancouver. Parmi celles-ci vivaient une orque albinos, qui fut nommée plus tard Chimo et sa mère présumée, Scarredjaw Cow. 

Chimo au Sealand of the Pacific, Victoria, Colombie-Britannique (Canada)
En raison de sa couleur particulière, Chimo devint rapidement l'objet de toutes les convoitises pour de nombreux parcs. C'est finalement le Sealand of the Pacific qui en fit l'acquisition contre une somme d'argent importante. Chimo et une autre femelle, Nootka, furent donc envoyées dans le parc canadien où vivait déjà un mâle issu de la population des Résidentes du Sud, Haida. Il s'avéra que Chimo et les autres orques capturées appartenaient quant à elles à une population dite "nomade", qui se nourrissent de petits mammifères marins. Au début, les nouvelles arrivées et Haida semblèrent bien s'entendre. Mais après un certain temps, Nootka se montra de plus en plus agressive envers Chimo, et le parc décida de se séparer de Nootka qui fut envoyée au Japanese Deer Park, en Californie. 

Chimo et Haida au Sealand of the Pacific. C'est Haida qui montra à l'orque albinos comment se nourrir de poisson mort.
La population d'orques nomades à laquelle Chimo et sa famille appartenait se nourrissant de mammifères marins, les animaux capturés refusèrent tout d'abord de se nourrir de poisson. Ce n'est qu'une fois dans le bassin du Sealand of the Pacific et avec l'aide d'Haida que Chimo et Nootka finirent par accepter la nourriture.

Le syndrome de Chediak-Higashi 

Chimo souffrait du syndrome de Chediak-Higashi, un syndrome très rare caractérisé par un albinisme oculo-cutané avec dilution pigmentaire et un système immunitaire déficient. Elle ne survécut que deux ans en captivité et mourut en 1972, à approximativement 7 ans, des suites d'une infection qu'elle ne put combattre en raison de la fragilité de son organisme. 


Cette vidéo fut tournée par des plongeurs de Jacques-Yves Cousteau au Sealand of the Pacific. On y voit les plongeurs essayer de nourrir Chimo et Nootka à l'aide poissons morts. Ils ne savaient pas, à l'époque, que ces orques se nourrissent de mammifères marins dans la nature.  

Les autres orques

Chimo et Nootka, furent capturées en même temps que deux autres femelles, Scarredjaw Cow et Pointednose Cow, ainsi qu'un mâle, Charlie Chin. 
Scarredjaw Cow et Pointednose Cow furent vendues au Seven Seas Marine Life Park au Texas tandis que Charlie Chin devait être libéré. Après le départ de Chimo et Nootka, les trois épaulards restèrent enfermés dans la baie de Pedder, où ils refusaient de se nourrir. Au bout de deux mois, leurs corps étaient si émaciés que l'on pouvait voir les os de leurs cages thoraciques.

Scarredjaw Cow mourut 75 jours après sa capture. Son corps fut jeté dans l'océan et ne fut jamais retrouvé. Il fut donc convenu que Charlie Chin ne serait pas relâché mais irait au Seven Seas avec Pointenose Cow. Mais ils eurent plus de chance: le 27 octobre 1970 les deux orques purent s'échapper de l'enclos grâce à quelqu'un qui avait desserré et lesté les filets pour les faire couler. 

La dorsale très reconnaissable de Charlie Chin.
C'est ainsi qu'ils retrouvèrent leur liberté. Après leur libération, Pointednose Cow et Charlie Chin revinrent au régime alimentaire typique des orques de Bigg. 
Dans les années qui suivirent, Pointednose Cow donna naissance à plusieurs petits, Bajo en 1972, Pedder en 1979, et Tasu en 1989. Charlie Chin quant à lui fut aperçu pour la dernière fois en 1992 près de Dixon en Alaska. Il n'a pas été revu depuis.

