vendredi 21 octobre 2016

Je Suis Japonaise, Mais Je n’Avais Jamais Entendu Parler des Massacres de Taiji Avant de Vivre aux Etats-Unis

Témoignage de Yuki Ikeda, publié le 21 janvier 2014 sur le site The Dodo.
Traduction: Audrey Verdière


J’ai appris l’existence des massacres de dauphins à Taiji, au Japon, il y a environ 4 ans, ici aux Etats-Unis. Un jour, alors que j’étais au travail, une accessoiriste avec laquelle je travaillais a dit quelque chose à propos d’une chasse aux dauphins au Japon. « Ce sont des gens tellement gentils, mais ils chassent les dauphins. Je ne comprends pas, » a-t-elle dit.

C’était la première fois que j’entendais parler de massacre de dauphins dans mon pays natal, le Japon. J’ai repensé à ses propos pendant longtemps. Une partie de moi voulait simplement nier les faits, mais je savais qu’il fallait que je fasse mes propres recherches. Je savais que la consommation de viande de baleine était populaire, en particulier juste après la deuxième Guerre Mondiale, lorsqu’il était extrêmement difficile de trouver de la volaille ou d’autres viandes et que par conséquent, les gens mangeaient plutôt de la viande de baleine qui était bien moins chère. Mais à part cela, j’ai grandi sans rien savoir de la chasse aux baleines et aux dauphins. Je n’ai jamais mangé de viande de baleine ou de dauphin (ce n’est en effet pas aussi commun que beaucoup d’américains peuvent le penser). Je ne savais tout simplement rien de tout cela.

J’ai entendu parler du documentaire de 2009 sur la chasse aux dauphins - The Cove (La Baie de la Honte)- et ai décidé de le regarder. Bien que le film était pénible à voir et bouleversant, je suis contente de l’avoir vu. Selon moi, c’est un sujet extrêmement sensible. La viande de dauphin n’est une spécialité culinaire que dans quelques régions du Japon, ce qui explique pourquoi les gens ont du mal à savoir et à comprendre la relation entre cette chasse et le pays. 



Certains n’ont pas saisi l’occasion d’en apprendre davantage sur cette coutume: il est facile de l’ignorer. Ils ne veulent pas admettre qu’une telle « tradition » existe encore au Japon.


Les critiques de l’ambassadrice Caroline Kennedy ont été mal reçues au Japon. Beaucoup de japonais semblent considérer ces critiques comme une manoeuvre politique et comme une attaque culturelle plutôt que comme un problème relatif aux droits des animaux. La meilleure façon de rendre les japonais plus sensibles et réceptifs sur cette question serait que la culture populaire s’empare du sujet: par exemple que des acteurs ou personnalités japonaises en parlent à la télévision, un peu comme l’émission américaine de Animal Planet « Whale Wars » (« Justiciers des Mers » en France, N.d.T). Ces dernières années, la chasse a été plus présente dans les médias japonais, mais cela reste insuffisant pour que la nation toute entière reconsidère cette tradition annuelle.

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