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Sur le site de l'association C'est Assez !

Ensemble

pour lutter contre les massacres et la captivité des cétacés.

Les parcs marins...

Ils ne préservent pas, ils exploitent.

STOP

aux massacres de cétacés dans le monde !

mercredi 30 mars 2016

Premier Stand de Notre Equipe Lyonnaise: Un succès!

Compte-rendu de Nathalie, coordinatrice du groupe local C'est Assez! Lyon


Pour notre 1er stand d’information, nous avons eu la chance de participer à la plus grande Vegan Place organisée à Lyon par L214 (que nous remercions chaleureusement).
Le soleil, les températures douces tout au long de la journée ainsi que la solidarité et la camaraderie avec les autres associations ont contribué à la bonne ambiance de ce samedi.
Après avoir monté notre tonnelle (merci à nos camarades du CRAC pour leur coup de main) et installé notre stand qui comportait flyers d’informations à destination soit des enfants soit des adultes, autocollants, sacs, livres, badges, nous étions prêtes à accueillir les visiteurs.


Une bonne partie des personnes venues nous parler ne connaissaient pas l’association C’est Assez !  mais se sont montrées enchantées de notre présence. Pour les autres, les réseaux sociaux, le salon Primevère, les rencontres lors de manifestations à Antibes et d’autres occasions les avaient poussés à venir nous rencontrer intentionnellement, et nous ont manifesté leur satisfaction quant à la présence d’une antenne sur Lyon.
Nous avons eu bon accueil de pratiquement tous les visiteurs. D’entrée, ils se disaient opposés aux parcs marins mais connaissaient peu les conditions de captures et pas assez les conditions de détention, voire pas du tout. Beaucoup de questions qui montraient leur envie de savoir et une empathie réelle pour les souffrances endurées par les cétacés captifs.
Les pétitions et la lettre à Ségolène Royale ont été signées en un temps record !


Nous n’avons rencontré que 2 personnes qui étaient favorables aux delphinariums. Elles n’étaient pas agressives et cherchaient au contraire le dialogue. 
La 1ère ne voyait pas où était la maltraitance, arguant que la plupart des animaux, étant nés en captivité, ne connaissaient pas autre chose et donc étaient parfaitement acclimatés à ce mode de vie. Malgré la discussion et nos arguments, elle est restée sur ses positions.
La 2ème, à la fin de notre échange, n’était plus aussi sûre d’elle et a fini par signer nos pétitions. Cela encourage à continuer l’action.


La journée a été intense avec quelques rares moments de calme et encourageante pour la continuité de nos interventions.

Nous avons hâte de revenir au contact du public!


Retrouvez notre groupe local de Lyon sur Facebook ICI

jeudi 24 mars 2016

Non Au Delphinarium de Lanzarote!

Un nouveau centre de détention pour dauphins devrait ouvrir bientôt en Europe, plus précisément au Rancho Texas Park de Lanzarote aux Canaries. Ce parc propose déjà à ses visiteurs de nager avec des otaries, mais veut étendre ses activités en ouvrant un delphinarium. 



Les opposants à ce projet avaient eu un court répit lorsque le parc animalier avait dû interrompre ses travaux faute de permis de construire. Malgré leurs efforts et ceux de certains partis politiques comme Podemos, le Conseil de Lanzarote a finalement accordé le permis de construire tant convoité, et les travaux ont malheureusement bien avancé...

Les travaux avaient été interrompus mais ont malheureusement repris.
Ce projet continue de susciter de vifs débats dans les Canaries. Ceux qui l’approuvent le font avant tout pour des raisons économiques, arguant que le tourisme est la principale source de revenus sur l’île. Pour les autres, cet argument ne doit pas servir de prétexte pour enfermer et exploiter ces animaux, et jugent que cette activité est répréhensible d’un point de vue éthique. En avril dernier, le Conseil de Lanzarote avait demandé au parc d’ouvrir un centre de sauvetage des cétacés plutôt qu’un delphinarium, sans pouvoir toutefois l’y contraindre. Malheureusement le manque de législation stricte n’a pas permis d’empêcher la construction de ce nouveau delphinarium, qui devrait « accueillir » 5 dauphins dès la fin des travaux.


Espérons que les touristes, de mieux en mieux informés sur la captivité des cétacés, boycotteront ce parc et que ce delphinarium sera le dernier à ouvrir en Europe… L'Espagne est le pays européen qui compte le plus de delphinariums. Aux Canaries, il y a déjà deux parcs proposant des spectacles de dauphins sur l'île de Ténérife: Loro Parque et Aqualand. Un comble lorsqu'on sait qu'il est très facile de voir de nombreuses espèces de cétacés en liberté dans les eaux canariennes. 

