jeudi 28 février 2019

 Les produits chimiques toxiques sonnent le glas des orques britanniques

Par Victoria Bell pour Mailonline 
27 février 2019 

Selon les scientifiques, le seul groupe d’orques de Grande-Bretagne disparaîtra parce que les femelles ont été rendues stériles à cause des polluants chimiques.

Crédit photo : ©Associated Press Photo
Vivant au large de la côte ouest de l'Écosse, les huit orques qui composent ce groupe sont la seule population d'orques résidentes du Royaume-Uni à ne pas avoir de bébés depuis 25 ans.

Les chercheurs pensent que c'est parce qu'elles ont été exposées à des niveaux catastrophiques de produits chimiques qui interfèrent avec leurs hormones.

Ce pod serait voué à l'extinction car ces produits ont détruit leur capacité à se reproduire.

« Il n’y a aucune chance pour que cette population puisse se rétablir », a déclaré le Dr Paul Jepson, de la Zoological Society of London.

Des experts avaient averti que ces polluants déversés dans les décharges, les rivières et les mers pourraient affecter la fertilité et la croissance de la faune de Grande-Bretagne.

Des biologistes marins qui surveillent ce groupe, composé de 4 mâles et de 4 femelles, n'ont observé aucune naissance dans cette famille. 
Ils sont identifiables par les marques et les couleurs visibles sur les parties de leur corps quand ils sont en surface.

Crédit photo : ©Pixaterra/Fotolia
Les taux croissants des niveaux de produits pharmaceutiques à usage humain, notamment la pilule contraceptive, les antidépresseurs et les médicaments antidiabétiques seraient la cause de leur perte.

Ces médicaments contiennent des composés complexes connus comme étant des perturbateurs endocriniens.

L'impact environnemental de ces perturbateurs endocriniens n'est pas encore parfaitement compris.

L’un de ces perturbateurs endocriniens est un composé de chlore appelé biphényles polychlorés (PCB) qui peut interférer avec n’importe quel aspect de l’action hormonale.

Les mers autour de l'Europe sont connues pour être un point névralgique pour les PCB, dont l'utilisation est en grande partie interdite mais ils mettent un certain temps à se décomposer. 
Les épaulards sont sensibles aux fortes concentrations de contaminants car ils se situent au sommet de la chaîne alimentaire océanique.

Les PCB sont solubles dans les lipides, qui comprennent les graisses, les huiles et les cires. On pense que les femelles transmettent des quantités élevées de PCB à leurs petits par le biais du lait maternel très gras qu'elles produisent.

Le professeur John Sumpter de l'Université Brunel a déclaré au Times que 2 000 nouveaux produits chimiques étaient libérés chaque année.

« Nous ne savons rien ou très peu à propos de la toxicité d'une grande partie de tous les produits chimiques utilisés quotidiennement », a-t-il déclaré.

« Les lacunes sont énormes et il est très difficile de savoir comment les combler. Cela prendra des décennies. Beaucoup de gens pensent que les écarts ne cessent de croître ».

Une orque femelle retrouvée morte sur l'île de Tiree en Écosse en 2016 contenait l'un des plus hauts taux de PCB jamais enregistrés chez un mammifère marin.

Crédit photo : ©John Bowler, RSPB Scotland
Le Professeur Sumpter a également déclaré au Times qu'il craignait que les composés perfluorés utilisés dans la fabrication d'équipements de cuisson antiadhésifs restent durant des décennies dans l'environnement ce qui causerait d'énormes problèmes.

« Nous commettons toujours le même type d'erreurs que nous avons commises avec les PCB. Mais la société veut que nous ayons des poêles à frire sur lesquelles les œufs n’accrochent pas », a-t-il déclaré.

Traduction : C'est assez !