lundi 1 octobre 2018

Une cruauté révélée : L’agonie, durant 6 à 25 minutes, des baleines chassées au harpon explosif à grenade

6 Septembre 2018 

À la veille de la 67ème réunion de la Commission baleinière internationale (CBI, organisme international réglementant la chasse à la baleine), WDC est en mesure de révéler la confirmation, par les autorités norvégiennes, de l’insupportable cruauté des méthodes de la Norvège en matière de chasse commerciale à la baleine de Minke.

[Le Dr Little, médecin à bord d’un navire parti en expédition pour chasser la baleine en Antarctique en 1946 décrivait l’agonie et la mort des baleines avec ces mots :  «Imaginez un cheval avec deux ou trois lances explosives enfoncées dans le ventre, contraint de tirer un camion de boucher dans les rues de Londres en se vidant de son sang : c’est à peu près la réalité des méthodes employées actuellement pour tuer les baleines. Les canonniers eux-mêmes admettent que, si les baleines pouvaient crier, cette activité s’arrêterait, car personne ne pourrait supporter d’entendre une telle souffrance.»]

Crédit photo : ©Greenpeace
Le rapport, soumis à la CBI est, ironiquement, censé démontrer l’amélioration des méthodes de chasse. Il révèle en fait que près de 20 % des baleines touchées par des harpons à grenade à penthrite agonisent pendant 6 à 25 minutes.

Exemple de fusil harpon fixé sur un navire - Crédit photo : ©WDC
Les données collectées durant une enquête menée sur les saisons de chasse 2011 et 2012 en Norvège montrent que la plupart des 271 baleines de Minke massacrées n’ont pas subi une mort instantanée. Pour 49 de ces baleines, la durée moyenne d’agonie a été de six minutes et l’une des baleines, seulement blessée, a agonisé pendant 20-25 minutes après avoir été touchée par un second harpon.

La « Whalegrenade-99 », fabriquée en Norvège, contient de la penthrite, un puissant explosif, qui est tirée d’un canon fixé à la proue d’un baleinier. Le harpon est conçu pour pénétrer la baleine sur une trentaine de centimètres avant de détoner, créant suffisamment d’énergie pour tuer la baleine, soit par traumatisme ou lacération, soit par la création d’ondes de choc atteignant le cerveau. Lors de l’impact, le harpon relâche des griffes à ressort s’enfonçant dans la chair lorsque la ligne se tend.

« À la veille de la réunion de la CBI, qui doit débuter lundi au Brésil, ces données choquantes constituent un rappel opportun de la cruauté inhérente aux méthodes de chasse à la baleine. Nous ne comprenons pas que la Norvège se base sur ce rapport pour démontrer ses progrès en matière de bien-être animal », explique Astrid Fuchs, chargée de mission pour WDC.

« Lors de cette réunion de la CBI, le Japon et ses alliés ont l’intention de convaincre le monde qu’il est temps de lever le moratoire sur la chasse à la baleine et de relancer la chasse commerciale à la baleine. Ce rapport de la Norvège est le parfait argument contre toute reprise de la chasse à la baleine. Nous appelons tous les gouvernements soucieux de la protection de la biodiversité et du bien-être animal à s’opposer fermement aux propositions du Japon et à exhorter la Norvège et l’Islande à stopper leurs activités de chasse à la baleine et à se conformer à l’interdiction internationale entourant ce type d’activités », poursuit-elle. 

                                     Baleine harponnée par des chasseurs japonais - Crédit photo : ©Mark Votier 

« La Norvège est fière de sa réputation de pays ayant à cœur d’améliorer le bien-être de ses animaux domestiques et animaux d’élevage ; il s’agit d’un des premiers pays européens à exiger que les animaux soient assommés avant d’être abattus, y compris les animaux abattus de façon rituelle.  Mais la politique norvégienne en matière de bien-être animal souffre d’une incohérence : la Norvège n’offre pas aux baleines la même protection qu’elle accorde à d’autres animaux tués pour leur viande. Elle ne se soucie nullement du bien-être des baleines », conclue Astrid Fuchs. 

Des enquêtes précieuses* ont révélé que 73 % des Norvégiens interrogés considèrent qu’il faudrait accorder le même degré de protection législative à tous les mammifères tués à des fins commerciales afin de leur éviter toute souffrance, en particulier toute souffrance prolongée. Il est reconnu que les baleines sont des créatures intelligentes et sentientes, et pourtant, nous ne leur accordons pas les mêmes droits que ceux que nous accordons aux animaux d’élevage. 

La cruauté des activités de chasse à la baleine en Norvège, en Islande et au Japon a été très médiatisée, lorsqu’il a été révélé que de nombreuses femelles gestantes avaient été tuées par des baleiniers. La proposition du Japon de relancer la chasse commerciale à la baleine fera l’objet de débats la semaine 

Traduction : Sandrine Pantel pour C'est Assez!