Protester contre ce projet:




- Vous pouvez laisser un commentaire poli ou un avis sur la page Facebook de Rancho Texas Park comme le suggère cette image réalisée par les opposants  au projet en cliquant ICI.

- Nouvelle pétition à signer et à partager ICI.


- L'association espagnole Sos Delfines lance une campagne, #StopDelfinarioLanzarote, à laquelle vous pouvez participer en partageant ce hashtag pour sensibiliser les gens et protester publiquement.

Vous pouvez aussi envoyer un selfie en vous 'affichant' avec cette image et l'envoyer à Sos Delfines via leur page Facebook.




lundi 21 mars 2016

Des Nouvelles du Procès de Lolita / Tokitae

Message de Howard Garett, de Orca Network, daté du 3 Mars 2016


Lolita au Miami Seaquarium. Crédit photo: Leonardo DaSilva / Flickr
"Le 26 février, des efforts ont été déployés à Miami pour éviter l'action en justice suite au procès à l'encontre du Miami Seaquarium concernant la violation de l'Endangered Species Act, une loi qui interdit toute nuisance et mauvais traitement envers des animaux protégés, il s'agit ici de Lolita/Tokitae.


D'ordinaire, lors des médiations, les deux partis peuvent trouver un terrain d'entente via des allègements ou une certaine somme d'argent. Dans le cas présent, la seule manière possible de réduire le préjudice que nous pensons qu'elle endure chaque jour est de la faire quitter ces installations et de la rendre à la Mer des Salish, là où elle est née et où elle a grandi. Comme il l'a déjà fait par le passé, le Seaquarium a refusé de libérer Lolita. Un procès devant le juge fédéral de district à Miami est prévu dans le courant du mois de juin.

Mais il est clair que de nombreuses personnes à Miami considèrent qu'il est presque inimaginable qu'elle puisse retourner dans son habitat naturel. La perspective de la libérer dans des eaux hostiles les effraie sincèrement. Le bassin où elle effectue des représentations peut paraître un peu petit mais ils considèrent qu'elle y est bien soignée et comme ils ne connaissent que cet endroit, ils imaginent que c'est le seul qu'elle connaisse également. Ils imaginent que ce serait comme lâcher un caniche dans l'obscurité d'une forêt froide et humide. Ils veulent la protéger de ce destin effrayant.

Notre manière de percevoir Lolita/Tokitae est tout autre. Nous la voyons comme une orque très évoluée et profondément consciente, un individu qui appartiens à une famille issue d'une génération matriarcale et d'un groupe qui vit dans ces eaux. Elle a fait preuve d'un courage étonnant et une grande vivacité pendant de trop nombreuses années et elle dispose d'un grand potentiel pour retrouver une bonne santé et pour prendre ses propres décisions quand le choix de rester près des humains ou de retourner dans son domaine voire peut être même de retrouver sa famille va progressivement s'ouvrir à elle. Cette alternative ne nous effraie pas du tout car nous la connaissons beaucoup mieux que la plupart des habitants de Miami et car nous connaissons sa famille.

Depuis le début de la campagne pour libérer Lolita/Tokitae qui a commencé en 1995, ça a toujours été notre combat que de montrer aux habitants de Miami qu'elle peut être transportée sans problème pour traverser le pays et retourner dans les eaux qui l'ont vu naitre et qu'avec les attentions nécessaires et à travers des étapes progressives, elle peut retrouver la santé ainsi que ses capacités à pécher le saumon et qu'elle peut se réhabituer à vivre dans les eaux où elle a grandi et qu'elle connait bien mieux que n'importe lequel d'entre nous, si c'est ce qu'elle choisi de faire.

Nous continuons notre combat et le faisons de toutes les manières qui s'offrent à nous. Merci pour votre aide et votre soutien. - Howard"
Traduction: Alexandra Thomas


Vue aérienne du bassin de Lolita qui vit seule depuis la mort d'Hugo. Les défenseurs de Lolita dénoncent le fait que les dimensions de son bassin sont insuffisantes au regard de la loi. Par ailleurs, Lolita fait partie de la population des orques Résidentes du Sud, menacées d'extinction. A ce titre, elle devrait être protégée en vertu de l'Endangered Species Act. 

vendredi 18 mars 2016

Quel Avenir Pour Les Dauphins Finlandais?


La question est d'autant plus d'actualité que le conseil d'administration du parc doit annoncer sa décision concernant l'avenir des 4 dauphins courant avril 2016.
Quelles sont les différentes options possibles? Bien entendu, la solution la plus simple pour le parc serait de revendre les cétacés à un autre parc. Evidemment, ce n'est absolument pas ce que les associations espèrent. Deux des dauphins du parc finlandais ont été capturés en Floride, les deux autres sont nés au parc. Si une réhabilitation complète n'est pas envisageable, le meilleur choix pour ces animaux serait une retraite bien méritée dans un sanctuaire marin, qui consisterait en une baie marine fermée et protégée où les dauphins pourraient retrouver un environnement naturel et ne seraient plus forcés à exécuter des tours pour obtenir leur ration journalière. Mais le parc et son PDG, Miikkä Seppälä, l'entendent-il de cette oreille? 