Pour finir, Nootka subit plusieurs transferts, notamment à Seven Seas (Texas), au Marineland (Ontario), avant d’arriver à Seaford (Californie) où elle est décédée en mars 1990 après 20 ans de captivité.

Source principale: 


vendredi 1 décembre 2017

Communiqué de Sophie Dol et Sophie Wyseur, vétérinaires

80% DES VETERINAIRES INTERROGÉS LORS D’UNE CONCERTATION SE DECLARENT CONTRE L’UTILISATION DES ANIMAUX SAUVAGES DANS LES SPECTACLES 

Du 3 au 27 octobre 2017, une concertation nationale a été menée auprès des vétérinaires praticiens et des étudiants des quatre écoles vétérinaires françaises concernant l'utilisation des animaux sauvages à des fins de divertissement.

Cette enquête s'est faite par mail, avec 2 questions fermées :


« Êtes-vous favorable à l'interdiction des cétacés et autres espèces dans les delphinariums ? »

« Et plus largement, êtes-vous favorable à l'interdiction des animaux sauvages dans les spectacles? »

Nous avons eu 1356 répondants (sur environ 6000 mails envoyés), ce qui représente un très bon taux de réponse pour une concertation en ligne, signe de l'intérêt porté à ce sujet par les vétérinaires.


80% des vétérinaires interrogés désapprouvent l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques et delphinariums. Le résultat est donc sans appel!


7% préfèrent ne pas se prononcer; l’explication laissée dans les commentaires est principalement une méconnaissance du sujet et donc une difficulté à se positionner.

13 % cautionnent la présence d'animaux sauvages dans les cirques et delphinariums, surtout par crainte de problèmes économiques pour les circassiens, par crainte d'une stigmatisation de cette profession. De plus ils s’interrogent sur le bien-fondé du combat par rapport à d'autres sujets et sur le côté éducatif pour les enfants. 






En 2015 déjà, la Fédération des Vétérinaires d'Europe recommandait « à toutes les autorités compétentes européennes et nationales d’interdire les mammifères sauvages dans les cirques itinérants dans toute l’Europe, compte tenu de l’impossibilité absolue de répondre de façon adéquate à leurs besoins physiologiques, mentaux et sociaux » et qu'il y avait " peu, voire aucun bénéfice éducatif, économique pour la conservation ou pour la recherche, qui découle de l'utilisation de mammifères sauvages dans les cirques itinérants pouvant justifier leur utilisation »*


En octobre de cette année, l’Ordre français des vétérinaires réaffirmait cette position.

Aujourd’hui, à travers cette concertation, les vétérinaires ont pu exprimer individuellement leurs opinions et montrer qu’au-delà de leur rôle d’expert en santé animale, ils sont fortement impliqués dans les notions de bien-être et d’éthique animale.

En France, il existe des associations et collectifs de défense de la cause animale dans lesquels des vétérinaires s’investissent (COVAC, OABA, EVADAS,...) et tout dernièrement, 58 vétérinaires parisiens ont signé une lettre adressée à Madame Hidalgo lui demandant d’interdire les cirques avec animaux dans la capitale; mais aux arguments de souffrance animale avancés par les vétérinaires, seuls des arguments concernant la législation et l’économie ont été opposés en retour. Quelques jours plus tard, un tigre, espèce menacé, s’est échappé d’un cirque installé à Paris et s’est fait abattre dans la rue par son propriétaire...

Suite à cette concertation nationale, nous avons adressé un courrier à Monsieur le Président de la République et aux Ministères concernés, leur demandant de légiférer sans tarder pour interdire l’utilisation d’animaux sauvages dans les spectacles. Nous espérons et nous croyons fermement que notre pays ne sera pas le dernier de l’Union Européenne à légiférer dans ce sens.

