lundi 22 août 2016

L'Orque La Plus Seule Au Monde Est Si Malade Qu'elle Y Voit A Peine (Lolita)

Lolita, orque solitaire du Miami Seaquarium (USA), capturée en mer à l’âge de 4 ans, a passé les 46 dernières années enfermée dans le plus petit bassin pour orque des Etats-Unis. Elle n’a pas vu un seul de ses congénères depuis 26 ans.
Un nouveau témoignage, jusqu’alors confidentiel, a récemment été rendu public ; il révèle qu’elle est non seulement l’orque la plus seule du monde mais aussi la plus malade.

La liste des problèmes physiques et psychiques dont Lolita souffre est considérable. Voici un extrait des conclusions des experts sur la santé de Lolita après avoir étudié ses conditions de vie:
D’après le Dr. Pedro Javier Gallego, vétérinaire et cofondateur de l’association de biologie marine Odyssea, « [Lolita] est atteinte d’une pathologie de l’oeil appellée ptérygion. Cette maladie est due à une exposition excessive aux rayons UV. Elle entraîne une gêne oculaire et peut être à l’origine d’une altération importante des facultés visuelles ». Il cite notamment le manque d’ombre dans le bassin de Lolita comme facteur déterminant de la maladie.
Lolita ne peut se protéger de la lumière directe du soleil, et elle arrive au point qu’elle ne voit quasiment plus rien.Reyes a également déclaré que l’état de santé de Lolita était précaire. Elle développe des infections à répétition et ses fonctions rénales sont défaillantes… Les traitements médicamenteux qu’elle reçoit fréquemment ont eu des impacts néfastes sur son foie et ses reins. »
Un autre expert s’accorde sur l’état de santé de l’orque. « Lolita semble être sous traitement en permanence, alternant gouttes pour les yeux, antibiotiques et antidouleurs très puissants », rapporte Maddelena Bearzi, présidente de l’ONG Ocean Conservation Society. « En 2015 seulement, il ne s’est pas passé un seul jour sans que Lolita n’ait reçu de traitement… Les orques en milieu naturel n’ont pas besoin qu’on leur administre des médicaments et leur espérance de vie est supérieure à leurs congénères captifs. »
L’état psychique de Lolita n’est d’ailleurs pas meilleur. D’après l’ancien dresseur de SeaWorld, John Hargrove, « Le dossier de Lolita révèle que son comportement est nettement moins développé que toutes les orques avec lesquelles j’ai travaillé. »
Lolita montre des signes de stress, de frustration et d’ennui comme les balancements de tête ou les claquements de mâchoires, qui ont d’ailleurs endommagé les dents de Lolita (elles sont complètement élimées et ont été forées plus d’une douzaine de fois pour éviter les infections). Ce comportement met en danger tous ceux qui approchent Lolita, déclare John Hargrove. « Quand un animal, et en particulier une orque, se retrouve dans un tel état physique et psychologique, le risque d’agression devient très élevé, » commente-t-il.
« Le bassin de Lolita est si petit, que lorsqu’elle se met à la verticale pour sortir sa tête de l’eau, sa nageoire caudale touche le fond du bassin », a observé Ingrid Visser, experte des orques pour le Orca Research Trust, « de la même manière qu’une personne qui cherche à voir plus loin se met sur la pointe des pieds ». Un tel acte n’a jamais été rapporté dans la nature," mentionne Visser.
Lolita partage également son enclos avec des dauphins qui la brutalisent constamment, écorchant sa peau avec leurs dents.

Selon l’ONG PETA, en position de plaignant dans le procès qui les oppose au Miami Seaquarium sur les conditions de vie de Lolita, le parc a dissimulé des preuves évidentes de souffrances physiques et psychiques de Lolita. « PETA fait tout son possible pour mettre fin aux souffrances de l’orque et la transférer dans un sanctuaire marin, » a déclaré Tracy Reiman, vice-présidente de PETA, dans un communiqué de presse fourni par The Dodo, « où elle pourra enfin sentir les courants marins, nager librement et entendre les appels de ses congénères. »
Le Miami Seaquarium n’a pas souhaité répondre aux questions de The Dodo.
Traduction: Julie Labille