Selon Richard O'Barry, si aucune réponse n'a encore été donnée quant au devenir des dauphins, c'est que leur sort serait déjà scellé. Sur le site de son association, le Dolphin Project, O'Barry déclarait en Novembre 2015: "Nous pensons qu'un accord de prêt pour la reproduction a déjà été signé, d'où ce silence. (...) En me basant sur mon expérience personnelle, après avoir vu des delphinariums fermer et transférer leurs dauphins dans d'autres parcs, je pense personnellement que Miikka Seppälä a déjà conclu un accord et signé un contrat avec un autre delphinarium. Je mettrais ma main à couper que les dauphins de Finlande s'envoleront pour le delphinarium d'Harderwijk au printemps 2016." 
Dans ce même article, il évoque la possibilité que les 4 dauphins de Tampere soient confiés à Dolphin Project Italia. S'il n'existe pas de sanctuaire pour cétacés en Italie (ni ailleurs en Europe d'ailleurs), le centre de sauvetage de la vie marine situé dans la région de Sirolo au bord de l'Adriatique pourrait facilement se transformer en sanctuaire et accueillir Veera, Leevi, Delfi et Eevertti. 

Dans une récente interview accordée au quotidien finlandais Aamulehti, M. Seppäla a de nouveau contourné la question en répondant qu'ils étudiaient toujours les différentes options et qu'il tiendrait le public informé lorsqu'une décision serait prise. 

En ce moment, des travaux ont lieu sur le site du delphinarium où sont toujours enfermés les dauphins, qui subissent donc bruit, poussière et stress. 

Comment aider les dauphins de Tampere?
Puisqu'aucune décision officielle n'a encore été prise, nous vous invitons à agir pour que ces dauphins ne soient pas vendus à un autre parc, et qu'ils puissent couler des jours heureux dans un sanctuaire.

- Une pétition allant dans ce sens a recueilli plus de 5700 signatures. Merci de la signer si ce n'est déjà fait, et de la partager à vos contacts, par email ou sur les réseaux sociaux.

- Nous vous demandons également d'envoyer un email au PDG de Särkänniemi ainsi qu'à Mme Sanna Marin, présidente du conseil municipal de la ville de Tampere. Voici leurs adresses email: miikka.seppala@sarkanniemi.fi  /  sanna.marin@tampere.fi


Afin de vous faciliter la tâche, nous vous proposons un email-type que vous pouvez coller. Vous pouvez néanmoins leur adresser un message plus personnel, rédigé en anglais.

Email-type:

Dear Mr. Seppälä,

I am writing you today in order to draw your attention to an issue that really matters to me. This has to do with the welfare and future of the four dolphins who currently live in your park.
If I am not mistaken, you are weighing the different options as to where the dolphins should be housed in a few weeks. I would like to remind you that many people feel concerned about these animals.
Indeed, as you may already know, dolphins are smart, sentient, self-conscious animals. They have feelings and are capable of having complex thoughts, just like us. After years working for the public’s entertainment, they deserve to spend the rest of their lives in better conditions than any tank can ever offer.
That is the reason why I believe retiring these animals to a sea-pen where they would be cared for without having to perform is the best of all options. Not only would they have a chance to improve their health and their lives, but it would also show the public that you are concerned with animal welfare, which can only be positive for your park.
Besides, if you made the decision to place them in a sanctuary for retirement, it would pave the way for other parks whose public attendance is also declining because of a growing general awareness that dolphins suffer in captivity. It would be a pioneering move in the right direction and it would bring your park worldwide attention, and great publicity.
Hoping you will take this courageous, innovative, humane step forward, I look forward to hearing from you.

Sincerely,

[prénom + nom, pays]

Nous espérons que tous les efforts mis en place ne resteront pas vains et que les 4 dauphins finlandais rejoindront bientôt l'Italie. Après une vie passée en captivité, ils méritent une retraite paisible dans la mer où ils pourront s'ébattre et retrouver leurs instincts naturels. 

mercredi 16 mars 2016

Keiko, l'Orque de 'Sauvez Willy': Histoire d'une Réhabilitation Réussie

Avant Blackfish, c'est un film tout à fait différent qui a attiré l'attention du public sur la solitude et la détresse des orques en captivité. Il s'agit bien évidemment de Sauvez Willy. Sorti en 1993, ce film franco-américain relate l'histoire d'amitié qui lie Jesse, un préadolescent mal dans sa peau, et une orque mâle captive nommée Willy. 
Le film connut un succès retentissant et le public s'intéressa au sort du "vrai" Willy, Keiko. S'ensuivit une mobilisation sans précédent pour que Keiko retrouve la liberté. Retour sur cette réhabilitation qui suscite toujours, de part et d'autre, de nombreux commentaires et polémiques.