Docteur vétérinaire Sophie Dol 

Docteur vétérinaire Sophie Wyseur 

mercredi 15 novembre 2017

Moby Doll, l'orque qui a "changé le monde"

L'histoire de Moby Doll commence en 1964, quand un employé du Vancouver Aquarium, Samuel Burich, reçoit une commande spéciale: celle de tuer une orque pour en faire une reproduction grandeur nature.
Lorsque les orques arrivèrent près de East Point à Saturna Island (Colombie-Britannique, Canada), Burich harponna l'une d'elles. Malgré plusieurs tentatives pour l'achever, l’animal survécut. 

Photographie de Moby Doll venant d'être harponné.


Le directeur de l'Aquarium, Murray Newman, décida alors de garder l'orque en vie et de la faire venir jusqu'à Vancouver afin de pouvoir la présenter au public. 
L’orque blessée fut alors remorquée avec la ligne du harpon sur 20 miles (soit environ 32 kilomètres). 
Moby Doll fut placé temporairement dans une cale sèche à North Vancouver jusqu'à ce que l'Aquarium de Vancouver prépare un bassin permanent à Burrard Drydocks. 
L’orque semblait vivre très mal son enfermement, elle était apathique, ne cessant de tourner en rond dans son bassin. Elle refusa de se nourrir durant les 2 premiers mois de sa capture. 
De plus, le manque de connaissances sur les orques rendait difficile le fait de nourrir l'animal avec des proies adéquates. On lui donna, entre autres, des cœurs de chevaux, sans succès. Après 55 jours de captivité, l'orque accepta enfin de se nourrir, mangeant jusqu’à 90 kilos de poissons par jour 
L'épaulard fut présenté au public une journée seulement et attira 20 000 visiteurs. 
Moby Doll ne vécut que 87 jours en captivité. Une nécropsie fut réalisée et c’est alors que l’on découvrit que l’orque était un mâle et non une femelle.
Cette présentation en captivité d'une orque fut la première occasion pour les scientifiques d'en apprendre plus sur cette espèce. Moby Doll a permis de changer le regard que les gens portaient sur les « baleines tueuses ». Grâce à lui, les orques ne furent plus considérés comme des monstres assoiffés de sang. D'où le titre d'un livre de Mark Leiren-Young qui lui est consacré, «l'orque qui a changé le monde» (titre original: The Killer Whale Who Changed The World). 

C'est après avoir constaté le succès de Moby Doll auprès du public que SeaWorld se mit à capturer des épaulards à des fins commerciales. 
Moby Doll fut la seconde orque à être capturée pour la captivité. La première, Wanda, fut capturée en 1961 à Newport Harbor (Californie) par le Marineland du Pacifique en Californie. C’était une femelle adulte. Elle mourut deux jours après sa mise en bassin en se fracassant la tête et le corps contre les murs de sa prison.



dimanche 12 novembre 2017

Un béluga change de langage pour communiquer avec les dauphins qui vivent dans le même bassin

Article original de Elizabeth Preston, publié sur le blog de Discover Magazine le 20 octobre 2017.
Traduction: Margaux Leath

Au mois de novembre 2013, un béluga femelle de 4 ans a été transféré dans son nouvel habitat. Dans son ancienne structure elle vivait avec d'autres bélugas, mais dans son nouveau bassin, au Delphinarium Koktebel en Crimée, ses seuls compagnons sont des dauphins. Le cétacé s'est rapidement adapté : elle a commencé à imiter le sifflement caractéristique des dauphins et a complètement abandonné celui des bélugas.

Vivant sans aucun de ses congénères, la femelle béluga a changé de langage pour s'adapter à ses compagnons d'infortune. Crédit photo: Shutterstock /Andrii Zhezhera  
« A l'arrivée du béluga au delphinarium, les dauphins ont été effrayés, » expliquent Elena Panova et Alexandr Agafonov de l'Académie des Sciences de Russie, à Moscou. Dans le bassin, il y avait des grands dauphins, un mâle adulte, deux femelles adultes et un jeune mâle. Mais les animaux se sont rapidement entendus à merveille. En août 2016, l'une des femelles a donné naissance à un delphineau qui nage régulièrement aux côtés du béluga.