Keiko

Keiko avait environ trois ans lorsqu'il fut capturé en 1979 dans les eaux islandaises, dans l'archipel des îles Vestmann, pour la somme de 50 000$. D'abord baptisé "Kago", il fut vendu à l'aquarium islandais d'Hafnarfjörður et y passa un an avant d'être transféré au Marineland de Niagara Falls, au Canada. Son nouvel espace de vie consiste en un bassin étroit, dans un entrepôt sans lumière naturelle et hors de vue du public. Environ deux ans plus tard, il rejoint les autres orques. Keiko est un jeune mâle timide, le plus jeune des 6 orques qui se produisent en spectacle au Marineland, et il se fait régulièrement "embêter" par les femelles du groupe. C'est en 1982 que les premières lésions dues à un papillomavirus apparaissent sur sa peau.

Keiko (Kago) et Kiska au Marineland d'Ontario, au Canada
En 1985, nouveau transfert: cette fois c'est dans la ville de Mexico que Keiko va se produire devant le public, au Reino Aventura (maintenant le Six Flags Mexico). Le bassin dans lequel on le place ne mesure que 27 mètres de long pour 13 mètres de large et 6 mètres de profondeur. Originellement prévu pour accueillir des dauphins, le bassin se révèle vite très petit pour l'épaulard, qui a environ 7 ans lorsqu'il arrive au Mexique. L'eau dans laquelle il nage à présent est chaude sous le soleil du Mexique, sa température peut atteindre les 27 degrés et pour un animal habitué aux eaux froides de l'Océan Atlantique il s'agit d'un véritable "choc thermique". Elle est également artificiellement salée et très chlorée, ce qui n'arrange en rien les lésions sur la peau de celui qu'on appelle désormais Keiko. 
L'orque devient vite une des principales attractions de Mexico, et travaille à une cadence soutenue: il exécute 5 spectacles par jour avec les dauphins qui partagent son bassin, et dont il finit par imiter le langage.
En 1991, Reino Aventura se rend compte que l'animal est devenu trop grand pour vivre dans ce bassin et que son état de santé se détériore. Il cherche alors à le vendre à SeaWorld, mais finalement l'affaire ne se conclut pas.
C'est un tout autre destin qui se dessine pour Keiko: Hollywood cherche une orque pour un film tout public et il apparaît comme le candidat idéal.

De Keiko à Willy

Le tournage de Sauvez Willy (titre original: Free Willy) débute au Mexique en 1992. Les studios Warner Bros. demandent à SeaWorld et au Miami Seaquarium l'autorisation de tourner certaines scènes dans leurs bassins mais les parcs rejettent leur requête. Ils tentent bien de persuader la production de changer le scénario afin que Willy rejoigne un plus "beau" parc au lieu de retrouver sa liberté -en vain.
L'équipe du film s'attache vite à Keiko qui, malgré sa taille imposante, se révèle d'une douceur et d'une intelligence extrêmes. 

Le film sort en salle en 1993 et connaît un énorme succès, en particulier auprès du jeune public qui se prend d'affection pour le cétacé le plus célèbre au monde. Keiko devient une véritable star internationale.  
Pendant ce temps, Keiko est toujours au Reino Aventura où il dépérit. Sa santé s'est dégradée. En plus de son papillomavirus et des lésions sur sa peau, l'orque est maigre, son système immunitaire affaibli, il souffre d'ulcères et de problèmes digestifs. Il est faible et léthargique. Il n'arrive pas à retenir sa respiration plus de 3 minutes. Il devient clair que si rien n'est fait, Keiko sera bientôt mort.
Le parc, avec l'aide des producteurs Richard Donner et Laura Schuler-Donner, se met à chercher un endroit plus approprié pour accueillir l'épaulard dont la santé s'est dégradée au fil des ans. Ils font appel à Ken Balcomb, le directeur et fondateur du Center for Whale Research, qui commence à élaborer un plan de réhabilitation pour Keiko.

Le chemin vers la liberté

De nombreuses personnes souhaitent collaborer à la réhabilitation de Keiko: une coalition de groupes de défense des animaux se forme, mais l'Alliance des Parcs Marins et Aquariums manifeste également son intérêt pour le projet, qui menace directement leurs activités -déjà mises à mal par le succès du film. 
En Novembre 1993, le magazine Life publie des photos de Keiko qui suscitent une vague d'indignation: le public veut aider et sauver l'orque. Chaque jour, le Reino Aventura reçoit une centaine de lettres demandant la libération de Keiko. L'homme d'affaires Craig McCaw, lui aussi touché par le sort du cétacé, décide d'intervenir en subventionnant en partie la réhabilitation. Sans lui, le projet n'aurait certainement jamais vu le jour.
Mc Caw et la Warner Bros. aident à la création de la Free Willy / Keiko Foundation en 1994, dans l'espoir de remettre un jour la star du grand écran en liberté. Le Reino Aventura décide de donner l'orque à la fondation en février 1995. 
Le 7 janvier 1996, Keiko quitte enfin le parc mexicain, et s'envole pour l'Oregon.

Keiko à l'Oregon Coast Aquarium de Newport.
Crédit photo: Marilyn Kazmers / Getty Images
Après 20 heures de vol, Keiko arrive enfin dans son nouveau bassin, construit en 5 mois. Pour la première fois en 14 ans, il nage dans de l'eau de mer et son nouveau lieu de vie est nettement plus grand: il faut plus de 7.5 millions de litres d'eau pour le remplir. Dès qu'il arrive, il montre des signes de bien-être, il saute de façon spontanée comme pour exprimer sa joie de retrouver davantage d'espace.
En quelques mois, il reprend du poids et les lésions sur sa peau disparaissent. Ses analyses de sang sont meilleures, il ne souffre plus d'ulcères, il est plus tonique et plus énergique.
En mai 1997, le personnel de l'aquarium introduit pour la première fois un poisson vivant dans le bassin de Keiko. Au début, l'orque ramène les poissons aux dresseurs mais il comprend rapidement qu'il peut les manger: il réapprend à chasser.
18 mois après son arrivée dans l'Oregon, Keiko a pris plus de 800 kilos, a grandi de 20 centimètres et semble en pleine forme. Bien qu'il ne les mange pas toutes, il attrape des proies vivantes. 
SeaWorld clame pourtant qu'il serait criminel de placer Keiko dans une baie marine fermée. Mark Trimm, un ancien dresseur du Miami Seaquarium, estime quant à lui que l'état psychologique de Keiko est catastrophique. Tout au long du processus, les différents représentants des parcs tentèrent d'empêcher le projet de réhabilitation de se réaliser, arguant que Keiko ne survivrait pas en liberté, ou que sa maladie pourrait contaminer les orques libres. 
Finalement, en 1998 l'orque est examinée par des vétérinaires et des pathologistes spécialistes des mammifères marins. Parmi eux, deux sont venus d'Islande. Les 6 experts le jugent en bonne santé et apte à retrouver ses eaux natales. Le gouvernement islandais se dit favorable à la venue de Keiko et autorise son transfert. La deuxième phase de la réhabilitation va pouvoir commencer.

Photographie aérienne de l'enclos marin de Keiko en Islande. 
Crédit photo: freedomforwhales.tumblr.com
Keiko arrive en Islande le 9 septembre 1998, soit 19 ans après sa capture. Bien qu'il ne soit pas encore libre, il a retrouvé ses eaux natales. Les touristes ne peuvent voir Keiko que depuis une certaine distance, à l'aide de  deux téléscopes. A son arrivée dans l'enclos marin, l'orque se montre très enthousiaste, il plonge, explore ce nouvel espace et vocalise beaucoup. Au bout de 10 minutes, il retourne vers les humains restés sur le bord de l'enclos, mais semble beaucoup plus intéressé par ce nouvel environnement. Deux heures et demie après son arrivée, il communique avec une baleine-pilote qui nage dans la baie. 
De manière générale, Keiko se montre beaucoup plus actif que dans le bassin de l'Oregon. Il vocalise plus aussi. 
En mars 1999, la Fondation Free Willy / Keiko et l'Institut Jean-Michel Cousteau fusionnent pour créer la Ocean Futures Society. Des saumons de l'Atlantique vivants sont introduits dans l'enclos de Keiko, et ceux qui veillent sur lui constatent qu'il les mange: le nombre de saumons diminue et l'épaulard réclame moins de nourriture. A présent, il passe davantage de temps sous la surface de l'eau, il se comporte davantage comme une orque libre et montre moins d'intérêt pour les humains que pour ce qui se passe de l'autre côté de son enclos. Pendant la première année qu'il a passée dans son enclos, il est entraîné en vue d'une remise en liberté. L'un des objectifs est qu'il passe plus de temps en profondeur qu'en surface, pour être moins dépendant des hommes. En avril, deux anciens dresseurs de SeaWorld sont engagés comme consultants. En mai 1999, le nouveau directeur instaure de nouvelles régles qui visent à réduire les interactions entre l'animal et les humains. Il n'est plus nourri à la main mais le poisson arrive par un tuyau dans l'enclos de Keiko. Les soigneurs sont priés de ne plus le caresser et de ne plus chercher le contact avec lui.
Un an après son arrivée, Keiko chasse la moitié de sa nourriture. L'autre moitié ne vient plus de la main des hommes. Ses analyses révèlent qu'il n'a plus de pathogènes. Ses vocalisations sont analysées et il s'avère que Keiko parle toujours le langage des orques nordiques d'Islande. 
Il faudra attendre Mars 2000 pour que Keiko puisse enfin explorer la baie dans laquelle se trouve son enclos. D'une superficie de 7.5 hectares, elle est alors fermée par un long filet. Pour la première fois depuis sa capture en 1979, Keiko goûte enfin à la liberté. 