Les chercheurs étaient curieux de savoir ce que se disaient ces nouveaux camarades de bassin. C'est bien connu, les dauphins sont des animaux bavards. Leurs sons comprennent des clics d'écholocation et des signatures sifflées propres à chaque dauphin, un peu comme leur nom. Mais pour ce qui est de la communication vocale, les bélugas sont de véritables virtuoses. En plus de leur riches répertoires de cris, de sifflements et autres vocalisations, ils parviennent à imiter les autres animaux ou les êtres humains. Un béluga vivant en captivité a ainsi réussi à imiter le langage humain d'une telle façon qu'un soigneur plongeant dans le bassin s'y est laissé prendre.

Panova et Agafonov étudient les communications acoustiques des animaux du delphinarium depuis 2010. Immédiatement après l'arrivée du béluga, ils ont enregistré les sons produits par tout le groupe lorsqu'ils nageaient ensemble. Deux mois plus tard, ils ont isolé le béluga dans un autre bassin pour faire une dizaine de courtes séances d'enregistrement. Ils ont fait davantage d'enregistrements neuf mois après, soit un total de plus de 90 heures de bande-son.

Durant les premiers jours suivant son arrivée dans le bassin des dauphins, la femelle béluga a émis des « sons typiques de son espèce », écrivent Panova et Agafonov. Elle a émis des sifflements, des sons qui ressemblaient à des émissions de voyelles, et surtout des sons à deux tons qui semblaient être sa signature sifflée. Tout comme les sifflements qui permettent aux dauphins de s'identifier, ce sont les sons que produisent les bélugas pour rester en contact avec les autres membres du groupe. Les mères bélugas et leurs petits les utilisent pour savoir où se situe l'autre, comme le font les bélugas amis ou apparentés.

Mais lors de la session d'enregistrement marquant les deux mois de cohabitation du béluga, elle produisait de nouvelles combinaisons. Elle faisait toujours ses propres sifflements et des sons vocaliques, mais elle y avait ajouté des sons qui ressemblaient aux signatures sifflées des trois dauphins adultes de son groupe. Elle émettait aussi des sifflements que tous les dauphins partageaient et paraissait avoir complètement abandonné les sifflements spécifiques à son espèce.

Pendant la session d'enregistrement suivante, le répertoire du béluga restait le même. Panova et Agafonov se sont dit « déçus » de ne pas avoir pu enregistrer le béluga seul plus tôt, ils auraient alors peut-être pu découvrir qu'elle imitait le sifflement du dauphin bien avant deux mois. Dans une autre étude, écrivent-ils, un béluga adulte imitait un son dès la première écoute.

Panova fait remarquer que bien que d'autres études existent sur la capacité des bélugas à imiter les sons, tels que ceux du langage humain, le chant des oiseaux ou des bruits générés par ordinateur. Cette femelle béluga en particulier imitait les sons qui lui permettaient de communiquer avec les animaux vivants avec elle. La motivation du béluga, qui devait se sentir isolée, a pu être de vouloir rejoindre le groupe social formé par les dauphins. « Ce cas ferait un exemple de la communication inter-espèces très intéressant », conclut Panova.

Commentaire de C'est Assez!
Cet article très intéressant montre les aptitudes extraordinaires des cétacés, en particulier des bélugas. Cette étude démontre que ces animaux ont un comportement social très développé, un besoin insatiable de communiquer et des capacités cognitives insoupçonnées. 
Ce que l'article ne dit pas en revanche, c'est combien les cétacés souffrent en captivité et de ces cohabitations forcées.  Les dauphins de ce delphinarium de Crimée ont été capturés à Taiji, tandis que cette femelle a très certainement été capturée dans les eaux russes. Enfermer ces êtres intelligents dans des bassins  n'est pas éthique, que ce soit à des fins de divertissement ou au nom de la "science".