Deux mois plus tard, les dresseurs emmènent Keiko pour sa première sortie dans l'océan. Pour cette première fois, un petit avion est envoyé en reconnaissance pour s'assurer qu'il n'y ait pas de groupes d'orques dans les environs, car à ce stade l'équipe estime que cela présenterait un risque. Keiko s'éloigne parfois du bateau qui l'accompagne durant ces sorties, il arrive qu'il disparaisse de la vue de l'équipe pendant 6 ou 7 minutes, un laps de temps qui paraît long à l'équipe, partagée entre l'envie qu'il aille plus loin et la peur qu'il ne s'éloigne trop. 
C'est en juillet 2000 que Keiko rencontre des orques libres pour la première fois. Il s'approche d'elles mais repart rapidement. Il s'éloigne d'elles mais aussi du bateau. Il reste seul pendant 10 heures. Cet été-là, Keiko rencontre des orques une douzaine de fois mais n'aura que 5 interactions avec certaines d'entre elles. Selon Jeff Foster, le directeur des recherches et des opérations d'Ocean Futures, 100% de la nourriture que Keiko ingère est du poisson vivant, ce qui est un excellent signe. "Il serait capable de se nourrir seul en mer," déclare-t-il. Mais il ne cherche pas sa nourriture. En août 2000, le Time Magazine sort un nouvel article sur l'orque-star, et affirme que selon ses dresseurs Keiko est incapable de se nourrir seul. En octobre, le London Daily Telegraph annonce qu'il ne sera jamais relâché.
Les sorties en mer reprennent en mai 2001 pour Keiko. Il est suivi et surveillé par deux bateaux et parfois par un hélicoptère. Lorsqu'il croise des orques durant l'été 2001, Keiko se montre plus "sociable" que l'année précédente et montre beaucoup plus d'intérêt pour ses congénères. Il a de nombreuses intéractions, il joue avec certains d'entre eux. A aucun moment il n'y a de signe d'agressivité, d'un côté comme de l'autre. En août 2001, il s'éloigne à 56 kilomètres des bateaux qui l'accompagnent en mer. Il rencontre des orques, nage avec elles pendant plusieurs heures. Il reste loin des bateaux pendant plusieurs jours. Entre temps, Ocean Futures cherche à réduire les coûts de l'opération, les moyens financiers s'amenuisant. Ils doivent trouver aussi un autre endroit pour Keiko puisqu'une ferme à saumons va se construire dans la baie. 
En novembre 2001, Richard O'Barry déclare que le projet "Sauvez Willy" était voué à l'échec depuis le début: "Ils continuent à l'entraîner. Il est en captivité même lorsqu'il est en mer. il est psychologiquement dépendant de ses dresseurs." 
A cette date, le coût du projet s'élève à 23 millions de dollars et 25 personnes travaillent avec Keiko en Islande. Des moyens pour faire rentrer de l'argent sont évoqués, comme la possibilité de faire venir les touristes. 
En mars 2002, McCaw cesse progressivement ses dons. Les moyens matériels sont réduits afin de faire un maximum d'économies.  
En juillet 2002, Keiko sort à nouveau. 4 jours plus tard, il s'éloigne du bateau et s'approche d'un pod d'orques d'un peu plus de 80 individus. Le 27 juillet, il est photographié en compagnie d'autres orques, il passe de longs moments et semble intéragir avec elles. On le voit de nouveau en compagnie de ses congénères 3 jours plus tard, et la balise dont on l'a équipé montre qu'il plonge à plus de 75 mètres. 




Le 21 août 2002, cela fait 46 jours que Keiko est libre. Il a parcouru de longues distances et semble se nourrir seul. Jeff Foster ainsi que 7 anciens membres de Ocean Futures s'inquiètent néanmoins de son état et du fait qu'il ne soit peut-être pas en mesure de se nourrir seul. Après un été passé dans l'Atlantique Nord il arrive dans le port de Skaalvik, en Norvège. La balise GPS montre qu'il a parcouru au minimum 1400 km, soit une distance de 80 à 95 km par jour. Il souffre d'une petite infection et est mis sous antibiotiques. Le Dr. Larry Cornell qui suit Keiko depuis 1996, l'examine et déclare: "Après 60 jours passés en mer et avoir parcouru environ 1600 kilomètres, Keiko est en bonne santé et ne semble pas avoir perdu de poids. Il n'y a aucun doute possible sur le fait qu'il a réussi à trouver lui-même sa nourriture." Entre temps, le gouvernement norvégien tente de limiter les intéractions entre Keiko et les badauds en interdisant à la population de l'approcher à moins de 50 mètres. Mais l'équipe de soigneurs le nourrit à nouveau.
En Novembre, on emmène Keiko à quelques kilomètres de là, dans une zone moins facile d'accès pour les gens, où il n'y a pas de glace, où les poissons sont nombreux et qui se trouve le long d'un couloir migratoire d'épaulards. Ses soigneurs sont logés sur le site. L'orque est libre de sortir de la baie. Il continue à être nourri. 
Malgré les progrès incontestables réalisés par Keiko et les preuves selon lesquelles il était capable de se nourrir seul, les médias continuent à relayer de fausses informations au sujet de sa réhabilitation, par exemple que Keiko est incapable d'attraper un poisson vivant. Informations qu'ils tiennent de représentants de parcs marins qui n'ont aucun scrupule à déformer la vérité.

Adieu Keiko

Keiko s'éteint le 12 décembre 2003, à l'âge de 27 ans. Il meurt d'une pneumonie, maladie qui touche également les orques libres. Il faut néanmoins se rappeler que son système immunitaire avait été grandement affaibli à cause des années qu'il avait passées en captivité, et aussi que s'il était resté dans les mêmes conditions que dans le parc mexicain il n'aurait sûrement pas vécu plus d'un an après la sortie de Sauvez Willy
Sa mort fut relayée par les médias, un cairn fut érigé en sa mémoire à Taknes en Norvège, dans le fjord où il est mort.


Conclusions

On peut tirer des leçons de la réhabilitation de Keiko. Hormis le coût faramineux et les moyens extraordinaires mis en place pour ce projet, elle nous prouve que des orques captives peuvent être remises en liberté. En réalité, le fait que Keiko ait réussi à parcourir de longues distances, à se nourrir seul et à intéragir avec des orques libres sont autant de points positifs que l'on peut créditer à sa réhabilitation. Rappelons aussi que Keiko était très mal en point lorsqu'il a quitté le Mexique, il ne pouvait rester en apnée plus de 3 minutes, souffrait - entre autres - d'un papillomavirus et n'avait plus que quelques mois à vivre selon ses vétérinaires. Grâce à sa réhabilitation, Keiko a donc vécu 7 années de plus et a pu goûter à la liberté dont on l'avait privé.
Ce qu'il faut bien comprendre également, c'est que certains acteurs de ce projet - comme Mark Simmons, un dresseur de SeaWorld - n'avaient aucun intérêt à ce que le projet réussisse et ont tout fait pour maintenir Keiko dans une relation de dépendance. Le fait de le remettre dans son enclos marin l'hiver sans qu'il ne puisse en sortir n'a certainement pas aidé non plus à le rendre complètement autonome. Il en va de même pour le fait qu'il était suivi de près par le bateau lors de ses sorties en mer (les dresseurs le rappelaient lorsqu'il s'éloignait trop), et qu'il était nourri de la main des hommes à certains moments cruciaux. De plus, Keiko n'était pas le candidat idéal pour une réhabilitation: en effet son pod n'a jamais été identifié avec certitude. Les orques étant des animaux extrêmement sociaux, cela aurait sans aucun doute facilité les choses s'il avait pu rejoindre son pod d'origine. En dépit de tous ces obstacles, Keiko a su prouver qu'il était capable de vivre libre, et surtout il a vécu bien plus longtemps que s'il était resté captif. Entre la sortie du film Sauvez Willy en 1994 et 2002, 22 orques sont mortes en captivité, toutes étaient très jeunes. Nul doute que Keiko aurait quitté ce monde bien plus tôt s'il n'avait pas eu la chance de tourner dans ce film.
Keiko, l'orque qui a marqué des millions de gens à travers le monde, est mort libre. S'il n'a jamais vraiment quitté le monde des hommes, il a pu expérimenter la vie en liberté et retrouver son milieu naturel. 
Un bel espoir pour tous ses compagnons d'infortune qui croupissent encore dans leurs bassins chlorés.


Documentaire sur la 1ère phase de la réhabilitation de Keiko en Oregon: (film complet en VO) https://www.youtube.com/watch?v=YYyU3USJ-8E

samedi 12 mars 2016

Tilikum, l'Orque de SeaWorld Sujet du Film 'Blackfish', Est Mourant

Cette orque bien connue, qui a noyé une dresseuse avant de devenir le sujet d’un film ayant déclenché une vague de protestations contre Sea World, est atteinte d’une infection mortelle.

Tilikum (photographié en 2011) vit à SeaWorld Orlando depuis 23 ans. En 2010, il a causé la mort de sa dresseuse, Dawn Brancheau. Crédit photo: Phelan M. Ebenhack / AP
L’orque, très populaire au SeaWorld d’Orlando et star du documentaire 'Blackfish', est en train de mourir, selon un communiqué du parc de loisirs. « Nous avons la tristesse d’annoncer qu’au cours des dernières semaines, Tilikum a adopté un comportement de plus en plus léthargique, et les équipes vétérinaires de SeaWorld craignent que son état continue de se détériorer », a annoncé le parc mardi dans un message publié sur son site internet.
« Notre devoir et notre passion sont de lui apporter les meilleurs soins possibles », a déclaré dans ce message Daniel Richardville, le responsable du dressage au parc.
Tilikum aurait 35 ans, ce qui est proche de la durée de vie moyenne d’une orque mâle – bien que des études montrent qu’ils peuvent vivre bien plus longtemps dans la nature – et semble être atteint d’une infection pulmonaire résistant aux traitements.
Tilikum a été transféré à SeaWorld depuis un autre parc marin situé à Vancouver, Sealand of the Pacific, lequel l’avait capturé au large des côtes islandaises en 1983. Il est à SeaWorld depuis 23 ans.
En février 2010, Tilikum a provoqué la mort de l’une de ses dresseuses, Dawn Brancheau, en l’entraînant sous l’eau devant un public horrifié, et c’était alors déjà la troisième fois qu’il était impliqué dans la mort d’une personne.
L’accident, qui a été filmé, a poussé la réalisatrice Gabriela Cowperthwaite à enquêter sur la façon dont sont traitées les orques maintenues en captivité dans des lieux tels que SeaWorld. 
« Tilikum a tué Dawn Brancheau, Daniel Hukes et Keltie Byrne. Il a vécu une existence misérable, autant avant qu'après ces évènements », a déclaré G. Cowperthwaite mercredi. « Mais parmi les éléments et circonstances qui ont mené à ces tragédies, rien n’a réellement changé, que ce soit pour lui, pour les dresseurs ou pour les autres orques. Seule la pression du public peut transformer cette histoire tragique en une histoire tragique dont on a tiré des leçons.»


Blackfish, son documentaire diffusé pour la première fois en 2013 au Festival Sundance, a braqué une lumière peu flatteuse sur ce qu’elle considère comme des tentatives ratées de camoufler des attaques d’orques captives sur des humains. Le documentaire suggère que les orques sont rendues psychotiques au point d’attaquer des êtres humains, par la cruauté et l’indignité de leurs conditions d’emprisonnement.
SeaWorld a réfuté toutes les allégations formulées dans 'Blackfish', indiquant dans un communiqué que « le film véhicule des informations mensongères, manipule les spectateurs au niveau émotionnel et repose sur des techniques cinématographiques discutables afin de créer des ‘faits’ allant dans son sens. » Le terme ‘propagande’ est également utilisé dans ce communiqué, et le point le plus contesté est le fait que Tilikum ait été ‘rendu fou’ par la captivité.
Cette réaction du parc eut cependant peu d’effet. Le public s’est massivement détourné de SeaWorld après la sortie de Blackfish, et en particulier après qu’il ait été vu par environ 20 millions de personnes lors de sa diffusion sur CNN. Cela aboutit à une chute vertigineuse du nombre de visiteurs et à une baisse de bénéfices de 10 millions de dollars pour le parc. Plusieurs artistes censés se produire en concert à SeaWorld, comme Willie Nelson, ont annulé leur prestation.
L’année dernière, en réponse à la réaction très négative du public après la diffusion de 'Blackfish', Joel Manby, le président de SeaWorld, a annoncé que les spectacles d’orques si controversés s'arrêteraient à la fin de l’année 2016, pour être remplacés par « une expérience toute nouvelle des orques focalisée sur leur environnement naturel. »
Dans un article rédigé pour The Guardian en 2015, Cowperthwaite a déclaré : « Les gens n’ont pas cessé d’aller à SeaWorld uniquement à cause d’un film, mais aussi parce qu’il semble que nous soyons entrés dans un processus de ‘recalibrage’ de notre vision du bien-être animal d’un point de vue éthique. (...) Confrontés à des vérités dérangeantes sur ce sujet, nous redéfinissons ce que cela signifie de se comporter de façon ‘humaine’. » 

Article original paru le 9 mars 2016 dans The Guardian. 
Traduction de Luce Boissel.